14/10/2009

LA COMPASSION: ATTENTION AUX DERAPAGES.

 

LA COMPASSION:

ATTENTION AUX DERAPAGES !

La compassion est le sentiment par lequel on est, à la fois, porté, prédisposé, à percevoir ou ressentir et à reconnaître la douleur, la souffrance d'autrui; cette prédisposition nous poussant à y remédier. Etymologiquement, le mot « compassion » vient du latin cum patior, « je souffre avec ».

La compassion évoque un sentiment de fraternité humaine, qui nous incite à faire preuve de charité. Ce sentiment de fraternité nous empêche de monter de l'amertume, de la mauvaise foi, de l'envie. Ces sentiments néfastes ne peuvent qu'aboutir à la hargne. La hargne, c'est la manifestation d'un ,sentiment querelleur, de mauvaise humeur permanente. Elle se traduira par des propos acerbes, méchants et une attitude agressive, haineuse, pleine de méchanceté.

La bonne compréhension des dix principes ( à passer en revue ) et de l'Auréole de la Conscience amènent à dissuader de détester quiconque. Si on n'est pas pénétré de ces sentiments, il est impossible d'éprouver de la compassion pour autrui,celui-ci, même par surprise, se présentera à nous. d'aider ou de délivrer la personne, y compris si elle n'est pas du du simple fait de sa proximité.


Une fois de plus, la relecture des dix principes n'est pas inutile:

  • le premier qui nous rappelle que « ...vous ne pouvez témoigner qu'il existe une suprême bonté alors que du prochain vous m'isolez » ce qui signifie bien que DIEU se trouve potentiellement en chaque homme ;

  • le troisième: « vous ne pouvez faire la morale à personne... » qui nous interdit toute condescendance;

  • le quatrième qui nous met en garde (« ne dites jamais que vous faites la charité à quelqu'un qui vous semble dans la misère... » )et ( « ...si vous agissez envers votre semblable comme un véritable frère, vous ne faites la charité qu'à vous-mêmes... ») qui nous interdit de tirer gloire de notre charité;

  • le cinquième que l'on peut reprendre en entier: «  efforcez-vous d'aimer celui que vous croyez être votre ennemi; ce n'est que pour vous apprendre à vous connaître que je le place sur votre chemin. Mais voyez le mal plutôt en vous qu'en lui: il en sera le remède souverain. »;

  • le septième: « Elle (l'intelligence) se fait un piédestal de la clémence en voulant que tout lui soit subordonné »;

  • la première partie du dixième principe: « Ne pensez pas faire toujours un bien lorsqu'à un frère vous portez assistance... » qui nous recommande donc la modestie dans nos actes.


On peut encore citer ce passage du chapitre « LA CHARITE BIEN COMPRISE »: 

« Cependant le remords ne provient pas de l'égoïsme, une personne charitable peut seule l'éprouver; voulant rester fidèle à sa conscience, elle ne cesse de penser à l'infortune qu'elle a vue; mais si les fluides ne se rencontrent pas, elle est parfois incapable d'assimiler le sien à celui de l'autre personne et ne peut plus être touchée; il s'établit alors un intervalle qui entrave sa volonté. »


Attention, il faut bien prendre garde aux distorsions de la compassion, aux dérapages stériles. Quels sont ces dérapages possibles ?

Nous trouvons d'abord la pitié. La pitié est cependant une manifestation qui masque des émotions, notamment le mépris,. La pitié est composée de colère et de peur. Notre pitié s'adresse à des personnes pour lesquelles nous n'avons pas ou peu d'estime.

La pitié prend bien souvent des proportions qui n’ont rien avoir avec la compassion. La pitié implique trop souvent un sentiment de supériorité ou de condescendance de la part de celui qui la manifeste et, en revanche, une certaine humiliation pour celui qui en est l'objet. Par définition, la personne dont nous avons pitié n'est pas à la hauteur de nos standards. C'est avec une certaine arrogance que nous pensons qu'elle est incapable d' améliorer son état.

Au risque de se lancer dans un débat sémantique, on peut aussi faire la distinction entre l'apitoiement qui implique de la complaisance, de la tristesse mais qui ne donne aucun résultat concret. S'apitoyer des heures sur quelqu'un ne résout en rien ses problèmes.

L'apitoiement ne doit pas être confondu avec la pitié qui implique de la condescendance.

 

Dans les textes que nous venons de citer, le Père insiste sur la notion de proximité (d'où vient le terme «  prochain » utilisé notamment dans le premier principe et le terme « semblable » ). Quand on parle de « prochain » ou de « semblable » il est plus question de proximité du moment ou de proximité de l'endroit. Il n'est pas question de la proximité habituelle ( culturelle, familiale, de relations...). Dans cette proximité habituelle , on n'a guère de mérite à éprouver de la compassion. Celle-ci se manifeste plus facilement.

Je vous renvoie ici au chapitre « LA CHARITE MORALE »: 

« Une autre façon de pratiquer la charité morale, c'est de se maintenir dans un bon fluide pour être à même de supporter toute épreuve. Nous sommes souvent découragés, mais nous préparons-nous bien quand nous sommes dans un milieu favorable ? Sachons que nous n'y sommes que dans un repos momentané, attendons-nous à ce qu'un de nos semblables surgisse tout à coup sur notre chemin; mais ayons bien soin de ne pas y voir le mal... »

C'est bien ce que nous disions plus haut au sujet de la proximité. Le Père insiste ici sur la proximité occasionnelle et non sur la proximité habituelle. On n'a aucun mérite à ne pas voir le mal, à éprouver de vraie compassion envers quelqu'un qui fait partie de notre proximité habituelle.


 


15:59 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.