19/03/2012

LE DESINTERESSEMENT: OPPOSE DE LA MANIPULATION.

LE DESINTERESSEMENT : L'OPPOSE DE LA MANIPULATION.

 

Nous avons déjà, à de nombreuses reprises, parlé du désintéressement. Le désintéressement n'est pas l'absence d'intérêt envers les autres. Non, car ce serait alors renier une autre des idées de base du Culte Antoiniste : la solidarité.

 

A de nombreuses reprises, dans l'Enseignement, et, en premier lieu, dans les Dix Principes, les deux idées sont énoncées, parfois simultanément :

  • dans le deuxième principe : «  Si vous respectez toute croyance et celui qui n'en a pas... »

  • dans le quatrième principe : « Ne dites jamais que cous faites la charité à quelqu'un qui vous semble dans la misère.... » et « ...puisque rien n'est bien s'il n'est solidaire , vous ne faites envers lui que remplir votre devoir »

  • dans le cinquième principe : « Efforcez-vous d'aimer celui que vous croyez être votre ennemi, ce n'est que pour vous apprendre à vous connaître que je le place sur votre chemin. »

  • dans le dixième principe : « ...sachez qu'une grande épreuve sera votre récompense si vous l'humiliez en lui imposant le respect. »

 

Nous avons aussi le chapitre « LE DESINTERSSEMENT ET LA FOI » dans lequel le Père ANTOINE répond, ou plutôt développe, à un thème abordé par un adepte. Mais, dans ce chapitre, c'est surtout dans l'intervention de l'adepte que nous trouvons la plus belle dissertation sur le désintéressement :

 

«  Si j'ai bien compris vos enseignements, cher Père, il me semble que le désintéressement évolue graduellement avec la foi. Les religions seraient bien plus avancées, si elles avaient développé cette vertu, si leurs adeptes, trop enclins à la matière n'avaient pas méconnu que l'amélioration morale est le but de la vie. Le désintéressement ne peut exister avec le moindre espoir de récompense ; non seulement il exclut tout calcul, mais surmonte le doute. Nous devons être charitables quand l'occasion se présente, sans crainte du lendemain. « 

 

Et le Père ANTOINE commence son développement par cette remarque :

 

«  Le désintéressement n'est pas toujours compris ; il est pourtant la base des vertus que sans lui on ne pourrait pas pratiquer.

Quand nous avons la pensée de faire la charité, nous donnons ; mais notre acte est-il toujours charitable ? ...La vraie charité a pour but l'amour, trouve en elle sa récompense... »

 

Et surtout :

 

«  Quand nous donnons, n'est-ce pas l'espoir d'une récompense ou la crainte du remords qui nous fait agir plutôt que le feu sacré ? »

 

C'est ici qu'apparaît toute l'importance, toute la valeur, du désintéressement. Les relations avec autrui doivent être solidaires mais dépourvues de calculs ! Et, encore, dans ce passage, le Père ANTOINE, ne fait encore qu'aborder une partie peu grave du calcul : l'espoir d'une récompense, d'un retour et la crainte du remords. Extérieurement, ils paraissent absolument normaux. Souvent même, ils n'hésiteront pas à simuler la gentillesse et la compassion. Ce n'est que du déguisement.

 

Il faut bien aborder un aspect plus néfaste de l'absence de désintéressement dans les relations entre personnes : la manipulation.

 

La manipulation mentale se rencontre essentiellement dans le phénomène sectaire. Mais cela ne concerne pas que cela. On peut la retrouver dans des situations de la vie qoutidienne : dans un couple, entre amis, entre collègues, voire entre un patient et son médecin.

 

La manipulation est un combat mené pour s'emparer de l'esprit d'autrui ou, en tout cas, le dominer. Les manipulateurs ne s'embarrassent pas des questions d'amour, de solidarité : ils de s'encombrent pas d'émotions, ils sont dépourvus d'empathie bien que leur arme principale est de sembler en avoir beaucoup. Ils ne ressentent aucune culpabilité, ils ne ressentent aucune souffrance morale.

 

Pour les manipulateurs, le prochain n'est pas reconnu comme une personne digne de respect ou méritant de la compassion. Qu'il s'agisse de secte,de vie privée ou de vie professionnelle, les mécanismes de manipulation sont identiques . D'abord une phase de séduction et de flatterie, puis les humiliations, les abus qui conduisent à un état de dépendance et parfois a une perte totale d'identité et de repères.

 

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En fait, ils commettent un des sept péchés capitaux : l'envie. Ils observent le prochain, ils découvrent ses qualités. Qualités qu'ils ne possèdent pas. Ils n'ont qu'une envie : détruire le prochain, démolir ses pensées, l'avilir aux yeux des autres, le dénigrer

 

Voici les 30 critères du manipulateur, extraits du livre " Les manipulateurs sont parmi nous" d' Isabelle Nazare-Aga.
1.Il culpabilise les autres au nom du lien familial, de l'amitié, de l'amour, de la conscience professionnelle
2.Il reporte sa responsabilité sur les autres, ou se démet des siennes
3.Il ne communique pas clairement ses demandes, ses besoins, ses sentiments et opinions
4.Il répond très souvent de façon floue
5.Il change ses opinions, ses comportements, ses sentiments selon les personnes ou les situations 
6.Il invoque des raisons logiques pour déguiser ses demandes
7.Il fait croire aux autres qu'ils doivent être parfaits, qu'ils ne doivent jamais changer d'avis, qu'ils doivent tout savoir et répondre immédiatement aux demandes et questions
8.Il met en doute les qualités, la compétence, la personnalité des autres : il critique sans en avoir l'air, dévalorise et juge
9.Il fait faire ses messages par autrui
10.Il sème la zizanie et crée la suspicion, divise pour mieux régner 
11.Il sait se placer en victime pour qu'on le plaigne
12.Il ignore les demandes même s'il dit s'en occuper
13.Il utilise les principes moraux des autres pour assouvir ses besoins
14.Il menace de façon déguisée, ou pratique un chantage ouvert
15.Il change carrément de sujet au cours d'une conversation
16.Il évite ou s'échappe de l'entretien, de la réunion
17.Il mise sur l'ignorance des autres et fait croire en sa supériorité
18.Il ment
19.Il prêche le faux pour savoir le vrai
20.Il est égocentrique
21.Il peut être jaloux
22.Il ne supporte pas la critique et nie les évidences
23.Il ne tient pas compte des droits, des besoins et des désirs des autres
24.Il utilise souvent le dernier moment pour ordonner ou faire agir autrui
25.Son discours paraît logique ou cohérent alors que ses attitudes répondent au schéma opposé
26.Il flatte pour vous plaire, fait des cadeaux, se met soudain aux petits soins pour vous
27.Il produit un sentiment de malaise ou de non-liberté
28.Il est parfaitement efficace pour atteindre ses propres buts mais aux dépens d'autrui
29.Il nous fait faire des choses que nous n'aurions probablement pas fait de notre propre gré
30.Il fait constamment l'objet des conversations, même lorsqu'il n'est pas là

 

Voici ce qu'en dit Sonya Jougla, Psychologue clinicienne, psychothérapeute et victimologue :

 

« Il y a trois sortes de personnes qui pourraient devenir des gourous. Les maîtres à penser. Ce sont des chefs de file, ils n'ont pas véritablement besoin de pouvoir. Ensuite, les escrocs. "Je vais profiter de la crédulité des gens et prendre des sous". Soit, ils disjonctent car ils se rendent compte que cela peut leur apporter beaucoup d'argent et créent une secte, soit ils laissent tomber.
Il y a enfin les grands malades et ceux qui vont développer leur maladie grâce aux adeptes. Ce sont les paranoïaques (la plupart des gourous), et les pervers narcissiques. Ils manipulent tout en ayant l'air d'être gentils, c'est plus fin que la paranoïa. Pour avoir un tel besoin de pouvoir, il faut être abîmé, ces manipulateurs n'ont pas su ou pas pu se construire. Le manipulateur ne peut exister que s'il trouve une victime. C'est un couple infernal car le manipulé renforce le manipulateur dans sa maladie. Le groupe amplifie la domination. Et comme il y a tout le poids de l'invisible, c'est invérifiable. Le manipulateur peut alors réaliser tous ses fantasmes, les plus pervers, au nom de cette croyance imaginaire. »

18:21 Écrit par P.B. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/03/2012

LA GENEROSITE. Sur un texte de VOLTAIRE.

LA GENEROSITE, selon VOLTAIRE.

« La générosité est un dévouement aux intérêts des autres, qui porte à leur sacrifier ses avantages personnels. En général, au moment où l’on relâche ses droits en faveur de quelqu’un, et qu’on lui donne plus qu’il ne peut exiger, on devient généreux. La nature, en produisant l’homme au milieu de ses semblables, lui a prescrit des devoirs à remplir envers eux. C’est dans l’obéissance à ces devoirs que consiste l’honnêteté, et c’est au delà de ces devoirs que commence la générosité. L’âme généreuse s’élève donc au-dessus de l’intention que la nature semblait avoir en le formant. Quel bonheur pour l’homme de pouvoir ainsi devenir supérieur à son être! et quel prix ne doit point avoir à ses yeux la vertu qui lui procure cet avantage! On peut donc regarder la générosité comme le plus sublime de tous les sentiments, comme le mobile de toutes les belles actions, et peut-être comme le germe de toutes les vertus; car il y en a peu qui ne soient essentiellement le sacrifice d’un intérêt personnel à un intérêt étranger. Il ne faut pas confondre la grandeur d’âme, la générosité, la bienfaisance et l’humanité on peut n’avoir de la grandeur d’âme que pour soi, et l’on n’est jamais généreux qu’envers les autres; on peut être bienfaisant sans faire de sacrifices, et la générosité en suppose toujours; on n’exerce guère l’humanité qu’envers les malheureux et les inférieurs, et la générosité a lieu envers tout le monde. D’où il suit que la générosité est un sentiment aussi noble que la grandeur d’âme, aussi utile que la bienfaisance, et aussi tendre que l’humanité: elle est le résultat de la combinaison de ces trois vertus; et plus parfaite qu’aucune d’elles, elle y peut suppléer. Le beau plan que celui d’un monde où tout le genre humain serait généreux! Dans le monde tel qu’il est, la générosité est la vertu des héros; le reste des hommes se borne à l’admirer. La générosité est de tous les états; c’est la vertu dont la pratique satisfait le plus l’amour-propre. Il est un art d’être généreux cet art n’est pas commun; il consiste à dérober le sacrifice que l’on fait... »

 

VOLTAIRE : du Dictionnaire philosophique.

La générosité implique donc une disposition naturelle que tout homme "honnête" devrait avoir envers son prochain. Elle implique la grandeur d'âme, la bienfaisance et l'humanité. Plutôt que "humanité", on pourrait mieux dire "compassion". nous touchons ici quasiment à la notion de solidarité telle que nous l'entendons. 

Nous devons aussi faire remarquer que, au début de son enseignement, le Père ANTOINE était surnommé, non pas "le Père", mais "ANTOINE le Généreux ".

La vraie générosité implique d'être cachée. C'est toujours ce qui est dit dans l'Enseignement Antoiniste:

Dans la quatrième principe: " Ne dites jamais que vous faites la charité à quelqu'un qui vous semble dans la misère..."

Et dans le dixième principe: " ... Sachez qu'une grande épreuve sera votre récompense si vous l'humiliez en lui imposant le respect..."

Et dans le chapitre "LA SOLIDARITE":

" Etant isolés, nous ne pouvons avoir la pensée du bien, mais comment la réaliser puisque tout est solidaire ? Nous ne pouvons aller à DIEU que par l'intermédiaire de notre semblable. En prenant la maxime à la lettre, je devrais dire à celui qui me consulte et qui souffre soi-disant par le contact de son semblable: Pourquoi n'agissez-vous pas seul ? Il n'en est pas ainsi, nous le savons, la solidarité préside à la création tout entière. notre foi en une personne nous inspire de lui demander son assistance et à son contact nous touchons à un fluide éthéré qui nous réconforte. Ce bien est à partager non seulement entre nous, mais entre tous les frères moins avancés à qui nous donnons l'exemple de la patience, de la résignation et de l'amour."

Cette générosité, cette solidarité est bien autre chose que de la simple assistance. Elle implique une notion fondamentale:la reconnaissance de l'égale dignité de tous les êtres. 

Ne méprisons cependant pas l'assistance aux autres. Les vitupérations actuelles contre l'assistance, affublée pour la circonstance d'un vilain mot " assistanat" n'est rien d'autre qu'un autre nom pour l'égoïsme.

 

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18:55 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

01/03/2012

ABSENCE DE L'AMOUR, INDIFFERENCE ET VUE DU MAL.

Dans le chapitre "QUELLE EST LA CONCEPTION QU'ON PEUT SE FAIRE DE DIEU ?", le Père ANTOINE est amené à répondre à un adepte qui pose une question indirecte, peut-être insidieuse:

" Père, une personnem'a demandé quelle conception Vous Vous faites de la DIVINITE."

Comme à son habitude, le Père ANTOINE ne se borne pas à répondre mais se lance dans une longue explication qui lui permet d'aborder divers problèmes connexes, parfois lointains. Ainsi, il aborde, une fois de plus le problème de la vue du mal, cause de l'absence d'amour.

Nous pouvons bien apprécier les termes choisis. Ils ne le sont jamais au hasard. Le Père ANTOINE ne parle pas de l'inimitié, de la haine ni de pesonnes considérées comme ennemies. Il parle simplement de l'absence d'amour, c'est-à-dire de l'indifférence, du manque de compassion ou d'intérêt.

Voici ce qu'il dit:

" Nous ne souffrons que dans l'absence de l'amour. par exemple si l'un ou l'autre de nos semblables nous paraît ne pas remplir son devoir, nous imaginons en lui le mal et cette vue anéantit l'amour que nous devrions avoir pour lui. En réfléchissant il est bien plus facile de trouver la cause de notre souffrance en nous que dans notre semblable, car si quelqu'un agit contrairement à la conscience, c'est à lui à le reconnaître puisqu'il n'y a que lui qui en souffre; remontons à la source de la vue qui nous fait voir le mal en lui, je l'ai révélé et je crois qu'on ne pourrait trop le répéter, nos souffrances n'ont btoutes qu'une seule et même cause, le doute qui nous montre par la vue du mal tout opposé à la réalité."

Et, après ce qui peut paraître comme une digression, le Père ANTOINE en revient à la question initiale:

" Si nous possédions une plus grande foi nous comprendrions d'autant mieux DIEU, nous saurions qu'Il est l'amour. Si j'en éprouve un grand bonheur quand Il est en moi, pour quelle raison devrais-je Le repousser et être malheureux parce qu'un autre n'agirait pas comme il me semblerait qu'il doit le faire ? Pourquoi le priver de mon amour ? si celui-ci me fait défaut, ne vais-je pas souffrir encore davantage en n'éprouvant pour lui que de la haine ?

   Voilà la conception que tous les prophètes ont révélée et quoiqu'elle soit enseignée, la plupart pourraient encore l'ignorer. Pourrait-on s'en imaginer une plus réconfortante et plus naturelle puisqu'elle est réellement l'amour , DIEU par lequel nous aimons notre semblable, nous donnant ainsi le vrai bonheur qui ne peut exister en dehors de cet amour?"

 Cette absence d'amour et de compassion pour autrui n'est finalement qu'un manque de respect pour  cette pesrsonne. Et ce comportement envers une personne n'est bien souvent que le reflet du comportement adopté enn général.

Mais le monde est un miroir. Cette sécheresse vis-à-vis des autres ramène souvent au manque de respect et de considération que l'on pour soi-même.

Il faut donc accepter de faire une introspection et de rechercher quelle personnalité on est vraiment.


19:05 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |