25/05/2016

" Efforçez-vous d'aimer..."

" EFFORCEZ-VOUS D'AIMER..."

( Cinquième Principe )

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On est toujours interpellé par ce cinquième principe ! Pour commencer, on prend toujours cette recommandation comme une prescription.

 

On ne manque pas d'y attribuer des notions de politiques, et pas seulement de politique locale ou nationale ( rivalités entre partis ou entre tendances dans un parti ). mais surtout on fait référence à l'histoire ou à l'actualité.

 

On objecte souvent que ce principe serait une incitation à la soumission, voire à la collaboration.

 

J'ai été frappé par la lecture faite par hasard d'une interview du moine bouddhiste français Mathieu RICARD.

 

C'est alors seulement que j'ai compris le sens réel du cinquième principe.

 

On lui pose la question suivante:

" Vous écrivez qu'il faut en arriver à aimer même son ennemi...Ne pensez-vous pas que c'est une des limites de l'empathie ? "

 

Il répond:

" En anglais, ça marche mieux: love et like sont deux notions différentes. En français, le même mot nous fait confondre aimer et apprécier.On pense que l'amour, c'est seulement éprouver des sentiments pour ceux auxquels nous sommes attachés. La bienveillance, c'est souhaiter apporter le bonheur aux autres. la compassion vise à remédier aux causesde souffrances quelles qu'elles soient. C'est ce que signifie " aimer son ennemi ". Cela veut dire, par exemple, souhaiter que la haine, l'indifférence, la cruauté, le vice de BACHAR AL-ASSAD disparaissent de son esprit tout en contrecarrant au mieux ses actions barbares. Ce n'est pas être négligent ni tolérant vis-à-vis du mal. c'est simplement dire que des êtres humains sont tombés dans une aberration, mais qu'ils ne se confondent oas avec cette aberration.Ces personnes ont la haine, comme on a un cancer. Le malade ne vient pas voir le médecin en disant '' Docteur, je suis le cancer''. Un médecin confronté à un fou violent ne va pas se saisir d'un bâton pour le réduire en charpie ! Il va faire le nécessaire pour le maîtriser, puis pour le soigner. Il faut l'empêcher de nuire et ensuite, si on peut, le soigner. C'est cela la compassion."

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Dans la société actuelle, le discours ambiant nous influence tous: l'altruisme, la générosité, la bienveillance, la simple gentillesse sont considérés non pas comme des qualités mais comme des défauts. Non pas comme des vices mais comme des défauts. Il faut ici donner au mot " défaut " un autre sens: la gentillesse est certes une qualité morale mais, dans la vie pratique, ce serait un défaut parce que cela nous empêcherait de mener notre vie de façon autonome, parce qu'elle nous mettrait toujours en état d'infériorité, parce que nous serions de pitoyables naïfs toujours prêts à être abusés.

 

Ce qui est demandé, c'est d'essayer d'éliminer les " mauvaises pensées ". Celles-ci agissent sur le comportement, générant angoisses, doutes et dépression. Elles occultent ce qui est réellement important pour la personne. Elles amplifient tout. On ne sait plus faire la distinctions entre les « vrais » problèmes et ce qui est accessoire. Même ce qui est accessoire devient « problème ». On finit par manquer d'objectivité.

 

On se tourmente mentalement. On voit des ennemis, des embûches, des pièges partout. Cet état provoque du mal-être. Il provoque une réaction de fuite ou d'agressivité.

 

En, derrière, se cache une peur ? Se cache des blessures mentales, la peur d'être humilié, d'être rejeté, d'être trahi, de subir des injustices, d'être mal considérés.

 

 

 

18:26 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |