16/07/2007

UNE DISSIDENCE DE L'ANTOINISME: LE DORISME

Voici un texte de Jacques CECIUS trouvé sur internet ( LIBRE SENS ). Dans son livre " DELIVREZ-NOUS DU MAL ", Robert VIVIER oarle du Père DOR et du Dorisme.

Un pasteur protestant de SERAING a aussi écrit un livre ( introuvable ) où il parle du dorisme. Il y a quelques années, un des derniers exemplaires pouvait encore être consulté ( mais non emporté ) à la Bibliothèque des Chiroux à LIEGE. dans ce livre, ce pasteur considère l'Antoinisme et le Dorisme comme étant le " renouveau du gnosticisme " en Belgique!

Mais il est quasi impossible de trouver trace du dorisme. Il faut donc être reconnaissant à jacques CECIUS d'avoir pu faire ce travail qui nous éclairera. 

 

 

 

Une dissidence de l’antoinisme :
le dorisme

Alors que son oncle, Louis Antoine, pratiquait toujours le spiritisme, un de ses meilleurs médiums, Pierre Dor, son neveu qu’il aimait particulièrement, et qui se sentait la vocation de guérisseur lui aussi, quitta le groupe spirite « Les Vignerons du Seigneur », que dirigeait celui qui, quelques années plus tard, allait créer une nouvelle religion, le Culte antoiniste. Ce ne fut pas une rupture, en ce sens que les relations restèrent bonnes entre l’oncle et le neveu. Plus tard le Père Antoine dira « Il suit son chemin ». Quant au Père Dor il assistera, en 1912, aux funérailles du prophète de Jemeppe-sur-Meuse.

Son chemin va le mener à accompagner un de ses « patients » en Russie. Tout comme le « Maître Philippe de Lyon », dont nous parlerons dans un autre article, il met en pratique ses « dons de guérisseur » et sa réputation croît. A telle enseigne qu’il doit quitter la région, celle d’Ekaterinoslav, pour une bourgade des rives de la mer d’Azov. Attaqué à nouveau il préfère rentrer au pays, et s’établit à Roux-Wilbeauroux, dans le région du Centre, où il fait construire une salle, « L’Ecole Morale » Ayant laissé pousser barbe et cheveux, et s’étant revêtu d’une robe noire, il va dispenser son enseignement spirituel et recevoir les malades.

Contrairement au Père Antoine, il ne se contente pas de prier pour ceux-ci, mais conseille un régime alimentaire strict, à base de légumes cuits à l’eau. Lui-même est d’ailleurs végétalien. Il lui arrive aussi de prescrire des cures d’eau sucrée et des lavements à l’eau salée. Il « opère », ce sont ses propres termes, chaque jour sauf le week end.

Le dimanche il apporte la bonne parole, la sienne, et il donne des
« instructions spéciales » une fois par an, le jour de la Toussaint, et jour de « pèlerinage » pour ses adeptes. Il publie un ouvrage, aujourd’hui introuvable « Le Christ parle à nouveau » dans lequel il ne se présente pas comme un juge, mais comme un consolateur, un sauveur.

Plus tard il émigrera, on ne sait pourquoi, à Uccle, Fort Jaco. C’est là qu’il s’éteindra peu après la dernière ( il est permis d’espérer !) guerre.

Cependant c’est sa doctrine qui nous intéresse.

Comme son oncle il affirme la nécessité de l’épreuve – mais aussi que ce sont nos imperfections qui nous ont placé sur terre, et non Dieu
– que c’est en soi-même qu’il faut chercher les enseignements utiles à la vie spirituelle
– que le spiritisme et toute forme d’occultisme sont choses mauvaises
– que les maladies sont produites par les excès en tous genres
– que la médecine ne traite que les effets de la maladie, mais ne guérit pas
– que c’est en soignant l’âme que lui, le Père, soigne le corps (ce qui peut être considéré comme un pieux mensonge, puisqu’il « prescrit » un régime alimentaire végétalien)
– que Jésus est le fruit de l’adultère, et que Marie était la plus passionnée d’entre les femmes
– que l’épouse doit être soumise à son mari (voir St Paul, épître aux Ephésiens)
– que les êtres les plus passionnés, les plus attachés à la terre, sont les plus vite réincarnés
– que la foi fait partie d’une sorte de fanatisme, que c’est la superstition même, qu’il s’agit d’un fluide matériel qui se marie avec l’âme maladive, peureuse, craintive, paresseuse. Elle est stérile pour ce qui concerne le bien-être réel et durable (ici il est en opposition avec son oncle qui affirmait « Un seul remède peut guérir l’humanité : la Foi »)
– que la notion de Dieu est chose mauvaise, qu’elle empoisonne l’
existence de ceux qui y ont la vraie foi (en lui)
que la vue du mal est la pire des choses (ce que le Père Antoine affirmait également)
–qu’en travaillant sur soi-même on fait du bien à ses proches
– que la bonté active est un défaut par lequel on rend de mauvais services aux gens qui fatalement abuseront de cette charité.

Lors de sa dernière « Instruction de la Toussaint », en 1936, il dira aux fidèles rassemblés « Tout mon travail consiste uniquement à rendre les âmes lucides et fortes. Lucides afin qu’elles voient clair en elles-mêmes, et soient fortes pour vaincre. Sans cela, je ferais fausse route comme tant d’autres qui se sont révélés « Prophète » ou « Sauveur du monde ».

Chose curieuse, le Père Dor bénissait des « mariages moraux », et il y en eut des dizaines, au cours desquels les fiancés promettaient de ne point avoir de relations sexuelles ! Dans plusieurs passages de ses instructions on se rend compte qu’il avait envers l’amour physique une grande méfiance, voire des préjugés obsessionnels.

N’ayant pas créé de structures, de clergé, n’ayant désigné aucun successeur, sa religion, qu’il refusait d’appeler ainsi, le dorisme, disparu avec lui… On n’en trouve plus trace, et le souvenir du Père Dor disparaît avec les plus âgés qui l’ont connu.

Sincère, plus que certainement, le Père Dor mettait néanmoins en danger les malades qui le consultaient, et dénigrant la médecine. D’autres feront de même : Lucien Engrand, fondateur, dans le Pas-de-Calais de la « Religion sans nom », aujourd’hui disparue, la sœur Gaillard, et tant d’autres sur lesquels, un jour peut-être, j’écrirai quelque chose…
Conclusion : la crédulité humaine est incommensurable et n’a pas fini de faire des ravages.

Jacques Cecius, Spa, le 12 avril 2003 complété le 2 juillet 2007

 

 

 

 

13/02/2007

SPIRITISME ET ANTOINISME. TEMOIGNAGE D'UN ADEPTE.

 

CONTRIBUTION DU FRERE DELCROIX (1) AU PREMIER NUMERO DE LA REVUE « L’UNITIF »

 

«  COMMENT JE SUIS ARRIVE A CONNAÎTRE LE PERE »

 

    «  Elevé par des parents trop indulgents, j’ai grandi librement et abusé de leur amour. J’ai fait des études de professeur sans avoir le sérieux qui convient à cette mission. Quand j’ai obtenu mon diplôme j’avais bien quelques connaissances mais je manquais de sagesse pour guider les jeunes gens. J’ai fondé une famille avant d’avoir compris mon devoir envers celle que je quittais et comme il fallait s’y attendre, je ne la rendis pas heureuse ; par mon insouciance je semais le chagrin chez les êtres qui m’étaient le plus chers. Je ne songeais qu’au plaisir et à l’étude ; je sacrifiais tout à mes caprices et préoccupé de mon seul bonheur, je n’étais que peu sensible à leurs souffrances. On aurait pu croire qu’en possédant une situation honorable et de l’aisance, je devais être heureux. C’était le contraire. Déréglé dans mes désirs, j’avais contracté une maladie d’estomac qui me fit languir pendant des années et comme je n’avais pas beaucoup de cœur, je supportais mal l’épreuve et torturais inconsciemment ma compagne dévouée qui me soignait avec la plus grande sollicitude. Je n’écoutais pas les bons conseils qu’elle me donnait et je retombais toujours dans les mêmes fautes, dans les mêmes maux. L’amour vrai ne me touchait pas encore. D’erreurs en erreurs je suis arrivé à une crise terrible qui m’ouvrit complètement les yeux. Je vis clair en moi-même, je compris toute ma faiblesse, combien j’étais vaniteux et cruel et le remords me pénétra profondément. C’est alors que je résolus de changer de vie, de devenir autant sérieux que j’étais léger et aussi bon que j’étais méchant, ma première pensée fut de chercher une croyance à même de m’alimenter l’âme. Mes parents pratiquant le spiritisme, je me mis à chercher dans cet enseignement, je dévorai Alla KARDEC, je suivis les conférences, j’assistai aux séances expérimentales de tous les médiums qu’on me signalait pour tâcher de me convaincre de l’au-delà ; j’allai aussi chez le Père, nous L’appelions encore Monsieur ANTOINE. Je fus frappé du recueillement et de la ferveur qui régnait dans son milieu (2). Je ne m’intéressais pas beaucoup aux communications, mais bien à la morale substantielle que le chef de groupe faisait aux assistants et non aux esprits, comme j’ai pu le comprendre dans la suite. Je fus accueilli comme un frère dans ce milieu, mais n’étant pas digne d’y rester, je me décidai à fonder un groupe visant ce que je croyais être moral. Je m’associai avec un ami mais comme ses préférences allaient aux communications, le groupe manquant d’unité de direction ne tarda pas à décliner et tomba au bout d’un an. Entre temps j’étais revenu auprès du Père et j’assistais de plus en plus fréquemment aux instructions qu’il donnait pendant la semaine. L’amour des adeptes m’y attirait et plus encore ma vanité : je me sentais écouté avec respect par un nombreux auditoire. Petit à petit j’empiétais sur la mission du Guide, c’est ainsi  que je me permettais de moraliser les assistants, et pourtant j’en étais bien indigne ! Certains, comme je l’appris plus tard, préférant à tous mes beaux discours ses phrases parfois incorrectes mais dictées par un fluide réconfortant, le priaient de me faire cesser mais il leur conseillait de prendre patience et il se contentait de me rappeler à la réalité en disant que les mots ni les phrases ne sont rien que le fluide seul est tout, mais j’étais trop peu sensible pour être touché de son doux langage et je comprends aujourd’hui pourquoi ma vanité si ombrageuse ne se froissait pas de ses conseils : c’était la bonté qui les dictait. Un jour cependant il apparut clairement que j’étais venu auprès de lui plutôt pour le combattre et l’assemblée fut appelée à se prononcer entre le Guide et moi. Tous restèrent avec lui : jamais je n’oublierai cette séance qui montra combien j’étais méchant et ingrat. Mes frères me priaient d’assister encore aux réunions et moi de répondre dans mon dépit de ne plus pouvoir enseigner : «  Qu’y viendrais-je faire ? » Cependant comme j’allais à la fin de la réunion serrer la main de « Monsieur ANTOINE » suivant l’habitude de tous, il me dit avec tant de douceur « Vous reviendrez, n’est-ce pas ? » que je répondis spontanément oui. Ce fut mon bonheur. Forcé de me taire, ,j’écoutais et observais mieux ce qui se disait ou se passait autour de moi ; je réfléchis et compris alors beaucoup plus que pendant les séances où je discourais. «  Monsieur ANTOINE » me retint un soir pour me dire entre autres ces paroles qui ne s’effaceront jamais de ma mémoire : « Plus tard vous verserez des larmes de joie d’être resté parmi nous. » Quelques jours après, le consultant au sujet de ma petite qui souffrait, il me fit une  révélation qui me convainquit de son savoir et je m’attachai à lui avec plus de sincérité. Je remarquai non sans surprise que venu pour instruire et protéger, j’étais plutôt instruit et protégé moi-même. Je le reconnus mieux encore dans le travail de la revue (2).

 

     Prétendument formé à l’école des classiques, je ne les compris vraiment qu’au contact du Père, car c’est par lui que j’ai appris à goûter leur simplicité et leur profondeur. Chaque fois que je voulais embellir le style, le Père me rappelait à la vérité et je puis dire que c’est sous sa direction que j’ai achevé mon éducation littéraire en passant de la théorie à la pratique. Mais ici encore je ne compris pas tout de suite, parce que l’intelligence est trop sensible aux apparences. Comme le Père n’est pas instruit, je croyais avoir un grand mérité et contribuer pour une bonne part dans l’œuvre dont je n’étais que le traducteur, le plus souvent infidèle(3). Combien de lois morales j’ai transcrites ou écrites sous le contrôle du Père que je me figurais posséder et que l’épreuve me rappelait à la modestie, à la réalité. Je raisonnais l’Enseignement plutôt par la mémoire que par le cœur et quand on m’interrogeait, je recourais à la lettre au lieu de puiser dans l’esprit. Quelle charité il a fallu au Père pour supporter le malheureux que j’étais ! Pour me faire comprendre que je n’étais pas indispensable, il dut me priver de tout travail. L’épreuve fut poignante mais salutaire. Je m’étais attaché à la revue qui contenait son Enseignement avec un acharnement incroyable, c’était ma vie et on me l’enlevait ! Alors me demandant ce que j’allais devenir, tout le reste de la journée et la nuit suivante, je passais en revue les milieux où j’avais vécu et d’autres que je connaissais plus ou moins, aucun ne m’attirait, je sentais que je ne pourrais trouver nulle part plus d’amour, car l’angoisse me serrait le cœur. Aussi quand le matin l’inspiration me vint d’aller à la visite, j’y courus et le Père me reçut avec )plus de bonté qu’auparavant. Montrant son front et son cœur, il me dit : « Mon fils, vous êtes là. » La revue parut sans que j’y misse le main : il n’y avait rien de changé, je retrouvais partout le style de la Révélation.

 

     Est-ce à dire que j’ai été corrigé de ma vanité ? Oh ! non puisque à cette heure encore je dois lutter constamment contre elle. Je le fais volontiers parce que je reconnais combien elle m’a souvent égaré, me faisant prendre le mal pour le bien et m’éloignant du vrai bonheur qui réside dans la sincérité. J’ai été lire dans les groupes l’Enseignement du Père et là j’ai ressenti ce que je n’avais encore perçu que bien faiblement : le bon fluide qui ranime et réjouit. Les mots profonds, les phrases maximes que le Père a trouvés de lui-même et qu’il a dû maintenir contre moi me sont apparus en pleine lumière et tout confus de mon ignorance, j’ai senti mon respect grandir pour celui qui m’avait formé, une reconnaissance infinie me pénétrer pour sa patience et son amour. Ainsi mon cœur s’ouvre à des sentiments qui me rendent aussi  heureux que j’étais malheureux, je recommence à comprendre ce qui m’était resté caché dans la Révélation et loin de maudire encore mes épreuves, je les bénis, puisqu’elles m’ont rapproché du Père et de tous mes frères. »

( F. DELCROIX )

(1) Le Frère DELCROIX était professeur de français à l’Athénée  Royal de LIEGE ( actuellement LIEGE 1 ). Dans le roman de Robert VIVIER, de nombreuses pages sont consacrées au frère DELCROIX.

(2)Le groupe concerné s’intitulait « LES VIGNERONS DU SEIGNEUR » et avait son siège à l’emplacement actuel du Temple de JEMEPPE. On a ici un aperçu de la richesse du mouvement spirite à l’époque.

(3) A rapprocher de ce que dit la sténographe de l’ENSEIGNEMENT, la sœur DESART.

10/01/2007

CONNAISSANCE ET SAVOIR.

 

CONNAISSANCE

ET

SAVOIR.

 

     Fréquemment, dans l’ENSEIGNEMENT et dans le langage antoiniste, les mots utilisés ont un sens différent de celui qui leur est communément attribué.

 

    Ainsi, les termes « connaissances » et «  savoir ».

 

   Allons dans l’ENSEIGNEMENT, au chapitre « LA SCIENCE ET LA FOI », nous trouverons :

 

    « Il faut distinguer les connaissances qui sont dues à l’étude et à l’analyse de la matière, du savoir qui provient du contact de la vie, d’une activité bienveillante au sein de l’humanité ; on peut même observer à ce propos que l’intelligence est d’un grand danger, car elle s’appuie uniquement sur la matière dont les fondements sont moins solides qu’on se l’imagine. »

03/07/2006

LES JUGEMENTS PORTES SUR L'ENSEIGNEMENT.

LES JUGEMENTS PORTES SUR L'ENSEIGNEMENT.

 

     Selon certains, ce qui est dit dans l'ENSEIGNEMENT, ne serait que "fariboles". Ce qui est difficile à avaler, c'est, notamment, les pensées sur le rôle de l'intelligence, la notion du bien et du mal, la matière...

 

     Il est parfois bien difficile de répondre. Voici ce qu'en pense le Père.

 

    Il s'agit d'un extrait du chapitre " L'EFFICACITE DES LOIS MORALES ".

 

     " Dans tout milieu où vous raisonnerez de l'ENSEIGNEMENT, un auditeur développé intellectuellement pourra relever ce qu'il considère comme une erreur; mais la personne élevée moralement se gardera d'intervenir, sachant que celui qui parle ne pourrait dire que ce qu'il a compris, il ne peut présenter que des arguments en rapport avec son mérite; loin d'y trouver un mal, elle rendra plutôt hommage à sa franchise et à sa loyauté. Personne ne peut rien nous ravir de notre travail.

 Si l'on nous attaque, on ne nous fait qu'un bien car nous ne devrons jamais notre avancement qu'à notre adversaire.

     Nous savons que ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer DIEU, qu'ils sont nos bienfaiteurs puisque leurs persécutions nous obligent à nous réformer. Grâce à leur vigilance, nous ne pouvons guère sortir des lois: ils nous rappellent tout de suite à la raison. Ce n'est pas tant l'ENSEIGNEMENT qui nous fait progresser que l'opposition de ceux qui voudraient l'anéantir et qui ne parviennent qu'à lui donner plus de valeur. "

06/06/2006

ENCORE UN MOT DU PERE ANTOINE SUR LA PRUDENCE.

ENCORE UN MOT DU PERE ANTOINE
SUR LA PRUDENCE.

 

     Nous avons déjà sur ce site un article à ce propos. On y a repris quelques extrait d'un chapitre de l'ENSEIGNEMENT.

 

     Voici un autre passage, extrait du chapitre " LE BIEN, INTERPRETE AU POINT DE VUE MATERIEL, EST OPPOSE A LA REALITE.":

 

     " Je le répète, le plus grand des obstacles à notre amélioration, c'est la prudence. Si nous étions plus certains que nous ne pouvons commettre plus de mal que notre nature n'en possède, nous ne nous appuyerions pas sur cette vertu matérielle puisqu'elle nous empêche d'agir loyalement et sincèrement; elle est opposée à la foi qui nous rend à même de respecter en tout le naturel tandis que la prudence le falsifie. elle nous égare car elle revêt d'une fausse honnêteté en nous donnant la crainte de perdre l'estime de notre semblable. Rien n'est plus juste que ce raisonnement car si nous voyons le bien dans le mal et le mal dans le bien, elle ne peut que nous faire agir contrairement puisqu'on n'y recourt que par la vue du bien qui est le mal. je l'ai révélé, bien et mal sont corrélatifs, des termes de comparaison appropriés seulement à l'imperfection; disons que la prudence anéantit l'efficacité de toute épreuve en la détourant de la réalité.

     Aussi longtemps que nous chercherons la cause de l'épreuve, notre doute nous développera la prudence puisqu'elle en est la conséquence.

..."