09/01/2008

ÊTRE ATTENTIFS MAIS NON INTRUSIFS. REFLEXIONS SUR BASE DES DEUXIEME ET TROISIEME PRINCIPES.

 

ATTENTIFS MAIS NON INTRUSIFS.

«  Ne croyez pas en celui qui vous parle de moi dont l’intention serait de vous convertire, si vous respectez toute croyance et celui qui n’en a pas, vous savez, malgré votre ignorance plus qu’il ne pourrait vous dire » 

« Vous ne pouvez faire la morale à personne, ce serait prouver que vous ne faites pas bien parce qu’elle ne s’enseigne pas par la parole mais par l’exemple et ne voir le mal en rien. »

Voici rappelés les deuxième et troisième principes. En fait, ceux-ci règlent la conduite que les hommes élevés, ou reconnus par leurs semblables, doivent avoir vis-à-vis d’autrui lorsqu’ils sont consultés pour des conseils ou pour une simple écoute.

     Le Père ANTOINE en parle à nouveau dans le chapitre « LA CHARITE MORALE » quand il dit : 

« Quand nous sentirons l’amour vibrer en nous, nous ferons couler les larmes, nous toucherons les cœurs, nous serons en harmonie avec notre enseignement et ainsi nous rendrons de très grands services ; car l’homme moral est consulté, écouté par tous ceux qui ont besoin de lumière. »

     Nous y  voilà. Nous sommes susceptibles d’être consultés, interrogés par nos semblables surtout si l’on connaît notre appartenance au Culte antoiniste. C’est évidemment vrai pour les desservants et tous les adeptes prêtant leur concours à l’exercice du Culte. Mais aussi à tous ceux qui sont connus pour leur appartenance et leur assiduité. Comment se comporter et éviter des dérives.

     Pour mieux comprendre, je vous livre un passage du chapitre « LA CHARITE BIEN COMPRISE » : 

« Nous répétons souvent qu’on ne peut lire en autrui qu’à travers soi-même ? Lorsque nous y lirons avec les yeux de la vertu, ses faiblesses nous sembleront des vétilles et nous exercerons non plus la charité matérielle, mais la charité morale. … Notre indulgence nous empêchera de remarquer leurs défauts, si ce n’est pour leur venir en aide. »

     Autre mise en garde dans le chapitre « ÊTRE OU PARAÎTRE » : 

« Nous pouvons voir quelqu’un agir comme nous ne voudrions pas le faire nous-mêmes, si nous sommes plus élevés. En l’observant avec notre amour, nous trouverons ses actes en harmonie avec son avancement ; mais si nous voulons le reprendre et le contraindre à partager notre manière de voir, nous faisons preuve alors de parti pris. Quelque affable que puisse paraître notre raisonnement, il ne pourrait que le froisser. Nous obéissons à un caprice, notre douceur n’est que dans les mots ; … »

     Encore une autre mise en garde dans le chapitre « COMMENT NOUS PROGRESSONS » : 

« Respectons tous les êtres dans leur nature brute ou éthérée, ce sont des frères ; ne jugeons pas leurs actes dans leurs effets, mais remontons à leur cause et nous en découvrirons la réalité. »

     Dans le domaine qui nous concerne, les demandes d’écoute des gens qui souffrent ou s’interrogent, le désir de porter assistance, de réconforter, de trouver des solutions est porteur de fluides contradictoires : d’une part, la reconnaissance du problème et, d’autre part, l’aspiration vers ce que l’on pense qui devrait être.

     La personne consultée peut facilement arriver à penser que son interlocuteur devrait être autrement qu’il n’est. Si c’est le cas, on arrivera à un résultat opposé : l’interlocuteur aura tendance à rejeter. C’est ce qui est exposé dans le chapitre « ÊTRE OU PARAÎTRE » : 

« …si notre interlocuteur pouvait analyser le fluide de notre pensée, il nous dirait : « vous n’êtes qu’un hypocrite, votre langage doucereux vient d’une source bien mauvaise, ce qui vous fait agir peut vous porter à commettre des fautes autrement graves que la mienne. Si vous voulez faire la leçon, donnez plutôt l’exemple et fournissez le fluide nécessaire ». c’est ainsi qu’on pourrait nous répondre quand, au lieu d’amour nous envoyons de la haine. »

     Un mot prononcé avec humilité a plus de sens que mille autres.

     Une personne humble s'efforcera d'écouter et d'accepter les autres.
Plus elle acceptera les autres, plus elle sera tenue en grande estime et plus sa parole sera écoutée et plus  son exemple sera apprécié.

     La personne consultée aura une attitude attentive, bienveillante, sans autre intention qu’aider son interlocuteur à vider son âme, en renonçant à le faire changer à tout prix. L’attitude de l’homme consulté consistera à accueillir son interlocuteur avec bienveillance, de manière inconditionnelle, positive, sans jugement, sans a priori. Il devra se dépouiller de tout désir de faire changer l’autre à tout prix.

     Cela implique pour celui qui est consulté une simple présence   affective. Son attitude devra signifier qu’il écoute réellement, uniquement, qu’il accepte l’autre tel qu’il est, sans aucun jugement. 

     C’est  cette attitude que, dans le titre de l’article, nous appelons « attentive ». Mais, on la bien compris, elle doit être aussi non « intrusive ».

     Attention, ces recommandations peuvent aussi s’appliquer à quiconque, dans la vie quotidienne et pas seulement dans les relations de consultant à consulté ou d’écouté à écoutant.

     On pourra ainsi manifester une certaine humilité, ou tout au moins une certaine réserve, dans nos conversations courantes. C’est facile, il suffit de s’efforcer d’écouter véritablement les autres en conservant un ton calme. On montrera que l’on veut d ‘abord écouter sereinement les autres en n’accaparant jamais la parole pour discourir vainement et surtout pas pour nous mettre en évidence.

 

    

 

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