28/04/2010

SUR LA NON-VIOLENCE ( Texte de Jean DANIEL )

" Le problème de la non-violence a été posé dans le passé de différentes manières. Il l'a été par JESUS, par TOLSTOÏ et par GANDHI. Il y a des partisans de la non-violence comme acceptation du martyre et puis il y a ceux qui ont dit que si le justicier finissait par ressembler à son ennemi en employant les mêmes armes alors il se privait de la possibilité de le juger et des raisons de le combattre.

C'est un problème qui va nous accompagner de plus en plus dans l'avenir, et je veux croire que les dangers qui menacent l'espèce et la planète vont finir par atténuer cette passion que l'homme a depuis toujours de haïr son prochain."

( JEAN DANIEL )

Pour gouverne, je vous livre un petit extrait du chapitre " LA VUE DU MAL SENSIBILITE DE L'INTELLIGENCE ":

" Tout ce que nous ne voyons que matériellement est interprété contrairement, par la vue du mal qui nous trompe; c'est ce que beaucoup ne comprennent pas. Vous contestez qu'on doive témoigner de l'amour à celui qui maltraite son semblable. Cependant, je viens de révéler que si quelqu'un peut nous atteindre, c'est que nous sommes hors de la vérité, que sans cette intervention, nous resterions éternellement dans les ténèbres, sans pitié et sans amour. L'acte que nous interprétons matériellement et où nous ne voyons qu'un mal est un bien; il fait apprécier l'efficacité de la réalité qui est le lien véritable, il nous épure, anéantit une parcelle de notre méchanceté, nous donnant en échange plus d'amour, de bonté, en un mot, il nous fait faire un progrès.

   Dirons-nous qu'un chirurgien qui nous fait souffrir pour nous opérer un organe détérioré, commet un mal ? Ne dirons-nous pas, au contraire, qu'il nous fait un grand bien ? nous sommes heureux par son opération, et cependant elle n'est rien comparativement à celle que peut nous faire notre semblable, à qui nous vouons autant de haine que nous souffrons d'y voir le mal, tandis que notre amour grandit pour notre chirurgien parce que nous y voyons le bien.  N'est-ce pas l'importance que nous attachons à une chose qui fait la souffrance ? Lorsque nous souffrons d'un acte de l'un de nos semblables, rendons-nous en compte, car ceux qui en ont été spectateurs comme nous en ont peut-être été réjouis.

   Quand vous vous pénétrerez de cette vérité, vous remercierez celui par qui vous croyez être maltraité, vous comprendrez mieux que sans lui vous resteriez toujours malheureux. Si vous vous arrêtez à l'effet, vous ne voyez dans ce bien que le mal, parce que vous l'interprétez matériellement; je viens de dire que tout ce que nous envisageons de la sorte s'oppose à la réalité."

19:06 Écrit par P.B. dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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