23/11/2010

LE MONDE: ILLUSION OU MIROIR OU PROJECTION PERSONNELLE ?

Après des années de recherches et de relectures, il y a toujours des notions antoinistes qui sont pour moi difficiles à comprendre. Notamment le fait de comprendre la notion du monde qui n'est qu'une illusion.

Dans le chapitre «  APPARENCE DE LA REALITE », le Père ANTOINE dit notamment ceci:

 

« ...Nous devons comprendre pourquoi nous voyons le mal dans le bien et le bien dans le mal. J'ai révélé que la défaillance d'ADAM ne lui permettait plus de supporter la réalité; il en souffrait et cherchait partout le moyen de s'y dérober. Il la cachait et s'imaginait que chez ses semblables, il en était de même à son égard. En dissimulant la réalité, croyant se faire estimer avec l'apparence, ADAM agissait tout contrairement à son avenir. »

 

Voilà, mais pour bien comprendre il faut savoir que pour le Père ANTOINE, il n'est pas question, comme dans la Genèse, d'un ADAM originel, unique, façonné par DIEU. Voici ce qu'il dit de cette croyance dans le chapitre « L'ARBRE DE LA SCIENCE DE LA VUE DU MAL »:

 

« Je ne puis dire, comme dans les écritures, que ADAM a été le premier homme, il en existait d'autres à cette époque qui occupaient diverses contrées, formant différents milieux de la même élévation. »

 

Et, encore mieux, on peut dire que l'histoire d'ADAM est éternelle, que nous sommes tous, en quelque sorte, des ADAM. Revenons au chapitre « APPARENCE DE LA REALITE »:

 

« Et n'est-ce pas toujours dans sa manière d'agir que nous puisons pour nous diriger, ne suivons-nous pas encore ses préceptes, ne lui empruntons-nous pas sa fausse vue, ne nous appliquons-nous pas à masquer la réalité, à lui préférer l'apparence pour paraître ce que nous ne sommes pas ? Nous ne pouvons nous arrêter dans cette voie; nous l'interprétons bien pour les autres, mais nous sommes loin de la comprendre lorsqu'il s'agit de nous. Soyons persuadés que nous souffrirons de cette vue jusqu'à ce que nous ayons surmonté l'apparence pour revenir à la réalité. Je le répète, il n'est rien de plus aisé que de savoir à quel degré l'imagination du mal est en nous: nous en sommes autant imprégnés que nous en constatons en autrui; nous sommes autant insupportables que cette vue nous empêche de supporter les autres. »

 

En fait, ce monde, l'homme l'a configuré, construit peut-être pas à son image mais, en tout cas, pour satisfaire à sa « fausse vue ». « Fausse vue » rendue nécessaire pour « masquer la réalité ». Ce monde, l'homme en fait en permanence ce qu'il est avec ses laideurs et ses beautés.

 

Le monde est en fait un miroir créé par l'homme, mais un miroir déformant la réalité. Comme chaque homme a un besoin de masquer la réalité différent, chaque homme a une perception du monde différente. De même que chaque homme a une perception de DIEU différente.

 

Quand on perçoit dans monde que laideurs, les carnages, les guerres, les querelles, les haines...ne perçoit-on pas des laideurs que l'on porte en soi: les pulsions agressives, les envies dégénérant en haines, les combats intérieurs, les jalousies, les illusions sur soi-même, les envies de s'approprier les biens ou les succès d'autrui ?

 

C'est ce mécanisme infernal qui est expliqué dans le passage suivant extrait du chapitre «  L'EPREUVE DE L'ACTE DU BIEN ET L'EPREUVE DE L'ACTE DU MAL. »: 

 

«  Chaque fois que nous sommes à l'épreuve, nous ressentons par notre manque d'amour un fluide qui nous terrasse, devant ceux que nous disons nos ennemis. Nous nous révoltons et nous nous accablons davantage, nous récoltons de mauvais fluides et nous croyons agir encore avec raison. Ce venin que nous dégageons nous revient parce qu'au lieu d'envisager notre épreuve comme une récompense, nous la prenons pour un mal. »

 

Et aussi, ce passage du chapitre « L'ARBRE DE LA SCIENCE DE LA VUE DU BIEN. »: 

 

«  Nous convenons que nous avons des défauts et nous connaissons relativement les nôtres, puisqu'ils nous font agir souvent en cachette. Sachons toutefois que ceux qu'il nous semble voir dans le prochain ne font pas partie de son imperfection, comme nous pourrions le croire, mais plutôt de la nôtre. »

 

19:03 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

C'est cette histoire de l'illusion du monde qui a souvent permis aux journalistes ou autres de se moquer de l'antoinisme. Or, on y retrouve la même idée que le Mâyâ de l'hindouisme, de l'allégorie de la caverne de Platon, ou de l'immatérialisme de Berkeley. C'est une idée qui a traversé les âges et qui est très intéressante à comprendre pour voir le monde différemment. "Un siècle de vie, un siècle d'étude", dit un proverbe russe. A l'oeuvre donc !

Écrit par : Guillaume | 24/11/2010

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