22/08/2011

LE NIHILISME MORAL.

 

ANTOINISME ET NIHILISME MORAL.

 

Les adversaires de l'Antoinisme ont parfois accusé le Père Antoine de se faire l'apôtre d'une espèce de nihilisme moral.

 

Tout d'abord, que doit-on entrendre par "nihilisme moral" ?

 

C'est une opinion selon laquelle il n'y a aucun fait qui puisse être qualifié de moral. Les nihilistes moraux soutiennent qu'il n'y a aucun fait  moral objectif; que rien n'est moralement bon, mauvais, erroné ou exact parce qu'il n'y a aucune vérité morale. Par exemple, tuer des gens, même volontairement et avec préméditation n'est pas en soi erroné ni immoral. Même un acte aussi grave ne revêtirait, selon cette doctrine, aucun aspect moral: il serait neutre moralement.

 

Il n'existerait donc pas de principe moral dans l'absolu. S'attacher à des principes moraux reviendrait dès lors à s'attacher à des conceptions sans objet. Ce serait un frein à l'évolution de l'espèce humaine. Se débarrasser de ces srupules deviendrait donc une voie vers la "libération" absolue.

 

Exemple de cette notion de frein à éliminer: HITLER qui croyait que le bassin de gènes humains pouvait être amélioré par l’utilisation d’un élevage sélectif semblable à celui que les éleveurs pratiquent afin de produire des races de bétail supérieures. Nous avons eu les lebensborn.


Mais on doit aller au bout de ce raisonnement. Cette "libération absolue" implique qu'il n'y a plus de loi, plus d'interdits d'aucune sorte, plus de référence morale. Cela donne des apprentis sociopathes à la BREIVIK, à la DUTROUX qui s'illusionnent sur le degré de liberté qu'ils croient avoir atteint. Sur le plan politique, cela donne des HITLER et des STALINE.

Sur le plan économique, cela donne les traders qui jouent l'avenir des pays, des gens sans aucun état d'âme.  dans une société réellement morale, on ne devrait pas permettre à des gens de gagner autant d'argent de cette façon.

 

En fait, le nihiliste moral n'a pas envie d'être aimé. Il ne veut pas, non plus, aimer. Il ne veut pas mérité d'être aimé. Tout sentiment de ce genre lui est étranger. Tout sentiment de ce genre lui paraît d'ailleurs nocif. C'est là l'effacement du concept d'humanité.

 

Ces principes sont distillés à la jeunesse, dès l'enfance, insidieusement. La violence est transmise aux enfants. Les héros qu'on leur propose dans les feuilletons télévisés ne savent résoudre les problèmes que par la bagarre et les coups. Même si, en filigrane, la morale est présente et louable. Par cela, on leur inculque la désensibilisation. On diminue leur pouvoir de compassion envers une personne qui souffre, même si cette personne a commis un acte mauvais. On assiste à la souffrance. La capacité à ressentir de la compassion se réduit.

 

Les adversaires de l'Antoinisme se sont souvent basés sur des paroles tirées de l'Enseignement telles que "ne voir le mal en rien" ou "nous sommes tous des Dieux". Ils ont cru, ou feint de croire que l'antoinisme prônait le nihilisme moral.

 

Au contraire, voilà le fondement de la morale antoiniste: pourchasser la vue du mal est le travail principal que doit faire tout antoiniste. On peut y parvenir mais non sans peine comme pour toute lutte contre ses penchants naturels.

 

Nous ne trouvons, dans la littérature antoiniste maints exemples qui montrent que l'on est à l'opposé de ce "nihilisme moral". Je me bornerai à quelques uns.

 

Ainsi dans le chapitre "LA SANCTION MORALE":

 

"...C'est nous qui nous punissons et qui nous récompensons par la conscience; elle nous donne toujousr ce que nous avons mérité, elle est le témoin et le juge de nos actes et même de nos pensées."

 

Et, dans le chapitre "LA CHARITE BIEN COMPRISE":

 

"...Nous ne restons jamais un instant sans épreuves, le doute nous accable souvent parce que nous sommes trop sensibles aux imperfections des autres; alors que nous devrions plutôt les secourir, nos faiblesses cherchent à découvrir les leurs et nous perdons ainsi le feu sacré de l'amour. Efforçons-nous de ne pas voir en nos frères ce que nous voudrions cacher en nous."

 

Et aussi dans le chapitre "LE DEVOIR IMPOSE LA PRATIQUE DES LOIS MORALES.":

 

" Est-il rien de si grand que l'amour qui nous fait vivre dans une vraie fraternité, rien qui transforme comme lui, rien qui rende plus heureux ? Quel trésor de la terre est comparable à ce bien céleste ? Efforçons-nous donc de l'acquérir par notre travail, par notre dévouement, par notre désintéressement, faisant l'acte du bien pour le seul plaisir de ressentir l'amour qui en découle. Eclairer ceux qui viennent à nous, qui ont tant besoin de lumière pour apprécier le but de l'existence ici-bas, voilà notre mission !"

 

Aussi dans le chapitre "L'EPREUVE DE L'ACTE DU BIEN ET L'EPREUVE DE L'ACTE DU MAL.":

 

" Je vous ai enseigné qu'il y a deux genres d'épreuves: celle de l'acte du bien et celle de l'acte du mal. Chaque fois que nous sortons de notre nature, en bien ou en mal, nous transgressons nécessairement la loi de notre atmosphère; dans l'un et l'autre cas, nous la démolissons et nous sommes à l'épreuve. Si nous avons accompli un acte du bien, notre infraction à la loi nous vaut une souffrance morale qui se prolonge jusqu'à ce que nous ayons reconstruit notre atmosphère par le fluide qui découle de notre acte et qui est d'autant plus éthéré que celui-ci a plus d'importance; il contient par conséquent plus d'amour et plus de savoir. Mais nous ne sommes pas toujours courageux pour mener notre épreuve à bonne fin, de sorte que souvent, elle nous fait perdre le fruit que nous aurions dû récolter de notre acte, parce que nous ne sommes pas toujours disposés à démolir cette matière qui tient la place de la morale."

 

Encore une fois, je prendrai aussi comme référence un texte écrit par un auteur nullement antoiniste: André MAUROIS. Ce texte nous aidera à mieux comprendre notre pensée...car ce texte semble bien s'adapter à notre morale:

 

" Nous avons un esprit et non une doctrine. Cet esprit est un esprit de solidarité, de justice, de liberté, de respect pour la personne humaine. Si diverses que soient nos croyances, si dissemblables que soient nos milieux, nous avons tous cette conviction commune que c’est pour l’homme un devoir positif de se dévouer et d’agir; nous estimons donc que toutes les façons de vivre ne sont pas équivalentes; nous combattons le nihilisme moral, quelque nom qu’il porte; nous croyons à la nécessité, à l’efficacité de l’effort… Nous sommes persuadés que, dans notre société émiettée, les divisions sont plus factices et moins irréductibles qu’elles ne le paraissent et que, dans une commune recherche de la paix sociale et de l’union nationale, peuvent se rencontrer les hommes de bonne foi, dégagés de tout esprit de secte et de parti."

 

De nos jours, dans nos pays dits civilisés ou évolués, on est en période de "crise". L'être humain perd de plus en plus de l’importance. L’homme a fait des progrès et inventé des techniques pour son bien-être et l’argent pour faciliter les échanges. Les choses sont alors devenues très faciles pour lui et il a voulu utiliser le progrès pour lui seul. On se trouve face à une inégalité, fondée sur des valeurs intellectuelles et matérielles, qui a très peu à voir avec la valeur morale de chaque individu. L’homme est alors conscient de sa misère intérieure et utilise alors son temps et son énergie à acquérir des biens matériels pour combler ce vide. La recherche morale, spirituelle passe au second plan quand elle n'est pas purement et simplement sacrifiée.

 

Le fait de se sentir pauvre est subjectif. C’est souvent par rapport à quelqu’un ou par rapport à quelque chose qui nous servent de repères. Il importe donc de changer ces repères. Pour ce faire, approfondissons la connaissance de nous-mêmes. C'est ce que nous trouvons dans le neuvième principe:

 

"...Cultivez-vous, vous vous rappelllerez le passé; vous aurez le souvenir qu'il vous a été dit: Frappez, je vous ouvrirai; je suis dans le Connais-toi."

 

Cela pourrait se traduire par "connais-toi toi-même, tu seras heureux et tu rendras heureux ceux qui t’entourent". Quand on se connaît soi-même on n’a plus de comptes à régler avec personne, on a plus bespoin de prendre autrui comme repère. La connaissance de nous-mêmes apporte une richesse qu’il est impossible de perdre et qui ne peut nous être disparaître.

 

On peut alors appliquer sereinement le cinquième principe:

 

"Efforcez-vous d'aimer celui que vous croyez être votre ennemi; ce n'est que pour vous apprendre à vous connaître que je le place sur votre chemin. Mais voyez plutôt le mal en vous qu'en lui: il en sera le remède souverain."

 

La sœur Ghislaine DUMONT, Représentant du Père, « désincarnée » en 2009 a écrit :

 

"Si nous voulons progresser, nous verrons l'épreuve comme nécessaire. C'est pourquoi il faut éviter de prier pour des questions matérielles, pour les effets. (…) Demandons plutôt à être inspiré, guidé, pour pouvoir surmonter l'épreuve en portant remède à la cause qui est en nous et toujours morale."

 

 

holocauste006.jpg


 Voilà où mène le nihilisme moral !

 

19:07 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.