22/06/2008

Le Père ANTOINE, l'antoinisme et la prière.

 

LE CULTE ANTOINISTE ET LA PRIERE.

     On me pose la question de savoir ce que représente la prière pour les ANTOINISTES.

     Une première réponse est toute simple, la liturgie antoiniste se réduit à sa plus simple expression : l’Opération générale qui se borne à l’annonce, à quelques minutes de recueillement et aux remerciements du desservant. Même si dans les temples avec photos ( et donc les temples français ), il y a un peu plus, cela se limite à une lecture ( alternativement les « DIX PRINCIPES  et le chapitre « LA CHARITE MORALE »). Aucun texte de prière n’est prévu. Contrairement à la religion catholique où les deux prières les plus répandues sont le «  Notre Père » et le « Je vous salue Marie », il n’existe, chez les Antoinistes, aucun texte à étudier et à réciter.

     Quelle est, dès lors, la position du Culte à propos de la prière ? Voyons ce qu’en dit le Père ANTOINE. Comme d’habitude, celui-ci prend une position très humaine, très compréhensive.

     Nous trouvons d’abord dans le chapitre « LA PRIERE » sa position officielle :

« La prière est dans l’action dictée par la conscience, d’où peut résulter le bien.

  A certains moments, dans une grande douleur, par exemple, il arrive qu’une seule prière récitée sincèrement nous soulage ; toute souffrance a cependant une cause et si nous comprenions l’avenir, nous reconnaîtrions qu’elle est le résultat d’un acte contraire à la loi de la conscience. Je le dis souvent : Quand cette cause n’existera plus, le mal sera guéri. Dans les instants pénibles, hâtons-nous de puiser au sein de DIEU la force et le courage pour bien remplir nos devoirs. Lorsque l’intention se fait sentir, nous ne devrions jamais attendre. »

     Et plus loin :

«  Je le répète souvent, travailler c’est prier ; en effet, le travail qui rentre dans le devoir est de la prière et le meilleur est celui qui est basé sur la charité. Ne perdons pas de vue la loi qui dit : ‘’ Fais bien et bien tu trouveras ‘’ et tâchons de nous convaincre de sa réalité. »

     Dans le chapitre « LA CROYANCE ET LA FOI », nous trouvons encore ceci :

« Ne croyons pas en DIEU, n’espérons jamais rien de LUI, mais croyons en nous et agissons naturellement. Sachons que nous sommes DIEU nous-mêmes, que si nous voulons, nous pouvons.

  La croyance a été imaginée par l’intelligence qui a toujours cru que DIEU existe en dehors de nous. Elle ne peut être naturelle car elle suscite la crainte et nous fait agir toujours contrairement, avec la pensée que DIEU nous voit, qu’IL nous observe, qu’IL nous punit et nous donne des récompenses ; c’est ainsi que nous faisons le mal croyant faire le bien. »

     Sans être de parti pris, il faut bien admettre que, trop souvent dans l’esprit de celui qui prie, la prière a pour objet de s’adresser à un DIEU considéré comme supérieur à nous, tout puissant, omniscient. On s’adresse à LUI par la prière pour mériter quelque chose en retour. La conception traditionnelle de la prière répondrait donc à la croyance et non à la foi véritable.

     Cette position est très bien résumée en ces termes:

« Elle ( la croyance ) nous tente à prier DIEU pour être heureux dans l’assouvissement de notre imperfection, tandis que le bonheur ne résulte que de notre amélioration. Mais celle-ci ne peut s’effectuer que par la vraie prière qui consiste dans les actes et non dans les paroles, qui s’appuie sur la loi qui nous dit : ‘’ Fais bien et bien tu trouveras.’’ »

     Le Père ANTOINE le rappelle encore dans le chapitre « LA VUE DU MAL SENSIBILITE DE L’INTELLIGENCE » :

« Nous ne pourrions faire un bien véritable sans avoir acquis le désintéressement ; nous agissons toujours en vue d’une récompense, bien que croyant en DIEU, nous LE prions plutôt pour avoir la jouissance des biens terrestres, ce qui ne fait qu’agrandir notre imperfection. »

     Le dernier mot, nous le trouvons dans le chapitre justement intitulé « COMMENT NOUS DEVONS PRIER ET POUVONS PROGRESSER » :

« Parlons maintenant de la prière, la révélation nous enseigne que c’est dans l’amour que nous devons la puiser, mais il se peut que nous voulions la baser sur une loi quelconque que nous croyons de DIEU en L’imaginant en dehors de nous, notre foi n’étant pas suffisamment développée nous laisse incertains de ce que nous devons faire pour remplir notre devoir. Que ceux qui pourraient avoir encore de ces pensées fassent cette comparaison, qu’ils se demandent s’ils sont autant heureux, en faisant face à la loi qui nous désunit qu’en se pénétrant de l’amour qui l’anéantit. Prions qui nous voulons, nous ne faisons aucun mal en nous adressant à celui en qui nous avons la foi. »

     Et, un peu plus loin :

« …notre manière de prier DIEU diffère selon cette conception ( que nous avons de DIEU )qui elle-même varie suivant notre élévation. Les uns contemplent une figure humaine, les autres une lumière, d’autres encore un cercle, une étoile ou tout autre signe. Ces vues sont la preuve qu’ils persévèrent dans la prière. Il y en a qui ne se font aucune conception de la Divinité, il est rare qu’ils puissent s’acquitter de leur prière sans être distraits et obligés ainsi de la recommencer ; la plupart croiraient bien prier s’ils ne se plaçaient devant une image représentant DIEU ou s’ils ne s’agenouillaient devant un ou plusieurs cierges allumés. »

     Tout cela, c’est pour ceux qui ont la croyance, voici pour ceux qui ont véritablement la foi :

« Nous avons dit que celui qui possède la foi trouve en lui tout ce qui peut lui être nécessaire, parce qu’il sait que DIEU n’existe qu’en nous, que tout ce que nous pouvons par elle, c’est DIEU qui le fait, nous agissons en toute sincérité par LUI. »

     Nous pouvons voir que le Père ANTOINE avait une attitude très humaine, très compréhensive. Tout en donnant sa position, il admet les autres attitudes et les expliquent même. Voici comme il conclut ce chapitre :

« J’en conclus que tout croyant doit réciter les prières que sa conscience lui dicte. Nous n’ignorons pas que tout acte qui s’appuie sur celle-ci est vraiment la prière.

   Nous devons respecter toute croyance comme notre conscience nous le rappelle, car la prière est un réconfort, celui qui aime de la faire et qui ne vise que son avenir ne peut que s’améliorer, c’est sa conscience qui lui raisonne comment il doit agir pour s’élever vers DIEU. »

  

11:42 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

"La prière est dans l’action dictée par la conscience, d’où peut résulter le bien." Mais comment être dicté par sa conscience ?
Le receuillement à la fin de l'opération n'est-il pas une prière ? La prière n'est-elle pas le moyen de trouver des fluides "plus éthérés" en nous ? Le silence avant l'action n'est-il pas une prière ?

Écrit par : malag22 | 16/12/2008

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