07/08/2012

" NE VOIR LE MAL EN RIEN "

 

« ...& ne voir le mal en rien »

 

«  Vous ne pouvez faire la morale à personne, ce serait prouver que vous ne faites pas bien, parce qu'elle ne s'enseigne pas par la parole mais par l'exemple et ne voir le mal en rien. »

 

Nous revenons toujours à cette idée de regard, de « vue du mal ». Mais ne devrait-on pas aussi tout aussi bien dire « ...et ne voir le bien en rien »

 

En effet, ce qui est important, c'est de souligner cette puissance du regard porté par autrui sur nous et du regard porté par nous sur autrui. Il importe que celui-ci ne soit pas entaché de parti pris, qu'il soit dépourvu de jugement a priori, qu'il soit exempt de toute subjectivité mal fondée.

 

Si forts que nous croyons être, nous restons constamment soumis au regard, à l'appréciation et au jugement des autres, de nos semblables. Cela nous pousse à avoir un comportement qui n'est pas nécessairement celui que nous dicterait notre personnalité réelle. Ainsi nous pourrions nous écarter de notre naturel et avoir ainsi un comportement étrange, un véritable dédoublement de la personnalité. Cela peut aussi nous amener, au contraire, à adopter une attitude strictement défensive, à nous enfermer sur nous-mêmes, à construire des défenses de façon à empêcher ce que nous considérons comme des intrusions.

 

Il est évident que lorsque nous disons « nous », c'est exactement la même chose que si nous disions « les autres ». Toutes ces propositions peuvent toujours être inversées.

 

"Autrui" est ce qui nous différencie de nos semblables, ce que nous ne pouvons apprécier totalement à cause de notre subjectivité, de nos jugements portés a priori. Peut-on considérer « autrui » comme un juge dont le seul regard sur nous va délivrer une sentence ? Faut-il redouter de voir toutes les lignes de défenses dont on a parlé au paragraphe précédent céder sous cette subite intrusion de l'autre ?

 

Quand J.P.Sartre disait :" L'enfer, c'est les autres", il visait précisément ce regard, ce jugement que les autres ont sur nous. Mais cela pourrit aussi être la définition de l'indulgence dont nous faisons preuve à notre propre égard: notre « vue du mal » nous pousse naturellement à l'indulgence vis-à-vis de nous-mêmes, le mal vient des autres et non de nous-mêmes.

 

Cela est réfuté par le Père ANTOINE dans son Enseignement. Ainsi dans le chapitre «  NOUS NE POURRIONS POSSEDER NI LA FOI NI L'AMOUR SANS LES ACQUERIR PAR LA PRATIQUE DE LA CHARITE ”, le Père ANTOINE répond à un adepte qui lui pose la question suivante:

 

J'ai remarqué que votre enseignement préconise d'aimer. En effet, nous sommes loin de posséder cet amour vrai. Pour l'acquérir, ne devrions-nous pas nous défendre contre l'imagination du mal ? “

 

Le Père ANTOINE répond:

 

Vous avez raison; si nous travaillions avec zèle, avec cette pensée, nous serions d'autant plus heureux. Malheureusement nous nous appliquons parfois à constater le manque d'amour de nos semblables et nous en souffrons, sans songer davantage à aimer nous-mêmes. Ëtre affligé de ec qu'une personne n'éprouve pour nous que de la froideur, n'est-ce pas la preuve que l'amour nous fait également défaut ? Si nous aimions, nous n'aurions pas cette vue. Pour bien raisonner cette question, nous devrions nous analyser sincèrement, sans nulle prétention de paraître ce que nous ne sommes pas, nous étudier avant d'accuser autrui.”

 

On devrait toujours se poser ces questions:

 

  • qu'est-ce que chacun doit aux autres ?

  • Sommes-nous solidaires, reliés aux autres ou pratiquons-nous la loi du “chacun pour soi” ?

 

 

 

 

 

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21:03 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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