29/01/2007

L'AVENTURE HUMAINE. ( LE DRAME HUMAIN ). ( LA CONDITION HUMAINE )

 

L’AVENTURE HUMAINE – LE DRAME HUMAIN :

L’INCARNATION ET LES STADES DU PROGRES.

     Qui se ressemble s’assemble, dit-on. C’est tout à fait logique et en réalité, incarnés ou non, nous nous trouvons, par groupes, à des stades différents de progrès.

     Les membres d’un même groupe, unis par la pensée, oeuvrent de concert.

     Lorsque certains membres progressent plus rapidement que d’autres au sein d’un groupe, ils le quittent pour rejoindre un autre plus évolué ou plus améliorés ou correspondant mieux à sa pensée. Ce qui signifie, en fait, soit qu’ils s’incrustent plus fortement dans le matériel en attachant plus d’importance à cet aspect des choses, soit qu’ils s’en vont vers le progrès moral en se détachant progressivement du matériel.

     Nous dirons donc que l’incarnation est en relation directe de l’importance accordée à la matière. C’est le moment de nous souvenir d’une parole du Père ANTOINE puisée dans le chapitre « REINCARNATION » :

     « Ah ! quand pourrons-nous nous éveiller, sortir de l’affreux cauchemar de l’incarnation ? Car c’est bien ce qu’elle est, mais nous ne pouvons le croire parce que notre imperfection nous trompe ; par l’épreuve qu’elle suscite, elle nous convainc de sa réalité. »

     Comprendre le monde pour un homme, c’est le ramener à l’humain, le marquer de son sceau. Il importe donc de bien comprendre le sens de ce que certains nomment « l’aventure humaine »; d’autres, « le drame humain » ; d’autres encore, plus prosaïquement ou plus sentencieusement « la condition humaine ». Ce sont des étiquettes qui recouvrent la même problématique. Ce qui fait qu’on utilise l’une plutôt que l’autre, c’est la disposition d’esprit, l’état de l’humeur, la volonté de produire un effet ou d’être sentencieux.

      Pour les Antoinistes, le sens de la vie humaine se définit comme suit : l’âme humaine s’est retrouvée séparée de DIEU (de l’absolu, de « l’unité de l’ensemble » lors de son incarnation ).

    L’âme humaine conserve cette nostalgie de l’unité à l’absolu. Cette nostalgie d’unité, cet appétit d’absolu illustre le mouvement essentiel du drame humain.

     Lors de chaque incarnation, l’âme se retrouve devant une sorte d’obligation : tenter d’avancer sur l’échelle du progrès, sur le chemin du retour à l’absolu.

      Nous devons bien constater que chaque incarnation est fonction directe de l’importance accordée à la matière dans l’incarnation précédente.

      Lors de la désincarnation, l’âme abandonne son corps matériel. Celui-ci est, dans cette optique, définitivement perdu pour l’homme. Mais, et ceci est capital pour la bonne compréhension, même dépourvu de corps matériel, l’homme ne change pas pour autant : il garde intact son acquit moral, bilan légitime de ses efforts de progrès.

     Ceci signifie que, ayant progressé ou pas, l’homme reste au stade qui était le sien à l’instant précis de sa désincarnation.

     L’âme rejoint alors le groupe des non-incarnés situés au même stade de l’échelle du progrès et elle continue dans la même pensée, avec ses acquits et ses dettes jusqu’à ce qu’elle ait trouvé un nouveau dans lequel s’incarner.

      Nouveau corps signifie, bien sûr, aussi nouvelle position sociale, nouvelle histoire familiale sur aussi bien sur le plan physique que environnemental, éventuellement, nouveau sexe, dispositions intellectuelles différentes, nouvelle nationalité…

      C’est ce que le Père ANTOINE nous dit dans le chapitre « COMMENT NOUS POUVONS NOUS AMELIORER » :

      « Quand nous comprendrons que nous nous réincarnons dans des milieux bien différents, que nous pouvons être dans une existence autant misérables que nous jouissions de l’aisance dans la précédente et réciproquement, nous n’attacherons pas tant d’importance à notre personnalité, nous aurons d’autant plus d’égards pour notre semblable parce que nous l’apprécierons d’une tout autre façon ; mais nous sommes bien loin de cette modestie parce que notre vue du mal en est l’obstacle. Nous ignorons que nous devons passer par de nombreuses existences pour avoir ce qui nous paraît être dans nos semblables de grands défauts tandis que c’est l’embryon des vertus. »

     Petit à petit , nous préparons notre progrès par l’expérimentation de la matière, ou nous progressons réellement par la pratique de la compréhension de la réalité morale, ou bien, encore, nous stationnons parce que nous préférons nous incruster dans la jouissance de la matière.

     Dans le chapitre « NOUS DEVONS TOUJOURS RESPECTER NOTRE NATUREL », le Père ANTOINE nous explique :

     « Quiconque cherche à résoudre le problème de l’existence, s’il désire savoir d’où il vient, il doit connaître de quelle façon nous nous sommes incarnés : toute solution est là. Quand nous comprendrons que notre intelligence ne nous sert que pour nous diriger matériellement, autrement dit dans l’imperfection, nous saurons que ce n’est pas elle qui pourrait nous en extraire, que si elle nous y plonge, nous devons arriver à la surmonter pour atteindre au vrai bonheur. »

     Ce « vrai bonheur », c’est le retour à « l’unité de l’ensemble », à l’absolu, à DIEU. Cela correspond à la désincarnation totale et irréversible.

     La désincarnation n’est totale et irréversible que lorsque l’âme a accompli son cycle complets de réincarnations, lorsqu’elle a fait retour à l’absolu, à « l’unité de l’ensemble », à DIEU.

     C’est ainsi que l’on comprend mieux les paroles du Père ANTOINE lorsque, dans le chapitre « REINCARNATION », il introduit la différence entre « non-incarnés » et « désincarnés » :

     « Nous devons comprendre qu’il existe deux mondes, l’un corporel et l’autre spirituel, le monde des incarnés et je n’ajouterai pas celui des désincarnés, mais plutôt celui des non-incarnés. »

    Ainsi ce début du chapitre « REINCARNATION » nous apparaît maintenant être une véritable révélation et non l’utilisation d’un jeu de mot pour embellir le texte !

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