03/02/2010

L'AVIDITE ( OU CUPIDITE )

 

SUR L'AVIDITE.

Désir ardent et immodéré de posséder ou d'user ( de dévorer ) quelque chose. Ex: « L'avidité du pouvoir » .

Finalement, si l'on y réfléchit bien, l'avidité serait en fait à l'origine des «  péchés capitaux ». L'avidité amène à la convoitise, à l'appétit immodéré. Elle provoque, si elle n'est pas jugulée: l'envie, la haine, l'indifférence, le manque absolu de compassion, le mépris d'autrui, le jugement mauvais, la calomnie..

D'ailleurs, la plupart des dictionnaires lui donnent, soit comme synonymes, soit comme mots apparentés les termes suivants: convoitise, gloutonnerie, impatience, passion, soif, voracité, cupidité, insatiabilité, rapacité...

Les trois derniers sont, assurément, des synonymes.

L'avidité ( ou cupidité lorsqu'il est question d'argent ) est la recherche et l'amour immodérés du gain, de l'argent, de la jouissance. Ce mot sous-entend une appréciation négative qui souligne le caractère excessif et insatiable du désir de s'enrichir ou de posséder quelque chose à tout prix

On peut rappeler avec pertinence une citation de BOSSUET:

« Elle [l'âme] se jette avec avidité sur l'objet des choses créées qui se présentent à elle, espérant se rassasier ; mais ce sont viandes creuses, qui ne sont pas assez fortes »

BOSSUET définit bien ici le drame vécu par ceux qui sont rongés par l'avidité: tout est potentiellement objet de l'avidité. Mais rien n'est susceptible de l'apaiser. C'est la porte ouverte à tous les débordements.

L 'avidité (ou cupidité) ne doit pas être confondue avec l'avarice. L'avarice est le comportement de ceux qui ne veulent pas se séparer de leurs biens quitte à se priver ou à thésauriser, c'est-à-dire amasser des richesses sans les faire circuler ni les faire fructifier. Quelqu'un qui manifeste de l'avidité ou de la cupidité peut, très bien, ne jamais rien conserver.

Toutefois, l'un comme l'autre se montrent incapables de la moindre compassion, de la moindre charité. Ils sont soumis à une faiblesse de vue qui les en rend incapables tout absorbés qu'ils sont par des agréments matériels.

Je citerai un extrait du chapitre « ÊTRE OU PARAÎTRE ». Voici les paroles du Père ANTOINE: 

«  Quand certaines pensées nous procurent de l'agrément dans ce qui flatte nos faiblesses et nous porte à les assouvir, nous pouvons trouver sublime ce que nous regardons avec les yeux de la matière. Mais il en est de cette satisfaction comme de tous les plaisirs passagers. Des enfants en bas âge sont satisfaits d'un rien, alors que d'autres plus âgés, plus sérieux et plus raisonnables demandent plus et mieux. »

Et, plus loin dans le même texte: 

« Le bonheur que l'homme cherche au milieu des fêtes et des réjouissances est bien fugitif; il s'y plaît aujourd'hui tout en pensant que demain il n'en sera plus de même, qu'il devra reprendre le dur travail, y déployer toute son énergie et souffrir pour regagner le temps perdu et l'argent dépensé. Il en est tout autrement lorsque l'homme aborde la question morale; il découvre que le bonheur ne réside pas dans la satisfaction d'une faiblesse, mais au sein du travail qu'il effectue pour la surmonter parce qu'il sait combien elle est nuisible. Arrivé à un certain degré d'avancement et bien convaincu d'être dans le chemin de la vérité, il ne tient plus compte des obstacles et des peines. »

Les commentaires sont fermés.