23/09/2009

EVITER D'ÊTRE INTRUSIF.

 

EVITER D'ÊTRE INTRUSIF !

Il convient bien de se baser, une fois de plus, sur les dix principes. Notamment le troisième (« Vous ne pouvez faire la morale à personne... »),le quatrième (« Ne dites jamais que vous faites la charité à quelqu'un qui vous semble dans la misère... ») et le dixième (« Ne pensez pas faire toujours un bien lorsqu'à un frère vous portez assistance; vous pourriez faire le contraire, entraver son progrès. Sachez qu'une grande épreuve sera votre récompense si vous l'humiliez en lui imposant le respect... »).

Ceci nous amène à la compréhension de la solidarité, de la charité. Quand on pense « solidarité », on pense automatiquement à « entraide ». Quand on pense à « charité », on pense automatiquement à « secours ».

Mais comment agir correctement ? Ces idées sont plus subtiles à comprendre qu'on ne le croit généralement.

Souvent, quand on veut aider les autres, on ne peut s'empêcher de juger. On n'apporte pas son aide sans réserve. On ne se met pas au service d'autrui sans arrière-pensée.

Non, on arrive avec nos exigences. On entre dans le domaine d'autrui pour faire à sa place ce qu'il a à faire. Nous ne nous mettons pas à son service, mais nous entrons chez lui en maître, en donneurs de leçons.

C'est de la vanité et non de la charité: nous avons jugé l'autre comme non éduqué, comme inférieur et nous imposons notre façon de voir ou de faire. Cela parce que nous nous sommes jugés comme plus éduqués, comme supérieur. Nous voulons montrer notre importance. Nous devons apprendre à ne pas gêner les autres, à ne pas être importuns, à ne pas être intrusifs.

En fait, nous ressentons un manque personnel que nous voulons combler en le projetant sur autrui. La faiblesse dont nous souffrons, nous pensons la nier en la voyant en autrui plutôt qu'en nous.

Cela aussi parce que nous ne sommes pas prêts à l'aide désintéressée. Généralement, lorsque nous venons en aide à quelqu'un, ce n'est pas gratuit: nous attendons quelque chose en retour. Le pire, c'est encore lorsque ce quelque chose est de la gratitude.

Dans le chapitre « LA CHARITE BIEN COMPRISE »,le Père ANTOINE fait quelques remarques: 

« Il arrive que l'on fait la charité par acquit de conscience; dans ce cas, mieux vaudrait s'en abstenir. La vraie charité accomplie aussitôt que nous en voyons la nécessité, nous procure nuit et jour un vrai bonheur.

Quoique charitables, nous pouvons encore ressentir du remords lorsqu'il nous semble avoir rendu de mauvais services en agissant à l'égard d'une personne où nous aurions dû nous abstenir; car nous n'avons pas la sensibilité nécessaire pour juger en connaissance de cause et nous sommes éprouvés.

Mais quoiqu'il arrive, il est grandement désirable d'avoir la pensée de la charité; cette vertu découle de l'amour, tâchons d'être toujours prêts à l'exercer, de comprendre que nous ne faisons jamais la charité qu'à nous-mêmes. Si nous y trouvons un bien, un bonheur, remercions donc la personne qui nous en donne l'occasion. Ne restons jamais un seul instant sans épreuves, le doute nous accable souvent parce que nous sommes trop sensibles aux imperfections des autres; alors que nous devrions plutôt les secourir, nos faiblesses cherchent à découvrir les leurs et nous perdons ainsi le feu sacré de l'amour. Efforçons-nous de ne pas voir en nos frères ce que nous voudrions cacher en nous.

Nous répétons souvent qu'on ne peut lire en autrui qu'à travers soi-même ? Lorsque nous y lirons avec les yeux de la vertu, ses faiblesses nous sembleront des vétilles et nous exercerons non plus la charité matérielle, mais la charité morale. »

18:15 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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