16/02/2009

L'ENVIE: UN CANCER MORAL !

L'ENVIE: UN CANCER MORAL !

( Développement de la démonstration )

 

Dans l'article précédent, j'exposais dans quels travers le sentiment d'envie pouvait entraîner l'être humain. Dans le numéro récent d'un journal , j'en ai trouvé une illustration bien malheureuse: le récit d'un procès d'assises où une infirmière est convaincue d'avoir voulu empoisonner un petit enfant dans son entourage familial.

Voici une de ses déclarations faites au Juge: 

« Oui. J'étais jalouse de l'attention que ma belle-soeur portait à sa fille. Mon idée, c'était de détruire un peu son bonheur. J'avais l'impression que notre famille faisait moins attention à mes enfants depuis la naissance de la petite. »

Nous nous trouvons, ici, devant un cas de dévoiement extrême du sentiment d'envie.

Bien sûr, il faut « juger ». Mais le mot « Juger », en Justice, n'a pas le sens que l'ENSEIGNEMENT lui donne dans la vie courante, dans la morale.

Dans le monde de la Justice, cela signifie, qu'il faut enquêter objectivement, déterminer la faute, peser sa gravité, voir à quelles lois elle contrevient, évaluer la plus justement possible le préjudice commis et, logiquement, imposer une sanction. Sans sanction des fautes la vie sociale n'est plus possible.

Mais, dans le domaine de la morale, la gravité de la faute ne doit pas empêcher d'essayer de comprendre la personne. La gravité de la faute et le fait qu'elle mérite une sanction ne doit pas nous interdire la compréhension, ni empêcher la compassion.

On peut établir la faute de quelqu'un, son degré de gravité, la sanctionner et en même temps éprouver de la compassion. Pour cela, il faut bien relire l'article précédent et bien se pénétrer de la signification du sentiment « d'envie ». Ce sentiment est avant tout une grande souffrance car il se nourrit de lui-même. Son objet ne peut jamais être assouvi. Et, pire, souvent il puise sa source dans une cause illusoire, inexacte, une interprétation faussée de la situation. C'est pourquoi, ce sentiment ne peut jamais être assouvi puisqu'il représente la chasse vers une chose illusoire.

L'envie, c'est en fin de compte, sans doute, une des formes les plus exacerbées de la « vue du mal ».

L'envieux n'éprouve aucun plaisir dans son défaut ! Quand il est en pleine crise d'envie, il ne se fait absolument aucun bien, il rumine, se ronge les sangs, boude, s'autodéprécie, jalouse,est furieux et finalement, se fait du mal à lui-même sans se faire aucun bien en compensation!
C'est pourquoi, l'envie est un défaut très négatif, l'antithèse même du plaisir.

On peut dire que l'envie est un cancer moral ! Quand quelqu'un souffre d'un cancer physique, tout le monde trouve normal d'éprouver de la compassion ! On devrait donc avoir la même compassion pour celui qui est rongé par le cancer moral qu'est l'envie !

Je vous livre, à méditer, un passage du chapitre « LA SOLIDARITE PEUT-ELLE ENTRAINER LA RESPONSABILITE »: 

« Si nous nous maintenions dans le naturel, sans voir le mal pas plus dans les autres qu'en nous-mêmes puisqu'ils agiraient naturellement comme nous, aurions-nous encore la moindre souffrance d'une épreuve ? Impossible puisque ce n'est qu'en la prenant pour un châtiment que nous en souffrons. Je le répète, la vue du mal, seule, est notre imperfection parce qu'elle nous fait apprécier l'épreuve matériellement tandis qu'elle repose sur une base purement morale.

Celui que nous disons notre ennemi pourrait-il nous occasionner la moindre souffrance, si nous interprétions son acte réellement ? Ah! Si nous avions le courage de nous montrer autant satisfaits de lui que nous lui montrons le contraire. La reconnaissance dont nous lui sommes redevables ne nous obligerait-elle pas à lui témoigner de l'amour au lieu de haine et de vengeance ? N'est-ce pas là que nous faisons erreur, n'est-ce pas par notre fausse vue que nous l'apprécions contrairement puisqu'il n'est que l'instrument de notre progrès ?

Je l'ai révélé et je le répète, il n'y a prise sur nous que pour autant que nous avons la vue du mal, due à l'imagination qui nous montre dans les actes d'autrui le mal qui est en nous et qui nous tente à l'accomplir en proportion.

La vue du mal prend l'apparence pour la réalité, elle ne nous permet pas de supporter celle-ci. »

 

Les commentaires sont fermés.