29/01/2007

L'AVENTURE HUMAINE. ( LE DRAME HUMAIN ). ( LA CONDITION HUMAINE )

 

L’AVENTURE HUMAINE – LE DRAME HUMAIN :

L’INCARNATION ET LES STADES DU PROGRES.

     Qui se ressemble s’assemble, dit-on. C’est tout à fait logique et en réalité, incarnés ou non, nous nous trouvons, par groupes, à des stades différents de progrès.

     Les membres d’un même groupe, unis par la pensée, oeuvrent de concert.

     Lorsque certains membres progressent plus rapidement que d’autres au sein d’un groupe, ils le quittent pour rejoindre un autre plus évolué ou plus améliorés ou correspondant mieux à sa pensée. Ce qui signifie, en fait, soit qu’ils s’incrustent plus fortement dans le matériel en attachant plus d’importance à cet aspect des choses, soit qu’ils s’en vont vers le progrès moral en se détachant progressivement du matériel.

     Nous dirons donc que l’incarnation est en relation directe de l’importance accordée à la matière. C’est le moment de nous souvenir d’une parole du Père ANTOINE puisée dans le chapitre « REINCARNATION » :

     « Ah ! quand pourrons-nous nous éveiller, sortir de l’affreux cauchemar de l’incarnation ? Car c’est bien ce qu’elle est, mais nous ne pouvons le croire parce que notre imperfection nous trompe ; par l’épreuve qu’elle suscite, elle nous convainc de sa réalité. »

     Comprendre le monde pour un homme, c’est le ramener à l’humain, le marquer de son sceau. Il importe donc de bien comprendre le sens de ce que certains nomment « l’aventure humaine »; d’autres, « le drame humain » ; d’autres encore, plus prosaïquement ou plus sentencieusement « la condition humaine ». Ce sont des étiquettes qui recouvrent la même problématique. Ce qui fait qu’on utilise l’une plutôt que l’autre, c’est la disposition d’esprit, l’état de l’humeur, la volonté de produire un effet ou d’être sentencieux.

      Pour les Antoinistes, le sens de la vie humaine se définit comme suit : l’âme humaine s’est retrouvée séparée de DIEU (de l’absolu, de « l’unité de l’ensemble » lors de son incarnation ).

    L’âme humaine conserve cette nostalgie de l’unité à l’absolu. Cette nostalgie d’unité, cet appétit d’absolu illustre le mouvement essentiel du drame humain.

     Lors de chaque incarnation, l’âme se retrouve devant une sorte d’obligation : tenter d’avancer sur l’échelle du progrès, sur le chemin du retour à l’absolu.

      Nous devons bien constater que chaque incarnation est fonction directe de l’importance accordée à la matière dans l’incarnation précédente.

      Lors de la désincarnation, l’âme abandonne son corps matériel. Celui-ci est, dans cette optique, définitivement perdu pour l’homme. Mais, et ceci est capital pour la bonne compréhension, même dépourvu de corps matériel, l’homme ne change pas pour autant : il garde intact son acquit moral, bilan légitime de ses efforts de progrès.

     Ceci signifie que, ayant progressé ou pas, l’homme reste au stade qui était le sien à l’instant précis de sa désincarnation.

     L’âme rejoint alors le groupe des non-incarnés situés au même stade de l’échelle du progrès et elle continue dans la même pensée, avec ses acquits et ses dettes jusqu’à ce qu’elle ait trouvé un nouveau dans lequel s’incarner.

      Nouveau corps signifie, bien sûr, aussi nouvelle position sociale, nouvelle histoire familiale sur aussi bien sur le plan physique que environnemental, éventuellement, nouveau sexe, dispositions intellectuelles différentes, nouvelle nationalité…

      C’est ce que le Père ANTOINE nous dit dans le chapitre « COMMENT NOUS POUVONS NOUS AMELIORER » :

      « Quand nous comprendrons que nous nous réincarnons dans des milieux bien différents, que nous pouvons être dans une existence autant misérables que nous jouissions de l’aisance dans la précédente et réciproquement, nous n’attacherons pas tant d’importance à notre personnalité, nous aurons d’autant plus d’égards pour notre semblable parce que nous l’apprécierons d’une tout autre façon ; mais nous sommes bien loin de cette modestie parce que notre vue du mal en est l’obstacle. Nous ignorons que nous devons passer par de nombreuses existences pour avoir ce qui nous paraît être dans nos semblables de grands défauts tandis que c’est l’embryon des vertus. »

     Petit à petit , nous préparons notre progrès par l’expérimentation de la matière, ou nous progressons réellement par la pratique de la compréhension de la réalité morale, ou bien, encore, nous stationnons parce que nous préférons nous incruster dans la jouissance de la matière.

     Dans le chapitre « NOUS DEVONS TOUJOURS RESPECTER NOTRE NATUREL », le Père ANTOINE nous explique :

     « Quiconque cherche à résoudre le problème de l’existence, s’il désire savoir d’où il vient, il doit connaître de quelle façon nous nous sommes incarnés : toute solution est là. Quand nous comprendrons que notre intelligence ne nous sert que pour nous diriger matériellement, autrement dit dans l’imperfection, nous saurons que ce n’est pas elle qui pourrait nous en extraire, que si elle nous y plonge, nous devons arriver à la surmonter pour atteindre au vrai bonheur. »

     Ce « vrai bonheur », c’est le retour à « l’unité de l’ensemble », à l’absolu, à DIEU. Cela correspond à la désincarnation totale et irréversible.

     La désincarnation n’est totale et irréversible que lorsque l’âme a accompli son cycle complets de réincarnations, lorsqu’elle a fait retour à l’absolu, à « l’unité de l’ensemble », à DIEU.

     C’est ainsi que l’on comprend mieux les paroles du Père ANTOINE lorsque, dans le chapitre « REINCARNATION », il introduit la différence entre « non-incarnés » et « désincarnés » :

     « Nous devons comprendre qu’il existe deux mondes, l’un corporel et l’autre spirituel, le monde des incarnés et je n’ajouterai pas celui des désincarnés, mais plutôt celui des non-incarnés. »

    Ainsi ce début du chapitre « REINCARNATION » nous apparaît maintenant être une véritable révélation et non l’utilisation d’un jeu de mot pour embellir le texte !

24/01/2007

LA FRANCHISE. LA SINCERITE.

 

LA FRANCHISE.

     A diverses reprises, le Père aborde le problème de la franchise, de la sincérité dans les relations humaines.

     On peut déjà en voir un aspect dans le deuxième principe : «  Ne croyez pas en celui qui vous parle de moi dans l’intention de vous convertir… »

    Nous ne pouvons pas nous empêcher de rapporter une citation d’André GIDE :

 «  Quand tu cherches à faire monter dans ta barque, sournoisement, ce qui n’a que faire d’y monter, tu triches. »

        Il ne faut pas surtout y voir une recommandation de méfiance vis-à-vis de prosélytes mais d’abord une recommandation donnée aux antoinistes : ne jamais prendre les gens par surprise, ne jamais endoctriner quelqu’un par des voies sournoises, déguisées…

     Nous retrouvons aussi d’autres recommandations dans d’autres chapitres de l’Enseignement.

     Voyons d’abord un extrait du chapitre « ÊTRE OU PARAÎTRE » :

     «  Il faut agir sans crainte ; toute gêne est une faiblesse qui nous abîme et que nous devons surmonter. Si tout homme osait dire franchement et hautement ce qu’il pense, il serait toujours dans la réalité. Combien nous nous rendons malheureux en voulant cacher notre nature ! Ne craignons rien ni personne, si ce n’est nous-mêmes, notre faiblesse. Marchons avec franchise derrière l’étendard de l’amour et proclamons le grand principe de liberté et de fraternité qui est la base de notre doctrine. Sachons que la cause de tous nos obstacles, c’est nous-mêmes, notre intelligence. »

     Et, dans le chapitre « COMMENT NOUS PROGRESSONS » :

    « Ne perdons jamais de vue, mes enfants, que sortir de la sincérité, c’est sortir de la vérité et par conséquent faire un mal. L’exemple est tout ; on ne devrait s’appuyer que sur l’amour parce qu’il est seul la base de toute puissance et de toute régénération. Cet amour naît de la foi et celle-ci est le fruit de notre expérience acquise par le travail moral. Si nous nous exprimons en toute sincérité, avec la bonne intention d’être utiles à nos semblables, ce n’est plus nous qui enseignons, c’est DIEU-même, mais nous ne pouvons atteindre à Lui que par la foi qui est la clé de toutes les autres vertus. »

     Et, tout de suite après, comme en guise de conclusion, avec un lyrisme certain :

     «  Ainsi améliorés, nous serons toujours sincères ; car la sincérité est le contrôle de la raison, la photographie du cœur et l’image de l’amour. »

     Nous pouvons aussi nous référer à un passage du chapitre « COMMENT NOTRE FOI PEUT SE COMMUNIQUER A D’AUTRES ». La question abordée est celle-ci : par notre contact avec d’autres nous pouvons être atteints par le doute. Ce serait manifestement le cas lorsque nous aurions été abusés par des paroles sournoises, trompeuses ( « trop belles pour être vraies » ). En n’oubliant pas que ce que ces paroles peuvent automatiquement nous être renvoyées en écho :

     « Pour être dans la raison, disons que c’est nous qui nous contrarions au contact de nos semblables, car aucun ne peut rien dire ni faire qui puisse nous porter obstacle si nous ne l’avons nous-mêmes, le plus souvent à notre insu, provoqué par nos pensées ; notre doute peut se communiquer à l’une ou l’autre personne de notre entourage et nous avons tort de la rendre responsable de nos souffrances. C’est ainsi que l’on croit toujours en voir la cause en autrui, car personne dans sa manière de voir et d’agir ne se croit à côté de la vérité ; je l’ai révélé, ce sont toujours les fluides qui nous entourent qui nous convainquent de toute opinion et celle-ci varie suivant le degré d’évolution. Il n’y a que ces fluides qui nous suscitent la vue du mal, il nous font croire à la réalité de certaines choses et comme ils sont de nature différente, plus sommes-nous convaincus de cette réalité, plus voyons-nous l’erreur chez les autres. »

 

20/01/2007

" LES RELIGIONS DE GUERISON " Un livre de Régis DERICQUEBOURG.

 

«  LES RELIGIONS DE GUERISON. »

( LIVRE DE REGIS DERICQUEBOURG )

 

LA DEDICACE DE L'AUTEUR :

« J'ai rédigé "Croire et guérir" pour donner un éclairage sur un phénomène social dont on commence à parler : les groupes religieux qui veulent apporter la guérison des maladies physiques, psychiques, voire remédier aux vicissitudes de la vie.

 Dans les faits toutes les religions se préoccupent de la santé du corps (miracles de Lourdes, messes pour les malades, imposition des mains par les pasteurs, dévotion aux saints guérisseurs, prolongements thérapeutiques du Bouddhisme et de l'Hindouisme) mais chez elles, le traitement spirituel des maladies est périphérique car la vie religieuse est principalement centrée sur le salut de l'âme après la mort ou à la fin des incarnations.

Or, il existe des mouvements spirituels, en quelque sorte "spécialisés" dans les soins spirituels aux malades. La santé est le pilier central de leurs croyances et de leurs pratiques. Je les ai appelées "les religions de guérison". Ce sont : l'Antoinisme, la Science chrétienne, la Scientologie, Invitation à la vie.

 C'est à eux que je consacre ce livre en me situant hors du débat qu'ils suscitent. Dans sa préface, Jean Baubérot signale bien mon but : présenter ces mouvements sur la base d'enquêtes (par questionnaires, par observation, par entretiens et dans un cas par tests) pour être le plus objectif possible. Dans la postface, Guy-Olivier Séguy, en sa qualité d'avocat spécialisé dans la liberté de conviction, traite de la question de l'exercice illégal de la médecine et de la limite à la liberté de guérir qui s'arrête au point où l'on risque de nuire à autrui. On rejoint ici la question de la responsabilité vis-à-vis d'autrui. »

 (Régis Dericquebourg)

 

Réflexions sur le chapitre de son livre dans lequel il traite de l’antoinisme.


Par ailleurs, l’auteur traite aussi de l’Antoinisme, un culte fondé en Belgique au début du vingtième siècle par Louis Antoine.

Ce groupe prône la guérison par la foi, ce qui n’est pas sans rappeler les thèses avancées aujourd’hui par Lise Bourbeau dans le best-seller Écoute ton corps. En fait, l’Antoinisme fait partie de ces nombreuses « religions de guérison » qui ont vu le jour au tournant du siècle. Dans les quatre groupes étudiés par Dericquebourg, le miracle est devenu un événement ordinaire ; il est possible d’y assister ou même d’y participer tous les jours.

 La rencontre avec Dieu ne se réalise pas au ciel, mais bien sur terre. C’est donc à un enchantement presque immédiat que nous convient ces groupes.

La conception d’un salut individuel se réalisant par un travail personnel, que ce soit par la prière ou la thérapie, conduit inévitablement à la conclusion que la guérison des maladies est possible grâce à une régénération, morale ou psychologique, obtenue par l’autosuggestion. Dans les quatre groupes, l’accent est mis sur la formation des individus afin que ces derniers puissent la mettre en pratique très rapidement, de façon individuelle.

Les connaissances transmises sont souvent puisées dans la culture ambiante, ce qui les rend plus facilement assimilables pour la plupart des adeptes.

 Les quatre fondateurs de ces groupes ont tous souffert de troubles physiques qui ont été guéris par une révélation personnelle.

 Il est à souligner que la conversion passe presque irrémédiablement par une guérison obtenue grâce aux techniques employées par les membres. Selon Dericquebourg, ces « religions de guérison » sont optimistes parce qu’elles font la promotion du développement du potentiel humain.
Ce livre est important car il est l’un des premiers à ne pas qualifier ces groupes de « sectes », mais bien de « mouvements » ou de « religions de guérison ». Cette dernière désignation m’apparaît extrêmement féconde, à condition qu’on la situe dans un mouvement social plus vaste qui est celui du Nouvel Âge. Il reste que la conceptualisation est ici appuyée par quatre études de cas solides, basées sur des recherches de terrain exemplaires

10:23 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/01/2007

LEON DENIS. POURQUOI UNE REFERENCE A SON OEUVRE.

 

POURQUOI UNE REFERENCE A LEON DENIS.

 

     Plusieurs d’entre vous se sont sans aucun doute demandé pour quelles raisons une référence aussi importante était faite à un texte de Léon DENIS.

     Léon DENIS est une référence de premier ordre, en France notamment, chez les spirites, disciples d’Allan KARDEC.

     Le Père ANTOINE fut un disciple fervent d’Allan KARDEC. Il connut, comme cela a déjà été dit dans ce blog, une période spirite, plus précisément kardéciste.

    Pour bien comprendre la formation de la pensée antoiniste, il est donc utile de se plonger dans un texte de référence clair, précis comme le texte en question de Léon DENIS.

    Dans la «  BIOGRAPHIE DU PERE » figurant en avant-propos de l’ENSEIGNEMENT, nous trouvons :

    « Le Père professa la religion catholique jusqu’à l’âge de 42 ans, puis il s’appliqua à la pratique du spiritisme, sans s’attarder toutefois dans le domaine expérimental pour lequel il n’avait aucune aptitude et qui ne le tentait nullement. Sachant à peine lire et écrire, il se trouvait incompétent pour résoudre le problème scientifique ; il lui préféra la morale et s’y adonna de tout cœur. Il continua jusqu’en 1906, date à laquelle il a créé le Nouveau Spiritualisme ; c’est là que commença sa mission de Révélateur. »

    A noter que ni Pierre DEBOUXTHAY , ni Robert VIVIER ne partage entièrement cet avis. Selon eux, le Père pratiqua avec ardeur les séances d’invocation des esprits. Selon eux, il est aussi erroné de le présenter comme quasi illettré : il avait terminé son école primaire où il fut un bon élève.

    Dans le chapitre « LA SCIENCE ET LA FOI. », le Père aborde aussi quelque peu cet épisode :

    «  Bien que toute connaissance soit illusoire pour qui cherche à progresser moralement, beaucoup de personnes sont attirées par des phénomènes psychiques et rien ne les réjouiraient plus que le mouvement d’une table ou de tout autre meuble ; elles croient qu’elles seraient vite converties, qu’elles auraient le courage de travailler à leur avancement et qu’elles seraient bientôt convaincues que la mort c’est la vie. Pourrions-nous avoir une ferme croyance et être plus heureux si nous obtenions ces preuves matérielles ? Je ne le crois pas car l’homme convaincu n’est heureux que par le fruit du travail qu’il effectue pour s’améliorer… »

     et, quelques lignes plus loin :

    « Loin de se convertir, ces personnes préfèrent donner de l’extension à la science… »

     Toutefois, même si le CULTE ANTOINISTE lui-même, ne pratique plus le spiritisme, il y a encore des Antoinistes qui s’y adonnent.

 

 

 

 

 

 

 

    

14/01/2007

LEON DENIS: TEXTE SUR LA CHARITE ( MORALE )

LEON DENIS:

TEXTE TRAITANT DE LA CHARITE.

 

     Léon DENIS est considéré comme un apôtre du spiritisme. Il s'est également penché, avec bienveillance malgré les discordances, sur le cas du Père ANTOINE et de l'Antoinisme naissant.

 

     Je vous livre, ci-après, un extrait d'un de ses livres où il traite de la charité, charité matérielle et charité morale.

 

     Bien que je ne partage pas tout ce qui est dit dans cet extrait, notamment certaines citations ou certains rapprochements avec d'autres doctrines religieuses, je pense qu'il nous apporte un éclairage important sur ce sujet.

 

======================================================

 

XLVII. - LA CHARITÉ.

 

A l'encontre des religions exclusives qui ont pris pour précepte : « Hors de l'Église point de salut », comme si leur point de vue purement humain pouvait décider du sort des êtres dans la vie future, Allan Kardec place ces paroles en tête de ses oeuvres : Hors la Charité, point de salut. Les Esprits nous enseignent, en effet, que la charité est la vertu par excellence ; elle seule donne la clef des cieux élevés.

« Il faut aimer les hommes », répètent-ils après le Christ, qui avait résumé en ces mots tous les commandements de la loi morale.

Mais les hommes ne sont point aimables, objecte-t-on. Trop de méchanceté couve en eux, et la charité est bien difficile à pratiquer à leur égard.

Si nous les jugeons ainsi, n'est-ce pas parce que nous nous plaisons à considérer uniquement les mauvais côtés de leur caractère, leurs défauts, leurs passions, leurs faiblesses, oubliant trop souvent que nous n'en sommes pas exempts nous-mêmes, et que, s'ils ont besoin de charité, nous n'avons pas moins besoin d'indulgence ?

Cependant, le mal ne règne pas seul en ce monde. Il y a aussi du bien en l'homme, des qualités, des vertus. Il y a surtout des souffrances. Si nous voulons être charitables, et nous le devons, dans notre propre intérêt comme dans celui de l'ordre social, ne nous attachons pas, dans nos jugements sur nos semblables, à ce qui peut nous porter à la médisance, au dénigrement, mais voyons surtout en l'homme un compagnon d'épreuves, un frère d'armes dans la lutte de la vie. Voyons les maux qu'il endure dans tous les rangs de la société. Quel est celui qui ne cache une plaie au fond de son âme ? qui ne supporte le poids de chagrins, d'amertumes ? Si nous nous placions à ce point de vue pour considérer le prochain, notre malveillance se changerait vite en sympathie.

On entend souvent récriminer contre la grossièreté et les passions brutales des classes ouvrières, contre les convoitises et les revendications de certains hommes du peuple. Réfléchit-on assez aux mauvais exemples qui les ont entourés dès l'enfance ? Les nécessités de la vie, les besoins impérieux de chaque jour leur imposent une tâche rude et absorbante. Aucun loisir, aucun répit pour éclairer leur intelligence. Les douceurs de l'étude, les jouissances de l'art leur sont inconnues. Que savent-ils des lois morales, de leur destinée, des ressorts de l'univers ? Peu de rayons consolateurs se glissent dans ces ténèbres. Pour eux, la lutte farouche contre la nécessité est de tous les instants. Le chômage, la maladie, la noire misère, les menacent, les harcèlent sans cesse. Quel est le caractère qui ne s'aigrirait au milieu de tant de maux ? Pour les supporter avec résignation, il faut un véritable stoïcisme, une force d'âme d'autant plus admirable qu'elle est plutôt instinctive que raisonnée.

Au lieu de jeter la pierre à ces infortunés, attachons-nous à soulager leurs maux, à essuyer leurs larmes, à travailler de toutes nos forces à amener sur terre une répartition plus équitable des biens matériels et des trésors de la pensée. On ne sait pas assez ce que peuvent sur ces âmes ulcérées une bonne parole, une marque d'intérêt, un cordial serrement de main. Les vices du pauvre nous rebutent, et, cependant, quelle excuse n'y a-t-il pas au fond de sa misère ! Mais nous voulons ignorer ses vertus, qui sont bien plus étonnantes, s'épanouissant dans le bourbier.

Que de dévouements obscurs parmi les humbles ! Que de luttes héroïques et tenaces contre l'adversité ! Songeons aux innombrables familles qui végètent sans appui, sans secours, à tant d'enfants privés du nécessaire, à tous ces êtres qui grelottent de froid, au fond de réduits humides et sombres, ou dans des mansardes désolées. Quel rôle est celui de la femme du peuple, de la mère de famille dans de tels milieux, lorsque l'hiver s'abat sur la terre, que le foyer est sans feu, la table sans aliments, que sur le lit glacé des haillons remplacent la couverture vendue ou engagée pour avoir du pain ! Son sacrifice n'est-il pas de tous les instants ? Comme son pauvre coeur se brise à la vue des douleurs des siens ! L'oisif opulent ne devrait-il pas rougir d'étaler sa richesse parmi tant de souffrance ? Quelle responsabilité écrasante pour lui, si, au sein de son abondance, il oublie ceux que le besoin accable !

Sans doute, beaucoup de fange et de choses répugnantes se mêlent aux scènes de la vie des petits. Plaintes et blasphèmes, ivrognerie et proxénétisme, enfants sans coeur et parents sans entrailles, toutes les laideurs s'y confondent ; mais, sous ces dehors repoussants, c'est toujours l'âme humaine qui souffre, l'âme notre soeur, encore digne d'intérêt et d'affection.

L'arracher à la boue du cloaque, l'éclairer, lui faire gravir degré à degré l'échelle de réhabilitation, quelle grande tâche ! Tout se purifie au feu de la charité. C'est ce feu qui embrasait les Christ, les Vincent de Paul, tous ceux qui, dans leur immense amour pour les faibles et les déchus, ont trouvé le principe de leur abnégation sublime.

Il en est de même de ceux qui ont la faculté de beaucoup aimer et de beaucoup souffrir. La douleur est pour eux comme une initiation à l'art de consoler et de soulager les autres. Ils savent s'élever au-dessus de leurs propres maux pour ne voir que les maux de leurs semblables et en rechercher le remède. De là, les grands exemples donnés par ces âmes d'élite qui, au fond de leur déchirement, de leur agonie douloureuse, trouvent encore le secret de guérir les blessures des vaincus de la vie.

La charité a d'autres formes que la sollicitude pour les malheureux. La charité matérielle, ou bienfaisance, peut s'appliquer à un certain nombre de nos semblables, sous forme de secours, de soutien, d'encouragements. La charité morale doit s'étendre à tous ceux qui partagent notre vie en ce monde. Elle ne consiste plus en aumônes, mais en une bienveillance qui doit envelopper tous les hommes, du plus vertueux au plus criminel, et régler nos relations avec eux. Celle-là, nous pouvons tous la pratiquer, si modeste que soit notre condition.

La vraie charité est patiente et indulgente. Elle ne froisse, ne dédaigne personne ; elle est tolérante, et si elle cherche à dissuader, c'est avec douceur, sans heurter ni brusquer les idées acquises.

Toutefois, cette vertu est rare. Un certain fond d'égoïsme nous porte plutôt à observer, à critiquer les défauts du prochain, tandis que nous nous aveuglons sur nous-mêmes. Alors qu'il est en nous tant de travers, nous exerçons volontiers notre sagacité à faire ressortir ceux de nos semblables. Aussi, la vraie supériorité morale ne va pas sans la charité et sans la modestie. Nous n'avons pas le droit de condamner chez autrui des fautes que nous sommes exposés à commettre ; et, quand même notre élévation morale nous en aurait affranchis pour jamais, nous ne devons pas oublier qu'il fut un temps où nous nous débattions contre la passion et le vice.

Il est peu d'hommes qui n'aient de mauvaises habitudes à corriger, de fâcheux penchants à réformer. Rappelons-nous que nous serons jugés avec la même mesure qui nous aura servi pour nos semblables. Les opinions que nous nous formons sur eux sont presque toujours un reflet de notre propre nature. Soyons plus prompts à excuser qu'à blâmer.

Rien n'est plus funeste pour l'avenir de l'âme que les mauvais propos, que cette médisance incessante qui alimente la plupart des conversations. L'écho de nos paroles retentit dans la vie future, la fumée de nos pensées malveillantes forme comme une épaisse nuée dont l'esprit est enveloppé et obscurci. Gardons-nous de ces critiques, de ces appréciations malignes, de ces paroles railleuses qui empoisonnent l'avenir. Fuyons la médisance comme une peste ; retenons sur nos lèvres tout propos amer prêt à s'en échapper. Notre bonheur est à ce prix.

*

*     *

L'homme charitable fait le bien dans l'ombre ; il dissimule ses bonnes actions, tandis que le vaniteux proclame le peu qu'il fait. « La main gauche doit ignorer ce que donne la main droite », a dit Jésus. « Celui qui fait le bien avec ostentation a déjà reçu sa récompense. »

Donner en cachette, être indifférent aux louanges des hommes, c'est montrer une véritable élévation de caractère, c'est se placer au-dessus des jugements d'un monde passager et chercher la justification de ses actes dans la vie qui ne finit pas.

Dans ces conditions, l'ingratitude, l'injustice ne peuvent atteindre l'homme charitable. Il fait le bien parce que c'est son devoir et sans en attendre aucun avantage. Il ne cherche pas de récompense ; il laisse à la loi éternelle le soin de faire découler les conséquences de ses actes, ou plutôt il n'y songe même pas. Il est généreux sans calcul. Pour obliger les autres, il sait se priver lui-même, pénétré de l'idée qu'il n'y a nul mérite à donner son superflu. C'est pourquoi l'obole du pauvre, le denier de la veuve, le morceau de pain partagé avec le compagnon d'infortune, ont plus de prix que les largesses du riche. Le pauvre, dans son dénuement, peut encore secourir plus pauvre que lui.

Il est mille manières de se rendre utile, de venir au secours de ses frères. L'or ne tarit pas toutes les larmes et ne panse pas toutes les plaies. Il est des maux pour lesquels une amitié sincère, une ardente sympathie, une effusion de l'âme feront plus que toutes les richesses.

Soyons généreux pour ceux qui ont succombé dans la lutte contre leurs passions et ont été entraînés dans le mal, généreux pour les pécheurs, les criminels, les endurcis. Savons-nous par quelles phases leurs âmes ont passé, quelles tentations elles ont endurées avant de faillir ? Avaient-elles cette connaissance des lois supérieures qui soutient à l'heure du péril ? Ignorantes, incertaines, agitées par tous les souffles du dehors, pouvaient-elles résister et vaincre ? La responsabilité est proportionnelle au savoir ; il est demandé davantage à celui qui possède la vérité.

Soyons pitoyables pour les petits, les débiles, les affligés, pour tous ceux qui saignent des blessures de l'âme ou du corps. Recherchons les milieux où les douleurs abondent, où les coeurs se brisent, où les existences se dessèchent dans le désespoir et l'oubli. Descendons dans ces abîmes de misère, afin d'y porter les consolations qui relèvent, les bonnes paroles qui réconfortent, les exhortations qui vivifient, afin d'y faire luire l'espérance, ce soleil des malheureux. Efforçons-nous d'en arracher quelque victime, de la purifier, de la sauver du mal, de lui ouvrir la voie honorable. C'est seulement par le dévouement et l'affection que nous rapprocherons les distances, que nous préviendrons les cataclysmes sociaux, en éteignant la haine qui couve au coeur des déshérités.

Tout ce que l'homme fait pour son frère se grave dans le grand livre fluidique dont les pages se déroulent à travers l'espace, pages lumineuses où s'inscrivent nos actes, nos sentiments, nos pensées. Et ces dettes nous seront payées amplement dans les existences futures.

Rien n'est perdu, rien n'est oublié. Les liens qui unissent les âmes à travers les temps sont tissés des bienfaits du passé. La sagesse éternelle a tout réglé pour le bien des êtres. Les bonnes oeuvres accomplies ici-bas deviennent, pour leur auteur, la source d'infinies jouissances dans l'avenir.

La perfection de l'homme se résume en deux mots : Charité, Vérité. La charité est la vertu par excellence ; elle est d'essence divine. Elle rayonne sur les mondes, elle réchauffe les âmes comme un regard, comme un sourire de l'Éternel. Elle surpasse en résultats le savoir, le génie. Ceux-ci ne vont pas sans quelque orgueil. Ils sont contestés, parfois méconnus, mais la charité, toujours douce et bienveillante, attendrit les coeurs les plus durs, désarme les esprits les plus pervers, en les inondant d'amour.

 

======================================================

 

PHOTO DE LEON DENIS

 

 

ldenis

 

 

17:20 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

13/01/2007

VUE DU TEMPLE DE JEMEPPE-SUR-MEUSE A L'AURORE.

temple

 

L' AUTEUR DE CETTE PHOTO EST MONSIEUR MESSIAEN F.

16:36 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

12/01/2007

L'EGOCENTRISME ET LA "VUE DU MAL" (SUITE)

 

L’EGOCENTRISME

ET

LA « VUE DU MAL »

( SUITE )

     Qu’on y prenne bien garde et qu’on reste humble et modeste. Si nous regardons les autres et que nous y trouvons de l’égocentrisme, c’est que nous sommes nous-mêmes égocentriques.

     Si nous raisonnons sur le texte précédent et que nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, la seule difficulté que nous rencontrerons ce sera de savoir dans quelle catégorie d’égocentrisme nous devons nous situer.

     Comme il est dit dans ce texte, nos besoins élémentaires sont similaires. C’est leur mode d’expression qui diffère.

     Nos besoins relationnels les plus vitaux sont liés aux réactions de l’autre. Mais nous ne pouvons oublier que chacun est aussi, pour l’autre …un autre.

    Si les différences de l’autre nous sautent si facilement aux yeux, c’est aussi parce que, pour cet autre, nous représentons aussi tout ce qu’il y a de différent.

     Les troisième et cinquième principes nous conseillent comme comportement un total désintérêt pour parler sur les autres, pour les juger et les amoindrir à nos yeux et aux yeux du monde. Ce comportement implique aussi un absence totale de dévalorisation de nous-mêmes.

     Ce qui est difficile à comprendre, c’est la raison pour laquelle l’autre ne nous comprend pas. Nous ne nous comprenons pas parce que nous craignons de reconnaître chez l’autre ce qui est détestable en nous, ce qui nous fait honte.

      Mais, l’autre, nous en avons besoin ! Dans la « CHARITE MORALE », le Père ANTOINE dit, à juste titre, et nous le comprenons mieux après ce raisonnement :

     «  Attendez-vous à ce qu’un de vos semblables surgisse tout à coup sur votre chemin, mais ayez bien soin de ne pas y voir le mal, voyez y plutôt l’instrument de votre progrès ».

     Et, dans le chapitre « LA SOLIDARITE PEUT-ELLE ENTRAÎNER LA RESPONSABILITE ? » :

     « Cherchons ce que peuvent signifier les mots « la solidarité est le principe fondamental indispensable à la création ». Si elle n’existe qu’en apparence, pour quelle raison a-t-elle pour base la solidarité, pourquoi celle-ci est-elle indispensable à tous les êtres incarnés ? je répondrai : »afin qu’ils puissent arriver à se réformer les uns par les autres. » En effet, nous ne pouvons nous améliorer que par l’épreuve sans laquelle, nous le savons, il n’est point d’avancement et pour y  arriver le contact de notre semblable nous est indispensable. Voilà la solidarité ! »  

     Et, dans un autre passage :  « Le contact de notre semblable nous est indispensable  pour surmonter ( la vue du mal) … »

 

 

 

 

 

11/01/2007

L'EGOCENTRISME: UNE MANIFESTATION DE LA " VUE DU MAL "

 

L’EGOCENTRISME :

SES DIVERSES FORMES,

MANIFESTATIONS DE LA « VUE DU MAL ».

     Que quelqu’un défende, même avec ardeur, ses propres droits, son propre bien-être, sa propre situation n’est nullement anormal ni choquant ni immoral.

     Cela le devient lorsque cette personne dérape, lorsqu’elle pense d’abord, et exclusivement, à elle-même, qu’elle place sa personne au centre de tout.

     C’est encore plus grave lorsque, parfois, cela frise à la cruauté quotidienne, habituelle ( dans la vie de famille, de quartier, de travail…). On arrive là au harcèlement moral. C’est alors la « vue du mal » qui s’exprime. C’est toujours là que finit par aboutir l’égocentrisme !

     La tolérance et le refus de jugement sont indispensables pour accepter l’autre dans sa différence, pour arriver à bout de l’égocentrisme.

     L’égocentrisme se manifeste sous diverses formes, parfois contradictoires par rapport à d’autres formes. Mais c’est toujours le même fluide néfaste.

     Observons quelques unes de ces formes. Si nous y réfléchissons, nous découvrirons la « vue du mal ». Elles en sont indissociables, soit qu’elles l’amènent, soit qu’elles en sont le produit.

     1° Être exclusivement demandeur par rapport aux autres : leur asséner sans cesse des remarques, des conseils, des leçons et, en retour, exiger de l’attention, des remerciements, de la gratitude, de l’affection, du respect…

     2° Être atteint du « complexe de l’estrade » : les personnes qui monopolisent l’attention, qui ne parlent que d’elles, de leurs succès et qui ont, perpétuellement besoin d’un public approbateur et admiratif qu’ils monopolisent…

     Verser dans le perfectionnisme exigeant : ce sont les gens imbus d’eux-mêmes, impatients et exigeants dans leurs relations avec les autres. Ils croient détenir le monopole de la connaissance de la matière qu’ils travaillent. Ils manquent de compréhension en ce qui concerne la valeur réelle des autres et leur manière de fonctionner…

   4° S’autoproclamer « victime » : ce sont les êtres, malheureux, prisonniers des interdits, des préjugés, des dogmes reçus et qui sont trop marqués par les objectifs ou les obligations qu’on leur a inculqués ou qu’ils se sont fixés. A cette catégorie, on peut ajouter les hypocondriaques. Ils se sentent constamment responsables de ce qui se passe, voire même coupables.

     Avoir la mentalité de « dominant » : les êtres qui veulent que leur personnalité sorte toujours au-dessus du lot. L’esprit de dominance devient vite esprit tyrannique et d’intolérance.

     Se retrancher des autres : les individus distants, enfermés dans leur tour d’ivoire. Ils manifestent une attitude condescendante, orgueilleuse, méprisante. Ils prennent  toujours leurs distances par rapport à leur entourage et abandonnent tout intérêt vis-à-vis d’autrui. Ne pas confondre avec la timidité.

     Cultiver la haine : les personnes haineuses s’estiment victimes du destin et rendent les autres coupables de leurs difficultés ou de leurs échecs. Le soutien des autres leur paraît aller de soi. Ils n’en sont donc jamais reconnaissants. Ils prennent tout comme un dû, comme un dédommagement. Non seulement, ils sont incapables de s’intéresser au bonheur d’autrui, mais celui-ci leur fait envie et leur paraît immérité.

 

     Avant d’aller plus avant dans le raisonnement, rappelons-nous quelques passages de l’ENSEIGNEMENT :

 

 

Extraits de l’ENSEIGNEMENT.

     «  Efforcez-vous d’aimer celui que vous croyez être votre ennemi, ce n’est que pour vous apprendre à vous connaître que le place sur votre chemin. Mais voyez le mal en vous plutôt qu’en lui , il en sera le remède souverain » ( Cinquième Principe )

 

     «  L’Enseignement est basé sur la foi et pour être d’accord avec lui, il faut démolir la vue du mal. Plus voudrions-nous l’étudier en dehors de la loi, plus renforcerions-nous cette vue, car ce serait rentrer dans l’égoïsme. » ( Chapitre «  L’ETUDE DE L’ENSEIGNEMENT MORAL » )

 

     «  Pour la pénétrer, nous devons démolir la vue du mal, c’est-à-dire » reprendre le chemin entrepris dès le principe pour débarrasser l’Arbre de science du dernier atome de cette matière par laquelle il nous a engendrés.

        Dès ce jour, on ne dira plus l’arbre de la science, du bien et du mal mais de la vue du mal ; tel est son véritable sens. » (Chapitre « APPARENCE DE LA REALITE »

 

     Face aux problèmes d’égocentrisme, il faut essayer d’avoir une attitude d’écoute, s’efforcer d’entendre le message caché de l’autre. Cela exige de l’humilité.

     On doit faire preuve d’empathie : il faut pouvoir comprendre le monde affectif de l’autre, ressentir ce qu’il ressent, savoir ce qui l’émeut et à quel point cela l’émeut mais en gardant une juste distance. Il faut savoir percevoir la souffrance réelle qui est cachée par une des attitudes décrites plus haut.

     Il faut s’efforcer de ressentir les émotions de l’autre mais sans les prendre pour nôtres. Ce qu’il ressent, nous n’avons pas à le juger, nous devons seulement y être sensibles, l’entendre dans sa souffrance…

     Face à des comportements égocentriques, plutôt qu’adopter une attitude de rejet, ce qui convient c’est de prendre conscience de la similitude fondamentale des besoins humains. Ce que les égocentriques expriment, ce sont ces besoins, similaires aux nôtres, mais ils les expriment mal.

     La conscience de cette similitude des besoins rend dérisoire l’usage des reproches, des leçons de morale, des condamnations abruptes…

     Même si c’est difficile, on doit trouver en soi de la bienveillance, de la clémence pour les autres et, ainsi, du moins peut-on l’espérer, susciter ce même sentiment chez eux.

10/01/2007

CONNAISSANCE ET SAVOIR.

 

CONNAISSANCE

ET

SAVOIR.

 

     Fréquemment, dans l’ENSEIGNEMENT et dans le langage antoiniste, les mots utilisés ont un sens différent de celui qui leur est communément attribué.

 

    Ainsi, les termes « connaissances » et «  savoir ».

 

   Allons dans l’ENSEIGNEMENT, au chapitre « LA SCIENCE ET LA FOI », nous trouverons :

 

    « Il faut distinguer les connaissances qui sont dues à l’étude et à l’analyse de la matière, du savoir qui provient du contact de la vie, d’une activité bienveillante au sein de l’humanité ; on peut même observer à ce propos que l’intelligence est d’un grand danger, car elle s’appuie uniquement sur la matière dont les fondements sont moins solides qu’on se l’imagine. »

06/01/2007

LA DEMARCHE VERS AUTRUI.

 

DEMARCHE VERS AUTRUI :

DEMARCHE INTERPERSONNELLE

DEMARCHE « TRANCULTURELLE ».

 

     On peut, une fois encore, se pencher sur le cinquième principe et le raisonner :

 

     «  Efforcez-vous d’aimer celui que vous croyez être votre ennemi. Ce n’est que pour vous apprendre à vous connaître que je le place sur votre chemin , mais voyez le mal plutôt en vous qu’en lui, il en sera le remède souverain. »

 

    Ce principe ( attention, l’ENSEIGNEMENT antoiniste ne parle jamais de commandements ), débute par la locution « efforcez-vous  ». Cela veut dire qu’il s’agit là d’une démarche active.

 

    Nous avons, ensuite, l’expression « celui que vous croyez être votre ennemi ». Nous entendons par là  la volonté active de dépasser les différences, les obstacles, de surpasser les préjugés. Bref : ne pas juger a priori mais toutefois cela implique de bien saisir les différences. Ne pas juger les différences ne peut pas signifier de les ignorer.

 

     Le mot « ennemi » est cité. Cela signifie qu’il existe, fatalement, quasiment entre chaque individu un obstacle culturel à dépasser. C’est vrai dans la vie quotidienne : nous fréquentons des gens de religion, d’ éducation, de niveau intellectuel, de niveau de compréhension morale, de niveau scolaire différents. Il faut aussi ajouter les histoires familiales ou de clan…Certains aiment le sport, d’autres le cinéma, d’autres la lecture…

 

    Bref, la démarche vers autrui est manifestement un besoin et une nécessité : c’est en partie par ses relations avec autrui que l’homme se construit. Mais, on se heurte toujours à obstacle culturel. Chaque dialogue entrepris nécessite le dépassement d’un choc culturel.

 

    Se rencontrer, c’est exister et faire exister l’autre. Mais au quotidien, nous sommes souvent parasités par des jeux de domination et des comportements d’évitement ou d’opposition. C’est ce que le Père ANTOINE veut dire lorsqu’il dit : « Rien n’est bien s’il n’est solidaire. »

 

    C’est encore plus compliqué lorsque « autrui » est quelqu’un d’une autre culture. On parlera alors d’une démarche « transculturelle ». Mais au fond, les ressources morales nécessaires pour entamer cette démarche sont les mêmes que celles qui sont utilisées au quotidien.

 

    Il s’agit là de ressources essentielles et bien ancrées dans l’histoire des relations humaines.

 

   Celles-ci nous poussent à nous intéresser à l’AUTRE, mais d’un intérêt purement moral, charitable, sans but matériel, sans intention de catégoriser et de juger, sans « vue du mal ». C’est la vraie solidarité.

 

    C’est grâce à cette solidarité, à cette intérêt dématérialisé que l’on perçoit avec le plus d’acuité sa propre identité, sa différence, sa propre étrangeté, ses propres imperfections.

 

    C’est comme cela qu’il faut, à mon sens , comprendre la dernière partie du cinquième principe : « Mais voyez le mal en vous plutôt qu’en lui, il en sera le remède souverain. »

 

    On pourrait aussi citer un auteur moderne qui est loin de partager nos opinions et méditer sur sa pensée, Régis DEBRAY :

 

    « A force de considérer que nous sommes la lumière et que tout ce qui n’éprouve pas nos a priori culturels relève de la barbarie, nous nourrissons un obscurantisme, un refus de reconnaître l’autre, une arrogance navrante, voire un racisme. »

 

    Il faut, en tout cas , proscrire toute pensée binaire, tout manichéisme : il n’y a pas un « bien absolu », dont nous serions les uniques représentants, campant en face d’un « mal absolu » dont l’autre serait le tenant.

 

     Il ne faut pas, non plus, « déposer son problème »chez les  autres. Si on a une difficulté de relation avec quelqu’un, si on se heurte à un obstacle entre soi et quelqu’un, c’est qu’il y a un problème. Il faut d’abord s’examiner et le résoudre chez soi avant de le situer a priori chez l’autre.

 

    C’est ce que nous trouvons dans le chapitre « LA CHARITE MORALE » : « Attendez-vous à ce qu’un de vous semblables surgisse tout-à-coup sur votre chemin, mais ayez bien soin de ne pas y voir le mal, voyez y plutôt l’instrument de votre progrès. »

 

    Lorsque nous sommes en face de quelqu’un d’une culture fondamentalement différente, nous devons nous rapporter aux paroles du Père ANTOINE dans le chapitre « LE MATERIALISTE, LE FANATIQUE & LE VRAI CROYANT » à propos de l’attitude à avoir vis-à-vis des athées :

 

    «  Cependant nul n’a le droit de critiquer les adeptes d’une telle doctrine. Ils agissent bien naturellement, ils possèdent la faculté commune à tous les hommes, appelée la conscience, faculté naturelle d’essence divine qui, en se développant rend l’esprit plus sensible au bien et au mal. C’est celle-ci qui les empêche d’abdiquer la morale pour revendiquer les idées purement matérielles… »

   

03/01/2007

 LE COMPORTEMENT QUOTIDIEN: SES DIFFICULTES, CONSEQUENCES DE LA VUE DU MAL.

 

LES DIFICULTES RENCONTREES DANS LE COMPORTEMENT QUOTIDIEN :

CONSEQUENCES INATTENDUES DE LA « VUE DU MAL »

     Je reviens à nouveau sur un texte dont j’ai déjà traité au début de ce blog. Le fameux passage toujours très mal compris et très controversé. Je le reprends, ainsi qu’une partie de mon commentaire de l’époque :                                             ………………   "Faites le mal et ne faites plus le bien. Si vous ne pouvez vous en passer, faites-le alors plutôt la nuit que personne ne puisse vous voir"        Il faut voir bien au delà  des mots. Il faut en chercher le sens profond. Examinons-nous nous-mêmes. faisons un effort et étudions bien notre propre comportement. Ainsi, quand nous cédons à nos faiblesses et que nous voulons les assouvir, ne cherchons-nous pas ainsi à faire le mal en nous dispensant de la honte de l'avoir commis? Ne cherchons-nous pas ainsi, tout simplement, à échapper au regard de notre prochain? C'est ainsi commettre une deuxième fois le mal car, en nous dispensant de la honte de l'avoir commis, nous nous dispensons du remords qui pourrait épurer notre âme. Ce remords, ce serait la véritable épreuve.      De même, serons-nous autant dévoués si on nous demandait de nous cacher pour faire le bien alors que le bien réel n'a jamais besoin du grand jour pour s'accomplir?                                                 ………………………….     La compréhension de l’ENSEIGNEMENT n’est pas toujours aisée.  

    Encore une fois, il faut considérer que ces phrases ont été prononcées volontairement pour provoquer un choc salutaire. Pour, une fois le choc passé, nous contraindre à considérer cette phrase comme un miroir et nous obliger à regarder en nous, à nous examiner dans notre vie quotidienne.

         S' interdire de manifester son agressivité entraîne refoulement, culpabilité, troubles psychosomatiques, tension nerveuse et vune façade de fausse gentillesse. C'est surtout ce dernier point qui est néfaste.

     Ceux qui choisissent de ne pas exprimer les conflits agissent comme des nettoyeurs pressés : ils cachent la poussière et les flocons de laine sous les tapis et sous les meubles.       La rancune et l’amertume sont des entraves à l’épanouissement. Donc, il vaut toujours mieux exprimer ses contradictions. A la  condition de ne pas se transformer en « donneurs de leçons » en « faiseur de morale », de ne pas, a priori, transformer son contradicteur en « ennemi ».       A ce propos, quand on est surpris par la tentation de se faire le « moralisateur », rapportons-nous aux paroles du Père ANTOINE dans le chapitre « ETRE OU PARAÎTRE » :      « Personne n’a le droit de faire des remontrances. Quand nous remarquons quelque chose d’injuste en apparence, ne nous hâtons pas de juger ; tâchons d’en pénétrer la cause et nous serons plus indulgents, plus raisonnables. «       Rappelons-nous d’ailleurs les paroles du Père ANTOINE, dans la dernière partie du chapitre « REINCARNATION » :      « Il est parfois bien pénible d’entendre avancer des opinions contraires aux siennes. C’est bien là, cependant, que l’on nous rend les plus grands services en nous corrigeant du parti pris. Nous ne pouvons souffrir que de l’erreur. Plus l’homme est méchant, plus il voit le droit de son côté et la méchanceté chez les autres. Si nous sommes donc contrariés, affligés de l’opinion d’autrui, c’est que nous nous basons sur l’erreur. »         Nous sommes quotidiennement amenés à une gymnastique morale et mentale bien difficile, à surmonter une contradiction, ,à vivre une épreuve toujours recommencée : -  ne pas tenir enfermés en soi les germes de contradictions avec autrui, car    c’est nourrir en soi un fluide néfaste qui finira par tout envahir ;- pour éliminer ce fluide néfaste, rien ne vaut une mise à plat ;- faire en sorte que cette mise à plat ne se transforme en une leçon de morale, une liste de récriminations, une mise en accusation ;- et ne jamais transformer l’autre en « ennemi », mais toujours, en fin de compte , comme le miroir de nous-mêmes ( se rappeler la parabole de la paille et de la poutre !)     
NE JAMAIS AVOIR LA VUE DU MAL !
       En fait, VIVRE, c’est éprouver des émotions. Il faut apprendre à exprimer ces émotions de façon salutaire en respectant l’autre ( celui que « nous croyons être notre ennemi »  ) et nous respectant nous-mêmes.      Ainsi, le colérique doit apprendre à exploser de manière contrôlée et le non-colérique doit, lui, apprendre à ne plus fuir les oppositions ouvertes.      Il ne faut nullement craindre, non plus, de manifester ses opinions. Le silence en face d’une agression verbale peut être considérée comme un acquiescement ou comme une défaite devant l’expression de ce qui est prétendument la vérité. Mais sans que cela se transforme en une agression en réponse. Une leçon ne doit pas répondre à une leçon…mais cela n’empêche pas les explications et les remises en ordre.      Ainsi, un jour, à l’occasion d’une promenade en groupe dans les bois de SERAING, notre groupe est passé près de la source du Père ANTOINE. L’accompagnateur s’est livré à des explications erronées qui ont provoqué des commentaires déplacés de la part de plusieurs participants. J’en ai profité poyr rétablir certaines vérités : notamment le sens de cette source dans la tradition antoiniste, le fait qu’elle n’était nullement considérée comme miraculeuse par les antoinistes et quelques grandes lignes du Culte.                              

SUR LA TOLERANCE

UN LECTEUR A FAIT UN COMMENTAIRE SUR LE TEXTE PRECEDENT TRAITANT DE LA TOLERANCE.

 

EN RESUME, IL ME RENVOIE AUX PRINCIPES ANTOINISTES POUR, EN QUELQUE SORTE M'INVITER A MODESTIE.

 

C'EST EN TOUT CAS AINSI QUE J'INTERPRETE SON MESSAGE !

 

ET...S'IL N'AVAIT PAS TORT !!!!!!!!!!

 

 


29-12-2006, 22:19:25

Contradictoire...


Principe 1 :"Si vous m'aimez, Vous ne l'enseignerez à personne, Puisque vous savez que je ne réside Qu'au sein de l'homme."
Principe 2 :"Ne croyez pas en celui qui vous parle de moi,"
Principe 3 :"Vous ne pouvez faire la morale à personne"
Rien qu'à lire les 3 premiers principes, je me demande pourquoi vous nous parlez de l'antoinisme... Vous faites tout le contraire de ce que "votre Dieu" vous demande !

13:43 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |