29/05/2011

SUR UNE PENSEE DE MARC AURELE.

 

« Au dedans de toi est la source du bien, une source qui peut toujours jaillir, si tu creuses toujours. »

( Marc Aurèle )    

A rapprocher de ce passage tiré du chapitre " LA SCIENCE ET LA FOI ":

" Nous voulons parfois raisonner de choses très importantes dont le sens véritables ne pourrait nous apparaître qu'à la suite d'une épreuve; l'effet nous a frappés mais il est seul à la portée de notre entendement; tout raisonnement sur la cause nous éblouirait au lieu de nous éclairer; en effet,  celui-ci ne convient qu'à l'homme d'expérience qui doit son savoir au travail personnel.

  Tant de personnes instruites, capables de bien raisonner, se contentent de l'écorce d'un enseignement moral, ne se doutant pas que la foi y pénètre plus profondément et en savoure l'amande.

  Aussi longtemps que nous nous attacherons à la forme, nous ne pourrons pas apprécier le fond, nous n'aurons aucune notion des causes dont la connaissance constitue le vrai savoir. Et c'est ainsi que se vérifie la maxime: A chacun selon ses oeuvres."                                                                                                                        

 

 

 

        

 

 

 

 

 

 

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28/05/2011

ANTOINISTES EN HABIT.

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22/05/2011

A NOUVEAU SUR L'ALLEGORIE DE LA CAVERNE. ( PLATON )

Allegorie-de-la-caverne.Platon.jpg

Cette oeuvre picturale illustre bien la fameuse notion d'illusion de la matière. dans la cavrene, les prisonniers ne voit que l'ombre déformée de la réalité.

Il convient de relire au moins un passage du chapitre "APPARENCE DE LA REALITE":

" Il nous est bien difficile de comprendre la matière qui, nous l'avons dit si souvent, n'existe pas, malgré l'empire qu'elle exerce sur nous. Je vais essayer de vous rendre cette question plus compréhensible et montrer que nous prenons tout contrairement à la réalité. Nous avons déjà répété maintes fois que la matière est le seul obstacle de l'esprit parce qu'elle est l'opposé de la morale. Quoique pure imagination, conséquence de notre doute, elle s'impose à nous et nous paraît inséparable de notre nature, elle nous donne l'idée que nous appartenons à une hiérarchie des plus élevées, où l'homme doit l'envisager comme sauvegarde de son avenir; elle nous porte à croire que nous en retirons autant de mérite que nous en possédons davantage. Rematquez que je ne me base nullement sur celui qui possède mais uniquement sur ceux qui ont le désir de posséder. Il conviendrait de nous rendre bien compte de cette révélation relative à la vue du mal qui préfère l'apparence à la réalité. dans ce but, nous devons chercher à comprendre pourquoi nous voyons le bien dans le mal et le mal dans le bien. J'ai déjà révélé que la défaillance d'ADAM ne lui permettait plus de supporter la réalité; il souffrait et cherchait partout le moyen de s'y dérober. Il la cachait et s'imaginait que chez ses semblables, il en était de même à son égard. En dissimulant la réalité, croyant se faire estimer avec l'apparence, ADAM agissait tout contrairement à son avenir. Et n'est-ce pas toujours dans sa manière d'agir que nous puisons pour nous diriger, ne suivons-nous pas encore ses préceptes, ne lui empruntons-nous pas sa fausse vue, ne nous appliquons-nous pas encore à masquer la réalité, à lui préférer l'apparence pour paraître ce que nous ne sommes pas ? Nous ne pouvons nous arr^ter dans cette voie; nous l'interprétons bien pour les autres, mais nous sommes loin de la comprendre lorsqu'il s'agit de nous. Soyons persuadés que nous souffrirons de cette vue jusqu'à ce que nous ayons surmonté l'apparence pour revenir à la réalité. Je le répète, il n'est rien de plus aisé que de savoir à quel degré l'imagination du mal est en nous: nous en sommes autant imprégnés que nous en constatons en autrui; nous sommes autant insupportables que cette vue nous empêche de supporter les autres."

 

 

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21/05/2011

UN EXEMPLE DE PREJUGE: LA MALEDICTION DE CHAM.

LA MALEDICTION DE CHAM

La premier livre de la Bible ( la Genèse ), rapporte que Noé s'étant énivré, son fils Cham se serait moqué de lui. Noé aurait alors maudit Canaan, le plus jeune fils de Cham, en le vouant à devenir pour ses frères l'esclave des esclaves.

Voici ce texte (Genèse ch.9 v.20-27):

« Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne. Il but du vin, s'enivra, et se découvrit au milieu de sa tente. Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères. Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules, marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père; comme leur visage était détourné, ils ne virent point la nudité de leur père. Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet. Et il dit: Maudit soit Canaan! qu'il soit l'esclave des esclaves de ses frères! Il dit encore: Béni soit l'Éternel, Dieu de Sem, et que Canaan soit leur esclave! Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu'il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur esclave! »

 

Le texte ne fait aucune allusion à la couleur de peau. Il faut dire que la Bible se montre dans l'ensemble plutôt flatteuse pour les Noirs. Le préjugé de couleur vient tardivement. Il remonte à Origène (182-254), qui écrit que Cham, maudit par son père Noé, devait être de couleur noire. Origène est pourtant avec saint Augustin l'un des penseurs les plus marquants de l'Antiquité chrétienne.

 

Jusqu'aux environs de l'An Mil, ce commentaire ne suscite pas d'intérêt particulier. Ce sont les musulmans qui, les premiers, s'en sont servis afin de légitimer l'esclavage des Noirs. Il suffisait pour cela d'indiquer qu'ils descendaient directement de Cham .

 

Toutes les religions dites « du livre » ont sombré, à partir du moyen-âge dans les mêmes travers. Ainsi, pour le Judaïsme, MAÏMONIDE qui écrit ces phrases horribles:

 

"Leur nature est semblable à celle des animaux muets, et selon mon opinion, ils n'atteignent pas au rang d'être humains ; parmi les choses existantes, ils sont inférieurs à l'homme mais supérieur au singe car ils possèdent dans une plus grande mesure que le singe l'image et la ressemblance de l'homme". 

 

Ce furent aussi des créoles, catholiques, d'origine espagnole qui, afin de légitimer la traite, cherchèrent au XVIIe siècle à se servir de cette histoire, jusque-là assez peu utilisée dans le monde occidental, celle de la malédiction de Cham .

C'est ainsi qu'une interprétation tardive et abusive de la Bible a donné fondement, sept ou huit siècles plus tard, les préjugés racistes des planteurs américains, du nord comme du sud, protestants pour la plupart.

Ce préjugé subsiste toujours, ne serait-ce que de façon inconsciente, de nos jours. C'était, en tout cas très présent, en 1910/1912 à l'époque où vivait le Père ANTOINE. Surtout qu'il fallait absolument convaincre les belges de l'intérêt de coloniser le CONGO. Sachant cela, on appréciera d'autant mieux le texte qu'il consacre à ce problème dans le chapitre "L'EFFICACITE DES LOIS MORALES.":

" Nous nous voyons supérieurs aux habitants d'autres contrées; nous trouvons un mérite à pénétrer chez eux, que nous croyons encore barbares, pour les former à notre civilisation. Mus par les intentions les plus louables, des missionnaires s'imposent le sacrifice de quitter leur famille pour séjourner dans des pays arriérés où ils s'exposent aux plus grands périls, aux plus dures souffrances. Les résultats correspondent-ils à leurs efforts ? Certes on croit, par la patience et l'amour, y faire un grand bien; mais pareil exemple ne serait-il pas plus efficace dans notre milieu ? Je ne veux nullement critiquer ces prrsonnes car certaines se sont sacrifiées de corps et d'âme, elles ont montré beaucoup de zèle et de dévouement dans leur mission pénible. Sans y voir un mal, puisqu'il n'existe pas, je dois dire que ce n'est pas ainsi que je comprends l'évolution. Pouvons-nous aller directement à ces natures incultes , Leur parler des vertus, d'un Être suprême que leurs sens ne pourraient percevoir, n'est-ce pas les troubler ? Elles ont foi dans leurs fétiches, adorent peut-être le soleil: vouloir leur démontrer que c'est une erreur, ne serait-ce pas faire erreur soi-même ? N'y a-t-il pas d'autres âmes qui les ont devancées et qui ont atteint à des fluides correspondant avec elles à leur insu, parce qu'ils sont assimilables à leur nature ? D'autres qui voudraient les forcer à comprendre ce qui est au-dessus de leur avancement, ne deraient qu'entraver la loi qui les dirige, leur loi naturelle.

...

  D'autre part j'ai entendu rapporter d'étranges traitements que je me plais à croire abandonnés aujourd'hui. Autrefois les peuples civilisés se créaient une place en détruisant ceux qui ne l'étaient pas  et ils exploitaient la terre et ses occupants. Est-ce là un moyen de moraliser les races inférieures, de leur procurer le bonheur dont on les croit dépourvues ? Dans cette oeuvre prétendument généreuse, n'oublions pas l'essentiel: la morale qui prescrit de se montrer faible avec les faibles, de s'intéresser à leurs croyances, toutes rudimentaires qu'elles puissent puissent être et de respecter leurs coutumes jusqu'à ce qu'il soit possible d'assimiler les fluides pour se faire comprendre.

   Tels sont le sprincipes d'une vraie civilisation: elle opère avec pitié, avec patience, avecamour, elle s'inspire dees vertus et non des faiblesses; de cette manière, nous pouvons aider les autres comme on peut nous aider nous-mêmes."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19/05/2011

L'ALLEGORIE DE LA CAVERNE ( PLATON ) et L'ENSEIGNEMENT ANTOINISTE.

APPARENCE DE LA REALITE

 

Tel est le titre d'un chapitre de l'ENSEIGNEMENT dans lequel le Père ANTOINE expose, ou plutôt aborde, une fois de plus, la question de l'apparence de la matière. C'est une notion très difficile à assimiler. Elle est à rapprocher pourtant de théories philosophiques antérieures ou autres ( BERKELEY, l'Hindouisme...ou, plus connu et plus célèbre, l'Allégorie de la Caverne chez PLATON.

 

Des prisonniers sont enchaînés dans l'obscurité d'une caverne. Aucun d'entre eux n'a jamais vu directement la lumière du soleil. La seule représentation qu'ils en ont est leur propre ombre projetée par un feu, sur un des murs de la caverne. Un jour, un des prisonniers parvient à se libérer de ses chaînes. Il grimpe hors de la caverne: la lumière naturelle l'éblouit. Elle est extrêmement difficile à supporter pour ses yeux qui n'ont connu que l'obscurité. S'il survit à cela et qu'il redescend décrire l'extérieur de la caverne aux autres prisonniers, comment ces derniers vont-ils recevoir celui qui a su s'affranchir? Le croiront-ils ? L'élimineront-ils ? Le considéreont-ils comme un fou ?

 

L’allégorie de la caverne retrace la pénible accession de l’homme à la Vérité, ainsi que la difficulté de transmettre ce savoir.

 

Cette allégorie employée par Platon sert à illustrer sa théorie concernant la prédominance du monde sensible, donc « matériel », sur l’intelligible, c'est-à-dire « de la conscience ». On peut rappeler les premières phrases du chapitre « REINCARNATION » qui établit aussi cette distinction:

 

« Nous devons comprendre qu'il existe deux mondes, l'un coroprel et l'autre spirituel, le monde des incarnés et je n'ajouterai pas celui des désincarnés, mais plutôt celui des non-incarnés. Beaucoup pourraient s'imaginer qu'ils sont distincts, il n'en est rien. J'ai déjà révélé que tout être se compose de deux individualités dont l'iune est le moi conscient et l'autre le moi intelligent. »

 

La caverne est un monde où se trouvent des hommes pour qui la réalité correspond à des ombres projetées sur les parois, issues d’un environnement extérieur que les occupants ne soupçonnent pas.

 

L'obscurité de la caverne représente l'ignorance et les illusions du monde sensible qui n'est que le reflet imparfait de la réalité. La lumière du soleil représente la possibilité d'accéder au monde de la conscience. Mais cette possibilité demande beaucoup d'efforts et d'audace. C'est en quelque sorte aussi ce que le Père ANTOINE laisse entrevoir dans ce passage du chapitre « APPARENCE DE LA REALITE »:

Il nous est bien difficile de comprendre la matière qui, nous l'avons dit si souvent, n'existe pas, malgré l'empire qu'elle exerce sur nous. Je vais essayer de vous rendre cette question plus commrehensible et montrer que nous prenons tout contrairement à la réalité. Nous avons répété maintes fois que la matière est le seul obstacle de l'esprit parce qu'elle est l'opposé de la morale. »

 

L’allégorie de la caverne est une représentation imagée du monde « visible ».

La condition de prisonnier est en réalité celle de l’homme qui ne se pose pas de question, qui se satisfait de ce qui est apparent, de ce qui est traditionnel.

La condition de l’homme libéré est à interpréter comme l’exercice de la pensée, la manifestation du libre arbitre, la volonté de connaissance et la soif de la découverte du but ultime de l'humanité.

Le retour de l’homme libéré chez ses contemporains est évidemment difficile tant son discours heurte et bouscule leur confortable condition d’êtres inconsciemment soumis.

 

L’intérieur de la caverne et les hommes prisonniers représentent le monde sensible où les hommes vivent d'illusions en étant convaincus que ce qu’ils voient est la réalité. Poursuivons notre découverte du même chapitre:

 

« Quoique pure imagination, conséquence de notre doute, elle ( la matière,NDLR ) s'impose à nous et nous paraît inséparable de notre nature, elle nous donne l'idée que nous appartenons à une hiérarchie des plus élevées, où l'homme doit l'envisager comme sauvegarde de son avenir; elle nous porte à croire que nous en retirons d'autant plus de mérite que nous en possédons davantage. »

 

Cette obsession de « plus de matière » n'amène pourtant que problèmes et vicissitudes comme le rappelle le septième principe:

 

« Tachez de vous pénétrer que la moindre souffrance est due à votre intelligence qui veut toujours plus posséder; elle se fait un piédestal de la clémence en voulant que tout lui soit subordonné. »

 

La connaissance que nous nous faisons du monde est donc faussée, et tout comme les habitants de la caverne, nous nous complaisons dans l’illusion.

 

Enfermés dans nos convictions et nos certitudes, nous sommes incapables de voir la réalité. Mais, une fois que nous nous éveillons à la vérité ( ou, tout au moins à la conviction qu'elle existe et qu'elle autre ), cela devient difficile de faire machine arrière, d'abandonner toute idée de progrès moral. Le travail le plus difficile consiste alors à partager cette vérité avec nos semblables, car elle remet en question toutes leurs certitudes, et ces derniers ne sont généralement pas prêts à l’accepter. Cette opposition peut être décourageante. C'est contre ce découragement que le Père ANTOINE met en garde ses adeptes, dans le chapitre « REINCARNATION », par ces mots qui sont des mots de consolation et d'encouragement:

 

«  Il est parfois bien pénible d'entendre avancer des idées contraires au siennes. C'est bien là, cependant, que l'on nous rend les plus grands services en nous corrigeant du parti pris. Nous ne pouvons souffrir que de l'erreur. Plus l'homme est méchant, plus il voit le droit de son côté et la méchanceté chez les autres. Si nous sommes donc contrariés, affligés de l'opinion d'autrui, c'est que nous nous basons sur l'erreur. »

 

Les chaînes qui retiennent les hommes au fond de la cavernes ont aussi une signification. Ce sont toutes les entraves qui retiennent les hommes de chercher la vérité, qui les empêchent d'accéder à la connaissance: les habitudes, ce qui est lié à la société dans laquelle nous vivons et à notre culture qui forment une sorte de conditionnement, la peur de l'inconnu car dès qu'on commence à se poser des questions, à abandonner des préjugés, on ne sait pas vraiment où l'on va finalement aboutir, l’éducation que nous avons reçue, l'imagination souvent trop fertile et nourrie de préjugés. L’homme évolue dans un environnement imprégné d’une culture particulière qui se définit comme un ensemble de manières de penser, d’agir et d'éprouver des sentiments propres à la collectivité donnée à laquelle il appartient, l'accoutumance à la société qui fait que l'on pose des actes ou que l'on a des raisonnements sans s'interroger sur leur pertinence et que l'on abandonne toute réflexion, tout libre arbitre.

 

Le Père ANTOINE insiste souvent sur cette notion de libre arbitre qu'il estime essentielle. Il lui a consacré un chapitre dans leque il dit notamment:

 

« En résumé nous ne trouvons notre libre arbitre que dans l'erreur, si celle-ci n'existait pas, la vérité n'aurait pas sa raison d'être, elle serait incompréhensible car elle n'es telle que parce que l'autre existe. »

 

L’allégorie de la caverne nous enseigne que nous devons nous libérer du pouvoir des opinions, nous affranchir des préjugés et que les sens peuvent quelquefois nous induire en erreur.

 

Qu’en est-il aujourd’hui ? Grâce à l’intelligence, en en glorifiant la technologie, l'homme s’est autoproclamé «  sommet de la hiérarchie ». Le langage de l'intelligence a pris le pas sur celui du cœur.

 

Nous devons toujours nous poser des questions: dans quelle « Caverne » vit notre société contemporaine ? Quelles sont les ombres projetées sur le fond de notre « caverne » ? quels sont préjugés dont la pensée contraire ou divergente n'est pas supportée ?  

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06/05/2011

LA PRUDENCE: EST-CE VRAIMENT TOUJOURS UNE VERTU ?

SUR LA PRUDENCE.

 

Encore une fois, dans l'ENSEIGNEMENT antoiniste, nous trouvons un texte, une définition qui prend le contre-pied de l'acception commune. Ainsi en est-il de la prudence.

 

En général, la prudence est vantée et recommandée. La prudence est même considéré comme une vertu cardinale.

 

Nous trouvons, dans l'ENSEIGNEMENT antoiniste, un texte qui semble dire l'inverse, qui semble la stigmatiser. C'est ce passage du chapitre « LE BIEN, INTERPRETE AU POINT DE VUE MATERIEL, EST OPPOSE A LA REALITE »:

 

«  Je le répète, le plus grand des obstacles à notre amélioration, c'est la prudence. Si nous étions plus certains que nous pouvons commettre plus de mal que notre nature n'en possède, nous ne nous appuyerions plus sur cette vertu matérielle puisqu'elle nous emp^che d'agir loyalement et sincèrement; elle est opposée à la foi qui nous rend à même de respecter en tout le naturel tandis que la prudence le falsifie. Elle nous égare car elle revêt d'une fausse honnêteté en nous donnant la crainte de perdre l'estime de notre semblable. Rien n'est plus juste que ce raisonnement car si nous voyons le bien dans le mal et le mal dans le bien, elle ne peut que nous faire agir contrairement puisqu'on n'y recourt que par la vue du bien qui est le mal. Je l'ai révélé, bien et mal sont corrélatifs, des termes de comparaison appropriés seulement à l'imperfection; disons que la prudence anéantit l'efficacité de toute épreuve en la détournant de la réalité.

Aussi longtemps que nous rechercherons la cause de l'épreuve, notre doute nous développera la prudence puisqu'elle n'en est que la conséquence. »

 

Je disais, plus haut, que penser que la prudence est une vertu de base comme semble le dire le christianisme. On peut s'imaginer que c'est partir au combat contre le christianisme.

 

Ce n'est pas de cela qu'il est question, seulement d'une façon d'interpréter cette faculté, cette disposition. N'utilisons pas le mot « vertu ».

 

C'est pourquoi, pour dissiper toute équivoque, je fais appel à quelques citations de penseurs chrétiens qui vont dans le même sens.

 

Ainsi, le Cardinal MERCIER quand il dit: « Quand la prudence est partout, le courage n'est nulle part. »

 

Et l'Abbé PIERRE: « La vie est plus belle que la prudence. »

 

Citons aussi Jean DUTOUR: « L'illusion des lâches est de croire qu'avec beaucoup de prudence, on peut échapper à son destin. »

 

C'est, finalement, en lisant ces citations que l'on comprend mieux la position critique du Père ANTOINE à propos de la prudence. La prudence ne serait pas une vertu comme on l'a dit mais plutôt la manifestation d'une tiédeur dans les convictions. La prudence ne serait-elle pas aussi, parfois, la manifestation d'un manque de foi ? La prudence ne serait-elle pas aussi, parfois, le signal que, placés devant un choix de vie, nous pesons d'abord les avantages et les inconvénients pour notre bien-être personnel. Dans ce cas, faire preuve de grande prudence ce ne serait que faire preuve d'un manque de désintéressement. La prudence ne serait-elle pas, aussi, le signe que nous sommes obnubilés par cette maudite vue du mal ? C'est parce que nous avons tendance à voir le mal chez tout le monde et en tout que nous avons, par réflexe, recours à la prudence. La prudence ne nous amènerait-elle pas, aussi, souvent à camoufler notre naturel, à sortir de la sincérité, à paraître différents de ce que nous sommes réellement ?

 

Pour alimenter la réflexion, j'ai puisé quelques passages de l'Enseignement qui se rapportent à ce problème.

 

D'abord un extrait du chapitre « COMMENT NOUS PROGRESSONS »:

 

« Ne perdons jamais de vue, mes enfants, que sortir de la sincérité, c'est sortir de la vérité et par conséquent faire un mal. L'exemple est tout; on ne devrait s'appuyer que sur l'amour parce qu'il est seul la base de toute puissance et de toute régénération. Cet amour naît de la foi et celle-ci est le fruit de notre expérience acquise par le travail moral. Si nous nous exprimons en toute sincérité, avec la bonne intention d'être utiles à nos semblables, ce n'est plus nous qui enseignons, c'est DIEU Lui-même, mais nous ne pouvons atteindre à Lui que par la foi qui est la clé de toutes les autres vertus.

Ainsi améliorés, nous serons toujours sincères; car la sincérité est le contrôle de la raison, la photographie du coeur et l'image de l'amour. »

 

Le Père ANTOINE aborde la question de la tiédeur des sentiments dans le chapitre « LA FOI SAUVEGARDE CONTRE LA MAUVAISE PENSEE »:

 

«  J'ai dit que les pensées puisées dans les ténèbres nous plongent dans l'abîme, nous surchargent d'un fardeau qui nous paralyse. Entourés de ce fluide, nous n'avons plus cette ardeur de dévouement dont noussommes animés au milieu du fluide éthéré et nous souffrons de ne plus être à la hauteur de ce que nous avons compris. »

 

Mais cela veut-il dire que nous devons condamner absolument une prudence minimale ? Cela veut-il dire que toute action spontanée est, par définition, bonne ? Cela veut-il dire que nous devons abandonner toute réflexion ? Non; Pour preuve, ce passage du chapitre « ÊTRE OU PARAÎTRE »:

 

« Nous avons montré combien le travail moral est nécessaire à quiconque veut abréger sa route et s'épargner des tribulations de tous genres; je n'en connais guère de plus utile que d'analyser ses pensée, d'en rechercher la source bonne ou mauvaise; si elles sont dues à une imperfection et qu'elles séjournent en nous quelque temps, nous l'avons déjà dit, elles seront bientôt suivies d'autres qui pénétreront plus profondément dans les ténèbres et nous ne traderons pas à en être tourmentés; elles nous causeront autant de désagrément que nous avons eu de plaisir à les manier. C'est payer cher la satisfaction d'un moment et nous devons éviter ces sortes de repos entre deux épreuves; dans ces intervalles, tâchons au contraire de nous défaire de nos faiblesses, de repousser les tentations; n'oublions pas que l'esprit n'est jamais inactif, que les bonnes pensées dispersent les mauvaises qui ne pourraient que nous accabler davantage. On reconnaît la maçon à la muraille. A l'oeuvre donc dans ces moments de répit ! Nous y ferons un progrès, nous y trouverons le remède et le bonheur. »

 

Faire preuve d'excès de prudence, c'est s'abonner à la tergiversation. Ce n'est bien souvent que la recherche de prétextes, de faux-fuyants, de motifs de toutes sortes qui nous enfoncent dans le repli, l'abandon de l'amémioration. Ainsi, nous trouvons dans le chapitre « LE MOI CONSCIENT & LE MOI INTELLIGENT » ce passage qui décrit bien cet état d'esprit pour nous mettre en garde:

 

«  Bien que nous cherchions à nous améliorer, nous ne sommes pas toujours à la hauteur de la tâche. Nous laissons l'inspiration en souffrance et elle est aussitôt remplacée par une pensée qui apporte le fluide d'épreuves. Nous savons que les fluides de même nature sont assimilables, un mauvais engendre de plus mauvais encore, tandis qu'un bon en attire de meilleurs. Quand elle n'est pas négligée, la pensée d'une oeuvre utile est immédiatement assimilable à une autre qui fait notre récompense parce qu'elle contient plus d'amour pour exécuter un nouvel acte. Nous remplissons ainsi successivement nos devoirs journaliers. Aussi longtemps que nous travaillons de la sorte, nouss ommmes heureux, nous perdons de vue les mille et une choses qui pourraient nous porter obstacle, nous nous dirigeons ainsi par la conscience.

Nos pensées sont ainsi de bonne source, suivant notre avancement, quand nous le voulons. Mais si peu qu'elles laissent d'intervalle, la faiblesse, toujours en éveil, nous prend à l'improviste, elle nous attire un fluide épais, coupant ainsi littéralement celui qui nous reliait aux vertus. Cette irruption nous fait transgresser la loi de la pensée progressive, parce que nous avons puisé à deux sources pour exécuter l'acte qu'elle nous commande. »

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03/05/2011

VOTTEM ( HERSTAL ): TEMPLE ANTOINISTE.

La commune de HERSTAL compte donc, depuis la fusion des communes, deux temples antoinistes: celui de HERSTAL même ( qui n'est plus ouvert en permanence ) et celui de VOTTEM ( qui est à nouveau accessible ).

Il y a, ailleurs sur ce site, une photo de l'extérieur. 

Voici une photo de l'intérieur. Comme vous pouvez le voir, ce Temple est maintenant un "Temple sans photos".

On peut aussi remarquer, mais cela est anecdotique, que l'accès à la tribune se fait par la droite. Ordinairement, l'accès se fait par la gauche.

 

SDC10863.JPG


18:25 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |