10/05/2013

VUE DU MAL, HAINE ET LEUR EXUTOIRE: LES BOUCS EMISSAIRES.

VUE DU MAL, HAINE ET LEUR EXUTOIRE: LES BOUCS EMISSAIRES.

Tout d'abord ce petit extrait du chapitre "L'EPREUVE DE L'ACTE DU BIEN ET L'EPREUVE DE L'ACTE DU MAL.". Il nous aidera à comprendre le raisonnement:

" Chaque fois que nous sommes à l'épreuve, nous ressentons par notre manque d'amour un fluide qui nous terrasse, devant ceux que nous disons nos ennemis. Nous nous révoltons et nous nous accablons davantage, nous récoltons de mauvais fluides et nous croyons agir encore avec raison. ce venin que nous dégageons nous revient parce qu'au lieu d'envisager notre épreuve comme une récompense, nous la prenons pour un mal. Nous nous attardons parfois dans ces fluides et notre santé s'altère à tel point que nous parvenons bien difficilement à la recouvrer. elle est au prix du travail que nous devions fournir dans l'épreuve pour obtenir la parcelle de foi que comportait notre acte de dévouement."

On revient toujours, comme source des malheurs, à cette maudite "vue du mal". Cette "vue du mal" entraîne la méfiance, l'observation d'autrui pour y déceler une différence, la stigmatisation de ces différences réelles ou imaginées et leur rejet. Avec deux conséquences: la haine d'autrui et la douleur pour soi-même causée par un déséquilibre psychologique: la paranoïa. Paranoïa qui décuple encore la haine d'autrui.

L'expression de la haine n'est rien d'autre que l'exutoire de tout ce bouillonnement intérieur. L'expression de la haine, l'exutoire de ce bouillonnement intérieur se manifeste par la recherche de boucs émissaires.

Comme s'il fallait absolument trouver un coupable pour se soulager de son mal-être. Faut-il vraiment trouver un coupable pour se sentir mieux ?

J'ai été frappé de lire un texte d'un psychiâtre français, Philippe JEANMET, qui parle du harcèlement chez les enfants et les adolescents. Ce phénomène est aussi bien typique de ce qui a été développé plus haut: "vue du mal", recherche des différences, stigmatisations de ces différences, haine, recherche de boucs émissaires...

Voici ce texte de Philippe JEANMET:

" Cette forme de méchanceté, qui a toujours existé, se répand partout, pas seulement à l'école. La dérision est devenue la norme. Il faut attaquer; mettre les gens dans l'embarras; ne pas être dans l'échange positif où l'on se nourrit de l'autre, mais dans la mise en échec où l'on se méfie de lui. On n'est pas dans le partage mais dans le rapport de pouvoir. En réalité, on devance la possibilité d'être l'objet de moquerie en désignant l'autre comme comme bouc émissaire. Il y a derrière ces faits de harcèlement à l'école un petit enfant qui fait subir aux autres  ce qu'il a peur de subir."

Mais, si l'on raisonne bien, on doit bien admettre que la dernière phrase ne s'applique pas uniquement au harcèlement dans les écoles mais bien, hélas, à la vie sociale en général: dans les relations familiales, de voisinage, dans les entreprises, dans la vie publique...

Pourquoi finalement reprocher aux jeunes le harcèlement alors qu'ils ne font que reproduire ce qu'ils observent quotidiennement dans la vie sociale ?

Pour être plus optimiste, cet autre extrait de l'Enseignement du Père ANTOINE, puisé dans le chapitre " LA FOI ET LE DOUTE DANS L'EDUCATION ":

" La personne qui a peur est exposée à être atteinte; elle peut attirer ce qu'elle redoute. Nous avons dit que celui qui n'a pas peur marche sans danger sur le bord d'un toit. La foi le préserve de toute chute tandis que le moindre doute suscite une crainte qui le fait tomber. Si, ayant peur, vous vous adressez à une personne en qui vous avez foi, votre foi lui permet de toucher à un fluide qui vous rassure. Il n'en est pas autrement dans les maladies et dans tout ce qui nous afflige. La foi est l'unique et universel remède, elle pénètre  celui que l'on veut protéger, fut-il éloigné de miliers de lieues. N'est-ce pas la foi en ce qu'on nous révèle qui nous rassure ? L'homme le plus ignorant est rassuré par sa foi en un autre, il se décharge ainsi de grandes souffrances."

Bien ! Mais ce qui est surtout à méditer, c'est la phrase suivante du texte qui se rapporte très bien au sujet de l'article:

" ...nous pouvons affirmer que la peur est une maladie que la foi peut guérir. Il n'est pas difficile de comprendre combien cette imagination nous rend malheureux, car une chose n'est un mal que parce que nous le voulons."

 

Bouc émissaire.jpg

LE BOUC EMISSAIRE

Dans le sens commun, un bouc émissaire est une personne, souvent porteur d'une différence, ou un groupe, souvent minoritaire, auquel on attribue injustement tous les malheurs, toutes les fautes. Il est désigné comme devant endosser un comportement social que le groupe souhaite évacuer. Ensuite, il est exclu, au sens propre ou figuré et parfois puni. Le bouc émissaire permet au groupe de se laver symboliquement de toutes ses fautes, de se purifier et de se sentir plus fort.

19:59 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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