05/03/2012

LA GENEROSITE. Sur un texte de VOLTAIRE.

LA GENEROSITE, selon VOLTAIRE.

« La générosité est un dévouement aux intérêts des autres, qui porte à leur sacrifier ses avantages personnels. En général, au moment où l’on relâche ses droits en faveur de quelqu’un, et qu’on lui donne plus qu’il ne peut exiger, on devient généreux. La nature, en produisant l’homme au milieu de ses semblables, lui a prescrit des devoirs à remplir envers eux. C’est dans l’obéissance à ces devoirs que consiste l’honnêteté, et c’est au delà de ces devoirs que commence la générosité. L’âme généreuse s’élève donc au-dessus de l’intention que la nature semblait avoir en le formant. Quel bonheur pour l’homme de pouvoir ainsi devenir supérieur à son être! et quel prix ne doit point avoir à ses yeux la vertu qui lui procure cet avantage! On peut donc regarder la générosité comme le plus sublime de tous les sentiments, comme le mobile de toutes les belles actions, et peut-être comme le germe de toutes les vertus; car il y en a peu qui ne soient essentiellement le sacrifice d’un intérêt personnel à un intérêt étranger. Il ne faut pas confondre la grandeur d’âme, la générosité, la bienfaisance et l’humanité on peut n’avoir de la grandeur d’âme que pour soi, et l’on n’est jamais généreux qu’envers les autres; on peut être bienfaisant sans faire de sacrifices, et la générosité en suppose toujours; on n’exerce guère l’humanité qu’envers les malheureux et les inférieurs, et la générosité a lieu envers tout le monde. D’où il suit que la générosité est un sentiment aussi noble que la grandeur d’âme, aussi utile que la bienfaisance, et aussi tendre que l’humanité: elle est le résultat de la combinaison de ces trois vertus; et plus parfaite qu’aucune d’elles, elle y peut suppléer. Le beau plan que celui d’un monde où tout le genre humain serait généreux! Dans le monde tel qu’il est, la générosité est la vertu des héros; le reste des hommes se borne à l’admirer. La générosité est de tous les états; c’est la vertu dont la pratique satisfait le plus l’amour-propre. Il est un art d’être généreux cet art n’est pas commun; il consiste à dérober le sacrifice que l’on fait... »

 

VOLTAIRE : du Dictionnaire philosophique.

La générosité implique donc une disposition naturelle que tout homme "honnête" devrait avoir envers son prochain. Elle implique la grandeur d'âme, la bienfaisance et l'humanité. Plutôt que "humanité", on pourrait mieux dire "compassion". nous touchons ici quasiment à la notion de solidarité telle que nous l'entendons. 

Nous devons aussi faire remarquer que, au début de son enseignement, le Père ANTOINE était surnommé, non pas "le Père", mais "ANTOINE le Généreux ".

La vraie générosité implique d'être cachée. C'est toujours ce qui est dit dans l'Enseignement Antoiniste:

Dans la quatrième principe: " Ne dites jamais que vous faites la charité à quelqu'un qui vous semble dans la misère..."

Et dans le dixième principe: " ... Sachez qu'une grande épreuve sera votre récompense si vous l'humiliez en lui imposant le respect..."

Et dans le chapitre "LA SOLIDARITE":

" Etant isolés, nous ne pouvons avoir la pensée du bien, mais comment la réaliser puisque tout est solidaire ? Nous ne pouvons aller à DIEU que par l'intermédiaire de notre semblable. En prenant la maxime à la lettre, je devrais dire à celui qui me consulte et qui souffre soi-disant par le contact de son semblable: Pourquoi n'agissez-vous pas seul ? Il n'en est pas ainsi, nous le savons, la solidarité préside à la création tout entière. notre foi en une personne nous inspire de lui demander son assistance et à son contact nous touchons à un fluide éthéré qui nous réconforte. Ce bien est à partager non seulement entre nous, mais entre tous les frères moins avancés à qui nous donnons l'exemple de la patience, de la résignation et de l'amour."

Cette générosité, cette solidarité est bien autre chose que de la simple assistance. Elle implique une notion fondamentale:la reconnaissance de l'égale dignité de tous les êtres. 

Ne méprisons cependant pas l'assistance aux autres. Les vitupérations actuelles contre l'assistance, affublée pour la circonstance d'un vilain mot " assistanat" n'est rien d'autre qu'un autre nom pour l'égoïsme.

 

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18:55 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

On en manque de plus en plus de nos jours... Et cela se sent !
Marie

Écrit par : nourrice | 10/04/2012

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