07/01/2012

"CONNAIS-TOI TOI-MÊME": Citation de SOCRATE vue selon l'Enseignement Antoiniste.

«  CONNAIS-TOI TOI-MÊME »

 

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"Connais-toi toi-même, laisse le monde aux Dieux". C'est ce qui était inscrit sur le fronton du temple de Delphes consacré a APOLLON. Cette formule invitait les hommes à se reconnaître faibles face aux dieux. elle signifiait, bien sûr,qu'il fallait penser à se connaître tout en étant bien persuadés que tout était décidé par les dieux. Nous pourrions dire aussi que celui qui se connait bien, se porte bien...et se comporte bien.

 

Cette citation a toujours été attribuée à SOCRATE, à tort. Mais c'est quand même SOCRATE qui en a complètement bouleversé le sens. Pour lui, « Connais-toi toi-même » signifie qu'il faut savoir que l'on est un d'abord un homme avec ses opinions, son éducation, sa culture, ses désirs, ses envies et ses préjugés ( ses préférences, ses amitiés, ses inimitiés...). Pour lui, c'est la connaissance la plus essentielle, conditionnant toutes les autres formes de connaissance. SOCRATE ne retient que "Connais-toi toi-même" et fait figure de contestataire, voire même de révolutionnaire.

 

La question est: « Que pouvons-nous réellement faire si nous ne nous connaissons pas nous-mêmes ? » Et:« Qu’est-ce que l’humanité ?»  En effet, on ne peut jamais chercher à se connaître en faisant abstraction du reste de l'humanité, passée et présente, surtout pour ceux qui croient à la réincarnation. Nous sommes conditionnés par la culture, la société, les religions, les médias, le nationalisme, l’éducation, les croyances diverses, les tabous, justifiés ou non.

 

Nous sommes conditionnés par le présent dans lequel nous sommes plongés mais aussi, pour nous, à notre insu, par le passé de notre âme. Dans le chapitre « REINCARNATION », le Père ANTOINE a bien souligné : 

 

« L'âme imparfaite reste incarnée jusqu'à ce qu'elle ait surmonté son imperfection. Chaque existence est la conséquence de la précédente et elle détermine celle qui lui succède par l'épreuve subie et par d'autres contractées à son insu. Avant de quitter le corps qui se meurt, l'âme s'en est préparé un autre pour se réincarner. »

 

SOCRATE n'a jamais voulu dire qu'il fallait s'analyser avec complaisance. La connaissance de soi n'implique pas le repliement sur soi, ni, surtout, la contemplation de soi et, non plus, le mépris de soi.

 

Cette contemplation de soi-même n'est que l’ignorance de la réalité ou de l'aveuglement. Elle rend l’homme esclave de ses opinions ou de son environnement culturel.

 

En fait, il faut bien lire et essayer de comprendre la signification de cette citation. Il faut bien donner aux mots leur signification grammaticale. Dans « Connais-toi toi-même », quelle valeur grammaticale donner à « toi » et à « toi-même ».

 

« toi » est complément d'objet direct. Chaque homme est la personne interpellée, et on l'interpelle pour lui dire que son introspection, que son analyse personnelle doit être faite. Chacun est invité à se connaître.

 

« toi-même » doit être considéré comme le sujet de la phrase. Il faut donc bien comprendre la citation comme suit : « Toi-même, personnellement, tu dois t'analyser, te mettre à nu ».

 

C'est là que réside le tournant majeur dans l'esprit. Il ne faut plus s'en remettre aux dieux, à DIEU, au prêtres, aux mages aux gourous pour faire la démarche de se connaître. C'est une démarche à conduire soi-même. C'était révolutionnaire pour l'époque de SOCRATE...mais cela le reste tout autant !

 

La connaissance de soi ne relève plus de l'ordre du mystique, inatteignable par les profanes que nous sommes. Mais on doit considérer que au lieu d’être inapte, chaque homme a la capacité d' entreprendre la recherche puisque l’Esprit se trouve dans l'homme lui-même.

 

C'est tout aussi désarçonnant et interpellant que ce passage de l'Enseignement du Père ANTOINE, soit le début du chapitre « LA CROYANCE & LA FOI » : 

 

« Ne croyons pas en DIEU, n'espérons jamais rien de Lui, mais croyons en nous et agissons naturellement. Sachons que nous sommes DIEU nous-mêmes, que si nous voulons, nous pouvons. »

 

La clé de « la connaissance de soi » est de pénétrer en soi-même, et cela consiste à chercher DIEU en soi. Nous en revenons au Premier Principe : 

« Si vous m'aimez, vous ne l'enseignerez à personne puisque vous savez que je ne réside qu'au sein de l'homme. Vous ne pouvez témoigner qu'il existe une suprême bonté alors que du prochain vous m'isolez » »

 

C'est, pour beaucoup, dérangeant, car, manifestement, la majorité des gens désirent, ou en tout cas admettent aisément, que quelqu’un qu'ils reconnaissent comme supérieur spirituellement, leur dise ce qu'il faut faire et comment le faire, ce qu'il faut penser. Ainsi ils sont débarrassés de la corvée de penser par eux-mêmes. Et, partant, de faire eux-mêmes cette recherche vers la connaissance de soi.

 

SOCRATE n'a jamais voulu dire : "analyse-toi avec complaisance"., ni non plus : « analyse-toi superficiellement seulement ». Ce qui est demandé n'est pas une introspection narcissique et égocentrique, mais un programme de vie morale. La connaissance de soi n'est pas de l'égoïsme mais bien une ouverture vers les autres car c'est à cette condition que l'on peut aller vers les autres et bien se comporter envers eux. Nous en revenons toujours au chapitre « LA CHARITE MORALE » que le Père ANTOINE commence par ces mots : 

 

« Mes enfants, l'homme recherche toujours ce qui correspond le mieux à ses faiblesses ou à ses vertus. Ici-bas dans ce monde de tribulations et de vicissitudes, nous parlons autant de la morale que nous la mettons peu en pratique. C'est pourquoi elle demeure très vague pour l'esprit qui a le désir de posséder matériellement plutôt que moralement. »

 

Mais il ne faut pas se leurrer, cette connaissance de soi par soi-même n'est pas sans difficultés. C'est à juste titre que Martin HEIDEGGER a écrit:

 

"Aucune époque n'a accumulé sur l'homme des connaissances aussi nombreuses et aussi diverses que la nôtre. Aucune époque n'a réussi à présenter son savoir de l'Homme sous une forme qui nous touche davantage. Aucune époque n'a réussi à rendre ce savoir aussi promptement et aussi aisément accessible. Mais aussi, aucune époque n'a moins su ce qu'est l'Homme".

 

Dans le domaine de la pensée, le scientifique ne doit pas se laisser égarer par son enthousiasme ni par l'ivresse de ses raisonnements et agir sans conscience. On peut rappeler le proverbe « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme. »

 

Dans le domaine du sentiment, c'est pareil. Nous ne devons pas nous laisser mener aveuglément par nos envies, nos attirances, nos rancœurs ou nos rejets.

 

Dans le domaine de l’action ou de l'activité professionnelle, nous devons rester capables de nous juger froidement, sans complaisance et de ne pas nous laisser emporter.

 

Tout homme possède la capacité de faire la démarche vers la connaissance de soi, par lui-même mais il doit apprendre à la cultiver. Dans le Neuvième Principe, c'est bien exprimé : 

 

« ...Cultivez-vous, vous rappellerez le passé, vous aurez le souvenir qu'il a été dit:Frappez, je vous ouvrirai. Je suis dans 'Connais-toi'. »

 

Se connaître, c’est chercher à se fondre dans l’immensité de DIEU, c'est reconnaître la présence de DIEU en nous, c'est admettre que nous sommes une parcelle de DIEU. Bien sûr, cette identification avec DIEU, ne se produit pas rapidement, ni facilement. Parfois, pour la plupart des hommes, dans toute une existence, on n’y arrive pas. De temps en temps, les gens ont une lueur, une illumination, mais de nouveau le lendemain, on se sent à nouveau isolés, faibles et désemparés. 

 

C'est ce que nous trouvons dit de façon admirable dans le chapitre « LA FOI SAUVEGARDE CONTRE LA MAUVAISE PENSEE. » : 

 

« J'ai dit que les pensées puisées dans les ténèbres nous plongent dans l'abîme, nous surchargent d'un fardeau qui nous paralyse. Entourés de ce fluide, nous n'avons plus cette ardeur de dévouement dont nous sommes animés au milieu du fluide éthéré et nous souffrons de ne plus être à la hauteur de ce que nous avons compris. »

 

Je me voudrais de ne pas clôturer cette longue dissertation sans faire référence à un passage du chapitre « NOUS DEVONS TOUJOURS RESPECTER NOTRE NATUREL » : 

 

« Quiconque cherche à résoudre le problème de l'existence, s'il désire savoir où il va, doit chercher d'où il vient, il doit connaître de quelle façon nous nous sommes incarnés : toute solution est là. Quand nous comprendrons que notre intelligence ne nous sert que pour nous diriger matériellement, autrement dit dans l'imperfection, nous saurons aussi que ce n'est pas elle qui elle qui pourrait nous en extraire, que si elle nous y plonge, nous devons arriver à la surmonter pour atteindre au vrai bonheur. Mais aussi longtemps que nous nous ignorerons, nous ne ferons qu'obéir à cette faculté et à l'amour qui en résulte. Voilà où nous faisons erreur, nous confondons l'amour divin avec le nôtre, auquel il est incompatible, c'est pourquoi je répète souvent que nous devons apprendre à nous connaître, et nous ne pourrions le faire qu'en agissant naturellement. »

 

18:25 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Pour expose de l estime desoi

Écrit par : Laure | 11/02/2013

si j'avais du temp à perdre je le consacrerai à la philosophie

Écrit par : amadou fofana | 04/03/2013

Je veux faire de la philosophie,mais je n'ai pas de temps,pourtant je préfère les chiffres ...........!

Écrit par : Bouzy David Robert | 26/03/2013

Bonjour
j'ai trouver cette documentation très interréssent , tout est bien Expliquer " Connaîs toi toi-même"
merci pour ses mots réconfortant
cordialement

Écrit par : VIVIER | 17/04/2013

Merci pour cette présentation claire et réjouissante.

Écrit par : Véro | 29/01/2014

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