14/02/2011

QUELQUES MOTS SUR LA COMPASSION.

Pour pouvoir faire preuve de compassion, c'est-à-dire pour pouvoir comprendre ce qu'un autre souffre, il faut être capable, moralement, de se mettre dans les conditions subies par l'autre.

 

Est-il nécessaire pour cela d'avoir vécu les mêmes souffrances ? Je ne pense pas que cela soit nécessaire. Il faut simplement être capable d'intérioriser la souffrance de l'autre.

 

Le fait d'avoir subi des souffrances équivalentes amène une compréhension mais n'amène pas nécessairement de la compassion. On risque parfois simplement de pleurer sur soi-même !

 

Il faut se mettre à la place de l'autre dans sa souffrance ou son malheur non pas pour pleurer sur soi-même mais, en pleine conscience, pour mieux comprendre celui qui souffre, pour mieux comprendre les réactions qui en découlent.

Si po, n'a pas cette conscience, on n'aura pas de véritable compassion. On aura simplement une réaction sentimentale. Il suffit à certaines personnes de suivre un feuilleton triste à la télévision pour avoir les larmes aux yeux: c'est un e simple réaction sentimentale, ce n'est nullement de la compassion.

 

La compassion ne doit pas non plus être de la simple pitié. Celui qui éprouve de la pitié se considère comme supérieur à celui qui est dans la peine. Celui qui a pitié a parfois simplement peur que le même malheur s'abatte sur lui. Le fait de se sentir supérieur par la pitié donne l'impression, inconsciemment, que ce malheur ne lui arrivera pas.

Je vous livre un passage du chapitre « TOUT SAVOIR C'EST TOUT AIMER »:

 

«  Si nous voulons nous pénétrer de l'enseignement, nous saurons que le bonheur auquel l'homme aspire découle de celui qu'il procure à ses frères, que son progrès a une cause solidaire. En travaillant isolément nous ne pouvons nous améliorer parce que nous sommes basés sur l'égoïsme. »

 

Donc, pour le Père ANTOINE, c'est très clair, on ne peut vivre isolé, dans une tour d'ivoire. Il n'est pas question de s'isoler du monde.

 

«  Ce n'est qu'en s'oubliant pour les autres, même en se privant parfois du nécessaire en faveur de plus malheureux qu'on peut se dire adeptes d'une doctrine qui doit être universelle, sans limites ni remparts. »

 

Ici, une autre remarque: on a parfois reproché aux Antoinistes de parler beaucoup de charité morale et peu de charité matérielle. La phrase ci-dessus nous démontre le contraire. On ne peut se dire adeptes de la doctrine antoiniste si on ne s'oublie pas pour les autres, si on ne se prive pas parfois pour les autres, c'est-à-dire sans se livrer à la charité matérielle.

 

« Plus d'adversaires dans ce cas si ce n'est momentanément et faute de se connaître. Pourrait-on renverser celui qui ouvre son coeur au prochain en le traitant en frère ? Voilà le vrai moyen d'étendre notre enseignement et de jouir du grand bonheur d'aimer réellement. Avoir cette force, ce courage de tendre la main à celui qui se dresse contre nous et pour ainsi dire contre tout le monde, c'est lui offrir le salut, c'est dire: Frère, tu vas être plus heureux, tu ne penseras plus comme tu l'as fait jusqu'à présent, tu viendras savourer avec nous le doux fruit de l'amour fraternel. »

18:40 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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