06/10/2009

ROBERT VIVIER: ANTOINE ET LA PRIERE.

"DELIVREZ-NOUS DU MAL"

( Robert VIVIER ):

Claudine GOTHOT-MERSCH, Professeur aux Facultés Universitaires SAINT-LOUIS ( BRUXELLES ) se livre, en postface de l'édition  publiée en  1989 chez LABOR à une étude détaillée de ce roman. Elle l'étudie sur le plan littéraire et aussi, surtout, psychologique. Voici un extrait de cette étude. Elle ne manque pas d'intérêt.

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"L'expérience de la guerre, faite dans les tranchées, n'a pu que développer son attention ( son =  deRobert VIVIER )envers la classe sociale où l'Antoinisme trouvait - et trouve encore - l'essentiel de ses adeptes. Et qui sait si l'horreur de tuer, dont témoigne si bien "LA PLAINE ETRANGE",n'a pas eu son influence sur le choix du sujet ? ( Suit un extrait )

" Ce qu'il faut que je dise aussi, parce que cela a crié et saigné en moi, c'est que sur le fantassin a pesé le plus lourdement le dilemme proposé par la guerre à la conscience de l'homme! tuer, ou faillir à son devoir...Il fut le seul qui dut regarder ses mains rouges"

Car Louis ANTOINE, pendant son service militaire, a tué accidentellement un autre soldat - évènement qui pésera sur son évolution, comme bien l'on pense. Ce n'est peut-être pas un hasard non plus si la période du service militaire prend, dans le roman de VIVIER, une place relativement importante.

Et puis, choisir pour héros ANTOINE le Guérisseur, c'était se donner l'occasion d'écrire "l'histoire d'une âme": on reconnaît ici le titre de l'étude que VIVIER a consacrée à MAETERLINCK lors du centenaire du poète. il s'y proposait pour but "non d'expliquer l'oeuvre par l'âme, mais plutôt de suivre l'aventure d'une âme à travers les textes d'une oeuvre". Ôtons le mot "textes", et cela pourrait s'appliquer parfaitement à "DELIVREZ-NOUS DU MAL": à travers la constitution progressive de l'antoinisme, ce qui intéresse VIVIER, c'est de suivre le parcours spirituel d'ANTOINE."

Plus loin, après des considérations purement techniques et littéraires qui, si elles sont intéressantes ne trouvent pas leur place sur ce blog, elle revient sur la façon dont VIVIER a abordé la personne du Père ANTOINE:

" Il pouvait sembler difficile, de prime abord, de donner une varaisemblance psychologique à cet étrange personnage d'ouvrier sans instruction devenu guérisseur, prophète,et fondateur d'une secte spiritualiste. VIVIER réussit à faire admettre qu'il n'y a pas là d'incohérence, de hiatus inexplicable, en avançant que lorsqu'ANTOINE prie, lorsqu'il guérit, il le fait en ouvrier.

" La prière est une chose qui ressemble au travail. une espèce de travail lent, prolongé, difficile parfois, mais qui ne peut ne pas être efficace. Tout travail est une affaire de bon vouloir, de courage, de patience. ...Quelque chose s'ouvre, comme une galerie qu'on suit dans l'obscurité, longuement, à la façon des mineurs dans la taille. ANTOINE oriait, pater après pater, coup de pic après coup de pic."

19:32 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Robert Vivier, sympathisant de l'antoinisme, était professeur à l'Université de Liège. Il était le beau-père (?) ou le beau-frère du vulcanologue Haroun Tazieff. D'après certains adeptes son épouse portait la robe. Je ne puis garantir l'authenticité de la chose.

Écrit par : Jacques Cécius | 07/10/2009

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