05/12/2009

SUR LA " PITIE ".

 

LA PITIE.

Nous vivons décidément dans une société qui devient de plus en plus bizarre. Les médias ( radio, télévision, journaux ) n'arrêtent pas de chercher à provoquer notre pitié. Il en est de même des nombreuses correspondances que nous recevons d'associations diverses.

D'une semaine à l'autre, d'un jour à l'autre, notre pitié est sans relâche sollicitée et, d'abord, provoquée.

Tout cela émane de la « société ». Ce qui est contradictoire, c'est que cette « société » devient de plus en plus dépourvue de compassion. La société n'est plus une société de convivialité mais une société de concurrence, d'agressivité.

Regardons-nous aussi nous-mêmes: alors que nous sommes prêts à montrer notre pitié à propos de n'importe quel malheur qui vient de s'abattre aux antipodes, nous ne connaissons souvent plus le nom d'un voisin habitant à 50 mètres de chez nous. Nous apprenons parfois avec quinze jours de retard, souvent par hasard, qu'un voisin immédiat est décédé!

Cela dit pour montrer l'étrangeté de ces manifestations de pitié. Nous sommes prêts à manifester de la pitié envers n'importe qui alors que nous manquons souvent de la plus élémentaire convivialité.

Que dire d'autre au sujet de cette « pitié »? Qu'est-ce que la « pitié »? La « pitié » est-elle un sentiment toujours positifs? La « pitié », pour parler un langage antoiniste, est-elle vraiment « de bonne source », est-elle puisée dans «  un bon fluide » ?

La « pitié » n'est pas une authentique émotion. Elle sert souvent à masquer des émotions moins nobles, notamment le mépris ou, à tout le moins , la condescendance. Notre « pitié » s'adresse à des personnes que nous mésestimons. (Voir la citation d'André STIL).

Cachée sous une apparence socialement acceptable et synonyme de grandeur d'âme, la pitié est une manifestation plus facile à accepter que le mépris ou la condescendance, par celui qui la vit et par celui qu'elle vise ou en est témoin.

Par définition, la personne dont nous avons pitié n'est pas à la hauteur de notre conception de la vie. C'est avec une certaine arrogance que nous l'évaluons incapable d' améliorer sa condition

La « pitié » a donc, comme beaucoup d'autres manifestation humaine, une signification ambivalente, voire équivoque. Elle est le signe d'un jugement défavorable de la part de celui qui la professe envers celui qui en est l'objet. Elle est aussi le signe d'une incapacité à réellement intervenir efficacement ( il est plus facile de pleurer que d'agir ). Pourtant on la transforme en vertu fondamentale et on s'en fait gloire. Une manifestation de « pitié », on en tire gloriole. Elle devient une cause de vanité.
La « pitié » peut très bien ne servir qu'à flatter celui qui s'en prévaut. Elle ne serait alors qu'hypocrisie.

La pitié à l'égard du genre humain n'a rien à voir avec la compassion véritable. La « pitié » est abstraite et vague alors que la « compassion » est personnelle et engagée.

La pitié prend bien souvent des proportions qui n’ont rien avoir avec la compassion. La pitié implique trop souvent un sentiment de supériorité ou de condescendance de la part de celui qui la ressent, une certaine humiliation pour celui qui en est l'objet. On pourrait dire que la pitié est charnelle, matérielle et la compassion spirituelle.

Il faut aussi prendre garde, surtout lorsqu'elle est suscitée à ce qu'elle ne soit, en réalité, que de la « fausse pitié ». On suscite la pitié dans le public à propos d'un événement d'actualité, d'un fait-divers bouleversant, d'une situation scandaleuse dans le but d'exploiter la réaction du public. On provoque une émotion générale, une pitié générale et on en profite pour réclamer un durcissement de la situation.

C'est le moment de se rappeler un grand principe antoiniste: il faut se garder de tout jugement hâtif ou téméraire.

Nous développerons encore davantage tout ceci en nous appuyant sur des extraits de l'Enseignement du Père ANTOINE.

 

 

 

19:17 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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