07/04/2006

LA PRATIQUE DE LA MORALE ET LA PROMOTION SOCIALE.

LA PRATIQUE DE LA MORALE

ET

LA PROMOTION SOCIALE.

 

     Dans ce chapitre de l’ENSEIGNEMENT ( «  DES DIVERSES DIRECTIONS DE LA VIE ET DU BONHEUR  » ), le Père ANTOINE répond aux inquiétudes d’un adepte sur un sujet qui tracasse tous ceux qui, pétris de sentiments altruistes et moraux, se demandent s’il convient pas de rechercher et d’accepter des postes de direction ou d’encadrement dans leur travail.

 

«  S. – Père, un ouvrier qui s’est distingué dans un atelier, est appelé à une situation plus importante ; mais il veut pratiquer la morale ;s’il a l’intention de ne pas se laisser dominer par la matière, doit-il refuser l’avantage qu’on lui offre ?  »

 

     Le Père répond. Il s’agit d’une réponse pleine de bon sens. Le Père ne demande à personne de sacrifier sa vie, de faire preuve d’un ascétisme hors du commun.

 

    Sa réponse peut se décomposer en quatre parties. Dans la première, il pose bien le problème moral : quel est le but réellement  la personne en question ?

 

«  Le Père.- Ma réponse pourrait différer à cette question suivant l’importance que cet ouvrier attache à son avenir et à la pensée qui lui fait viser cet emploi. S’il a l’intention d’être utile autant moralement que matériellement, dans tout ce qui dépendra de sa besogne, s’il veut se former tout en aidant à s’améliorer ceux qui l’entourent ; cet avancement sera pour lui un avantage ; il ne doit pas ignorer qu’en se laissant tenter par son personnel, composé de forts et de faibles, cette place lui donnera de l’inquiétude, il en souffrira autant moralement que physiquement. Il est vrai que s’il sait s’y prendre, il pourra assimiler ses fluides aux leurs. »

 

    Dans cette dernière phrase, on pourra apprécier toute l’humanité, toute la fraternité- toute l’empathie, dirait-on maintenant- dont il fait preuve. Nous nous trouvons bien loin des positions trop détachées des problèmes de ce monde. Le Père n’est pas « déconnecté » de la réalité.

 

    Dans la partie qui suit, le Père émet un vœux :

 

«  Son développement moral lui facilitera beaucoup sa tâche, le chemin sera comme aplani ; il n’accordera pas à un ouvrier le salaire qu’il ne mérite pas, mais il encouragera son personnel par de bons conseils )plutôt que par la menace »

 

    Voilà, en fait, en résumé, tout ce que l’on peut définir comme étant la « déontologie du chef ».

 

    Dans la partie suivante, il rappelle bien que « devenir chef » signifie que l’on a des responsabilités envers l’entreprise, la société. Qu’il y a une discipline à faire respecter. Et que, s’il faut se montrer juste, il faut aussi ne pas fuir son rôle, si ingrat soit-il.

 

«  Sachons aussi que lorsqu’on nous place à la tête d’une section, ce n ‘est point pour agir à notre guise, mais pour faire respecter les lois de l’établissement en les visant par celles de la conscience. Certains ouvriers, étant faibles, sortent parfois de la limite ; mais le chef qui veut être à l’abri de tout reproche, observe le règlement suivant la nature de l’acte et sa gravité, visant toujours la cause plus que l’effet. »

 

    Bref, il y a un règlement à faire respecter. Mais il faut garder la mesure.

 

   Plus loin, le Père met en garde contre la tentation qui existe de vouloir s’emparer d’un poste immérité :

 

«  …Agréons toujours ces emplois quand ils sont dus à notre mérite ; nous pourrons à la fois servire de père et de maître à nos subordonnés. Dans les usines il y a souvent des faibles et il est indispensable d’avoir des hommes de confiance et de raison pour diriger ces malheureux. Nous les aiderons à s’améliorer par notre contact et ils trouveront ainsi le salaire moral à côté du salaire matériel. Ne prenons donc aucune charge pour dominer mais bien pour donner l’exemple »

 

 

 

 

19:16 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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