23/12/2005

AUTOUR DU 5° PRINCIPE

AUTOUR DU CINQUIEME PRINCIPE:
REFLEXIONS SUR LA FORCE DE CONVICTION.
REFLEXIONS SUR LA CONVERSION VERS LA PAIX INTERIEURE.

  • " Efforcez-vous d'aimer celui que  vous   croyez être votre ennemi. Ce n'est que vous connaître que je le pace sur votre chemin, mais voyez le mal plutôt en vous qu'en lui, il en sera le remède souverain."

     Ce principe est plus fort, plus exigeant que le principe chrétien avec lequel il est souvent mis en parallèle: "Il faut aimer son prochain comme soi-même pour l'amour de DIEU".

     Il n'est , en effet, pas difficile de s'aimer soi-même. il n'est pas non plus difficile de déterminer qui est son "prochain" et de l'aimer comme soi-même.Proclamer qu'on le fait par amour de DIEU n'est souvent qu'une simple figure de style. Celui qui le dit serait bien souvent incapable d'expliquer ce qu'il entend par cela.

     La lecture, et la relecture, du cinquième principe amène plusieurs réflexions.

     Tout d'abord, il implique une force de conviction. Il faut bien faire, ici, la différence entre deux verbes souvent considérés comme des synonymes purs et simples : "convaincre" et "persuader". Un Antoiniste ne doit pas persuader, il doit convaincre.

     "Persuader" implique l'idée d'une pensée qui est inculquée à autrui par la force de la parole. C'est un pensée imposée, certes non brutalement, mais de façon irrésistible par la force du discours, sans qu'il y ait eu échange véritable.

     "Dans "convaincre", on trouve le préfixe latin "cum" qui signifie une participation (cum = avec), un échange, une mise en commun. On trouve, en deuxième partie, le verbe "vaincre" qui suppose une lutte, donc une résistance ou, plutôt, un débat, une discussion, une comparaison. L'adhésion ne s'impose, elle est obtenue.

     Mais que faut-il vaincre ?

     Après réflexion, selon le cinquième principe, voici ce qu'il faut vaincre: les idéologies et croyances perverses, c'est-à-dire toutes les croyances et idéologies qui ont pour objet de faire d'un homme un ennemi pour un autre homme.

     En fait toutes les croyances et toutes les idéologies qui nient ou bafouent l'homme. A partir du moment où, en application de leurs principes, un seul homme est bafoué, c'est toute l'humanité qui est bafouée.

     Ce principe suppose aussi la nécessité, quotidienne, d'une conversion vers la paix intérieure. Il nous apprend qu'il faut relativiser le mot "ennemi". Cet "ennemi" n'est en réalité rien d'autre qu'un miroir qui nouis renvoie le reflet de nos propres imperfections. Ce que nous haïssons le plus chez notre "ennemi", ce sont nos propres défauts. dans le chapitre "COMMENT NOUS PROGRESSONS", le Père ANTOINE ne dit-il pas : " Tous les êtres incarnés ignorent plus ou moins la gravité de leurs actes et loin de se trouver répréhensibles, croient toujours faire le bien. certains commettent le mal inconsidérément, d'autres plus développés le font davantage, croyant agir avec justice et raison, obéir à la conscience plutôt qu'à une faiblesse"

     Si nous voulons vivre dans un monde en paix, il faut d'abord faire la paix en nou-mêmes. Nous ne connaîtrons pas la paix la paix intérieure tant qu'il nous restera de la haine dans le coeur.

     Cette nécessaire conversion du coeur doit donc être un

- mouvement et non un état d'attente passive;

- volontaire: il doit relever d'un choix conscient;

- difficile: parce que ce choix est souvent douloureux par les renoncements qu'il suppose, parce qu'il faut souvent se faire violence contre soi-même, parce qu'il implique souvent un pardon...

- quotidien: pour ne pas dire permanent, car la facilité nous porte toujours à retomber.

     Comment s'efforcer d'aimer " celui que l'on croit être son ennemi" ?

      Par le refus de toute violence envers autrui, le refus de toute forme de mépris ou d'exclusion. Pour y parvenir, il faut combattre avec persévérance, pourchasser toute faiblesse, toute animosité, toute querelle, toute envie, tout dédain, toute malveillance, toute hypocrisie...

     Ces réflexions me font penser à vous livrer un bref extrait d'un roman de Georges BERNANONS, "Monsieur OUINE". Ecoutons Georges BERNANOS:

     " Aussi longtemps que la paroisse tient bon, les pécheurs et les autres ne font qu'un grand corps où la pitié, sinon la grâce de DIEU, circule ainsi que la sève d'un arbre. Car...l'homme n'est pas fait pour vivre seul ou par couple comme les tigres et les serpents..."

 

19:43 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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