31/08/2008

UNE AUTRE CONCEPTION DE DIEU.

POURQUOI LA CROYANCE EN UN DIEU JUSTICIER ?

Mécontents de la situation qui est la nôtre, nous refusons d'en endosser la responsabilité. Nous nions celle-ci. Mais comme il faut bien que quelqu'un en hérite, nous la rejetons sur autrui. Cet autrui, c'est d'abord notre prochain qui devient ainsi «  celui que nous croyons être notre ennemi », celui en qui nous voyons un rival, un opposant, un hérétique. Mais cela ne peut nous satisfaire longtemps car cette vision des choses nous renvoie trop vite notre propre image d'impuissance ou de culpabilité ou de responsabilité.

Nous la rejetons aussi en principal sur DIEU dont nous faisons un être suprême dispensateur de récompenses et de punitions.

Comme c'est en contradiction avec notre croyance ancestrale d'un DIEU « infiniment aimable », il ne nous reste plus qu'à inventer un opposé à DIEU: le DEMON.

Ainsi, DIEU et le DEMON deviennent les deux visages inséparables d'une puissance supérieure à l'homme, à la nature.

Nous venons de le dire, nous rejetons toute la responsabilité de notre situation malheureuse sur DIEU: c'est tellement plus simple !

Pour nous c'est la solution la plus logique car elle nous débarrasse de toute culpabilité et elle permet d'apaiser notre esprit torturé par le doute.

Nous nous trouvons au coeur du problème: nous imaginons un DIEU personnifié ayant tous les droits et tous les pouvoirs quels qu'ils soient, un être suprême, unique, que rien ne peut atteindre, non soumis aux affres du temps mais doté d'une puissance et de qualités éternellement acquises et immuables.

Et, automatiquement, apparaît l'envers de la médaille: DIEU accompagné de son opposé le DEMON ( être, aussi supérieur, tout chargé d'ambigüité: à la fois ennemi de DIEU et dès lors tentateur des hommes pour les écarter de DIEU mais, curieusement aussi, chargé par DIEU de la mission de punir éternellement les pécheurs dans l'enfer ).

Cela posé, nous voici déclarés totalement impuissants devant la volonté de DIEU et devant ses décisions même lorsqu'elles nous paraissent injustes ou arbitraires. En tout cas, elles ne peuvent jamais être erronées. Si DIEU les a prises, c'est qu'Il avait ses raisons.

Réfléchissons, efforçons-nous de laisser de côté notre vision des choses erronée, mensongère qui nous a dupés en nous laissant croire en un DIEU extérieur, différent de nous par essence, un DIEU transcendant, justicier, souverain.

Un tel DIEU démentirait par là tout ce qui a été annoncé par les prophètes: son amour, sa bonté, sa perfection, Les prophètes nous ont tous annoncé un DIEU impartial, tout amour et toute bonté, parfait en tous points tout à l'opposé du calvaire que nous traversons dans l'incarnation. Un DIEU qui disait «  Frappez, je vous ouvrirai, Je suis dans le '' Connais-toi''.

En fait, si nous craignons DIEU, si nous redoutons ses colères, si nous avons peur de sa façon de rendre la justice, si nous sommes effrayés de nous trouver un jour dans sa ligne de mire, c'est donc que par une croyance erronée nous dénions ses vertus.

Pourquoi ? Parce que depuis toujours l'homme s'est inventé, imaginé, façonné, pour répondre à ses besoins ,des dieux extérieurs, logés quelque part dans le surnaturel. Des dieux que l'homme veut à son service ou qu'il imagine tels pour expliquer sa situation et, surtout, le disculper de tout.

Cela est surtout dû à la croyance selon laquelle, l'homme ne vit qu'une seule vie, Dès lors, cette vie doit être une réussite absolue sur tous les plans. D'abord sur le plan strictement terrestre, matériel. L'homme veut que cette seule vie soit pour lui toute de bonheur, de félicité et de réussite. Si l'homme n'obtient pas immédiatement satisfaction à chacune de ses demandes, il incrimine DIEU soutenant qu'il lui refuse ce qu'il estime être en droit de recevoir. Là aussi nous trouvons l'explication de la signification que l'homme donne à la prière: chaque prière doit avoir sa récompense. En priant, l'homme prend ainsi, en quelque sorte, DIEU en otage.

Si l'homme obtient satisfaction, il en est heureux et il loue DIEU pour sa bonté, il le remercie d'avoir été entendu. Mais cela ne dure pas longtemps, et il en exige toujours davantage, car la patience n'est pas la vertu principal de l'être humain.

Nous retrouvons aussi cette attitude sur le plan spirituel. Persuadé qu'il ne vit qu'une seule vie et par ce qu'il sent « qu'il y a autre chose d'autre », une fois cette vie terminée, l'homme se met à supplier, exiger, faire des sacrifices, des promesses pour obtenir ce « quelque chose d'autre » qui ne peur être que la récompense éternelle octroyée par DIEU. C'est une source de frustrations car les religions, les croyances, les us et coutumes imposent des règles tellement rigides que leur respect total est pratiquement impossible. Cela impose tellement de contraintes qui forcent à agir dans l'espoir d'être distingué par DIEU.

Ceci doit faire comprendre qu'il faut avoir une tout autre conception de DIEU.

C'est ainsi qu'il faut interpréter la conclusion du chapitre " LA SANCTION MORALE ":

" Nous pouvons ainsi comprendre que ce n'est pas DIEU qui nous punit pas plus qu'il ne nous récompense. C'est nous qui nous punissons et qui nous récompensons par la conscience; elle nous donne toujours ce que nous avons mérité, elle est le témoin et le juge de nos actes et même de nos pensées."