22/03/2013

LES NON-TRINITAIRES.

 

LES NON-TRINITAIRES

 

DE MICHEL SERVET AUX ANTOINISTES.

 

Michel SERVET, né le 29 septembre 1511 en ESPAGNE ( ARAGON ) à VILLANUEVA de SIGENA. Exécuté ( condamné au bûcher ) le 27 octobre 1553 à GENEVE. Ce théologien s'opposa au dogme de la Trinité, raison pour laquelle il fut brûlé vif pour  «  hérésie ». Il espérait que l'abolition du dogme trinitaire rendrait le christianisme plus attrayant aux juifs et aux musulmans, dont la religion était, et est toujours, strictement monothéiste.

Il soutenait que ce dogme n'était pas fondé sur l'enseignement biblique mais plutôt sur un enseignement venant des philosophes grecs. Pour cela, il se référait à la bible et aux évangiles. Dans ces livres, il dit ne trouver aucune trace de ce dogme et, a fortiori, des discours complexes mis au point par l'Eglise catholique pour justifier cette conception. Hélas pour Michel SERVET, les calvinistes de GENEVE ne se montrèrent pas plus tendres !

 

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Michel SERVET

 

SERVET, contrairement à l'Eglise et aussi à CALVIN, postule l'existence d'un DIEU « auquel l'homme peut s'unir ».

Il s'oppose ainsi, notamment, à CALVIN qui décrit « un souverain Seigneur (…) devant qui l'homme chétif et misérable ne peut que se prosterner dans la cendre, adorer et obéir »; CALVIN qui écrit: « Si Michel SERVET vient à Genève, je ne réponds pas qu'il puisse en sortir vivant ».

Les Antoinistes ne sont pas très éloignés de l'idée défendue par SERVET. Il suffit de lire dans le chapitre « LA CROYANCE & LA FOI » ce qui suit :

« Ne croyons pas en DIEU, n'espérons jamais rien de Lui, mais croyons en nous et agissons naturellement. Sachons que nous sommes DIEU nous-mêmes, que si nous voulons nous pouvons. La croyance a été imaginée par l'intelligence qui a toujours cru que DIEU existe en dehors de nous. Elle ne peut être naturelle car elle suscite la crainte et nous fait agir toujours contrairement, avec la pensée que DIEU nous voit, qu'Il nous observe, qu'Il nous punit et nous donne des récompenses; c'est ainsi que nous faisons le mal croyant faire le bien. »

Donc, pour les Antoinistes, pas non plus question de considérer l'homme comme un être chétif devant trembler devant un DIEU gendarme.

Michel SERVET soutenait que le « Logos divin » était une manifestation de Dieu et non une personne divine distincte. Ce « Logos » s'est manifesté par l'intermédiaire et par JESUS, un être purement humain. De là découlent diverses théories pour expliquer que JESUS n'est pas en réalité DIEU mais qu'il est l'expression de DIEU. Nous ne les passerons pas en revue.

Que doit-on comprendre par « Logos » ? Le mot « Logos » vient du verbe grec « lego », ( « = «dire»). Ce terme figure en bonne place dans un certain nombre doctrines philosophiques grecques puis chrétiennes. Au départ, la signification du mot était «discours connecté», puis il eut une grande variété d'autres significations: «argument», «principe rationnel», «raison»... Il est donc difficile d'interpréter les doctrines des philosophes utilisant le terme « logos ».

Au 3e siècle avant JC, les promoteurs du stoïcisme ont utilisé l'idée de « logos » pour signifier « l'immanent », le « principe commandant, structurant, l'univers ». Là, on se rapproche de la vision monothéiste, donc chrétienne. Dans l'évangile selon Saint Jean, ce dernier donne une place centrale au « logos » qu'il définit en tant que Dieu, le Verbe créateur, qui s'est incarné dans l'homme Jésus-Christ. («  In initio erat verbum et verbum caro factum est et habitavit in nobis »). Ces quelques mots sont finalement les seuls dans l'Evangile qui pourraient être invoqués.

Dans la philosophie médiévale, donc nécessairement chrétienne, le « Logos » c'est la raison divine qui agit comme un principe d'ordonnancement de l'univers: le « Logos », signifie la « volonté de Dieu », ou l'identification avec avec les idées qui sont dans l'esprit de DIEU. L'incarnation a donc été comprise comme l'incarnation de ces attributs divins dans JESUS.

Toute la discussion porte dès lors sur le fait de savoir si Jésus-Christ était DIEU à part entière et sur ce que signifiait sa filiation par rapport à DIEU. Dès le moment où on a prétendu qu'il était DIEU à part entière, il a bien fallu élaborer la doctrine de la Trinité. Le « Logos » est alors le terme par lequel la théologie chrétienne désigne la Parole de DIEU puis, pour les Trinitaires, la Seconde Personne de la Sainte Trinité. Le Saint-Esprit étant la troisième personne par laquelle les idées de DIEU se diffusent.

C'est seulement à partir du moment de la conception de JESUS que la seconde personne aurait été engendrée. Dès que l'on admet que, à un moment donné de l'histoire de l'humanité, DIEU est entré dans l'histoire par l'intermédiaire d'une personne humaine engendrée par Lui, on doit bien considérer que ce « Fils » n'est pas éternel puisqu'il a eu un commencement et une vie. Or l'éternité et l'immuabilité sont deux conceptions fondamentales de la DIVINITE.

Pour cette raison, SERVET rejeta toujours l'idée que le Christ était « le Fils éternel de Dieu », il soutenait qu'il était « le Fils de Dieu éternel ». Il ne s'agit pas d'un simple jeu de mots. Mais c'est la négation de la divinité pure et simple du Christ. Pour lui, le Christ est une manifestation de DIEU mais n'est pas DIEU. JESUS n'est donc pas DIEU mais un homme auquel l'essence divine s'est alliée temporairement. Cette position est évidemment jugée blasphématoire non seulement par l'Eglise catholique mais aussi par les Eglises protestantes.

Ce n'est que le retour d'une doctrine religieuse apparue au II°siècle: l'adoptianisme, doctrine selon laquelle JESUS serait devenu le fils de DIEU par adoption à la suite de son baptême dans le JOURDAIN. Ce n'est cependant qu'au XII°siècle que le pape vint à bout de l'adoptianisme qui est considéré définitivement comme hérésie.

Michel SERVET est honoré par les chrétien unitariens qui fleurissent chaque année sa statue à PARIS. Il est considéré par les chrétiens unitariens comme leur précurseur. Les chrétiens unitariens n'admettent pas le dogme de la Trinité tou en reconnaissant le rôle central du Christ et la valeur de son Enseignement.

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Quant aux antoinistes, on peut dire que leur position est encore plus radicale et qu'elle peut aussi être considérée comme blasphématoire. Ce n'est pas une unique fois dans l'histoire que DIEU s'est manifesté dans l'humanité, par l'intermédiaire d'un homme. Dans chaque homme, potentiellement, il se manifeste. C'est ce qui est développé dans le chapitre « NOUS SOMMES TOUS DES DIEUX ». Chapitre dont le titre est explicite :

«  Je l'ai révélé, la vie est la conséquence de l'amour, DIEU, comme Lui, elle est éternelle. C'est ce qui démontre que ce qui est de DIEU est DIEU, mais entendons-nous bien, cette conséquence n'est pas la cause, elle n'est que l'effet, l'opposé, c'est la raison pour laquelle la vie n'y est pas accessible et pour le devenir, elle a dû prendre la chemin opposé. Je le répète, rien n'est sorti de DIEU qui ne soit DIEU; s'il n'en était pas ainsi, DIEU ne serait pas pur. Il remplit tout l'univers et seul, il existe réellement. Tout ce que nous pouvons percevoir par les sens est imperfection, utile seulement à notre développement, illusion de l'esprit due à l'imagination mais n'oublions pas que j'ai dit que rien n'est aperçu matériellement s'il n'existe spirituellement. »

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« Tout ce qui existe est éternel, rien n'a commencé ni rien ne finira, la création l'est également. »

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« Nous sommes DIEU pour autant que nous Le possédons. DIEU est en nous et nous, en LUI; par son amour, nous pouvons tout, notre foi ira jusqu'à transporter les montagnes, plus rien ne nous sera impossible. N'a-t-il été révélé que sans la foi on ne peut être sauvé ? Sans elle, on ne peut donc jouir du bonheur suprême ! »



Quant à, pour les trinitaires, la notion de la Troisième personne, le Saint-Esprit, il fut encore plus difficile de l'élaborer ! Ce n’est pas une force ésotérique, évanescente; c’est le don mystérieux de DIEU qui agit dans la vie de chacun. Le Saint-Esprit renforce dans l’épreuve, libère du doute, rend joie et confiance.

Le Saint-esprit serait une personne distincte du Père et du Fils, et formant avec eux un seul DIEU. C'est le crédo imposé finalement par CHARLEMAGNE, à qui on ne connaît pourtant aucune formation théologique:

« Je crois en l'Esprit saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes. »

Les orthodoxes estiment cette innovation contraire à l'enseignement des Pères de l'Eglise.

Les Témoins de Jéhovah rejettent aussi la doctrine de la Trinité. Pour eux, l'Esprit saint désigne la force agissante ou force active de Dieu.

Donc, pour de nombreux chrétiens, l'Esprit Saint n'est pas une personne divine, mais c'est un attribut même de DIEU.

Les musulmans ont une jolie expression. Ils parlent du « Souffle de Dieu » que l'on trouve à partir de la prière. Lorsque l'on prie, on ressent DIEU. Cette présence de DIEU, c'est l'équivalent du Saint-Esprit. Pour eux, c'est une des définitions de DIEU, ou plutôt un de ses attributs.

 

Dans l'Enseignement Antoiniste, on reconnaît aussi cette présence, cette liaison que l'on ressent dans des moments favorables, comme lors des Opérations Générales. C'est ce que nous trouvons dans le chapitre « CAUSE, DEVELOPPEMENT & PERFECTIONNEMENT DE L'ÊTRE. » :

 

« ...Si nous voulons trouver DIEU, nous devons Le chercher avec DIEU Lui-même. DIEU nous donne tout et toujours; Il dit : '' Demandez et vous recevrez ; votre foi me permettra de vous le procurer. Si vous voulez faire le mal, je vous y aiderai, croyez-le; si vous doutez, vous refusez ce que je veux vous donner pour vous satisfaire. Cependant, ce doute, c'est encore moi qui vous l'ai donné parce que vous l'avez demandé. Où croiriez-vous puiser qu'en moi, puisque je suis en tout et partout ? Sans ma présence en vous, que seriez-vous ? Bien moins encore qu'une motte de terre !''

Nous nous égarons en cherchant DIEU en dehors de nous... »

On pourrait aussi établir un rapprochement entre la notion d'esprit saint et la notion de fluides puisés à bonne source. Ainsi, dans le chapitre « LA FOI SAUVEGARDE CONTRE LA MAUVAISE PENSEE. », nous pouvons lire :

 

"...Quand nous luttons pour surmonter une faiblesse, obéissant à une pensée de progrès, nous puisons dans les fluides éthérés, dans l'amour divin. DIEU est invisible pour tout ce qui est matière ; mais si les yeux du corps ne me perçoivent pas, l'âme le voit en sa pureté elle-même. DIEU c'est l'amour et c'est cette force que nous puisons en Lui, en raison de notre désir du progrès, de notre résistance à l'assouvissement de nos faiblesses, résistance parfois bien pénible et bien douloureuse. »

Quand on a écrit au mur du fonds des Temples Antoinistes "L'Enseignement du Père, c'est l'Enseignement du Christ révé à cette époque par la foi", beaucoup d'adversaires ont ri prétendant qu'on affirmait que le Père ANTOINE aurait été la réincarnation du CHRIST, donc du fils de DIEU...On voulait simplement insister sur les affinités existant entre les deux Enseignements ! Pour mettre fin à cette confusion, aussi partagée par certains Antoinistes, on a fait enlever cette inscription.

Donc, le Père ANTOINE ne s'est jamais prétendu être la réincarnation de JESUS; Et ce, contrairement à d'autres tels que le Père DOR et, plus près de nous, Georges ROUX, le "Christ de MONTFAVET"

18:59 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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