21/11/2015

Quelques mots encore sur "ENVIE ET JALOUSIE"

QUELQUES REMARQUES SUR L'ENVIE.

Revenons sur ce passage repris de cet article. 

Nous n'irons pas jusqu'à partager la pensée de Jacques LANGUIRAND :

Le seul véritable service qu'on peut rendre à quelqu'un, c'est de l'envier : l'opportunité lui est ainsi offerte de ressembler, un jour ou l'autre, à l'image avantageuse qu'on se fait de lui.”

 

Mais pourtant, elle renferme quand même un fond de vérité. On peut dire que l'envie est à la base de l'émulation, de la recherche de l'amélioration. L'envie peut être à la base d'un désir de progrès. L'envie est avoir un désir qui peut être positif ou négatif. On peut avoir envie de s'améliorer dans tous les domaines, ou un seul c'est alors un fait positif. Le regard sur le prochain peut être à l'origine de cette envie. L'envie , c'est le désir , le besoin de disposer de quelque chose, ou d'être quelque chose...Au départ, cela n'a donc rien à avoir avec la jalousie."

Cela peut sûrement paraître simpliste. Pourtant, elle renferme une grande part de vérité. On ne peut s'empêcher de faire référence à l'Enseignement du Père ANTOINE, notamment le Troisième Principe:

" Vous ne pouvez faire la morale à personne, ce serait prouver que vous ne faites pas bien, parce qu'elle ne s'enseigne pas par la parole mais par l'exemple et ne voir le mal en rien".

On insiste ici, très fortement, sur la notion d'exemple. On est un exemple pour autrui...Autrui est un exemple pour nous...Le fait de prendre autrui pour exemple peut l'inciter à devenir, réellement, l'exemple que l'on voit en lui et réciproquement.

Et aussi ce petit passage du chapitre "LE FOND ET LA FORME":

" Notre plaisir ne consiste pas seulement à nous réformer, il réside aussi dans le bonheur de ceux qui nous approchent, partagent notre travail moral et s'unissent à nous par les liens de l'amour fraternel. c'est ainsi qu'étant désireux d'avancer vers DIEU, nous sommes aidés, on nous amène des personnes sincères pour travailler avec nous à leur amélioration; leur exemple est un témoignage de plus en faveur de cet amour que nous aspirons à posséder afin de réaliser un progrès."

Donc, toujours cette notion "d'exemple". Evidemment, qui parle d'exemple, donné ou reçu, suppose nécessairement "l'envie" de ressemble, d'égaler "l'exemple" ou d'être vraiment conforme à "l'exemple" qu'on veut donner.

Ici, la notion d'envie est absolument positive. Mais malgré tout, prenons bien garde à quatre choses:

1° Ne nous transformons pas en gourou.

2° Ne dévions par vers la jalousie envers celui qui est "exemple".

3° Ne nous laissons pas monter la tête et de versons pas dans le culte de la personnalité, le fanatisme...

4° Ne pas se garnir exagérément ou même faussement. ARISTOTE en parle déjà: « Il y a deux espèces d’exemples : l’une consiste à citer des faits antérieurs, une autre à inventer soi-même. Dans cette dernière, il faut distinguer d’une part la parabole, de l’autre les fables comme les ésopiques » (Aristote, Rhét. II, 1393a).

Ce serait alors la face négative de la notion "d'exemple".

Attention aussi à d'autres aspects négatifs ! Il ne faut pas chercher sans cesse à se valoriser et à combler ainsi le manque d'attention dont on fait l'objet ou de guérir le sentiment de dévalorisation que l'on a de soi. Beaucoup de gens se dévalorisent, se  culpabilisent ou ont un complexe d'infériorité. Même les personnes paraissant prétentieuses ou orgueilleuses souffrent d'une dévalorisation personnelle.  Elles le compensent par un désir d'apparence qui génère un complexe de supériorité. Se poser en exemple n'est en fait qu'un moyen qui leur fait croire qu'ils sont admirés et admirables. Ils ont perdu  l'humilité, vertu appréciée de tous. 

Retrouver cette humilité c'est le chemin à suivre pour être exemplaire. On sera alors débarrassé de tous les aspects négatifs de l'envie et surtout on sera immunisé contre la jalousie.

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18:14 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

ENVIE ET JALOUSIE.

 

L' envie et la jalousie.

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L'envie envers son prochain est un sentiment très humain. Comme nous l'avons déjà dit, en matière de sentiments, de vertu ou de défaut, tout est toujours relatif. Rien n'est jamais complètement blanc ou complètement noir. L'envie est un sentiment normal. On peut même aller jusqu'à dire que sans un minimum d'envie, il n'y a pas de progrès.

 

Nous n'irons pas jusqu' à partager la pensée de Jacques LANGUIRAND :

Le seul véritable service qu'on peut rendre à quelqu'un, c'est de l'envier : l'opportunité lui est ainsi offerte de ressembler, un jour ou l'autre, à l'image avantageuse qu'on se fait de lui.”

 

Mais pourtant, elle renferme quand même un fond de vérité. On peut dire que l'envie est à la base de l'émulation, de la recherche de l'amélioration. L'envie peut être à la base d'un désir de progrès. L'envie est avoir un désir qui peut être positif ou négatif. On peut avoir envie de s'améliorer dans tous les domaines, ou un seul c'est alors un fait positif. Le regard sur le prochain peut être à l'origine de cette envie. L'envie , c'est le désir , le besoin de disposer de quelque chose, ou d'être quelque chose...Au départ, cela n'a donc rien à avoir avec la jalousie.

 

Mais, si on n'y prend pas garde, on déborde vite de l'envie vers la jalousie. Jalousie, envie, colère, ambition, la compétition, concurrence sont, en fin de compte, divers aspects d'une même disposition d'esprit. Tout est question de nuances et de degré dans la nuance.

 

La jalousie est plus aiguë que l'envie. Elle réclame l'appropriation de ce que l'autre a ou la mise à mal de ce que l'autre est. L'envie c'est vouloir la même chose que ce que l'autre a ou être la même chose que ce que l'autre est. 

 

Jalousie et envie se trouvent donc sur la même palette. Ce sont deux aspects, contradictoires d'un même sentiment. Comme l'émulation, disposition saine, peut dériver sur la concurrence, puis sur la compétition. Comme l'ambition peut dériver sur l'esprit de supériorité, le mépris de l'autre. Ces sentiments, s'ils ne sont pas maîtrisés, engendrent tous tôt ou tard une situation de conflit. Les réactions de jalousie et d’envie se ressemblent souvent.

 

Il est donc important de faire régulièrement son propre examen de conscience. Et de se rappeler le cinquième principe :

« Efforcez-vous d'aimer celui que vous croyez être votre ennemi, ce n'est que pour vous apprendre à vous connaître que je le place sur votre chemin. Mais voyez plutôt le mal en vous qu'en lui, il en sera le remède souverain. »

 

Quand on aura bien assimilé la pensée profonde ce principe, on se rendra compte qu'il importe de faire quelque chose et d'adopter les bonnes attitudes.

 

Tout d'abord, la jalousie découle d'un manque de confiance en soi, d'un manque d'estime personnelle. La jalousie est un sentiment associé à un manque de confiance en soi chronique, à un manque de maturité affective.

 

Et surtout, il faut éviter de susciter, volontairement, la jalousie d'autrui. Car c'est aussi un moyen de se venger de l'autre. Alors, on se vautre, dans l'esprit de jalousie. Nous ne dirons pas que l'on se complaît alors dans cet esprit de jalousie. Car c'est un esprit dans lequel on ne trouve aucun plaisir. La jalousie est un sentiment agressif.

La jalousie et l'envie sont des problèmes du « paraître ». Je vous renvoie donc à l'Enseignement du Père ANTOINE, dans le chapitre « ÊTRE OU PARAÎTRE », plus spécialement à ce passage :

 

«  On m'a déjà dit que vous étiez de vrais fils de DIEU, revendiquant sans cesse l'amour qui doit nous unir. Tâchons de mériter de plus en plus ce titre; rappelons-nous toujours la pensée de pardon à côté de la pensée de haine et de vengeance; être froissé n'est pas un mal, nous pouvons tous l'être puisque nous sommes imparfaits; c'est un moyen pour nous faire apprécier ce qu'il y a de mauvais en nous et qu'il faut extirper. Le mal est dans la préméditation et dans l'arrière-pensée. Dès que nous avons été froissés, efforçons-nous de revenir à de meilleurs sentiments; si nous nous sommes montrés indifférents envers quelqu'un, tâchons de comprendre notre devoir et nous saurons ce que nous avons à faire.

Celui qui désire s'améliorer en recherche l'occasion. N'éprouve-t-on pas du bonheur d'aller au-devant de son adversaire et de lui dire: Je vous ai peut-être manqué, ne voulant pas que ma conscience me fasse de reproches, je viens m'excuser si je vous ai offensé. »

 

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18/11/2015

L'exigence amicale.

L'exigence amicale

( sur une pensée de Tahar ben Jelloun )

 

« Je considère qu'un ami est celui qui ne ment pas, ne fait pas semblant et parle avec toute la sincérité, la franchise que l'amitié véritable requiert. C'est ce que j'appelle l'exigence amicale: dire ce qu'on pense sans, bien sûr, être blessant. »

 

[ Eloge de l'amitié (1996) ] Ben Jelloun, Tahar

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Cela me fait penser à ce que le Père ANTOINE dit dans le chapitre " TOUT SAVOIR C'EST TOUT AIMER"

" Il arrive qu'en voyant une personne agir contrairement à une vérité que nous avons acquise, nous souffrons à un tel point que nous éprouvons le besoin d'en faire l'observation. Usons alors de tact, défions-nous de nous-mêmes, si nous ne voulons avec un caprice aller contre une réalité. Nos bonnes dispositions nous permettent de l'approcher et de lui ouvrir notre coeur; nous recevrons les inspirations nécessaires et sans le froisser, nous parviendrons à lui donner une autre vue: celui qui raisonne avec amour n'offense jamais personne; Tout en possédant la vérité et la démontrant par des arguments palpables, nous pouvons commettre une faute grave, si nous nous laissons guider par une faiblesse, surtout par l'opinion.

  Si nous voulons nous pénétrer de l'enseignement, nous saurons que le bonheur auquel l'homme aspire découle de celui qu'il procure à ses frères, que son progrès a une cause solidaire. En travaillant isolément nous ne pouvons nous améliorer parce que nous sommes basés sur l'égoïsme."

Et aussi la finale du chapitre "LE DEVOIR IMPOSE LA PRATIQUE DES LOIS MORALES":

" La solidarité ne consiste pas à approuver les actes de quelqu'un puis à lui en signaler d'autre contraires à sa nature; autant vouloir se servir d'un outil en bois pour travailler le fer. La personne élevée éclaire son semblable en l'approchant avec amour, en assimilant insensiblement ses fluides aux siens; par le dévouement qu'elle témoigne à ses inférieurs, elle s'élève tout en les réconfortant d'autant plus qu'elle éprouve le plaisir de leur venir en aide."

Que serait la vie humaine s’il n’était pas possible d'entretenir des liens d'amitié ? Mais l’amitié, ou ce qu'on croit être l'amitié, peut être une cause de souffrances, de déceptions. Les comportements d’un ami ou de quelqu'un supposé tel peut nous troubler et même nous faire souffrir. Nous ne parlons même pas d'ici des trahisons éventuelles que l'on a à subir mais des comportements vis-à-vis de tiers ou de prises de position qui nous heurtent, qui nous déçoivent.

Les vrais amis s'aiment pour ce qu'ils sont et non pas pour les avantages que l'on peut retirer de l'amitié. 

L’amitié véritable doit se baser sur la connaissance de soi-même, sur l’humilité,  sur la confiance en soi, sur sa propre capacité à  porter un regard réaliste sur soi-même.Si on n'est pas capable de se connaître, il est automatiquement difficile de bien connaître les autres. Chacun analyse les comportements des autres à partir de ce qu’il comprend de ses propres agissements.

Ici, la "Vue de mal" intervient. Quand on commence à jauger, puis à juger les comportements des autres, apparaissent les premières failles dans l'amitié. 

Encore une fois, penchons-nous sur l'Enseignement du Père ANTOINE, plus spécialement ce passage du chapitre "" LA CHARITE BIEN COMPRISE":

" Nous répétons souvent qu'on ne peut lire en autrui qu'à travers soi-même ? Lorsque nous y lirons avec les yeux de la vertu, ses faiblesses nous sembleront des vétilles et nous exercerons non plus la charité matérielle, mais la charité morale....Notre indulgence nous empêchera de remarquer leurs défauts, si ce n'est pour leur venir en aide.

  C'est ainsi que nous aimerons réellement et qu'on nous aimera de même."

Nous ne pouvons être d'accord avec MONTAIGNE quand il dit:

« Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu’accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité… ».

 

 

 

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