11/01/2007

L'EGOCENTRISME: UNE MANIFESTATION DE LA " VUE DU MAL "

 

L’EGOCENTRISME :

SES DIVERSES FORMES,

MANIFESTATIONS DE LA « VUE DU MAL ».

     Que quelqu’un défende, même avec ardeur, ses propres droits, son propre bien-être, sa propre situation n’est nullement anormal ni choquant ni immoral.

     Cela le devient lorsque cette personne dérape, lorsqu’elle pense d’abord, et exclusivement, à elle-même, qu’elle place sa personne au centre de tout.

     C’est encore plus grave lorsque, parfois, cela frise à la cruauté quotidienne, habituelle ( dans la vie de famille, de quartier, de travail…). On arrive là au harcèlement moral. C’est alors la « vue du mal » qui s’exprime. C’est toujours là que finit par aboutir l’égocentrisme !

     La tolérance et le refus de jugement sont indispensables pour accepter l’autre dans sa différence, pour arriver à bout de l’égocentrisme.

     L’égocentrisme se manifeste sous diverses formes, parfois contradictoires par rapport à d’autres formes. Mais c’est toujours le même fluide néfaste.

     Observons quelques unes de ces formes. Si nous y réfléchissons, nous découvrirons la « vue du mal ». Elles en sont indissociables, soit qu’elles l’amènent, soit qu’elles en sont le produit.

     1° Être exclusivement demandeur par rapport aux autres : leur asséner sans cesse des remarques, des conseils, des leçons et, en retour, exiger de l’attention, des remerciements, de la gratitude, de l’affection, du respect…

     2° Être atteint du « complexe de l’estrade » : les personnes qui monopolisent l’attention, qui ne parlent que d’elles, de leurs succès et qui ont, perpétuellement besoin d’un public approbateur et admiratif qu’ils monopolisent…

     Verser dans le perfectionnisme exigeant : ce sont les gens imbus d’eux-mêmes, impatients et exigeants dans leurs relations avec les autres. Ils croient détenir le monopole de la connaissance de la matière qu’ils travaillent. Ils manquent de compréhension en ce qui concerne la valeur réelle des autres et leur manière de fonctionner…

   4° S’autoproclamer « victime » : ce sont les êtres, malheureux, prisonniers des interdits, des préjugés, des dogmes reçus et qui sont trop marqués par les objectifs ou les obligations qu’on leur a inculqués ou qu’ils se sont fixés. A cette catégorie, on peut ajouter les hypocondriaques. Ils se sentent constamment responsables de ce qui se passe, voire même coupables.

     Avoir la mentalité de « dominant » : les êtres qui veulent que leur personnalité sorte toujours au-dessus du lot. L’esprit de dominance devient vite esprit tyrannique et d’intolérance.

     Se retrancher des autres : les individus distants, enfermés dans leur tour d’ivoire. Ils manifestent une attitude condescendante, orgueilleuse, méprisante. Ils prennent  toujours leurs distances par rapport à leur entourage et abandonnent tout intérêt vis-à-vis d’autrui. Ne pas confondre avec la timidité.

     Cultiver la haine : les personnes haineuses s’estiment victimes du destin et rendent les autres coupables de leurs difficultés ou de leurs échecs. Le soutien des autres leur paraît aller de soi. Ils n’en sont donc jamais reconnaissants. Ils prennent tout comme un dû, comme un dédommagement. Non seulement, ils sont incapables de s’intéresser au bonheur d’autrui, mais celui-ci leur fait envie et leur paraît immérité.

 

     Avant d’aller plus avant dans le raisonnement, rappelons-nous quelques passages de l’ENSEIGNEMENT :

 

 

Extraits de l’ENSEIGNEMENT.

     «  Efforcez-vous d’aimer celui que vous croyez être votre ennemi, ce n’est que pour vous apprendre à vous connaître que le place sur votre chemin. Mais voyez le mal en vous plutôt qu’en lui , il en sera le remède souverain » ( Cinquième Principe )

 

     «  L’Enseignement est basé sur la foi et pour être d’accord avec lui, il faut démolir la vue du mal. Plus voudrions-nous l’étudier en dehors de la loi, plus renforcerions-nous cette vue, car ce serait rentrer dans l’égoïsme. » ( Chapitre «  L’ETUDE DE L’ENSEIGNEMENT MORAL » )

 

     «  Pour la pénétrer, nous devons démolir la vue du mal, c’est-à-dire » reprendre le chemin entrepris dès le principe pour débarrasser l’Arbre de science du dernier atome de cette matière par laquelle il nous a engendrés.

        Dès ce jour, on ne dira plus l’arbre de la science, du bien et du mal mais de la vue du mal ; tel est son véritable sens. » (Chapitre « APPARENCE DE LA REALITE »

 

     Face aux problèmes d’égocentrisme, il faut essayer d’avoir une attitude d’écoute, s’efforcer d’entendre le message caché de l’autre. Cela exige de l’humilité.

     On doit faire preuve d’empathie : il faut pouvoir comprendre le monde affectif de l’autre, ressentir ce qu’il ressent, savoir ce qui l’émeut et à quel point cela l’émeut mais en gardant une juste distance. Il faut savoir percevoir la souffrance réelle qui est cachée par une des attitudes décrites plus haut.

     Il faut s’efforcer de ressentir les émotions de l’autre mais sans les prendre pour nôtres. Ce qu’il ressent, nous n’avons pas à le juger, nous devons seulement y être sensibles, l’entendre dans sa souffrance…

     Face à des comportements égocentriques, plutôt qu’adopter une attitude de rejet, ce qui convient c’est de prendre conscience de la similitude fondamentale des besoins humains. Ce que les égocentriques expriment, ce sont ces besoins, similaires aux nôtres, mais ils les expriment mal.

     La conscience de cette similitude des besoins rend dérisoire l’usage des reproches, des leçons de morale, des condamnations abruptes…

     Même si c’est difficile, on doit trouver en soi de la bienveillance, de la clémence pour les autres et, ainsi, du moins peut-on l’espérer, susciter ce même sentiment chez eux.

Les commentaires sont fermés.