21/09/2010

SUR LES RELIGIONS.

" On ne peut relier ni réunir si on ne s'ouvre pas sur les autres ou si on considère que l'on est seul à détenir la vérité alors que tous les autres seraient dans l'erreur.On ne peut relier ni réunir si on ne s'ouvre pas sur les autres ou si on considère que l'on est seul à détenir la vérité alors que tous les autres seraient dans l'erreur. "

Voici ce que nous disions en guise de conclusion dans l'article précédent.

Mais prenons bien garde. Sommes-nous absolument certains d'être nous-mêmes à l'abri de ce genre de réactions que nous venons de dénoncer ?

Et si le rôle des religion, le rôle de leurs adeptes devait être d'être les derniers résistants contre les dérives de la société moderne . Citons comme dérives: le matérialisme, l'appât du gain, le complexe de l'estrade, l'individualisme forcené, l'égocentrisme, le mépris d'autrui, la consommation à outrance.

Je ne puis résister, aussi, à faire part d'une citation du journaliste Jean DANIEL:

" Les hommes sont naturellement racistes et ils ont du mal à supporter ce qui est différent. A leur nature mauvaise, il faut opposer avec une infinie patience une culture de la coexistence. "

Nous y voilà revenu: la coexistence ( qui est impossible sans l'ouverture sur les autres ). Est-ce que le but de toute religion ne devrait pas être cela ?

20:20 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/09/2010

UNE RELIGION NE PEUT ÊTRE UNE IMPASSE.

Une religion qui ne s'ouvre pas sur les autres religions ne fait que mener dans une impasse. Le mot "religion" implique justement la notion de "relier", de "réunir".

On ne peut relier ni réunir si on ne s'ouvre pas sur les autres ou si on considère que l'on est seul à détenir la vérité alors que tous les autres seraient dans l'erreur.

20:54 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/09/2010

LA HONTE, UN " SENTIMENT - POISON " ( D'après Boris CYRULNIK )

En fait, nous revenons toujours à la fameuse question de la " vue du mal ". Mais il s'agit, en fait, d'une " vue du mal " inversée. Quand on parle de " vue du mal ", on a immédiatement en tête le cinquième Principe ( " Efforcez-vous d'aimer celui que vous croyez être votre ennemi. ce n'est que pour vous apprendre à vous  connaître que le place sur votre chemin, mais voyez le mal en vous plutôt qu'en lui, il en sera le remède souverain " ). 

On se place toujours sur un plan actif: c'est nous qui jugeons autrui, c'est nous qui scrutons les comportements, c'est nous qui préjugeons et qui cherchons à " voir le mal " chez les autres.

En fait, dans son commentaire, Boris CYRULNIK fait la démarche inverse. C'est nous qui nous estimons jugés par autrui, c'est nous qui pensons que nos comportements sont scrutés, c'est nous qui sommes l'objet d'un jugement. 

D'accord, mais c'est toujours la fameuse " vue du mal ".

Laissons la parole à Boris CYRULNIK:

" Je peux vous mettre en colère en vous faisant une injection d'amphétamine, vous euphoriser en vous faisant fumer du haschich. je peux modifier vos émotions avec une substance, mais je ne connais pas de produit qui induit la honte parce que ce sentiment naît toujours dans une représentation. Dans les secrets de mon théâtre intime, je mets en scène ce que je ne peux dire. Une insulte, une mimique, un regard, même un silence et... vous rougissez de honte. Vous l'éprouvez dans votre corps, vous êtes anéanti. Ce poison de l'âme est difficile à partager parce qu'avouer la cause de la honte, c'est se mettre à la merci de l'autre et lui donner le pouvoir de vous juger. Au début de ma recherche, je pensais que la honte était provoquée par l'autre, mais j'ai découvert que c'est moi, honteux, qui attribue à l'autre un regard qui m'écrase, qui m'empoisonne. Dans le monde intime du honteux habite un détracteur lancinant qui murmure sans cesse: '' Tu es minable ''. C'est moi, honteux, qui donne à l'autre ce pouvoir  de me rabaisser.

   Quelle est la différence entre la culpabilité et la honte ? La culpabilité, c'est le tribunal intime: tu as commis une faute, tu vas expier, tu vas payer. Si tu n'es pas condamné par la société, tu te condamneras toi-même à des comportements d'échec parce que tu as commis une faute et que tu ne peux aller moins mal qu'en te rachetant. Il y a donc toute une stratégie psychologique couteuse, mais qui est socialisante et moralisante.

   La phrase clé du honteux, c'est: '' Je voudrais rentrer sous terre.'' C'est une représentation de terrier: je suis un lapin, vous êtes un prédateur, je ne me sentirai en sécurité que si je rentre sous terre. C'est presque un fantasme, c'est une représentation archaïque qui fait que j'aurai moins peur du pouvoir que je vous donne sur moi. Mais ça désocialise. "


08/09/2010

LE REFUS DU PROSELYTISME.

En renonçant au prosélytisme, le Père ANTOINE renonce en fait à l'esprit missionnaire. Le refus du prosélytisme éloigne à tout jamais les Antoinistes des missionnaires.

C'est bien cela qu'il faut comprendre avec le refus du prosélytisme, c'est le renoncement à cet esprit de conquête missionnaire. Mais pas, comme on peut le regretter, le renoncement à toute manifestation de publicité ni le renoncement à exposer publiquement sa position.

Pourquoi ce renoncement à l'esprit  missionnaire ? Parce que c'est un esprit de conquête basé sur la notion d'une inégalité morale et spirituelle entre les hommes: le missionnaire représentant la "VERITE" et les autres, " l'ERREUR".

Penchons-nous dans le chapitre " L'EFFICACITE DES LOIS MORALES ", nous trouvons ce passage-ci:

" Mus par les intentions les plus louables, des missionnaires s'imposent le sacrifice de quitter leur famille pour séjourner dans des pays arriérés où ils s'exposent aux plus grands périls, aux plus dures souffrances. Les résultats  correspondent-ils à leur effort ? Certes on croit, par la patience et l'amour, y faire un grand bien; mais pareil exemple ne serait-il pas plus efficace dans notre milieu ? Je ne veux nullement critiquer ces personnes car certaines se sont sacrifiées de corps et d'âme, elles ont montré beaucoup de zèle et de dévouement dans leur mission pénible. Sans y voir un mal puisqu'il n'existe pas, je dois dire que ce n'est pas ainsi que je conçoit l'évolution. Pouvons-nous aller directement à ces natures incultes ? Leur parler de vertus, d'un Être suprême que leurs sens ne pourraient percevoir, n'est-ce pas les troubler ? Elles ont foi dans des fétiches, adorent peut-être le soleil: vouloir leur démontrer que c'est une erreur, ne serait-ce pas faire erreur soi-même ? N'y a-t-il pas  d'autres âmes qui les ont devancées et qui ont atteint à des fluides correspondant avec elles à leur insu, parce qu'ils sont assimilables à leur nature ? Ces âmes ne leur prêtent-elles pas plus naturellement leur concours ? D'autres qui  voudraient les forcer à comprendre ce qui est au-dessus de leur avancement, ne feraient qu'entraver la loi qui les dirige, leur loi naturelle. Etant un peu acharnés, nous croyons toujours qu'il est nécessaire d'appliquer le remède à l'effet plutôt qu'à la cause."

18:43 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |