12/02/2009

L'ENVIE.

L'ENVIE.

L'envie est comptée parmi les fameux « sept péchés capitaux ». Je rappelle que ces sept «  péchés capitaux » sont figurés dans l'emblème du Culte par les sept branches de l'Arbre de la Science de la Vue du Mal.

Pourtant, il faut encore une fois rappeler que cette panoplie de « péchés »est à considérer avec beaucoup de circonspection, en ce qui concerne plus précisément la notion de « péché ». Selon notre conception, il n'y a pas d'un côté le bien et de l'autre le mal. Le monde n'est pas fait de blanc et de noir.

Au départ, l'envie est un sentiment normalement lié à la nature humaine.

Dans l'incarnation, l'être humain est, par nature, en état de manque permanent. Cet état de manque est logique, c'est ce que nous appelons « l'imperfection ». Aussi longtemps que nous sommes dans l'incarnation, nous sommes « imparfaits ».Le désir, façon plus civile d'appeler l'envie, est d'abord une mobilisation vers l'Absolu, le monde réel, DIEU, ou, en tout cas, vers le « mieux ».

Au départ, l'envie est à considérer comme la constatation de cet état de manque, d'incomplétude et, partant, le besoin de se compléter. C'est cela qui est le moteur qui nous fait évoluer sur l'échelle du progrès.

Certains n'hésitent donc pas à dire que l’envie est le propre de l’Homme et serait l’un des moteurs de son évolution, qu'un monde sans envie serait un monde mort.

Cependant l'ambigüité apparaît rapidement: ce n'est pas par rapport à notre état de manque, de recherche vers l'absolu qui nous fait défaut, que l'envie se manifeste. Ce sentiment se caractérisera par un regard sur autrui. Aussi longtemps que cela reste du domaine du mimétisme, du désir de ressembler à autrui, ce ne serait pas encore très grave pour autant que le modèle soit de bonne source. On pourra très bien considérer que qu'une personne est plus élevée que nous, « envier » cette position et faire un effort personnel de mimétisme pour lui ressembler, pour l'égaler. Dans cette acception,le terme « envie » ne serait donc pas un défaut mais une vertu. C'est ce qui peut être déduit du passge suivant du chapitre « CAUSE, DEVELOPPEMENT & PERFECTIONNEMENT DE L'ÊTRE. »: 

« Le désir de nous élever nous rend laborieux, dévoués; acquérant de plus en plus la foi qui nous rassure sur l'avenir, nous apprenons à nous connaître, à savoir ce que nous sommes, d'où nous venons et où nous allons. Nous travaillons alors plus rapidement à nous améliorer, nous pénétrons toujours plus dans l'amour. »

Hélas, ce sera rarement le cas. L'envie deviendra vite de la jalousie. C'est alors qu'elle sera à la base de tous comportements malsains et malveillants: sous-entendus lors de discussions, jugements hâtifs et catégoriques, chuchotements malveillants, propos à double sens.

Mais aussi à l'origine de la haine. L'envie ce sera la douleur de voir autrui posséder, ou être, ce que nous désirons et le ressentiment provoqué par cette douleur.

Exactement le même sentiment qui nous a poussés à l'admiration de notre semblable et à l'amélioration personnelle pour lui ressembler nous poussera u ressentiment, à la haine. Je cite le passage suivant du chapitre « LE MYSTERE: AMOUR, INTELLIGENCE & CONSCIENCE » qui s'applique très bien aux personnes qui souffrent de ce sentiment:

«  Au point de vue moral, la personne qui se plaint d'être victime manque à la vraie justice et nous ne pourrions, sans enfreindre celle-ci à notre tour, l'aider à revendiquer ce qu'elle croit être son droit. Pourrait-on d'autre part lui donner ce qu'elle n'a pas mérité et lui faire comprendre qu'elle ne recourt à nous que dans le but de se justifier, en voyant l'injustice dans son semblable et jamais en elle? »

C'est la raison pour laquelle il faut cultiver la pratique de la gratitude.

Je cite Emmet MILLER: 

« La gratitude a à voir avec le fait de se sentir plein, complet et adéquat: nous avons tout ce dont nous avons besoin et méritons; nous regardons le monde avec un sentiment de valeur. »

L'envie permanente est aussi la source de dépendances, d'addictions. Ces dépendances viennent de ce sentiment de privation injuste. Celui qui en est atteint croit pouvoir y pallier grâce à une substance ( la drogue, l'alcool ) ou à une activité ( le jeu ) ou à une passion.

On peut considérer que le passage suivant de l'ENSEIGNEMENT a un certain rapport avec ce que nous venons de dire ( Chapitre « ÊTRE OU PARAÎTRE » ): 

« Si nos actes ne sont pas la consécration de notre langage, nous aurons bientôt démoli notre oeuvre et nous encourrons de justes reproches.

Voilà ce que nous enseigne notre philosophie. L'étudier ne sert de rien; il faut la pratiquer pour en savourer les fruits et atteindre finalement au but que nous désirons.

On m'a déjà dit que vous étiez de vrais fils de DIEU, revendiquant sans cesse l'amour qui doit nous unir. Tâchons de mériter de plus en plus ce titre; rappelons-nous toujours la pensée de pardon à côté de la pensée de haine et de vengeance; être froissé n'est pas un mal, nous pouvons l'être puisque nous sommes imparfaits; c'est un moyen pour nous faire apprécier ce qu'il y a de mauvais en nous et qu'il faut extirper. Le mal est dans la préméditation et dans l'arrière-pensée. Dès que nous avons été froissés, efforçons-nous de revenir à de meilleurs sentiments; si nous nous sommes montrés indifférents envers quelqu'un, tâchons de comprendre notre devoir et nous saurons ce que nous avons à faire. »

Plus précisément encore, dans le chapitre « LA FOI SAUVEGARDE CONTRE LA MAUVAISE PENSEE », les phrases suivantes qui peuvent s'appliquer lorsque nous sommes saisis par des pensées d'envie: 

« J'ai dit que les pensées puisées dans les ténèbres nous plongent dans l'abîme, nous surchargent d'un fardeau qui nous paralyse. Entourés de ce fluide, nous n'avons plus cette ardeur de dévouement dont nous sommes animés au milieu du fluide éthéré et nous souffrons de ne plus être à la hauteur de ce que nous avons entrepris. »

 

 

14:42 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

petit complément "On pourra très bien considérer qu'une personne est plus élevée que nous, « envier » cette position et faire un effort personnel de mimétisme pour lui ressembler, pour l'égaler." Comme vous le dites, non seulement cela pourra amener à l'envie, puis à la haine, mais avant cela nous amènera à nous dénaturer, à vouloir paraître ce que nous ne sommes pas. Est-ce que cela serait un bien pour nous ? Je ne le pense pas.

Écrit par : Guillaume | 13/02/2009

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