07/12/2007

" LES METAMORPHOSES DU DIVIN". ( TEXTE DE XAVIER DE SCHUTTER ). LIBRES REFLEXIONS.

 

« LES METAMORPHOSES DU DIVIN »

 ( Texte de Xavier DE SCHUTTER )

REFLEXIONS ET RAPPROCHEMENTS

   Je vous ai déjà dit qu’il m’arriverait – et cela a déjà été le cas – de publier sur ce site des textes ou des citations d’auteurs qu’il n’est nullement question d’annexer. Ce serait malhonnête. Tout simplement, il s’agit de publier des textes qui sont soit proches de nos idées, ou qui en confirment certains points ou qui nous permettent de tirer une réflexion et d’établir des rapprochements avec l’ENSEIGNEMENR Antoiniste. C’est notamment le cas du texte qui a suivre :

« L’histoire de l’idée que l’homme s’est faite du divin résume des millénaires d’efforts louables au cours desquels l’imagination s’est montrée particulièrement prolixe pour forger une représentation adéquate de l’indicible. Combien de fois DIEU n’a-t-il pas changé de nom, de visage, d’attributs pour s’adapter aux exigences toujours nouvelles de ses adorateurs versatiles ? Avec quelle astuce n’a-t-il pas usé de son étonnante faculté de métamorphose pour sauver sa crédibilité menacée !

  A l’aube de sa vieil fut ma Mère tellurique, incarnation de la puissance génitrice grâce à laquelle se perpétue la vie. Abandonnant la terre pour le ciel, il devint le Père, la puissance ouranienne, l’Eternel, celui qui était, est et sera, le verbe conjugué à tous les temps. Il se fit Souffle créateur, Esprit, Amour, Rédempteur, Juge. Il accepta de se personnifier en revêtant tous les masques dont les hommes l’affublèrent. Il se diversifia en une multitude de dieux présidant chacun au bon fonctionnement d’un aspect particulier du monde. Et lorsque le ciel des polythéistes devint surpeuplé, le Divin se réduisit à l’Un, l’Unique, voire le Triple.

 Il ne répugna pas à se faire minéral, végétal, animal, il se fit homme, éternel enfant, adulte au faîte de sa puissance immortelle ou vieillard à la barbe chenue.

 DIEU est un être protéiforme dont la faculté de métamorphose n’est restreinte que par les limites de l’imagination humaine Comme le serpent faisant peau neuve, il ne cessa de muer et chaque nouvelle mue engendra une nouvelle figure archétypale parfaitement adaptée à l’époque qui la vit et la fit naître. Il est l’immuable en perpétuelle mutation.

  Et lorsqu’il voulut rappeler qu’aucune définition ni représentation ne convient à son essence transcendante, il devint le DIEU caché ( le DEUS absconditus plutôt que revelatus), l’inconnu inconnaissable, la Déité non manifestée, le Tout Autre qui n’est ni ceci ni cela…Pour d’aucuns, il n’est pas au-delà mais en dedans, un trésor caché au plus profond de l’âme humaine, non pas un Être métaphysique extérieur à l’homme et qu’il s’agit d’adorer, mais un état intrapsychique qu’il convient de réaliser… »

  Dans ce dernier paragraphe, l’auteur donne une idée de la DIVINITE qui est, en gros, assez proche de la notion Antoiniste ( voir notamment le premier principe ).

  Chaque fois que l’homme ressent un besoin, un manque, une injustice, une souffrance, il se tourne vers la DIVINITE. Celle-ci est nécessairement immuable sinon elle ne serait pas la DIVINITE. Mais dans la pratique, il en va tout autrement. Et ce DIEU pourtant unique et immuable est perçu de multiples façons.

  En fait, nous trouvons, dans l’humanité, deux notions contradictoires dans la démarche de l’homme vers DIEU.

  La première : l’homme est inquiet. Il est frappé par l’injustice qu’il voit autour de lui et dont il est, ou s’estime, victime. Il en est ainsi depuis la nuit des temps. C’est ce qui a incité l’homme a se faire une idée de DIEU qui correspondait à ses désirs, dont la représentation pouvait le rassurer, dont les pouvoirs qu’il lui attribuait lui semblait capables de satisfaire ses faiblesses ou ses manques matériels ou physiques ou psychologiques. C’est ainsi que l’homme a transformé DIEU en une multitude de «  faux dieux », de dieux de convenances. L’homme est parti à la rencontre de DIEU, mais d’un DIEU extérieur à lui. De là dérivent deux comportements humains vis-à-vis de la Divinité : la prière et l’adoration.

  La seconde, toujours pour se tirer de ses inquiétudes, l’homme est parti aussi à la rencontre de DIEU. Mais d’un DIEU qui se réside en chacun de nous. Tous les hommes sont nos semblables et DIEU est en chacun d’entre eux !

  Je tirerai de l’ENSEIGNEMENT du Père ANTOINe quelques extraits concernant ce sujet .

  Tout d’abord, un passage du chapitre «  COMMENT NOUS DEVONS PRIER ET POUVONS PROGRESSER » :

 « J’ai déjà révélé que la croyance est l’opposé de la foi, que celui qui possède celle-ci trouve en lui tout ce qui lui est nécessaire. Nous avons dit que toutes les croyances s’interprètent  la Divinité différemment, en effet on s’y initie  suivant sa compréhension et l’importance qu’on y attache, elles ne sont souvent que le résultat de l’éducation. L’enfant peut en professer une dont il ne se rend pas compte, parce qu’il en a une autre qui est en lui une prédisposition naturelle, qu’il se développera au contact de la vie et par laquelle il se fera de la Divinité une autre conception que celle de ses parents, car son esprit peut être plus développé que le leur. La croyance est appropriée à notre élévation. Mais les parents ignorent souvent ces choses et croyant bien faire, ils les contrarient, car ils sont peut-être loin de comprendre qu’il doit en être ainsi ».

   Et, dans le chapitre « LA CROYANCE ET LA FOI. » : 

« La croyance a été imaginée par l’intelligence qui a toujours cru que DIEU existe en dehors de nous. Elle ne peut être naturelle car elle suscite la crainte et nous fait agir toujours contrairement, avec la pensée que DIEU nous voit, qu’Il nous observe, qu’Il nous punit et nous donne des récompenses ; c’est ainsi que nous faisons le mal croyant faire le bien.

  C’est la croyance en DIEU qui nous divise parce que nous n’avons pas tous de Lui la même conception ; voilà pourquoi nous voyons le mal en autrui, ignorant que c’est en pensant qu’un autre peut nous contrarier que nous nous contrarions nous-mêmes. »

   Et, un peu plus loin, dans le même chapitre :

« Je le répète, la croyance en DIEU telle qu’on l’envisage résulte de l’intelligence, elle nous fait prier en égoïstes, toujours par la crainte et non  par l’amour, nous montrant tout autour de nous le mal que suscite notre haine. »Et, en guise de conclusion, au sujet de cette diversité des croyances ou de l’histoire de leurs métamorphoses : 

« La variété des croyances n’étant que de l’opinion, aucun de nous ne peut jeter la pierre à son semblable, nous avons pour devoir de le seconder autant que nous le pouvons. Agir ainsi, c’est rendre témoignage à la vérité. »

 

 

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