18/12/2017

Sur un eciation de Simone WEIL relative à l'amour des étrangers.

Sur une citation de Simone WEIL

 

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« Aimer un étranger comme soi-même implique comme contrepartie: 
s'aimer soi-même comme un étranger. »

 

Nous pouvons rapprocher cette citation du cinquième principe. Il suffit de remplacer « ennemi » par « étranger ». -

Et encore, il faut bien admettre que pour la plupart des personnes, dès qu'on est « étranger » on est, si pas un « ennemi » réel mais au moins un « ennemi » potentiel. Ou en tout cas, quelqu'un qu'il faut aborder, regarder, avec méfiance, avec circonspection.

 

Rappelons le cinquième principe:

 

«  Efforcez-vous d'aimer celui que vous croyez être

« votre ennemi » ;

ce n'est que pour vous apprendre à vous connaître

que je le place sur votre chemin.

Mais voyez le mal plutôt en vous qu'en lui :

il en sera le remède souverain ».

 

C'est donc très clair, dans l'Enseignement du Père ANTOINE, que dans la citation ci-dessus: nous devons bannir toute méfiance, tout a priori à l'encontre des « étrangers ». Ceux-ci ne sont pas des « ennemis » potentiels, mais des autres « nous-mêmes ».

 

Dans le chapitre « ÊTRE  OU PARAÎTRE », nous trouvons aussi ce passage :

 

«  Il arrive que des personnes nous sont sympathiques ou antipathiques sans raison déterminée. Avoir trop d'amour pour les uns et en manquer pour les autres, ce n'est pas aimer en réalité, car celui qui possède l'amour vrai ne cesse jamais d'aimer; il affectionne indistinctement les uns et les autres; s'il ne peut dire du bien de ses semblables, il y a une raison, mais du moins il n'en dira pas du mal. »

 

On peut aussi considérer que « l'étranger », pour nous, c'est « l'autre », c'est-à-dire tout qui est différent de nous. Mais nous aussi, nous sommes « un autre » pour celui que nous rencontrons. Nous aussi, il nous arrive de rechercher secours auprès du prochain. Nous voulons être respectés, nous voulons réussir même dans nos difficultés.

 

Allons plus loin dans le raisonnement. Les fondamentalistes de tous bords, les intégristes de toutes opinions ont une vision dualiste du monde. Cette vision dualiste c'est la vision de ceux qui ne connaissent que le bien ou le mal, sans ambivalence. Il n'a que du noir et blanc, pas de gris, ni d'autres couleurs. Dans un texte de Nathalie SARTHOU-LAJUS, il y a ce passage:

 

« Nous n'en finirons pas avec la montée de la haine sans accéder à l'ambivalence des sentiments, sans sortir d'une vision polarisée de la société (avec d'un côté les bons et de l'autre les salauds), sans s'affranchir de la folle logique de l'accusation, et sans reconnaître que le mal que l'on dénonce chez l'autre ne peut jamais être entièrement expulsé hors de soi. À cette condition, des convictions et des manières de vivre différentes pourront coexister de façon pacifique, et des débats publics enfin dignes de ce nom auront lieu, faisant une place à la contradiction, à la remise en question personnelle, à la reconnaissance de ses erreurs et au pardon. »

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19:22 Écrit par P.B. dans religion | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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