27/02/2007

L'OEUVRE COLONIALE VUE PAR LE PERE ANTOINE.

 

L’ŒUVRE COLONIALE ET L’ANTOINISME.

 

     Le texte dont nous allons parler maintenant est extrait du chapitre « L’EFFICACITE DES LOIS MORALES. »

     Ce qui est dit dans ce passage peut paraître banal à présent ( quoique certaines situations vécues actuellement pourraient s’y retrouver.)

     Ne perdons pas de vue l’époque à laquelle ce texte a été prononcé puis écrit. Nous sommes entre 1906 et 1909, à l’apogée du système colonial. En ce qui concerne plus précisément la Belgique, le CONGO n’est toujours pas une colonie belge : c’est le soit disant « Etat Indépendant du Congo », propriété personnelle de LEOPOLD II et les critiques vont bon train au sujet d’exactions et d’actes de mauvais traitement commis.

     Mais laissons parler le Père ANTOINE :

    « D’autre part j’ai entendu rapporter d’étranges traitements que je me plais à croire abandonnés aujourd’hui. Autrefois les peuples civilisés se créaient une place en détruisant ceux qui ne l’étaient pas et ils exploitaient la terre et ses occupants. Est-ce là un moyen de moraliser les races inférieures, de leur procurer le bonheur dont on les croient dépourvues ? Dans cette œuvre prétendument généreuse, n’oublions pas l’essentiel : la morale qui prescrit de se montrer faible avec les faibles, de s’intéresser à leurs croyances, toutes rudimentaires qu’elles puissent être et de respecter leurs coutumes jusqu’à ce qu’il soit possible d’assimiler les fluides pour se faire comprendre.

      Tels sont les principes d’une vraie civilisation : elle opère avec pitié, avec patience, avec amour, elle inspire des vertus et non des faiblesses ; de cette manière, nous pouvons aider les autres comme on peut nous aider nous-mêmes. »

     Certes, il serait facile de reprocher des expressions aujourd’hui considérées comme malheureuses (« races inférieures », « croyances…rudimentaires »…) Il faut contextualiser le texte en question et surtout retenir la condamnation des méthodes coloniales et d’évangélisation utilisées à ce moment.

    En tout cas, cette prise de position nous amène loin du reproche habituellement fait aux ANTOINISTES, celle de montrer un total désintérêt vis à vis des problèmes du monde.

23/02/2007

DIEU EST EN CHACUN DE NOUS!

 

DIEU EST EN CHACUN DE NOUS !

 

 

     DIEU est en chacun de nous et non en dehors de nous !

     Il est important de bien nous en pénétrer afin que nous cessions de suivre les traces d’ADAM, que nous cessions d’adorer le serpent, des animaux, des idoles ou tout autre représentation d’un DIEU extérieur dont nous nous forgeons une image alors qu’il n’est nulle part ailleurs qu’en nous !

     Une première conséquence apparaîtra sur le plan du vocabulaire : le terme « adorer » doit être abandonné car on n’adore qu’une entité que l’on place non seulement en dehors de nous mais surtout au-dessus de nous.

     Pour nous permettre de mieux raisonner ce problème et de mieux comprendre, prenons la peine d’écouter le PERE :

 

     «  Ils (les prophètes) ont eu tous la morale pour base. Si nous pouvions nous appuyer sur elle, sans voir les mots ni les phrases, nous serions toujours d’accord, nous serions convaincus que les prophètes viennent nous ouvrir un nouvel horizon. La cause de la diversité des croyances, c’est que nous nous attachons plutôt à leur personne qu’à leur enseignement qui n’a pour but que notre éducation. »

 

    Et aussi :

 

   «  Pour nous élever vers DIEU nous ne devrions revendiquer aucun des révélateurs, mais plutôt pratiquer leurs révélations qui ne sont qu’une. »

 

   Et encore :

 

   «  Aussi longtemps que nous nous attachons au prophète plutôt qu’à ce qu’il  nous a révélé, notre amour ne pourrait être réel, nous aimerons ceux qui partageront nos idées et nous n’aimerons pas les autres, nous sèmerons la division. »

 

   Dans un autre chapitre :

 

   «  Si je peux vous en témoigner la différence, vous en faire la comparaison, c’est en remontant à certaines époques où j’ai fait moi-m^me tout ce que je’ viens de dire. »

 

    Aussi :

 

    « La croyance a été imaginée par l’intelligence qui a toujours cru que DIEU existe en dehors de nous. Elle ne peut être naturelle car elle suscite la crainte et nous fait agir toujours contrairement, avec la pensée que DIEU nous voit, qu’Il nous observe, qu’Il nous punit et nous donne des récompenses ; c’est ainsi que nous faisons le mal croyant faire le bien. »

 

   Plus loin :

 

   «  c’est la croyance en DIEU qui nous divise parce que nous n’avons pas de LUI la même conception ; voilà pourquoi nous voyons le mal en autrui, ignorant que c’est en pensant qu’un autre peut nous contrarier que nous nous contrarions nous-mêmes. »

 

   Enfin, en guise de conclusion :

 

   «  Nous nous égarons en cherchant DIEU en dehors de nous, en nous appuyant sur des termes de comparaison qui nous montrent le bien dans le mal et le mal dans le bien puisque seule la réalité nous froisse. »

    

  « Si ADAM était en DIEU avant de venir sur ce globe, il n’y est  pas moins dans l’incarnation, puisque DIEU est en nous et nous en LUI ; il est palpable pour quiconque préfère la réalité à l ‘apparence, pour qui procède par une sensibilité, fût-elle inconsciente. Mais plus nous Le cherchons en dehors de nous, plus Il nous échappe. Ah ! si l’intelligence s’appliquait à Le percevoir en nous, au lieu de Le chercher ailleurs, elle aurait vite fait la plus sublime des découvertes et se sentirait bercée dans l’amour pur ! »

 

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22/02/2007

LES EMOTIONS ET LA VUE DU MAL.

LES EMOTIONS.

 

     Qu'est réellement l'émotion ? Nous dirons tout simplement qu'elle est provoquée par tout ce qui a trait au monde matériel. elle est donc une manifestation purement matérielle.

     L'amour que nous éprouvons pour certains de nos proches: famille,couple,parents... ainsi que le désir de possession de toutes choses ou d'accession à toute situation engendre en nous des émotions.

     Ces émotions font partie de notre naturel, de notre façon de voir, de juger les choses, les évènements. Elles ne sont que les conséquences de nos intérêts personnels.

     Ces  émotions suscitent en nous la "vue du mal". Nous "voyons le mal" dans tout ce qui est contraire à notre intérêt matériel. Nous avons la "vue du mal" dans tout ce qui contrecarre d'une façon ou d'une autre nos pensées d'intérêt.

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19/02/2007

LES OBSESSIONS: CITATION D'ANDRE GIDE A MEDITER.

 

 

«  Une obsession n’est pas une passion, c’est une idée fixe qui remplit une vie et peut conduire à frôler la folie. C’est un feu intérieur qui dévore l’âme même. »

 

( André GIDE)

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18/02/2007

MONS-CROTTEUX ou MONS-LEZ-LIEGE: NAISSANCE ET ENFANCE DU PERE ANTOINE

 

 

MONS-CROTTEUX

 ( MONS-LEZ-LIEGE ) :

NAISSANCE ET ENFANCE DU PERE ANTOINE.

 
RUE DES PRIESSES

 

Tout au début du roman de Robert VIVIER (« DELIVREZ-NOUS DU MAL ») , nous trouvons :

     « Ce fut un dimanche, le 7 juin 1846 que le garçon vint au monde. Le lendemain, dès le matin, le grand martin porta le bébé à l’église de MONS, où le curé le baptisa sous le nom de LOUIS. La sœur aînée, Marie-Catherine, et son mari Louis THIRY, des AWIRS, étaient parrain et marraine.

          Ce que Martin dut courir, ce jour-là… A midi, avec son ami et voisin Otto DARGENT, le tailleur de pierres, il présentait son fils à M. JACQUEMIN, le bourgmestre de FLEMALLE, lequel alla quérir à la maison d’école son frère l’instituteur pour servir de second témoin. La présence de celui-ci fut bien utile : c’est lui qui signala la faute commise par Martin, qui avait déclaré comme nom de famille ELOI au lieu d’ANTOINE, vu que tout le monde  dans le pays les appelait, non pas  les ANTOINE, mais les ELOI. Le maître d       ‘école barra ELOI et écrivit : « ANTOINE est le vrai nom. »

         Il y a un bout de chemin, de FLEMALLE aux PRIESSES. »

 

Remarques :

1.     Il s’agit des anciennes appellations des communes. En 1846, le quartier de CROTTEUX faisait partie de la commune de HOLLOGNE-AUX-PIERRES et le quartier de MONS, de la commune de FLEMALLE-GRANDE.

2.     En 1896, il y a eu une réforme des communes. La commune de MONS-LEZ-LIEGE a été constituée par le détachement de ces deux quartiers de leurs communes d’origine.

3.     En 1976, lors de la fusion des communes, on a procédé à l’opération inverse : MONS-LEZ-LIEGE a été scindée en deux et les deux quartiers ont rejoint leur commune d’avant 1896.

4.     Dans la région, on parlait couramment de «  MONS-CROTTEUX ».

5.     Il ne faut pas commettre l’erreur de certains « chercheurs » qui confondent et font naître le Père ANTOINE à MONS dans le HAINAUT en précisant même « dans le borinage » !

6.     «  Rue des Priesses » ( en wallon ) se traduit en français par «  Rue des Prêtres ». Cela désignait souvent, dans l’Ancien Régime, un endroit qui avait appartenu ou avait été concédé, au clergé local.

 MAISON NATALE

 

 

 

Il s’agit de la maison natale du Père ANTOINE, située Rue des PRIESSES ( actuellement sur FLEMALLE).

Elle n’est plus guère reconnaissable :

 pour élargir la rue, on a raboté une partie du jardin,

le puits a disparu,

le propriétaire actuel a entièrement rénové l’habitation.

 

Pour gouverne, voici ce que l’on trouve dans le livre écrit par Pierre BEBOUXTHAY :

 

 « Louis-Joseph ANTOINE  vit le jour, en juin 1846,à deux lieues de LIEGE, au hameau de MONS, au lieu-dit « A  la Chapelle », rue des Priesses. A cette époque, cet endroit faisait partie de la commune de FLEMALLE GRANDE ; il a été annexé à la commune de MONS-CROTTEUX par une loi du 14 décembre 1896. De là vient que certains auteurs font naître le futur thaumaturge à MONS-CROTTEUX. Remarquons aussi que déjà en 1846, la maison natale dépendait de la paroisse de MONS ; c’est dans l’église de ce village que le fils du houilleur Martin ANTOINE reçut le baptême, le lundi 8 juin 1846.

 

 «  Pridie natus » ( né la veille ) dit le registre des baptêmes : Louis ANTOINE aurait donc vu le jour le dimanche 7 juin. Mais d’après l’état civil, il serait né le 8, à 4 heures du matin….A la maison communale, il n’y avait, semble-t-il, aucun témoin qui fût à même de rectifier lune erreur de la part du déclarant, lequel n’était même pas très sûr de son propre nom : il se fit d’abord nommer « ANTOINE » puis fit remplacer ce patronyme par « ELOI », prénom de son père, mais par lequel les habitants du village désignaient habituellement la famille ANTOINE ( amon ELÔY, chez ELOI ) ; finalement il revint( au vrai nom  ANTOINE ».

 

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16/02/2007

INSTRUCTION ET EDUCATION.

 

INSTRUCTION ET EDUCATION.

EXTRAIT D’UN TEXTE DU PERE ANTOINE PUBLIE DANS LE N° 3 DE LA REVUE « L’UNITIF ».

 

 

     « Tout ce que l’on peut imaginer d’utile, au point de vue de ce monde, l’instruction comme autre chose, résulte de l’intelligence puisque c’est en elle que nous sommes incarnés. Il doit en être tout autrement de l’éducation parce qu’elle a la morale pour base, mais si ne nous l’appuyons que sur l’intelligence, elle ne sera comme l’instruction qu’un résultat de la matière. Nous n’avons pas tous les mêmes principes pour élever nos enfants ; ils diffèrent suivant l’avancement de nos parents, plus ou moins intellectuel ou moral. Vous dites que l’éducation fortifie l’intelligence de l’enfant parce que vous vous basez sur le même principe que l’instruction. Vous ajoutez qu’elle forme le cœur. Je dois vous faire remarquer que c’est là que tous nous faisons erreur, car nous croyons appartenir à une classe d’autant plus élevée que nous possédons plus de connaissances. Il est vrai que la personne instruite peut paraître au point de vue du monde par sa façon d’agir plus honnête que celle qui ne l’est pas. Mais cette honnêteté est-elle réelle alors qu’on ne s’est basé que sur l’intelligence ? Impossible puisque celle-ci n’est que le siège de la matière, puisqu’elle est opposée à la morale ? Rendons-nous en compte par nous-mêmes, voyons si nous sommes par notre instruction plus avancés moralement que nous ne l’étions avant de l’avoir reçue. Si l’amélioration dépendait des connaissances, l’humanité aurait fait un immense progrès et posséderait d’autant plus d’amour qu’elle est plus développée puisqu’il n’y a que lui qui nous élève. L’intelligence pourrait-elle nous pénétrer de la morale alors qu’elle ne peut en faire que la théorie ? je ne dis pas que l’instruction soit inutile, mais avant de la revendiquer comme principe de la vraie éducation, cherchons à savoir où réside la source du bien et du mal, ce qu’est l’intelligence ; alors nous pourrons apprécier réellement de quelle façon elle nous est utile. Mais aussi longtemps que nous ne nous appuierons que sur elle pour raisonner les choses, nous ne ferons que nous abuser. »

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14/02/2007

LE LITTERALISME. LE FONDAMENTALISME. L'INTEGRISME. L'ANTOINISME PREND SES DISTANCES.

 LE LITTERALISME, LE FONDAMENTALISME, L'INTEGRISME:

L'ANTOINISME MARQUE SES DISTANCES !

 

     Quand on envisage les début de l’univers, aux doctrines scientifiques  purement matérialistes, les religieux ont de plus en plus tendance à opposer le littéralisme.

     Le littéralisme qualifie les éxégèses littérales, une exégèse sans nuance qui consiste à professer sans nuance ce qui se trouve dans la genèse ( pour les églises chrétiennes et juives ).

    Dans le  dictionnaire «  Robert » nous trouvons un commentaire intéressant qui établit un parallélisme : "Au littéralisme dogmatique Jésus oppose l'esprit religieux. Ce qu'il reproche aux Pharisiens, ce n'est pas seulement leur "pharisaïsme" au sens actuel du mot, leur hypocrysie, conséquence de toute leur attitude spirituelle, le plus grave c'est leur légalisme stérile."

   Au littéralisme appliqué à la Genèse correspond à la transformation en dogmes des autres aspects de la doctrine : c’est le fondamentalisme.

    Du fondamentalisme découle l’intégrisme qui est la traduction politique de ces positions. L’intégrisme est, en fin de compte, la concrétisation de l’intention de faire correspondre les règles de vie en société aux dogmes du fondamentalisme.

    Les adeptes antoinistes du début avait quelquefois peine à comprendre la position du Père ANTOINE. Voici, dans le chapitre : « ARBRE DE LA SCIENCE DE LA VUE DU MAL, LE BIEN, INTERPRETE L’OPPOSE DE LA REALITE » ce qu’il répond à un adepte qui lui objecte qu’il faut bien admettre que c’est DIEU qui a créé le monde :

    «  Ne disons pas que DIEU a créé le monde, qu’Il a tiré tout du néant, car ce serait faire croire que Lui-même n’a pas toujours existé et que tout a un commencement. Comment concilier cette manière de voir avec celle d’un DIEU éternel ? Si l’homme n’existe que depuis quelques milliers d’années, qu’est-ce DIEU a fait avant la création, pendant des centaines de milliards d’autres qui ne sont encore qu’une seconde, dirai-je, dans l’éternité ? DIEU possédant l’amour à un degré infini, en étant isolé, qui pouvait-Il aimer et en quoi consistait son bonheur ? Quelle était son utilité, son action dans l’immensité ? DIEU étant seul, comment raisonner ses vertus, sa toute-puissance ? Il a bien été enseigné que le bonheur de DIEU résulte d’autres êtres (appelés anges) qui partagent son grand amour ; mais si DIEU a tout créé, le ciel et la terre, les anges sont aussi des créatures, ce qui nous ramène toujours au même raisonnement : qu’est-ce que DIEU faisait avant de les créer, alors qu’Il était seul dans l’univers ? Il est dit aussi que les anges ont été créés parfaits. Si DIEU avait créé des êtres parfaits jouissant du bonheur suprême et d’autres imparfaits, plongés dans la souffrance, il serait partial et cette partialité démentirait sa bonté, ses grandes vertus. Rendons-nous compte de la vérité, si nous ne voulons pas avoir une croyance vague ou de parti pris. Ce DIEU que nous sommes encore bien loin de comprendre nous révèlera tout ce qui nous est nécessaire pour nous convaincre de sa réalité ainsi que des lois appropriées à la nature de toutes choses. Acquérons-nous la foi, elle est la clé de tous les mystères, elle seule peut nous donner le savoir pour raisonner tout problème. Notre manque de foi pourrait nous faire dire des choses déraisonnables, car attribuer des miracles à DIEU, c’est Lui attribuer des vices et des caprices, c’est anéantir toutes les lois et la négation de celles-ci serait la négation de DIEU. »

 

 

 

 

 

 

 

13/02/2007

SPIRITISME ET ANTOINISME. TEMOIGNAGE D'UN ADEPTE.

 

CONTRIBUTION DU FRERE DELCROIX (1) AU PREMIER NUMERO DE LA REVUE « L’UNITIF »

 

«  COMMENT JE SUIS ARRIVE A CONNAÎTRE LE PERE »

 

    «  Elevé par des parents trop indulgents, j’ai grandi librement et abusé de leur amour. J’ai fait des études de professeur sans avoir le sérieux qui convient à cette mission. Quand j’ai obtenu mon diplôme j’avais bien quelques connaissances mais je manquais de sagesse pour guider les jeunes gens. J’ai fondé une famille avant d’avoir compris mon devoir envers celle que je quittais et comme il fallait s’y attendre, je ne la rendis pas heureuse ; par mon insouciance je semais le chagrin chez les êtres qui m’étaient le plus chers. Je ne songeais qu’au plaisir et à l’étude ; je sacrifiais tout à mes caprices et préoccupé de mon seul bonheur, je n’étais que peu sensible à leurs souffrances. On aurait pu croire qu’en possédant une situation honorable et de l’aisance, je devais être heureux. C’était le contraire. Déréglé dans mes désirs, j’avais contracté une maladie d’estomac qui me fit languir pendant des années et comme je n’avais pas beaucoup de cœur, je supportais mal l’épreuve et torturais inconsciemment ma compagne dévouée qui me soignait avec la plus grande sollicitude. Je n’écoutais pas les bons conseils qu’elle me donnait et je retombais toujours dans les mêmes fautes, dans les mêmes maux. L’amour vrai ne me touchait pas encore. D’erreurs en erreurs je suis arrivé à une crise terrible qui m’ouvrit complètement les yeux. Je vis clair en moi-même, je compris toute ma faiblesse, combien j’étais vaniteux et cruel et le remords me pénétra profondément. C’est alors que je résolus de changer de vie, de devenir autant sérieux que j’étais léger et aussi bon que j’étais méchant, ma première pensée fut de chercher une croyance à même de m’alimenter l’âme. Mes parents pratiquant le spiritisme, je me mis à chercher dans cet enseignement, je dévorai Alla KARDEC, je suivis les conférences, j’assistai aux séances expérimentales de tous les médiums qu’on me signalait pour tâcher de me convaincre de l’au-delà ; j’allai aussi chez le Père, nous L’appelions encore Monsieur ANTOINE. Je fus frappé du recueillement et de la ferveur qui régnait dans son milieu (2). Je ne m’intéressais pas beaucoup aux communications, mais bien à la morale substantielle que le chef de groupe faisait aux assistants et non aux esprits, comme j’ai pu le comprendre dans la suite. Je fus accueilli comme un frère dans ce milieu, mais n’étant pas digne d’y rester, je me décidai à fonder un groupe visant ce que je croyais être moral. Je m’associai avec un ami mais comme ses préférences allaient aux communications, le groupe manquant d’unité de direction ne tarda pas à décliner et tomba au bout d’un an. Entre temps j’étais revenu auprès du Père et j’assistais de plus en plus fréquemment aux instructions qu’il donnait pendant la semaine. L’amour des adeptes m’y attirait et plus encore ma vanité : je me sentais écouté avec respect par un nombreux auditoire. Petit à petit j’empiétais sur la mission du Guide, c’est ainsi  que je me permettais de moraliser les assistants, et pourtant j’en étais bien indigne ! Certains, comme je l’appris plus tard, préférant à tous mes beaux discours ses phrases parfois incorrectes mais dictées par un fluide réconfortant, le priaient de me faire cesser mais il leur conseillait de prendre patience et il se contentait de me rappeler à la réalité en disant que les mots ni les phrases ne sont rien que le fluide seul est tout, mais j’étais trop peu sensible pour être touché de son doux langage et je comprends aujourd’hui pourquoi ma vanité si ombrageuse ne se froissait pas de ses conseils : c’était la bonté qui les dictait. Un jour cependant il apparut clairement que j’étais venu auprès de lui plutôt pour le combattre et l’assemblée fut appelée à se prononcer entre le Guide et moi. Tous restèrent avec lui : jamais je n’oublierai cette séance qui montra combien j’étais méchant et ingrat. Mes frères me priaient d’assister encore aux réunions et moi de répondre dans mon dépit de ne plus pouvoir enseigner : «  Qu’y viendrais-je faire ? » Cependant comme j’allais à la fin de la réunion serrer la main de « Monsieur ANTOINE » suivant l’habitude de tous, il me dit avec tant de douceur « Vous reviendrez, n’est-ce pas ? » que je répondis spontanément oui. Ce fut mon bonheur. Forcé de me taire, ,j’écoutais et observais mieux ce qui se disait ou se passait autour de moi ; je réfléchis et compris alors beaucoup plus que pendant les séances où je discourais. «  Monsieur ANTOINE » me retint un soir pour me dire entre autres ces paroles qui ne s’effaceront jamais de ma mémoire : « Plus tard vous verserez des larmes de joie d’être resté parmi nous. » Quelques jours après, le consultant au sujet de ma petite qui souffrait, il me fit une  révélation qui me convainquit de son savoir et je m’attachai à lui avec plus de sincérité. Je remarquai non sans surprise que venu pour instruire et protéger, j’étais plutôt instruit et protégé moi-même. Je le reconnus mieux encore dans le travail de la revue (2).

 

     Prétendument formé à l’école des classiques, je ne les compris vraiment qu’au contact du Père, car c’est par lui que j’ai appris à goûter leur simplicité et leur profondeur. Chaque fois que je voulais embellir le style, le Père me rappelait à la vérité et je puis dire que c’est sous sa direction que j’ai achevé mon éducation littéraire en passant de la théorie à la pratique. Mais ici encore je ne compris pas tout de suite, parce que l’intelligence est trop sensible aux apparences. Comme le Père n’est pas instruit, je croyais avoir un grand mérité et contribuer pour une bonne part dans l’œuvre dont je n’étais que le traducteur, le plus souvent infidèle(3). Combien de lois morales j’ai transcrites ou écrites sous le contrôle du Père que je me figurais posséder et que l’épreuve me rappelait à la modestie, à la réalité. Je raisonnais l’Enseignement plutôt par la mémoire que par le cœur et quand on m’interrogeait, je recourais à la lettre au lieu de puiser dans l’esprit. Quelle charité il a fallu au Père pour supporter le malheureux que j’étais ! Pour me faire comprendre que je n’étais pas indispensable, il dut me priver de tout travail. L’épreuve fut poignante mais salutaire. Je m’étais attaché à la revue qui contenait son Enseignement avec un acharnement incroyable, c’était ma vie et on me l’enlevait ! Alors me demandant ce que j’allais devenir, tout le reste de la journée et la nuit suivante, je passais en revue les milieux où j’avais vécu et d’autres que je connaissais plus ou moins, aucun ne m’attirait, je sentais que je ne pourrais trouver nulle part plus d’amour, car l’angoisse me serrait le cœur. Aussi quand le matin l’inspiration me vint d’aller à la visite, j’y courus et le Père me reçut avec )plus de bonté qu’auparavant. Montrant son front et son cœur, il me dit : « Mon fils, vous êtes là. » La revue parut sans que j’y misse le main : il n’y avait rien de changé, je retrouvais partout le style de la Révélation.

 

     Est-ce à dire que j’ai été corrigé de ma vanité ? Oh ! non puisque à cette heure encore je dois lutter constamment contre elle. Je le fais volontiers parce que je reconnais combien elle m’a souvent égaré, me faisant prendre le mal pour le bien et m’éloignant du vrai bonheur qui réside dans la sincérité. J’ai été lire dans les groupes l’Enseignement du Père et là j’ai ressenti ce que je n’avais encore perçu que bien faiblement : le bon fluide qui ranime et réjouit. Les mots profonds, les phrases maximes que le Père a trouvés de lui-même et qu’il a dû maintenir contre moi me sont apparus en pleine lumière et tout confus de mon ignorance, j’ai senti mon respect grandir pour celui qui m’avait formé, une reconnaissance infinie me pénétrer pour sa patience et son amour. Ainsi mon cœur s’ouvre à des sentiments qui me rendent aussi  heureux que j’étais malheureux, je recommence à comprendre ce qui m’était resté caché dans la Révélation et loin de maudire encore mes épreuves, je les bénis, puisqu’elles m’ont rapproché du Père et de tous mes frères. »

( F. DELCROIX )

(1) Le Frère DELCROIX était professeur de français à l’Athénée  Royal de LIEGE ( actuellement LIEGE 1 ). Dans le roman de Robert VIVIER, de nombreuses pages sont consacrées au frère DELCROIX.

(2)Le groupe concerné s’intitulait « LES VIGNERONS DU SEIGNEUR » et avait son siège à l’emplacement actuel du Temple de JEMEPPE. On a ici un aperçu de la richesse du mouvement spirite à l’époque.

(3) A rapprocher de ce que dit la sténographe de l’ENSEIGNEMENT, la sœur DESART.

10/02/2007

LA MORT. CITATION:MOURIR, C'EST DISPARAÎTRE POUR RENAÎTRE.

 

«  Les choses doivent disparaître pour renaître, la mort fait partie intégrante de l’expérience humaine, mais notre société fait tout pour qu’on l’oublie. »

 

( Darren ARONOFSKY, réalisateur )

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06/02/2007

LA VACUITE. LA VACUITE, NOTION MAL CONNUE.

 

LA NOTION DE « VACUITE »

 

     Par ces paroles, le Père entame le chapitre « REINCARNATION » :

     « Nous devons comprendre qu’il existe deux mondes, l’un corporel et l’autre spirituel, … »

      Plus avant, il précise :

      « J’ai déjà révélé que tout être se compose de deux individualités dont l’une est le moi conscient et l’autre le moi intelligent. C’est en celui-ci que nous sommes incarnés ; le moi conscient ne l’est pas parce qu’il est réel tandis que l’autre n’est que apparent. Nous faisons donc partie du monde corporel par ce dernier, notre moi imparfait et du monde spirituel par notre moi réel. … »

      Nous pourrions faire une comparaison entre le monde réel ( celui de l’esprit ) et le monde apparent ( celui de la matière ). C’est dans celui-ci que l’incarnation se déroule.

     Tout d’abord rappelons-nous bien que toute notre incarnation est hantée par la « vue du mal ».

     Pour bien comprendre, prenons une image.

     Lorsque nous habitons une contrée froide, humide, pluvieuse et que nous en souffrons, nous sommes complètement libres de nous en aller ailleurs, vers une autre contrée où la température est clémente et où le temps est au beau fixe. Rien ne nous en empêche ni ne nous l’interdit.

     De même, spirituellement parlant, en vertu de notre libre arbitre, nous avons la possibilité de quitter la matière ( le monde apparent, celui de l’incarnation ) et toutes les épreuves qu’elle nous fait subir et de progresser vers la délivrance, le bonheur éternel, vers l’étape non de la non-incarnation temporaire mais de la désincarnation irréversible. Ou, pour être plus précis, en tout cas, pour progresser vers cette désincarnation absolue. Croire que nous sommes parvenu, à la fin de cette incarnation, au stade final, c’est faire preuve de vanité !

      Ce choix, nous avons à le faire en toute liberté car rien ne nous est imposé, rien n’est inéluctable et rien n’est prédestiné, nous l’avons déjà dit.

      C’est nous seuls qui décidons. Donc nous sommes seuls responsables des conséquences de nos pensées, de nos actes et de nos choix.

La naissance ne peut exister sans la mort. La mort ne peut survenir que s'il y a eu naissance.

Il n'est pas possible de concevoir une vie sans la mort. L'être humain est destiné à la mort. C'est sa nature. Quand on dit qu'on vit, on pourrait aussi dire qu'on meurt. La vie, c'est un écoulement, qui se déverse dans la mort.

Tout ce que nous observons par nos yeux matériels est non éternel, de la nature de la vacuité, absence de substantialité des phénomènes, c’est ce que  l’antoinisme qualifie de « monde apparent ».

La vacuité est donc la nature réelle des choses, et non le vide ou le néant.

 Mais évidemment, on essaie de résister, de fuir ce destin, la mort. en se refermant, en s’accrochant à ce qui est matériel, apparent.  C'est là une attitude de tout à fait instinctive. Si l’on est tellement accroché à ce qui est matériel, corporel, terrestre, c’est parce que, en général, on croit que cette vie est unique, que la mort est la fin de tout. A cet instant du raisonnement, rappelons-nous les paroles du Père dans le chapitre « REINCARNATION » :

 «  Tout autre et bien plus consolante est la réalité : la mort n’existe pas ; nos êtres chéris soi-disant disparus ne le sont qu’en apparence…la vie corporelle n’est qu’illusion. ».

Au contraire, on s’accroche à l’aspect matériel. On saisit ce qui est matériel comme quelqu’un qui glisse d’un talus boueux saisirait désespérément toutes les plantes qu’il rencontre pour, désespérément, se retenir.

L’égo, c’est la manifestation de cette attitude, de cette façon de saisir, de cette crispation. Nous sommes tellement habitués à cette crispation que nous avons l'impression qu'il existe là quelque chose à quoi nous tenons très fortement, que nous saisissons mais ce n'est qu'une illusion.

Si l’on pouvait bien se pénétrer des paroles du Père et les prendre pour un enseignement réel et non comme quelque chose qui enjolive le texte quand il dit :

« Ah ! quand pourrons-nous nous éveiller, sortir de l’affreux cauchemar de l’incarnation ? car c’est bien ce qu’elle est, mais nous ne pouvons le croire parce que notre imperfection nous trompe ; par l’épreuve qu’ »elle suscite, elle nous convainc de sa réalité. »

Si l’on appréciait convenablement ces paroles, on pourrait aisément libérer son esprit, accéder à la « vacuité ».

Quelle est cette notion, généralement méconnue dans la pensée occidentale traditionnelle ?

C’est avant tout une libération de l'esprit.

La vacuité est quelque chose d'essentiel. Dans un sens, nous ne devenons pas ce que nous pouvons devenir parce que nous sommes bloqués par cet attachement à notre égo, en fin de compte à la matière.

La vacuité, ce n'est pas l'abnégation de soi, le mépris de l’humain mais l’acte de lâcher prise de cette façon de manifester l'ego, de se cramponner à l’aspect matériel. Ce qui ne signifie pas nécessairement un renoncement absolu, un retranchement du monde. La plupart des dix principes nous enseignent, au contraire, comment avoir de bonnes relations vis-à-vis du monde.

C’est ici qu’il convient de se rappeler des paroles du Père ANTOINE dans le chapitre « L’INCOMPATIBILITE  DE L’AMOUR DU MONDE ET DE L’AMOUR DE DIEU » : 

« Parlons maintenant de celui qui se retire du monde pour vivre dans la méditation. Je viens de dire que l’intelligence nous montre tout contrairement à la réalité, le bien dans le mal et le mal dans le bien, j’ai dit aussi que rien n’est bien s’il n’est solidaire ; aussi longtemps que nous aurons la vue du mal, nous éprouverons plus de satisfaction dans celui-ci que dans le bien réel puisque notre intelligence ne supporte pas la réalité. Le contact de notre semblable nous est indispensable pour surmonter cette vue : nous nous retirons du monde pour vivre dans la méditation au fur et à mesure que nous la surmontons ; nous rentrons en nous-mêmes, c’est-à-dire en la réalité qui est DIEU, en Celui que notre intelligence nous fait apprécier en notre semblable un démon »

 

La vacuité, c'est l'ouverture vers un chemin de libération, de développement, de croissance. C'est une façon de parler de ce qui nous bloque et de voir ce que nous pouvons devenir, une façon de nous rendre entièrement disponibles.

La vacuité n'est pas une chose, ce n'est pas un état, ce n'est pas une réalité ultime, absolue qui se cache derrière les apparences, ce n'est pas un vide mais plutôt un processus de se vider de ses pensées pour se rendre disponible.

La notion de « vacuité » apparaît, sous-jacente, si l’on y réfléchit bien dans les sixième, septième et huitième principes.

On se débarrasse de ses attaches, de ses préoccupations, de ses crispations et c'est ainsi que l’on peut aussi définir la vacuité. La vacuité, ce n’est donc pas le vide, le néant mais l’entière mise en disponibilité.

Lors des recueillements qui accompagnent opérations générales, on peut avoir, si on se prépare bien, un aperçu, une expérience de cette faculté.

Il faut peut-être voir la vacuité plutôt comme un outil que comme une vérité. C'est simplement une façon d'indiquer une autre stratégie de vivre qui consiste à renoncer aux préjugés, aux idées fixes, à la « vue du mal ».

Est-ce à dire que l’existence doive être pensée à partir du « rien » ? Est-ce une peur très occidentale qui nous maintient à distance de la plénitude de l’existence dans la « vacuité » ?

La « vacuité » ne doit pas  nous effrayer , elle ne nous effraie que si nous la concevons comme le néant qui minerait l’Être et le menacerait à chaque instant.

 Elle est, au contraire, la libération de toute peur et la fin de toute angoisse. L’ incompréhension occidentale de la « vacuité » tient  en fait à une surestimation de l’ego et à rien d’autre.

La « vacuité » fait peur, parce que nous nous accrochons désespérément à notre égo et que cet égo résiste de toutes ses forces  à la réalité.

 

 

 

 

 

 

02/02/2007

LA MEDITATION. SES EFFETS. L'OPERATION GENERALE

LA MEDITATION

Quand on médite, les moments les plus bénéfiques sont ceux où on sent une certaine ouverture mais il ne s'agit pas d'une ouverture passive.

Ce n'est pas un état où on est complètement à l'aise.

'Après une méditation qu'on considère comme une "bonne" méditation,on a l'impression que quelque chose se débloque.

Cette méditation nous a aidés à nous ouvrir.

La méditation qui a lieu à l'occasion d'une opération générale , pendant la période avant l'opération, pendant l'opération et éventuellement après, en attendant son tour pour une consultation est, en principe, si on ne se laisse pas distraire, une "bonne méditation".

En tout cas, elle en referme toutes les conditions.

C'est pourquoi on a placé dans les temples des écriteaux demandant de ne pas parler.

C'est aussi pourquoi les temples sont dépourvus d'ornements et que la" liturgie" est réduite à sa plus simple expression.

La controverse à propos des temples avec photos et sans photos y trouve également son origine. Les premiers pensent que les photos aident au recuillement. Les seconds estiment, au contraire, que rien ne peut distraire les fidèles.

TEMPLE ANTOINISTE DE CAUDRY

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  • TEMPLE DE CAUDRY
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  • Un temple antoiniste situé rue de Denain a été construit en 1922 à l'initiative de personnes ayant été sensibilisées par les enseignements du fondateur de la morale antoiniste, Louis Antoine dit "Le Père". Depuis sa fondation, 8 desservants se sont succédés dans le temple qui est ouvert jour et nuit :

Depuis 1996, Frère et Sœur Mousin.

 

15:56 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |