20/12/2006

L'ENSEIGNEMENT ANTOINISTE: QUEL STATUT ?

 

LE STATUT DE L’ENSEIGNEMENT ANTOINISTE.

 

 

      L’ ENSEIGNEMENT Antoiniste a pour base le livre qui s’intitule « REVELATION PAR LE PERE ».

 

     C’est précisément le terme « Révélation » qui pose parfois quelques problèmes.

 

     Faut-il prendre ce terme au premier degré et penser qu’il s’agit d’un texte écrit par le Père ANTOINE sous la dictée de DIEU ?

 

     En réalité, il faut se pénétrer de la façon dont l’œuvre a été réalisée : Le livre de base est, comme dit plus haut, la « REVELATION » qui se subdivise en deux parties  , la « REVELATION » et le « COURONNEMENT DE L’ŒUVRE REVELEE ».

 

     Le  « DEVELOPPEMENT DE L’ENSEIGNEMENT » fut publié à la fin de 1912.

 

      Il fut annoncé dans l’UNITIF ( Revue du CULTE ) en ces termes :

 

     «  Nous avons le bonheur de vous annoncer que le Développement de l’ENSEIGNEMENT vient de paraître.

         C’est avec le plus grand scrupule que nous avons édité cette Œuvre sainte, sous la direction constante de Mère. Nous savons avec quelle piété le Père a accompli ce travail pour nous rendre plus compréhensible la pure Révélation du Couronnement.

          Certaines questions qui auraient pu paraître obscures à la lecture de l’Enseignement sont complétées et éclaircies dans le Développement. Toute personne désireuse de s’améliorer trouvera dans ces deux Œuvres qui se donnent un mutuel appui, qui s’expliquent l’une par l’autre la lumière nécessaire pour se diriger dans son progrès. »

 

      Il contient la plupart des articles que le Père ANTOINE avait publiés lui-même dans l’UNITIF, ensuite sept révélations inédites sur les lois, l’amour, le bien et le mal et la reprise d’un long passage extrait de la REVELATION même ( L’ARBRE DE LA SCIENCE DE LA VUE DU MAL )

 

     En ce qui concerne les articles repris de l’UNITIF, ceux-ci n’ont pas été repris textuellement, mais ont été remaniés. Le Frère NIHOUL écrit à ce propos : « …pour faire le Développement de la Révélation chaque page a dû être rectifiée des milliers de fois, car les instruments dont le Père se servait pour traduire ses inspirations ( souligné par moi ) les dénaturaient inconsciemment par leur intelligence. »

 

     Le statut de l’ENSEIGNEMENT est donc explicité, sans doute inconsciemment, par le Frère NIHOUL quand ce dernier  dit le terme «  inspirations ». L’œuvre du Père ANTOINE est donc rédigée sous inspiration divine, elle ne résulterait pas d’une dictée divine. Cela ne retire rien à la nature sainte de l’œuvre.

 

     Il faut distinguer selon les parties :

·        La REVELATION n’a pas été écrite telle quelle, mais il s’agit de la copie par sténographie des enseignements donnés verbalement par le Père au Temple de JEMEPPE, chaque dimanche, durant trois années. Ces enseignements étaient, bien souvent, - on s’en rend compte à la lecture- des réponses à des questions posées à brûle pourpoint par l’un ou l’autre adepte. Voici, in fine de l’ENSEIGNEMENT, ce que la Sœur DESART, sténographe de l’ENSEIGNEMENT, explique : « Lorsqu’il fut question de sténographier l’ENSEIGNEMENT, notre Père m’indiqua, sans examen préalable, la méthode la plus simple et Il m’aida beaucoup,…, pour ne rien perdre de ce qu’Il nous révélait. Après les réunions, notre Père analysait et rectifiait le travail, plutôt du point de vue du fond que de la forme. » Voilà qui a le mérite d’être clair : s’il s’était agi d’un texte écrit sous la dictée de DIEU, il n’aurait pas pu être question de procéder comme le Père a procédé ! Elle dit aussi, plus loin : « Je dois l’avouer, j’ai vu démolir bien des fois ce que j’avais sténographié de la Révélation et je croyais cependant l’avoir bien saisie. » et : « Combien de fois ne me suis-je pas présentée chez Lui avec mon travail et qu’Il devait continuer les corrections le lendemain, parfois même plusieurs jours de suite. »

 

Voici ce que le Père ANTOINE dit lui-même dans le chapitre « L’ETUDE DE L’ENSEIGNEMENT MORAL » en réponse à une question posée : «  Je crois devoir faire remarquer à B. qu’une révélation n’est jamais une règle de conduite qui impose. Mon enseignement repose exclusivement sur la loi morale, tout être peut s’en pénétrer suivant son désir de s’améliorer. C’est de notre avancement moral que découle la loi de responsabilité et nous l’établissons pour tout ce que nous désirons retirer d’un enseignement. » et aussi, plus loin : «  L’amour qui est la base de toute révélation nous dit : « … Considérons l’enseignement comme une lumière qui nous servira de guide pour autant que nous nous y conformerons. »

 

Il faut bien remarquer aussi qu’il ne s’agit pas d’un traité philosophique ou théologique construit en chapitres  et sous-chapitres structurés. Cela résulte de la façon d’on il a été produit, dimanche après dimanche selon les problèmes qui se posaient.

 

·        Pour ce qui est du « COURONNEMENT DE L’ŒUVRE REVELEE » qui est publié en seconde partie de la « REVELATION », le Père a procédé tout-à fait autrement, il s’agit d’un travail de profonde réflexion individuelle. Voici comment Robert VIVIER, dans son ouvrage « DELIVREZ-NOUS DU MAL » nous explique ce travail, selon les témoignages des adeptes qui avaient connu cette époque : «  Lui, on savait qu’il s’était retiré dans la solitude. Il passait des heures et des heures dans le cabinet de consultations attenant au Temple. Là dans cette pièce sans horizon, sans ornement, où il recevait les malades, où tant de souffrances avait passé et où tout restait imprégné du fluide de foi et d’amour, il se sentait assisté, soutenu, et, surtout ce lieu ne lui laissait pas oublier combien il était urgent de former pour les hommes des idées capables de triompher du découragement et de la douleur.

….

            Six mois passèrent de la sorte.

            Parfois, en se cachant derrière une fenêtre de la cuisine, les adeptes pouvaient

            voir  le Maître aller et venir, seul et pensif, dans le petit jardin. Il s’émerveillaient

            de ce que la pluie même n’interrompît pas sa méditation.

           

            Pendant des heures et des heures, il tournait et retournait les problèmes, non sans

          les examiner plutôt dix fois qu’une. Il ajustait avec prudence les pièces d’un

          étrange appareil de précision, fait de mots et de pensées.

          … »

         

           Le COURONNEMENT est donc une œuvre de profonde méditation personnelle .

 

 

18:39 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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