21/11/2006

LA VUE DU MAL: LA RELATIVITE DU BIEN ET DU MAL.

 

LA VUE DU MAL :

LA RELATIVITE DU BIEN ET DU MAL

     Un adepte posa, un jour, au Père ANTOINE la question suivante :

 

« Père, si le mal n’existe pas, où trouvez-vous la raison du remords et de la récompense ? « 

 

     Voici quelle fut la réponse du Père ANTOINE, telle que nous la trouvons au chapitre « LA SANCTION MORALE ». Il s’agit d’un des chapitres les plus courts de l’ENSEIGNEMENT. Il n’empêche quand même qu’il touche à un certain nombre de principes de base de l’ANTOINISME.

 

«  DIEU est tout amour, Il ne peut avoir créé le mal. Si le mal existait, il serait l’œuvre de DIEU, puisque tout est créé par Lui ; or dès l’instant qu’Il crée le mal, Il cesse d’être DIEU parce qu’il cesse d’être bon ; Lui seul est alors la cause de nos souffrances.

 

     Mais la preuve de la bonté de DIEU c’est que nous sommes libres de créer les facultés qui peuvent assurer notre bonheur.

 

      Puisque en vertu de notre libre arbitre, nous pouvons établir des lois nécessaires à notre avancement, à qui nous en prendre, en cas d’échec, si ce n’est à nous-mêmes ?

 

        Nous pouvons ainsi comprendre que ce n’est pas DIEU qui nous punit pas plus qu’il ne nous récompense. C’est nous qui nous punissons et qui nous nous récompensons par la conscience ; elle nous donne toujours ce que nous avons mérité, elle est le témoin et le juge de nos actes et même de nos pensées. »

 

        Il faut bien prendre garde pour avoir la bonne compréhension du texte. Il faut savoir qu’il s’agit d’un des tout premiers textes de la révélation antoiniste. Comme Le Frère DEREGNAUCOURT et la sœur DESART le disent dans l’avant-propos de la « REVELATION PAR LE PERE » celle-ci s’est étendue sur trois ans ( « Nous soussignés, F. DEREGNAUCOURT et Madame DESART, au nom de tous les adeptes du Père étant autorisés par lui, nous nous faisons un devoir de publier sa révélation, telle qu’il la faite dans son temple de JEMEPPE-SUR-MEUSE, le dimanche de 10 heures à midi, de 1906 à 1909. » )

 

       Ceci est rappelé pour expliquer certaines phrases qui pourraient paraître en contradiction avec des chapitres ultérieurs de l’ENSEIGNEMENT. Les contradicteurs de l’ENSEIGNEMENTS bondissent sur de telles choses pour expliquer que l’ENSEIGNEMENT est un recueil de textes contradictoires. En réalité, depuis la première page jusqu’à la dernière, c’est une œuvre qui se construit petit à petit sous nos yeux. Il est normal que les premiers textes soient plus confus que les derniers, que des pensées soient abordées de façon imparfaites au début. Si l’on lit l’ENSEIGNEMENT , on verra qu’elles sont réexaminées à diverses reprises et reprécisées chaque fois. Une fois la REVELATION terminée, le Père s’est lancé dans le deuxième livre, le « DEVELOPPEMENT DE L’ENSEIGNEMENT DU PERE » qui se termine par le chapitre « LES DERNIERES PAROLES DU PERE A SES ADEPTES. » Et nous avons aussi les textes de  la revue « L’UNITIF »

         Pour la bonne compréhension de la pensée antoiniste, ce texte doit être mis en parallèle avec un texte ultérieur que voici :

        « Lorsque nos intentions sont de travailler à notre progrès et que nous faisons effort pour surmonter la vue du mal, ne nous trompons-nous pas encore en ne voulant plus viser en tout que le bien ? Car celui qui a la vue du bien a également la vue du mal puisqu’ils sont corrélatifs, l’un ne pouvant exister sans l’autre. C’est en agissant naturellement, avec la seule intention de nous améliorer, que nous parviendrons à surmonter cette vue ; l’idée de nous désintéresser suffit pour arriver à notre but. J’ai révélé que nous sommes dupés par notre intelligence qui nous montre le bien dans le mal et le mal dans le bien, qu ‘elle est la vue de notre imperfection. »

 

         En effet, une lecture superficielle du premier texte, coupé de l’ensemble de l’ENSEIGNEMENT pourrait nous laisser entendre qu’il existe deux principes : le principe du BIEN et le principe du MAL. Chacun des deux principes existant à l’état absolu et se faisant face, dans une lutte sans concession.

                 Nous aurions ainsi une philosophie dualiste, manichéiste. Il n’en est pas ainsi : la notion de BIEN et de MAL sont relatives, corrélatives. Il n’existe pas d’être manifestant le BIEN absolu ni le MAL absolu. Nous l’avons déjà exposé lorsque nous avons parlé des « péchés capitaux ».

         En face de DIEU ne peut exister une entité totalement opposée à DIEU. Sinon ce serait admettre que DIEU ne représente pas l’unité de l’ensemble, qu’il ne serait donc pas DIEU !

       Comment l'ËTRE qui est tout l'être, qui représente l’unité de l’ensemble, pourrait-il avoir en ce de Lui  un modèle opposé.

       Croire qu'une chose peut ,en soi, représenter le mal absolu, ce serait projeter du manque dans la nature, du néant dans l'être.

      En réalité tout est aussi parfait qu'il peut l'être, et la perfection et l'imperfection ne sont que des manières de comparer les choses entre elles ou à des modèles imaginaires.

      Le bien et le mal sont relatifs l'un à l'autre ,ainsi qu'aux sujets qui les imaginent.

     On définira le bien comme ce que nous savons avec certitude servir notre avancement ,c'est à dire nous rapprocher de ce modèle ; le mal comme ce que nous savons nous en éloigner.

 

 

     On ne peut donc pas parler du « BIEN » et du « MAL », mais de ce qui est bon pour nous , pour notre avancement et de ce qui est mauvais pour nous, ce qui nous fait piétiner, ce qui nous bloque sur l’échelle du progrès.

 

     Sera dit bon, l'homme est donc qui cherche ce qui est bon pour lui, pour son avancement (et il le fera d'autant mieux qu'il se connaîtra lui-même, ainsi qu’il est dit dans le neuvième principe : « …Cultivez-vous, vous vous rappellerez le passé ;vous aurez le souvenir qu’i la été dit : Frappez, je vous ouvrirai ; je suis dans le  CONNAIS-TOI »

 

      Sera dit mauvais, celui qui accepte de subir les aléas de la vie, qui esquive les épreuves ou se contente de les subir quitte à se plaindre et à accuser chaque fois que l'effet subi se montre contraire et lui révèle sa propre impuissance.

 

     C’est à lui, mais c’est le langage commun qui l’appelle « mauvais ». pour nous, c’est plutôt un malheureux. C’est à lui que s’applique cet extrait de l’ENSEIGNEMENT ( Chapitre « L’EPREUVE DE L’ACTE DU BIEN ET L’EPREUVE DE L’ACTE DU MAL ») :

 

     «  Chaque fois que nous sommes à l’épreuve, nous ressentons par notre manque d’amour un fluide qui nous terrasse, devant ceux que nous disons nos ennemis. Nous nous révoltons et nous nous accablons davantage, nous récoltons de mauvais fluides et nous croyons agir encore avec raison. Ce venin que nous dégageons nous revient parce qu’au lieu d’envisager notre épreuve comme une récompense, nous la prenons comme un mal. Nous nous attardons parfois dans ces fluides et notre santé s’altère à tel point que nous parvenons bien difficilement à la recouvrer…. »

 

  

 

 

 

18:30 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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