07/07/2005

Chapitre de l'ENSEIGNEMENT: LA FOI ET LA CHARITE

LA FOI ET LA CHARITE.

     Il s'agit d'un chapitre court , relativement peu connu. En tout cas, il ne constitue pas un texte de base de l'ANTOINISME.
     Cependant, nous y trouvons des éclaircissements donnés par le Père ANTOINE à un adepte qui manifestait de la peine à assimiler certains aspects de l'ENSEIGNEMENT Antoiniste. C'est en cela qu'il revêt de l'importance.

   " D. - Je vous ai entendu dire dans une instruction précédente à propos du doute: "Mieux vaut encore rendre un mauvais service." Il existe donc des cas où l'on ferait bien de rendre un mauvais service ?

    Le Père. - Nous ne devons jamais rendre de mauvais services; mais il arrive qu'en voulant obliger une personne, nous avons la faiblesse de dépasser la mesure et qu'elle en abuse. C'est pour nous de l'expérience. essayer de venir en aide à quelqu'un, c'est très bien; douter de lui ce serait faire un mal plus grand que de ne rien lui donner. Si nous reconnaissons lui avoir rendu un mauvais service, est-il raisonnable de l'abandonner brusquement puisque nous en sommes le premier auteur ? N'allons-nous pas le froisser et l'exciter à nous haïr ? Si même il n'a point méritéce que nous faisons pour lui, est-ce que notre intention de lui être utile n'émane pas de l'amour ? Nous devons considérer un tel acte comme ceux que nous accomplissons pour le bien et d'où résulte parfois le contraire. Ces personnes Constituent pour nous une épre"uve, et il vaut infiniment mieux leur rendre de mauvais service que d'encourir des reproches de notre conscience; ce n'est pas un mal du reste et si nous agissons moralement, l'épreuve sera bienfaisante pour tous deux. "

     Dans cette première partie Père met au point ce qu'il entend par "mauvais service". Il s'agit d'un service donné, de bonne foi, à quelqu'un qui nous semblait dans le besoin; d'un service que vous voulions "bon" au départ. Cette person ne en a abusé. Comment? Nous rencontrons souvent cela dans la vie quotidienne, souvent dans la vie professionnelle.
      Abus de deux façons:
1° soit la personne, du fait de notre aide, s'est dispensée de produire elle-même les efforts nécessaires pour se mettre à niveau, pour se tirer à l'avenir d'embarras.

2° soit, effectivement, la personne a profité à l'excès de notre aide. elle nous a fait donner davantage que ses besoins réels. C'est quasiment de l'escroquerie aux bons sentiments. Notre aide sans mesure a conforté son enracinement dans la matière, via un des fameux "péchés capitaux".

     Donc, du fait de notre "bon service",la personne nos seulement n'a fait aucun progrès mais a , au contraire, régressé. Le Père nous rassure, nous ne devons pas nous sentir coupables de cette régression puisque nous avons agi pour satisfaire notre conscience, sans calcul. Il le répète dans le chapitre suivant "La Charité Morale" quand il dit: "...notre conscience ne nous reprochera jamais d'avoir dépassé la mesure."

     Nous pourrions aussi être tentés de bien mesurer nos actes avant de rendre un service. Le Père nous met en garde:

     " Nous pouvons analyser nos actes après leur accomplissement, mais avant ce serait encore de l'égoïsme, il s'introduirait un doute dans la pensée que nous devons toujours exécuter immédiatement après l'avoir reçue, puisqu'elle est inspirée par l'amour; en ne le faisant pas, nous éteignons en nous le feux sacré, nous obéissons à la prudence et non à la foi. Celui qui possède la vraie charité ne se rend pas compte, sa sensibilité l'éclaire et lui dit quand il doit s'abstenir. J'ajouterai cependant que celui qui possède la foi est toujours heureux de donner et souffre de ne pouvoir le faire"

    C'est à rapprocher d'un passge du chapitre " LA CHARITE BIEN COMPRISE":
" ... Mais nous tardons parfois faute de zèle, notre esprit se débat, un doute surgit et nous perdons de vue celui qui devait nous donner l'occasion d'exercer la charité. Avec le souvenir vient le remords; en vain pour réparer l'oubli, nous grossissons la somme et accordons peut-être le double de ce que nous aurions donné en premier lieu; n'eussions-nous alors donné qu'un centime, nous faisions une plus grande charité, parce que la seconde pensée ne découle pas de l'amour mais du remords de ne pas avoir obéi à la première"

     En bref, le Père, ici, nous recommande la vraie charité. Et il nous explique un des revers de cette pratique: le mauvais usage par celui qui la reçoit. Il nous donne les bons conseils en la matière: toujours satisfaire sa conscience et considérer l'abus de la charité, quand nous nous en apercevons, comme une épreuve à franchir.

    Ailleurs, dans l'ENSEIGNEMENT, il nous parle d'autre revers de cette charité, mais plutôt commis par celui qui la pratique:

      Dans le quatrième principe, il nous met en garde contre la gloriole que nous pourrions être tentés d'en retirer:
" Ne dites jamais que vous faites la charité à quelqu'un qui vous semble dans la misère....  ....si vous agissez envers votre semblable comme un véritable frère, vous ne faites la charité qu'à vous-mêmes...."

     Dans le dixième principe, il nous met en garde contre la tentation du pouvoir que pourrions vouloir en retirer:
" ...Sachez qu'une grande épreuve sera votre récompense si vous l'humiliez en lui imposant le respect..." après avoir débuté ce dixième principe par une phrase qui, en fait, résume, le chapitre que nous venons de commenter:
" ne pensez pas toujours faire un bien lorsqu'à un frère vous portez assistance, vous pourriez faire le contraire, entraver son progrès..."



    



    


 












































14:30 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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