02/11/2009

LA NEGATIVITE ET LES IDEES SUICIDAIRES.

 

NEGATIVITE ET IDEES SUICIDAIRES.


Inévitablement, nous connaissons tous, à un moment ou l'autre, pendant des périodes courtes ou plus longues, l'expérience de la négativité. Chacun de nous connaît des journées creuses où rien ne va.

La négativité est le résultat d'une sorte d'agression, parfois seulement imaginée, du monde extérieur qui nous amène à ne pas aimer la situation dans laquelle on se trouve, à désirer, souvent ardemment mais vainement, que la situation soit différente de ce qu'elle est.

La mélancolie est une manifestation de cette négativité. C'est un état dépressif qui se manifeste même lorsque les évènements vécus sont en principe heureux et agréables. La personne atteinte se sent enveloppée sous une chape de plomb que rien ne peut enlever. La personne mélancolique se sent vide et privée de toute volonté. Il ne prend même plus la peine d'avoir aucune initiative. C'est comme si celles-ci étaient freinées ou annihilées. On se sent comme coupé de la vie, retranché du monde.

Alors, nous percevons tout comme une attaque. Donc, nous nous réfugions dans une attitude de repli sur nous-mêmes, défensive ( au mieux ), ou ( au pire ) offensive. Nous nous renfermons sur nous, nous pensons à protéger tout ce qui est à nous et nous passons à l'attaque ( sournoisement, ou offensivement ).

Ce mode de comportement génère des tensions, des ragots, des médisances, de la calomnie, le mécontentement. Et nous chercherons presque toujours à créer et élargir un cercle de mécontents.

On peut dire que c'est la culture du ressentiment, de l'amertume. A l'origine du ressentiment, de l'amertume, on trouvera toujours cette négativité. On trouvera toujours une blessure ( peut-être seulement imaginaire, mais l'effet est le même ), une violence subie ( qui ne sera parfois qu'une impression de violence, une situation ressentie comme violence ), un affront ( mais la sensibilité est tellement exacerbée que n'importe quoi de bénin peut être ressenti comme affront ).

Celui qui se considère victime ne peut bien souvent réagir car il se sent impuissant. Ce sentiment d'impuissance aggrave la négativité car non seulement on s'estime victime de quelque chose par injustice mais en plus on a une image dévalorisée de soi-même. On ne peut réagir, on ne peut faire que ruminer son amertume et rechercher une vengeance.

Il nous arrivera fatalement de faire supporter aux autres notre négativité. Nous deviendrons ainsi responsables des relations parfois malsaines, souvent médiocres avec autrui.


Il ne sera donc nullement étonnant que nos manques, notre sentiment d'impuissance apparaissent dans notre vie quotidienne et l'empoisonnent, notamment au sein de la famille, sous forme de nervosité, de violence parfois, mais aussi de renoncement, d'inertie, ou d'acceptation de tout.


La négativité fera donc courir des risques divers. Le risque le plus sérieux sera l'isolement social,la dévalorisation de soi-même, dévalorisation accompagnée de tendances suicidaires.


Une personne suicidaire est une personne qui souffre, qui se sent dépassée par les événements.


La première manifestation d'une tendance suicidaire sera d'abord le désir de ne plus se réincarner. C'est certes assez contradictoire de dire cela vu qu'on pourrait penser que le but est, justement, d'arriver au bout du cycle des réincarnations. Mais, nous avons bien dit lorsque le cycle normal est terminé, lorsqu'on a atteint la perfection, qu'il n'y a plus aucune raison pour l'âme de se réincarner!


Ce n'est pas le cas ici! il n'existe pas de critères ou de ressentis particuliers, qui permettent de déterminer notre ancienneté sur Terre, notre nombre de vie ou l'absence de vies antérieures terrestres. Le fait qu'on ne souhaite plus revenir sur Terre la prochaine incarnation n'est que le sentiment d'être mal à l'aise sur un monde injuste et guerrier.


Dire que le monde, que la société actuelle est devenue « guerrière » peut paraître exagéré. Nous sommes en tout cas dans une société de concurrence généralisée, exacerbée. Il n'y a qu'à observer les expressions de la vie courante: ainsi on parlera d'attitude commerciale « agressive ».


Dans la société actuelle, les gens ont la hantise du « déclassement ». Le mot « déclassement » est dans toutes les pensées. Les gens vivent dans une angoisse sourde mais tenace: la peur du « déclassement ». La plupart ont la conviction que personne n'est à l'abri, que tout le monde ( et d'abord soi-même ) risque à tout moment de subir un déclassement: risque sur l'emploi, le salaire, la position sociale, la considération des proches...


Cette hantise du déclassement est devenue source de négativité. Paradoxalement, cette négativité est devenue la source d'énergie majeure de la vie sociale: on n'agit plus tant pour progresser que pour ne pas être déclassé: dès lors, parfois, tous les coups sont permis! Dans cette optique, l'anxiété est poussée à son paroxysme. Elle est devenue source de concurrence et de frustrations.




Les suicidaires ne décident jamais par avance d’abréger leur existence par le suicide. Si cet évènement intervient c’est que les choses ne se seront pas déroulées comme prévu. Ils recourent à cette solution parce que la vie incarnée est plus lourde à porter que prévu , et puis les malheurs de l’ existence ne sont pas programmés et nul ne peut prétendre être certain de pouvoir toujours affronter la réalité lorsque celle ci prend mauvaise tournure.


Une mauvaise lecture ou une lecture superficielle de l'Enseignement pousse parfois à penser qu'il y a de la négativité dans l'Antoinisme, que l'Antoinisme est pessimiste. On citera souvent, en exemple, ce passage du chapitre « REINCARNATION »:


« Ah! Quand pourrons-nous nous éveiller, quitter l'affreux cauchemar de l'incarnation ? »


Voilà la phrase qui m'est souvent citée pour me démontrer le fait que l'Antoinisme serait basé sur un pessimisme ambiant. Il faut bien relativiser et resituer ce passage qui vient après toute la révélation sur la réincarnation. Il s'agit de bien expliquer que le principe des réincarnations multiples et successives aura un jour une fin. Que ce cycles de réincarnations a un but: l'éveil final et la fusion dans la divinité. On n'est donc pas condamné à un cauchemar perpétuel. Dans le chapitre « DIEU POURRAIT-IL AVOIR CREE LA SOUFFRANCE? », nous trouvons, en écho de qui vient d'être dit, la conclusion suivante: 


« A mesure que nous traversons les tissus de matière, nous nous sentirons grandir dans la foi, jusqu'à ce qu'on jour nous nous trouvions réunis fraternellement, les uns dans les autres, au sein de DIEU. » Voilà une autre façon, certes moins brutale, de dire lamême chose.


Nous trouvons aussi le début du chapitre « LA CHARITE MORALE »: 


« ...Ici-bas dans ce monde de tribulations et de vicissitudes, nous parlons autant de la morale que nous la mettons peu en pratique... »


Certes, on parle de « tribulations et de vicissitudes » qui semblent être la définition de monde. Mais il ne s'agit rien d'autres que des épreuves rencontrées. Et c'est l'occasion d'une mise en garde: il faut se défaire de l'hypocrisie ( « parler de la morale » ) mais de mettre celle-ci comme fondement de notre vie. Nous sommes donc loin de prôner une fuite devant les ennuis!


Il y a aussi, à la fin de ce chapitre, un très beau passage qui nous montre un vissage résolument optimiste de l'Antoinisme: 


« ...nous savons que nous ne pouvons souffrir à cause d'autrui; acceptons l'épreuve avec patience et résignation, il en sortira un bonheur aussi grand que la souffrance aura été vive, nous obtiendrons un fluide éthéré qui nous rendra plus d'énergie, qui fera comprendre à l'un comme à l'autre que la vie spirituelle est la seule vie, que le monde corporel n'en est que le reflet, une illusion, une chimère bien misérable. Nos souffrances nous permettent, par contraste, de mieux savourer le bonheur; n'est-ce point dans les grands froids de l'hiver, au milieu de la neige et des glaces, que nous apprécions surtout les joies de l'été ? Nous disons souvent aux heures ensoleillées : Il fait doux aujourd'hui, le beau temps! C'est alors que nous nous souvenons du mauvais et nous établissons une comparaison. »


Une leçon à tirer: les chocs de la vie sont autant de points de rupture avec le passé, avec les illusions, avec les erreurs de compréhension. Ces chocs de la vie nous aident à nous éloigner de ce qui est accessoire pour accorder de l'importance uniquement à l'essentiel. C'est chaque fois l'occasion de s'interroger sur le sens de l'existence. Une fois cet état d'esprit adopté, on en sort avec davantage d'énergie, de force morale et de courage.


Que penser dès lors des frères qui n'ont pas eu cette force devant une masse d'épreuves qu'ils n'ont pu surmonter et qui les a amenés à quitter le monde volontairement et prématurément, par le suicide. Gardons-nous de juger. Faisons profit de ce passage du chapitre « TOUT SAVOIR C'EST TOUT AIMER »: 


« Juger les actes d'autrui avec malveillance, y voir l'injustice est une erreur; c'est plutôt nous qui nous trompons mais notre peu d'avancement nous empêche de reconnaître la réalité. »

 


 



 

 

 

19:17 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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