30/01/2012

L'ATTACHEMENT A L'ANIMAL: NOUVELLE TENTATIVE DE COMPREHENSION.

Il y a bien un passage de l'ENSEIGNEMENT qui interpelle. Ce n'est pourtant qu'un petit paragraphe du chapitre " L'ARBRE DE LA SCIENCEDE LA VUE DU MAL."

" ...Cependant, j'aime à faire comprendre combien nous sommes aussi dans l'erreur en nous attachant à l'animal, c'est un grand péché parce que l'animal n'est pas digne d'avoir sa demeure où réside les humains."

Il y a diverses interprétations. On en a déjà fait état dans ce site. En voici une autre: ici, en fait, le Père ANTOINE s'inscrit en faux contre l'injonction à la fois biblique et païenne ( le mythe de PROMETHEE notamment ) de prise de possession de la terre et de ses animaux par l'homme.

Nous retrouvons, en quelque sorte, cette idée dans le chapitre "COMMENT NOUS FALSIFIONS LA NATURE". Le Père ANTOINE dit ceci:

" Nous avons par l'intelligence, abusé de toutes choses et falsifié à tel point la nature que nous préférons maintenant la falsification à la réalité, nous y sommes si bien habitués que tout ce qui est réel nous est insupportable. C'est la raison pour laquelle j'ai révélé que l'intelligence ne peut supporter la réalité."



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22/01/2012

LA PRIERE: Faut-il prier ? Comment prier ? Qu'est vraiment la prière ?

Comment prier ?

Prière.jpg

" L'Angélus"  de MILLET

Voilà une question qui tourmente tous ceux pour qui prier est une activité essentielle dans la manifestation de la foi.

 

« N'entretenez aucun souci. En toute choses, exposez vos besoins à Dieu. Faites-les lui connaître dans la prière.  Priez avec confiance et sérieux, sans oublier d'exprimer votre reconnaissance. Alors, la paix divine qui surpasse toute intelligence, tout ce qu'on peut en dire, gardera vos coeurs et vos pensées dans la communion du Christ vivant. »

 

Ainsi parlait Saint Paul aux chrétiens de Philippes. 

 

Nous trouvons la position de Saint François de Sales en 1620 :


« Plusieurs se trompent grandement, croyant qu'il faille tant de choses, tant de méthodes pour la bien faire. L'on en voit certains qui sont en un grand empressement afin de rechercher tous les moyens possibles pour trouver un certain art qu'il leur semble nécessaire de savoir pour bien la faire, et ne cessent jamais de subtiliser et pointiller autour de leur oraison pour voir comme ils pourront faire ainsi qu'ils désirent... Je ne dis pas qu'il ne faille se servir des méthodes qui sont marquées ; mais l'on ne doit pas s' attacher et les affecter tellement que nous mettions toute notre confiance en elle (...). Il n'y a qu'une seule chose nécessaire pour bien faire l'oraison, qui est d'avoir notre Seigneur entre nos bras : cela étant, elle est toujours bien faite, de quelque façon que nous nous y prenions. » 

 

En somme, Saint François de Sales affirment que ce n'est pas la forme, et surtout pas les démonstrations publiques entourées de cérémonial qui comptent mais que c'est la foi, et une foi pure , sans recherches.

 

Si nous lisons le texte ci-après du Père ANTOINE, puisé dans le chapitre « LA PRIERE », nous trouvons, en somme, le même principe :

 

« La prière est dans l'action dictée par la conscience, d'où peut résulter le bien.

A certains moments, dans une grande douleur, par exemple,il arrive qu'une seule prière récitée sincèrement nous soulage ; toute souffrance a cependant une cause et si nous comprenions l'avenir, nous reconnaîtrions qu'elle est le résultat d'un acte contraire à la loi de la conscience. . Je le dis souvent : Quand cette cause n'existera plus, le mal sera guéri. Dans les instants pénibles, hâtons-nous de puiser au sein de DIEU la force et le courage pour bien remplir nos devoirs. Lorsque l'intention se fait sentir, nous ne devrions jamais attendre.

Ne serait-il pas plus conforme à la raison de prier dès que nous en recevons l'inspiration ? Puisque la prière est plus dans le fond que dans la forme, n'hésitons-pas un instant à observer la maxime qui dit de ne pas remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour-même, c'est-à-dire de ne pas différer la bonne action ; car la vraie charité est celle qu'on accomplit dès qu'en surgit la pensée ; exécutée après, elle n'est plus que l'effet du remords, tandis qu'elle eût été celui de l'amour.

Je le répète souvent, travailler c'est prier ; en effet, le travail qui rentre dans le devoir est de la prière et le meilleur est celui qui est basé sur la charité. »

 

Je passe environ deux pages et j'arrive, dans le même chapitre, au passage suivant :

 

« Si nous prévenions une personne adulte que l'heure de la prière a sonné, pourrait-elle bien prier et cet acte lui serait-il agréable ? Je ne le crois pas, car ce serait entraver sa liberté et l'empêcher ainsi de prier avec recueillement. »

 

Le Père ANTOINE donne ensuite un conseil concernant la prière des enfants :

 

« Laissons les enfants libres dès leur plus jeune âge, ne leur ordonnons jamais de prier mais prêchons d'exemple. Aussitôt qu'il remarquera le silence de ses parents, l'enfant se retirera sans bruit dans quelque coin, comprenant déjà qu'il doit les satisfaire en ne troublant pas leur recueillement. De leur côté, les parents attentifs en DIEU, sentiront leur atmosphère s'alléger insensiblement et ils seront toujours mieux inspirés par le fluide d'amour qu'ils puiseront en son sein. Leur pensée, embrassant toute leur famille, sera portée tantôt sur l'un tantôt sur l'autre, l'amour qui découlera de leur prière entourera l'enfant de la même atmosphère ; il sera bercé par cette douce influence et ne tardera pas à prendre part à leur recueillement ; imitant leur exemple, il ne dira plus un mot pendant leur prière mentale et celle-ci terminée, vous l'entendrez s'écrier : Maman, j'ai prié aussi!Voilà un moyen d'inspirer aux enfants qu'ils doivent prier. »

 

La prière est la clé que Dieu à mise entre nos mains pour nous permettre d'entrer en relation avec Lui. Rappelons-nous ces mots puisés dans le neuvième Principe :


"...Cultivez-vous, vous vous rappellerez le passé ; vous aurez le souvenir qu'il a été dit:Frappez, je vous ouvrirais ; Je suis dans le connais-toi. »

 

On ne peut non plus s'empêcher de revenir au roman écrit par Robert VIVIER ( « DELIVREZ-NOUS DU MAL » ), le passage où il parle du jour de la communion solennelle de Louis ANTOINE :

 

«  A l'église, il y eut un moment où Louis oublia tout ce monde qui l'entourait, pour ne plus sentir en lui qu'un vide immense et délicieux. Il n'était plus Louis Antoine ? Le fils de Martin, le petit garçon de Tatène, né au hameau de MONS. Un rayon s'était posé sur le mur blanc de l'église, et ce rayon venait du temps du Christ.

Tout le restant de la journée, malgré le tohu-bohu, les arrivées des amis, les petits verres et les chansons, il garda en lui cette impression qui le forçait à se tenir silencieux et tranquille, sous le poids d'une responsabilité. Quelque chose de nouveau s'était passé. Il n'était plus seulement regardé par DIEU, mais DIEU était en lui , et ce n'était plus un vieillard vénérable,- il n'aurait pas su dire ce que c'était, un feu, peut-être, un feu très doux, un peu oppressant. Et à cause de cette présence en lui, de ce poids qu'il sentait, il n'était plus possible de courir, de sauter, de faire des choses frivoles... »

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20/01/2012

Le pessimisme : Attitude de confort personnel ? Résultat du doute ?

Le pessimisme est une tournure de l'esprit selon laquelle la souffrance serait inhérente attachée à l'existence humaine.

 

La situation vis-à-vis de laquelle les hommes manifestent le plus de pessimisme ou, en tout cas, de crainte, est le problème de la mort. La mort à laquelle il n'est pas possible d'échapper et, surtout, la grande question de ce qui se trouve après la mort.

 

Dans l'ENSEIGNEMENT, le Père ANTOINE apporte déjà un certain réconfort, une certaine assurance. Il dit, dans le chapitre « REINCARNATION » :

 

« Tout autre et bien plus consolante est la réalité : la mort n'existe pas ; nos être chéris soi-disant disparus ne le sont qu'en apparence : nous ne cessons pas un instant de les voir et de nous entretenir avec eux, la vie corporelle n'est qu'illusion. Mais notre incarnation qui est le doute absorbe notre foi. Je ne sais comment m'exprimer pour vous pénétrer de la réalité de cette question ; oui, je voudrais pouvoir vous rendre sensible la révélation d'aujourd'hui, vous faire savourer à quel point elle est réconfortante. Notons bien qu'il n'y a que le doute qui nous incarne et qui empêche notre liberté. »

 

Voilà, le pessimisme n'est en fait que le sous-produit du doute. Celui qui possède véritablement la foi ne pourrait être pessimiste de nature ! A noter que je me suis bien garder de dire «  celui qui possède la foi véritable » mais j'ai utilisé « celui qui possède véritablement la foi. »

 

Il convient de bien apprécier la différence: ce n'est pas un simple jeu de mots.

 

Le pessimisme se base aussi sur la croyance que le mal régne dans le monde qui est impitoyable. Le Père ANTOINE insiste à diverses reprises sur cette « fausse vue ». Je prends trois passages du chapitre « L'ARBRE DE SCIENCE DE LA VUE DU MAL » :

 

«  Nous avons longuement parlé de l'imagination du mal et de la non-existence de la matière. Pour nous rendre compte de la réalité, nous devons nous reporter au temps où cette fausse vue a pris naissance. Nous connaissons l'histoire de l'arbre de science soi-disant du bien et du mal que nous ont laissée nos ancêtres, nous allons la reprendre afin d'en retrouver le véritable sens ; elle pourrait nous sembler obscure parce que on l'a toujours envisagée plutôt comme une fable que comme une réalité. »

 

«  ...Toutefois DIEU ne l' (ADAM, ndlr) abandonna pas. Mais l'inspiration ne produisait plus sur lui la même impression qu'auparavant parce qu'il la confondait avec ses pensées. Voilà où le doute fait son apparition, où commencent les tribulations et les vicissitudes. Car ADAM n'avait plus la foi au vrai DIEU ; au contraire, depuis qu'il s'en était écarté, il L'accusait de toutes les difficultés qu'il avait éprouvées, interrompant ainsi l'inspiration. ADAM abvait perdu tout bon sens, disait que le DIEU qu'il avait abandonné n'était qu'un démon ; ne voyant plus en, Lui que le mal, il était heureux d'en être délivré parce que la joussance de l'amour bestial lui procuarit un bonheur apparent. »

 

« En résumé, le péché d'ADAM c'est la vue du mal. »

 

Voilà donc une cause du pessimisme : le doute, la perte de la foi. Il y a d'autres causes qui toutes renvoient au doute

 

Une d'entre elles, mais ici nous somme toujours dans l'absence de foi, dans le doute: la prise de conscience que l’univers n’aurait aucun sens. Rien ne serait visé dans l'existence humaine, cette existence n'aurait aucun but sérieux. Rien ne pourrait être visé ni donc atteint. Tout acte ne serait qu'un long gaspillage d'énergie. Tout sentiment humain serait vain et leur vanité accentue la solitude de l'homme dans un monde absurde, sans Dieu. On se trouve dans un monde horrible à vivre avec un dilemme, ou plutôt même un triple choix.

 

Le premier choix: on adopte une attitude nihiliste, de rejet permanent, de haine. Puisqu'on est seul dans un mode hostile et absurde, alors on s'affranchit de toute morale, aucun acte n'est répréhensible.

 

Le second choix: on adopte une attitude opportuniste, de recherche de tout plaisir. Puisqu'on est seul dans un monde hostile et absurde, on s'affranchit aussi de toute morale, reine non plus n'est répréhensible mais, au lieu d'être un destructeur, on choisit d'être un profiteur. On n'a pas à se nourrir de scrupules.

 

Il est curieux de constater à quel point les deux positions, qui apparaissent d'abord, comme antagonistes, partent du même principe et...pourraient même finir par avoir des conséquences identiques. Les un s comme les autres font leur propre malheur. Mais ils cherchent ce qu'ils croient leur être profitable : les honneurs, les richesses, le pouvoir, le plaisir, l'affranchissement des contraintes. Les uns comme les autres ne cherchent pas le bonheur, mais la puissance. Cette recherche peut parfois être brutale et sanguinaire.

 

Il y a aussi un troisième choix: l'acceptation de tout comme une malédiction dont on ne peut se libérer. Puisqu'il n'y a aucun but à poursuivre, puisque le monde est hostile, inclinons-nous et renonçons à toute pensée, à tout acte, à tout effort finalement inutile. C'est ce que l'on peut appeler le « confort du pessimisme ». Un tel pessimiste n'est ainsi jamais déçu. Ce pessimisme devient aussi agréable que l'optimisme en ce sens qu'il nous dispense de tout effort, de toute recherche, de toute tentative de progrès, de toute remise en cause. S’il n’existe aucune espérance de progrès, ce pessimisme nous pousse à l’inaction.

 

Quant à nous ? Souvent, de l'extérieur, on dépeint le Culte Antoiniste comme une religion pessimiste. En fait, il n'en est rien : comme l'Antoinisme n'est pas une religion de salut, on ne doit rien craindre de l'au-delà. On ne doit pas avoir peur de l'enfer éternel. Tout au plus peut-on craindre une multiplication des réincarnations. Mais on dispose du libre arbitre, de la foi et de la volonté pour tenter d'abréger ces réincarnations.

 

Dans le chapitre « COMMENT NOUS PROGRESSONS. », le Père ANTOINE nous réconforte et nous donne du courage :

 

« Nous évoluons ; que l'on fasse le bien ou le mal, personne ne stationne ; mais l'un avance plus rapidement que l'autre. Celui qui est aujourd'hui très imparfait ne sera-t-il pas demain un homme d'exemple, par son désir de s'améliorer ? S'il paraît stationner, nous pourrons le voir plus tard marcher à pas de géant.

Nous n'ignorons pas que, croyant faire le bien, on peut commettre inconsciemment une erreur ; si l'on en avait conscience, on s'abstiendrait, mais nous savons que c'est néanmoins travailler à son avancement ; après, on peut reconnaître qu'on a marché à côté de la vérité. La conscience n'est pas suffisamment dégourdie pour montrer en temps opportun la valeur de l'acte, c'est pourquoi l'on s'égare ; mais le désir de progresser la fait apprécier pour mieux faire à l'avenir. »

Et, plus loin :

 

«  Tous les êtres évoluent ; ils se créent des lois appropriées à leur nature, qui déterminent le degré de leur développement ; la conscience est la boussole par laquelle ils se dirigent, suivant leur élévation. »

 

Pour finir, une petite citation de Walt DISNEY, pour nous donner du courage :

 

«  Pour réaliser une chose vraiment extraordinaire, commencez par la rêver. Ensuite réveillez-vous calmement et allez d'un trait jusqu'au bout de votre rêve sans jamais vous laisser décourager. »

 

 

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10/01/2012

Sur la recherche du bonheur ( de BOUDDHA )

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07/01/2012

"CONNAIS-TOI TOI-MÊME": Citation de SOCRATE vue selon l'Enseignement Antoiniste.

«  CONNAIS-TOI TOI-MÊME »

 

parole de socrate.jpg

"Connais-toi toi-même, laisse le monde aux Dieux". C'est ce qui était inscrit sur le fronton du temple de Delphes consacré a APOLLON. Cette formule invitait les hommes à se reconnaître faibles face aux dieux. elle signifiait, bien sûr,qu'il fallait penser à se connaître tout en étant bien persuadés que tout était décidé par les dieux. Nous pourrions dire aussi que celui qui se connait bien, se porte bien...et se comporte bien.

 

Cette citation a toujours été attribuée à SOCRATE, à tort. Mais c'est quand même SOCRATE qui en a complètement bouleversé le sens. Pour lui, « Connais-toi toi-même » signifie qu'il faut savoir que l'on est un d'abord un homme avec ses opinions, son éducation, sa culture, ses désirs, ses envies et ses préjugés ( ses préférences, ses amitiés, ses inimitiés...). Pour lui, c'est la connaissance la plus essentielle, conditionnant toutes les autres formes de connaissance. SOCRATE ne retient que "Connais-toi toi-même" et fait figure de contestataire, voire même de révolutionnaire.

 

La question est: « Que pouvons-nous réellement faire si nous ne nous connaissons pas nous-mêmes ? » Et:« Qu’est-ce que l’humanité ?»  En effet, on ne peut jamais chercher à se connaître en faisant abstraction du reste de l'humanité, passée et présente, surtout pour ceux qui croient à la réincarnation. Nous sommes conditionnés par la culture, la société, les religions, les médias, le nationalisme, l’éducation, les croyances diverses, les tabous, justifiés ou non.

 

Nous sommes conditionnés par le présent dans lequel nous sommes plongés mais aussi, pour nous, à notre insu, par le passé de notre âme. Dans le chapitre « REINCARNATION », le Père ANTOINE a bien souligné : 

 

« L'âme imparfaite reste incarnée jusqu'à ce qu'elle ait surmonté son imperfection. Chaque existence est la conséquence de la précédente et elle détermine celle qui lui succède par l'épreuve subie et par d'autres contractées à son insu. Avant de quitter le corps qui se meurt, l'âme s'en est préparé un autre pour se réincarner. »

 

SOCRATE n'a jamais voulu dire qu'il fallait s'analyser avec complaisance. La connaissance de soi n'implique pas le repliement sur soi, ni, surtout, la contemplation de soi et, non plus, le mépris de soi.

 

Cette contemplation de soi-même n'est que l’ignorance de la réalité ou de l'aveuglement. Elle rend l’homme esclave de ses opinions ou de son environnement culturel.

 

En fait, il faut bien lire et essayer de comprendre la signification de cette citation. Il faut bien donner aux mots leur signification grammaticale. Dans « Connais-toi toi-même », quelle valeur grammaticale donner à « toi » et à « toi-même ».

 

« toi » est complément d'objet direct. Chaque homme est la personne interpellée, et on l'interpelle pour lui dire que son introspection, que son analyse personnelle doit être faite. Chacun est invité à se connaître.

 

« toi-même » doit être considéré comme le sujet de la phrase. Il faut donc bien comprendre la citation comme suit : « Toi-même, personnellement, tu dois t'analyser, te mettre à nu ».

 

C'est là que réside le tournant majeur dans l'esprit. Il ne faut plus s'en remettre aux dieux, à DIEU, au prêtres, aux mages aux gourous pour faire la démarche de se connaître. C'est une démarche à conduire soi-même. C'était révolutionnaire pour l'époque de SOCRATE...mais cela le reste tout autant !

 

La connaissance de soi ne relève plus de l'ordre du mystique, inatteignable par les profanes que nous sommes. Mais on doit considérer que au lieu d’être inapte, chaque homme a la capacité d' entreprendre la recherche puisque l’Esprit se trouve dans l'homme lui-même.

 

C'est tout aussi désarçonnant et interpellant que ce passage de l'Enseignement du Père ANTOINE, soit le début du chapitre « LA CROYANCE & LA FOI » : 

 

« Ne croyons pas en DIEU, n'espérons jamais rien de Lui, mais croyons en nous et agissons naturellement. Sachons que nous sommes DIEU nous-mêmes, que si nous voulons, nous pouvons. »

 

La clé de « la connaissance de soi » est de pénétrer en soi-même, et cela consiste à chercher DIEU en soi. Nous en revenons au Premier Principe : 

« Si vous m'aimez, vous ne l'enseignerez à personne puisque vous savez que je ne réside qu'au sein de l'homme. Vous ne pouvez témoigner qu'il existe une suprême bonté alors que du prochain vous m'isolez » »

 

C'est, pour beaucoup, dérangeant, car, manifestement, la majorité des gens désirent, ou en tout cas admettent aisément, que quelqu’un qu'ils reconnaissent comme supérieur spirituellement, leur dise ce qu'il faut faire et comment le faire, ce qu'il faut penser. Ainsi ils sont débarrassés de la corvée de penser par eux-mêmes. Et, partant, de faire eux-mêmes cette recherche vers la connaissance de soi.

 

SOCRATE n'a jamais voulu dire : "analyse-toi avec complaisance"., ni non plus : « analyse-toi superficiellement seulement ». Ce qui est demandé n'est pas une introspection narcissique et égocentrique, mais un programme de vie morale. La connaissance de soi n'est pas de l'égoïsme mais bien une ouverture vers les autres car c'est à cette condition que l'on peut aller vers les autres et bien se comporter envers eux. Nous en revenons toujours au chapitre « LA CHARITE MORALE » que le Père ANTOINE commence par ces mots : 

 

« Mes enfants, l'homme recherche toujours ce qui correspond le mieux à ses faiblesses ou à ses vertus. Ici-bas dans ce monde de tribulations et de vicissitudes, nous parlons autant de la morale que nous la mettons peu en pratique. C'est pourquoi elle demeure très vague pour l'esprit qui a le désir de posséder matériellement plutôt que moralement. »

 

Mais il ne faut pas se leurrer, cette connaissance de soi par soi-même n'est pas sans difficultés. C'est à juste titre que Martin HEIDEGGER a écrit:

 

"Aucune époque n'a accumulé sur l'homme des connaissances aussi nombreuses et aussi diverses que la nôtre. Aucune époque n'a réussi à présenter son savoir de l'Homme sous une forme qui nous touche davantage. Aucune époque n'a réussi à rendre ce savoir aussi promptement et aussi aisément accessible. Mais aussi, aucune époque n'a moins su ce qu'est l'Homme".

 

Dans le domaine de la pensée, le scientifique ne doit pas se laisser égarer par son enthousiasme ni par l'ivresse de ses raisonnements et agir sans conscience. On peut rappeler le proverbe « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme. »

 

Dans le domaine du sentiment, c'est pareil. Nous ne devons pas nous laisser mener aveuglément par nos envies, nos attirances, nos rancœurs ou nos rejets.

 

Dans le domaine de l’action ou de l'activité professionnelle, nous devons rester capables de nous juger froidement, sans complaisance et de ne pas nous laisser emporter.

 

Tout homme possède la capacité de faire la démarche vers la connaissance de soi, par lui-même mais il doit apprendre à la cultiver. Dans le Neuvième Principe, c'est bien exprimé : 

 

« ...Cultivez-vous, vous rappellerez le passé, vous aurez le souvenir qu'il a été dit:Frappez, je vous ouvrirai. Je suis dans 'Connais-toi'. »

 

Se connaître, c’est chercher à se fondre dans l’immensité de DIEU, c'est reconnaître la présence de DIEU en nous, c'est admettre que nous sommes une parcelle de DIEU. Bien sûr, cette identification avec DIEU, ne se produit pas rapidement, ni facilement. Parfois, pour la plupart des hommes, dans toute une existence, on n’y arrive pas. De temps en temps, les gens ont une lueur, une illumination, mais de nouveau le lendemain, on se sent à nouveau isolés, faibles et désemparés. 

 

C'est ce que nous trouvons dit de façon admirable dans le chapitre « LA FOI SAUVEGARDE CONTRE LA MAUVAISE PENSEE. » : 

 

« J'ai dit que les pensées puisées dans les ténèbres nous plongent dans l'abîme, nous surchargent d'un fardeau qui nous paralyse. Entourés de ce fluide, nous n'avons plus cette ardeur de dévouement dont nous sommes animés au milieu du fluide éthéré et nous souffrons de ne plus être à la hauteur de ce que nous avons compris. »

 

Je me voudrais de ne pas clôturer cette longue dissertation sans faire référence à un passage du chapitre « NOUS DEVONS TOUJOURS RESPECTER NOTRE NATUREL » : 

 

« Quiconque cherche à résoudre le problème de l'existence, s'il désire savoir où il va, doit chercher d'où il vient, il doit connaître de quelle façon nous nous sommes incarnés : toute solution est là. Quand nous comprendrons que notre intelligence ne nous sert que pour nous diriger matériellement, autrement dit dans l'imperfection, nous saurons aussi que ce n'est pas elle qui elle qui pourrait nous en extraire, que si elle nous y plonge, nous devons arriver à la surmonter pour atteindre au vrai bonheur. Mais aussi longtemps que nous nous ignorerons, nous ne ferons qu'obéir à cette faculté et à l'amour qui en résulte. Voilà où nous faisons erreur, nous confondons l'amour divin avec le nôtre, auquel il est incompatible, c'est pourquoi je répète souvent que nous devons apprendre à nous connaître, et nous ne pourrions le faire qu'en agissant naturellement. »

 

18:25 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |