21/12/2009

VALEURS: ENCORE UNE NOTION AMBIGÜE. ( Extrait de Amin MAALOUF )

"VALEURS":

ENCORE UNE NOTION AMBIGÜE.

( Extrait de Amin MAALOUF )

Le mot " valeurs " est fréquemment utilisé. Il est même souvent invoqué comme argument suprême dans une discussion. On entendra:  " Ce sont nos valeurs nationales ", " Ils doivent accepter nos valeurs ", " Ce sont nos valeurs historiques ", " Les valeurs qui sont la base de notre société "...

En fait, si on gratte un peu, on se rend souvent vite compte que l'invocation des "valeurs" n'est rien d'autre qu'un argument d'autorité qui clôt toute discussion possible.

C'est également ce qui ressort d'un texte de Amin MAALOUF, extrait du livre " Le Dérèglement du Monde ":

" ''Valeurs'' est un mot galvaudé, et versatile. Il navigue avec aisance entre le pécuniaire et le spirituel; et, dans le domaine des croyances, il peut être synonyme d'avancement ou de conformisme, de libération morale ou de soumission. Aussi me dois-je d'expliciter le sens dans lequel je l'emploie, et les convictions que j'y attache. Non pour rallier qui que ce soit à mon étendard - je n'en possède aucun, je demeure à bonnedistance des partis, des factions, des chapelles, rien n'est plus précieux à mes yeux que l'indépendance d'esprit; mais il me parapit honnête, dès lors que l'on expose sa vision des choses, de dire sans détour ce que l'on croit et où l'on aimerait aboutir.

  De mon point de vue, sortir "par le haut" du dérèglement qui affecte le monde exige d'adopter une échelle des valeurs basée sur la primauté de la culture; je dirais même basée sur le salut par la culture.

   On a souvent attribué à André MALRAUX une phrase qu'il n'a probablement jamais prononcée, et selon laquelle le XXI° siècle '' sera religieux ou ne sera pas ''. Je suppose que les derniers mots, '' ou ne sera pas '', signifient qu'on ne pourra s'orienter dans le labyrinthe de la vie moderne sans quelque boussole spirituelle.

   Ce siècle est encore jeune, mais l'on sait déjà que les hommes pourraient s'égarer avec la religion comme ils pourraient s'égarer sans elle."

On retrouve ici, en fait, les notions de croyance opposée à la foi, la notion de libre-arbitre, la notion de monde matériel rempli d'embûches ( de "tribulations et de vicissitudes" pour reprendre une expression favorite du Père ANTOINE.

Dans le chapitre " LA CROYANCE ET LA FOI ", le Père ANTOINE dit ceci:

" La variété des croyances n'étant que de l'opinion, aucun de nous ne peutv jeter la pierre à son semblable, nous avons pour devoir de la seconder autant que nous pouvons. Agir ainsi, c'est rendre témoignage à la vérité. Si nous ne le faisons pas, c'est que nous ne sommes pas encore arrivés où nous croyons. Nous ne devons pas l'ignorer, il n'y a que les actes qui démontrent le degré de notre élévation.

  L'homme devenu bon possède l'amour, il ne pourrait ni blâmer, ni critiquer le méchant, au contraire, il l'aime et fait preuve de ses bons sentiments en lui tendant la main; car il comprend la raison pour laquelle il peut lui être inférieur. Il sait que ce n'est pas la religion qui fait l'homme mais l'homme qui fait la religion.

  DIEU ne nous a pas donné la croyance pour nous guider, mais il nous a mis une conscience, par laquelle  nous devons nous diriger et qui devient plus sensible au fur et à mesure que nous nous améliorons."

19:22 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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