26/04/2013

UN COURANT DE PENSEE MODERNE: L'ANIMALISME.

 

SUR L'ANIMALISME.

 

Dans l'enseignement du Père ANTOINE, il y a, nous l'avons déjà vu à maintes reprises, des passages difficiles à comprendre. Des passages parfois rébarbatifs ou qui nous font sursauter.

 

C'est notamment le cas de ce passage du chapitre « UNITE INDIVIDUELLE DE L'ENSEMBLE » :

 

« L'animal n'est que l'excrément de notre imperfection ; voyons où il prend naissance, nous en trouverons la raison ; il est facile de savoir d'où il provient.

Notons bien que les animaux n'ont pas une individualité comme on pourrait le supposer ; ils sortent en grand nombre de la même individualité dont ils se détachent partiellement pour faciliter le développement de l'ensemble. S'ils devaient s'élever jusqu'à l'être humain et continuer progressivement, il y a longtemps que le monde en regorgerait. Il en faut des milliards pour composer une individualité qui se déploie dans l'incarnation, mais au fur et à mesure que ces êtres se développent, ils se restreignent de plus en plus et à la suite de multiples existences, ils se réduisent, par sélection, à l'unité. Voilà comment se forment les différentes espèces d'animaux. Ils correspondent à notre imperfection qui est seule leur raison d'être, car nous devons savoir que l'animal n'existe qu'en apparence. Ne croyons pas que nous passons par le règne animal, il n'en est pas ainsi; il nous prépare seulement les éléments nécessaires à la formation de notre individualité apparente ou autrement dit matérielle. L'individualité individuelle ne commence qu'à l'état d'homme et au fur et à mesure qu'elle progresse, elle comprend mieux l'individualité supérieure par laquelle elle se dirige et avec laquelle elle aspire à se confondre pour n'en faire qu'une. »

 

Etonnant aussi ce passage du chapitre « L'INTELLIGENCE HUMAINE COMPAREE A L'INSTINCT ANIMAL » :

 

« N'est-il pas étrange que tout en admirant l'instinct animal, il fasse abstraction du sien qui en est l'opposé, car l'humain le relie à la Divinité tandis que l'autre le fait à la matière. L'homme a trouvé l'instinct de l'animal sublime, parce que, s'étant abîmé par son intelligence, il n'a pu remédier à ses maux que par cet intermédiaire. »

 

Que dire aussi de ce passage du chapitre « L'ARBRE DE LA SCIENCE DE LA VUE DU MAL. » :

 

«  .. .j'aime à faire comprendre combien nous sommes aussi dans l'erreur en nous attachant à l'animal, c'est un grand péché parce que l'animal n'est pas digne d'avoir sa demeure où réside les humains. »

 

On est parfois heurté par toutes ces paroles. J'avoue ne pas les avoir bien comprises jusqu'à présent. En fait,nous voyons dans ces extraits que le Père ANTOINE, une fois de plus, a fait office de précurseur: tout simplement, il a eu la prémonition d'une pensée, d'un courant d'esprit, qui se manifeste depuis un certain temps: l'animalisme. Et, en quelque sorte, il nous met en garde à ce sujet ; tout en respectant les animaux ( le Père ANTOINE était un végétarien strict ), il tient à établir une distinction entre le monde humain et le monde animal. Barrière que l'animalisme a tendance à faire disparaître.

 

Le mouvement animaliste applique un dogme selon lequel les animaux devraient avoir des droits, non seulement en tant qu’espèces, mais en tant qu’individus. En vertu de ces droits, les animaux seraient victimes de discrimination, notamment en regard de toute activité qui entre dans une optique d’exploitation, d'élevage, de commerce...comme la pêche, l'agriculture...

 

Cette philosophie s'oppose à des populations humaines: il y aurait d'une part les animaux qu’ils disent défendre; d'autre part les populations qui vivent du prélèvement de la nature. Ce courant de pensée place parfois l’animal avant l’humain. Le Père ANTOINE affirme bien l'inverse: « L'individualité individuelle ne commence qu'à l'état d'homme... »

 

Qu'a voulu dire le Père ANTOINE par ces paroles ? Que l'être humain se définit par la pensée, et surtout la pensée selon la conscience. Refuser de penser par soi-même, refuser de penser selon la conscience, c'est se placer hors de l'humanité.

 

Le courant animaliste invoque essentiellement la nature. La nature, donc le monde animal, devrait être pris comme modèle de comportement que ce soit pour le mode de vie, que ce soit pour la façon de se soigner, de se nourrir. Seul le monde animal serait proche du naturel.

 

On invoque la nature, mais celle-ci ne saurait pas être la base du droit ni de la morale. Si c'était le cas, nous vivrions selon ses lois. Or ces lois ne sont que lutte violente envers et contre tout et tous pour la survie. La civilisation consiste à s'élever au-dessus de la nature.

 

Mais s'élever au-dessus de la nature ne signifie nullement le droit d'en disposer à sa guise, ni le droit de la falsifier. Le monde humain s'est élevé au-dessus de la nature mais n'a pas le droit de transformer celle-ci en piédestal. La nature doit être respectée. L'antoinisme occupe donc une position inconfortable, pas toujours facile à comprendre, entre la vision anthropocentriste ou prométhéenne et la position animaliste. Dans le chapitre « L'ARBRE DE LA SCIENCE DE LA VUE DU BIEN », nous pouvons lire ces quelques phrases :

 

« J'ai dit que cette faculté (l'intelligence) ne sait supporter ce qui est réel ; elle est toujours tentée à le falsifier ; elle est même son propre ennemi, son poison puisqu'elle s'ingénie à dénaturer jusqu'aux aliments eux-mêmes. C'est bien là qu'elle prépare la majeure partie de ses souffrances car les mets excitants provoquent des excès qui détraquent l'organisme. »

 

Selon les animalistes, il y aurait une forme de naturalisme qui réduirait et irait même jusqu'à éliminer toute différence entre le monde animal et le monde humain. Rappelons bien à propos que la doctrine antoiniste de la réincarnation n'admet pas la réincarnation animale ( « Ne croyons pas que nous passons par le règne animal, il n'en est pas ainsi... »). Certes certains animaux peuvent manifester certains comportements attestant qu'ils sont capables d'empathie. Cependant, de là à dire que ces gestes peuvent servir de base à la morale, à la vie sociale, il y a un gouffre à ne pas franchir !

 

Le rêve des animalistes serait-il la fin de la différence humaine ? Or, c'est à partir de ce concept de « différence humaine » qu'on peut concevoir les notions de solidarité, de charité morale, de morale, de foi, de libre arbitre, la recherche d'amour...

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Ce n'est pas seulement le rire qui est le propre de l'homme...mais c'est ce simple geste!

 

 

18:50 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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