18/11/2009

LA FRIVOLITE.

 

LA FRIVOLITE.

 

 

Selon les dictionnaires: « Tendance qui consiste à changer trop facilement d'opinion, de décision, de sentiment ou de comportement. » Donc, nous sommes dans le domaine de la versatilité, dans l'émotionnel pur, dans la superficialité, dans l'inconstance: inconstance de goût, d'humeur, de tempérament, de volonté ( on pourra souvent dire que les inconstants au lieu d'être pourvus de volonté sont des velléitaires ).


La frivolité, c'est également et avant tout, un état d'esprit qui fait que l'on accorde prioritairement l'attention à des actions mentales, matérielles ou physiques superflues, sans intérêt réel. La frivolité nous empêchera de voir ce qui se passe réellement autour de nous. On pourrait dire, plus méchamment, nous permettra de ne pas voir ce qui se passe.


Les gens frivoles, superficiels accordent une importance capitale au « paraître », à l'apparence pour soi et pour les autres.


Faire montre de frivolité, de superficialité, c'est ne rien prendre au sérieux. C'est en fin de compte faire preuve d'égoïsme, d'un manque de compassion.


Le Père ANTOINE s'est penché sur le sujet, notamment dans le chapitre « ÊTRE OU PARAÎTRE »: 


« Quand certaines pensées nous procurent de l'agrément dans ce qui flatte nos faiblesses et nous porte à les assouvir, nous pouvons trouver sublime, comme l'a dit D., ce que nous regardons avec les yeux de la matière. Mais il en est de cette satisfaction comme de tous les plaisirs passagers. Des enfants en bas âge sont satisfaits d'un rien, alors que d'autres plus âgés, plus sérieux et plus raisonnables demandent plus et mieux. »

Toutefois,il faut bien reconnaître que les personnes qui prétendent n'accorder aucune importance aux apparences font souvent preuve d'hypocrisie. Ces personnes chercheraient ainsi avant tout à tenter de prouver leur absence de frivolité, de superficialité. Attention: prétendre n'accorder aucune importance à l'apparence, voire même la mépriser pourrait bien être une façon d'apparaître , de se distinguer facilement de la masse! On doit, au contraire, craindre que les personnes qui présentent comme une vertu leur manque total de superficialité, de frivolité devraient en avoir honte. Pour eux, il n'y a aucun espoir d'évolution.


Le frivole veillera à apparaître, à faire belle figure, à créer de la sensation et, réciproquement, il sera sensible à cet aspect des choses chez les autres. Il sera attiré par « le beau plumage » et « le beau ramage ». Voici, toujours dans le même chapitre, ce que le Père ANTOINE dit de ces préférences pas toujours sensées: 


« Il arrive que des personnes nous sont sympathiques ou antipathiques sans raison déterminée. Avoir trop d'amour pour les uns et en manquer pour d'autres, ce n'est pas aimer en réalité, car celui qui possède l'amour vrai ne cesse jamais d'aimer; il affectionne indistinctement les uns et les autres; s'il ne peut dire du bien de ses semblables, il y a une raison, mais du moins il n'en dira pas du mal. »

 

Il ne faut pas confondre « frivolité » avec « spontanéité ». Le frivole ne sera pas nécessairement spontané, loin s'en faut. Au contraire, la frivolité impliquera souvent une certaine recherche. C'est logique puisque le frivole accorde une grande importance au « paraître ». La frivolité ne relève donc pas, comme on pourrait peut-être le penser, du naturel, de l'inné. La spontanéité relève du naturel. La frivolité, elle, pousse plutôt, à quitter le naturel. Je vous livre un petit passage de l'Enseignement que l'on peut méditer: 


« Nous devrions toujours agir naturellement, ce n'est qu'en sortant de notre naturel que nous nous égarons; nous nous éloignons de la vérité, croyant nous en rapprocher. La raison en est bien simple: n'est-ce pas se dénaturer que de ne pas agir naturellement , Ah! Pauvres êtres que nous sommes ! Etudions-nous, voyons si nous ne voulons pas nous persuader que ce qui existe en apparence est au dessus de la réalité, que le mensonge est plus grand que la vérité. C'est toujours la vue d'ADAM qui nous fait prendre le bien pour le mal et le mal pour le bien; elle contrarie la marche de l'épreuve qui doit nous élever, tout en nous détournant de la raison; nous ignorons que c'est en l'interprétant contrairement que nous souffrons parce que nous nous dénaturons. Si l'épreuve nous rend malheureux, c'est parce que nous y voyons le mal tandis qu'elle est un bien. Rendons-nous en compte, nous reconnaîtrons que c'est l'erreur seule qui nous accable; si nous étions instruits de l'efficacité de l'épreuve, nous comprendrions qu'elle fait notre bonheur. »


Pourquoi un tel détour ? Quel est le rapport de ce long texte avec le sujet traité ? Le rapport se trouve dans la dernière phrase: la frivolité n'est en fait qu'un moyen d'échapper à l'épreuve. Par la frivolité, on échappe à l'épreuve en refusant de la voir.

 

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