19/02/2010

QU'EST-CE QU'UN FLUIDE ?

QU'EST-CE QU'UN FLUIDE ?

Dans l'Enseignement du Père ANTOINE, il est souvent fait mention des fluides. Quand nous parlons, nous faisons aussi souvent état des fluides. Dans nos textes, également.

La notion de "fluide" nous semble donc évidente. Mais est-ce bien certain ? Tout le monde, à commencer par nous-mêmes, comprend-il bien ?

Pour le savoir, c'est très simple. Imaginons que quelqu'un nous pose la question. Imaginons...et nous verrons que cela n'est pas aussi simple que cela.

Je reprendrai ici un extrait du livre "DE L'AUTRE CÔTE DU MUR", disponible au Temple Antoiniste de JEMEPPE-SUR-MEUSE:

" Ce n'est pas facile à expliquer, parce que les fluides sont invisibles. Ton oncle JEAN a dit que nous sommes tous entourés d'une atmosphère et que plus l'être est élevé moralement, plus celle-ci est belle et claire. Notre atmosphère est composée de fluides et ces fluides sont le résultat de nos pensées et de nos actes. Si ceux-ci sont bons et bienveillants envers nos semblables, les fluides qui nous entourent sont beaux et légers. A midi, par exemple, les caprices de JEAN ont troublé tout le monde et chacun a eu une pensée soit de crainte, d'agacement ou de doute. Toutes ces pensées se sont heurtées et ont bouleversé l'atmosphère qui nous entourait.

...

La colère, la jalousie, la peur, etc... créent de très mauvais fluides, très nuisibles et nous amènent toutes sortes d'ennuis et de souffrances. Par contre, les bons sentiments, surtout la foi et l'amour nous rendent heureux, ainsi que ceux qui nous entourent."

Cela pose la question de savoir ce qu'il convient de faire lorsqu'on se trouve mêlé, même comme simple spectateur, à une situation délicate.

Ce qui est primordial, c'est de se retenir, de s'efforcer de ne pas prendre part à ces incidents.

Ne pas y prendre part, cela ne signifie pas seulement qu'il faut s'abstenir d'intervenir. Mais il faut essayer de ne même pas y prendre part en pensées. Il faut s'isoler mentalement; s'abstenir de tout parti pris, de tout jugement. Il faut fixer ses pensées et ses sentiments sur le calme et l'harmonie.

Encore une fois, il ne faut pas s'égarer et se laisser abuser par les mots utilisés. Certains mots sont utilisés dans un sens un peu plus particulier que le sens du langage quotidien. On est un peu dans la position d'un élève qui commence à étudier les mathématiques.

La terminologie mathématique emprunte beaucoup de mots au vocabulaire quotidien. Pour l'enfant qui s'initie aux « ensembles, images, relations et racines carrées », ces mots ont déjà un sens, celui de la « langue naturelle ». Il les redécouvre chargés d'un nouveau contenu. On ne prend jamais la peine de lui expliquer qu'en mathématiques, il doit oublier le sens initial, le replacer par un autre plus spécifique.

Dans les textes philosophiques, c'est un peu la même chose!

24/08/2009

PRENDRE AUTRUI EN CONIDERATION ( Pensée de Joseph O'NEILL)

TOUJOURS PRENDRE AUTRUI EN CONSIDERATION.

Le hasard fait apparemment bien les choses. Alors que  je suis  occupé, depuis un certain temps à faire des recherches sur la "vue du mal", sur les relations avec autrui, je suis tombé sur une interview d'un romancier américain (Joseph O'NEILL).

Interrogé sur un sujet tout à fait étranger à la philosophie, celui-ci ne peut apparemment pas s'empêcher de philosopher. Voici, parmi deux pages , le texte que j'ai trouvé:

"C'est l'un des plus grands défis de la vie moderne: ce devoir que nous avons désormais de prendre l'autre en considération, de réfléchir au type de relations  que nous aurons avec  cet autre auquel nous sommes sans cesse confontés. On peut le faire dans la peur ou a colère, ou 'une façon plus raisonnable et positive."

C'est un véritable éblouissement: voici, synthétisé par un esprit brillant, bien loin de notre ENSEIGNEMENT ( dont il ignore d'ailleurs même l'existence )  la pensée profonde de la  révélation du Père ANTOINE.

Il serait fastidieux de  faire ici le répertoire de tous les passages de l'ENSEIGNEMENT antoiniste  où l'on retrouve cette pensée.

Je pense  quand même  aux  1°,3°,4°,5°,7°,et 10° principes et à quelques chapitres  "LA CHARITE BIEN COMPRISE", "LA SOLIDARITE", "LA FOI ET LA CHARITE", "LA CHARITE MORALE", "TOUT SAVOIR C'EST TOUT AIMER", "L'EFFICACITE DES LOIS MORALES", "LA LOI HUMAINE COMPAREE AVEC LA LOI DE LA CONSCIENCE", et bien d'autres encore...

Mais, au  moment de terminer cet article, je découvre  dans ma documentation, presque par hasard toujours, une pensée dont j'avais un  jour pris  note. Elle est de quelqu'un  qui est pour moi un inconnu ( Geert VERHELST) . Elle fait curieusement écho à tout ce qui précède:

"Le monde serait plus beau si chacun se consacrait de façon désintéressée à l'autre. Si chacun dispersait autour de lui chaleur, gentillesse et amour, sans rien attendre en retour".

Ce n'est rien d'autre, au fond, que notre quatrième principe. Qui doute encore de l'actualité  et de l'universalité de l'Antoinisme ?

 

 

31/08/2008

UNE AUTRE CONCEPTION DE DIEU.

POURQUOI LA CROYANCE EN UN DIEU JUSTICIER ?

Mécontents de la situation qui est la nôtre, nous refusons d'en endosser la responsabilité. Nous nions celle-ci. Mais comme il faut bien que quelqu'un en hérite, nous la rejetons sur autrui. Cet autrui, c'est d'abord notre prochain qui devient ainsi «  celui que nous croyons être notre ennemi », celui en qui nous voyons un rival, un opposant, un hérétique. Mais cela ne peut nous satisfaire longtemps car cette vision des choses nous renvoie trop vite notre propre image d'impuissance ou de culpabilité ou de responsabilité.

Nous la rejetons aussi en principal sur DIEU dont nous faisons un être suprême dispensateur de récompenses et de punitions.

Comme c'est en contradiction avec notre croyance ancestrale d'un DIEU « infiniment aimable », il ne nous reste plus qu'à inventer un opposé à DIEU: le DEMON.

Ainsi, DIEU et le DEMON deviennent les deux visages inséparables d'une puissance supérieure à l'homme, à la nature.

Nous venons de le dire, nous rejetons toute la responsabilité de notre situation malheureuse sur DIEU: c'est tellement plus simple !

Pour nous c'est la solution la plus logique car elle nous débarrasse de toute culpabilité et elle permet d'apaiser notre esprit torturé par le doute.

Nous nous trouvons au coeur du problème: nous imaginons un DIEU personnifié ayant tous les droits et tous les pouvoirs quels qu'ils soient, un être suprême, unique, que rien ne peut atteindre, non soumis aux affres du temps mais doté d'une puissance et de qualités éternellement acquises et immuables.

Et, automatiquement, apparaît l'envers de la médaille: DIEU accompagné de son opposé le DEMON ( être, aussi supérieur, tout chargé d'ambigüité: à la fois ennemi de DIEU et dès lors tentateur des hommes pour les écarter de DIEU mais, curieusement aussi, chargé par DIEU de la mission de punir éternellement les pécheurs dans l'enfer ).

Cela posé, nous voici déclarés totalement impuissants devant la volonté de DIEU et devant ses décisions même lorsqu'elles nous paraissent injustes ou arbitraires. En tout cas, elles ne peuvent jamais être erronées. Si DIEU les a prises, c'est qu'Il avait ses raisons.

Réfléchissons, efforçons-nous de laisser de côté notre vision des choses erronée, mensongère qui nous a dupés en nous laissant croire en un DIEU extérieur, différent de nous par essence, un DIEU transcendant, justicier, souverain.

Un tel DIEU démentirait par là tout ce qui a été annoncé par les prophètes: son amour, sa bonté, sa perfection, Les prophètes nous ont tous annoncé un DIEU impartial, tout amour et toute bonté, parfait en tous points tout à l'opposé du calvaire que nous traversons dans l'incarnation. Un DIEU qui disait «  Frappez, je vous ouvrirai, Je suis dans le '' Connais-toi''.

En fait, si nous craignons DIEU, si nous redoutons ses colères, si nous avons peur de sa façon de rendre la justice, si nous sommes effrayés de nous trouver un jour dans sa ligne de mire, c'est donc que par une croyance erronée nous dénions ses vertus.

Pourquoi ? Parce que depuis toujours l'homme s'est inventé, imaginé, façonné, pour répondre à ses besoins ,des dieux extérieurs, logés quelque part dans le surnaturel. Des dieux que l'homme veut à son service ou qu'il imagine tels pour expliquer sa situation et, surtout, le disculper de tout.

Cela est surtout dû à la croyance selon laquelle, l'homme ne vit qu'une seule vie, Dès lors, cette vie doit être une réussite absolue sur tous les plans. D'abord sur le plan strictement terrestre, matériel. L'homme veut que cette seule vie soit pour lui toute de bonheur, de félicité et de réussite. Si l'homme n'obtient pas immédiatement satisfaction à chacune de ses demandes, il incrimine DIEU soutenant qu'il lui refuse ce qu'il estime être en droit de recevoir. Là aussi nous trouvons l'explication de la signification que l'homme donne à la prière: chaque prière doit avoir sa récompense. En priant, l'homme prend ainsi, en quelque sorte, DIEU en otage.

Si l'homme obtient satisfaction, il en est heureux et il loue DIEU pour sa bonté, il le remercie d'avoir été entendu. Mais cela ne dure pas longtemps, et il en exige toujours davantage, car la patience n'est pas la vertu principal de l'être humain.

Nous retrouvons aussi cette attitude sur le plan spirituel. Persuadé qu'il ne vit qu'une seule vie et par ce qu'il sent « qu'il y a autre chose d'autre », une fois cette vie terminée, l'homme se met à supplier, exiger, faire des sacrifices, des promesses pour obtenir ce « quelque chose d'autre » qui ne peur être que la récompense éternelle octroyée par DIEU. C'est une source de frustrations car les religions, les croyances, les us et coutumes imposent des règles tellement rigides que leur respect total est pratiquement impossible. Cela impose tellement de contraintes qui forcent à agir dans l'espoir d'être distingué par DIEU.

Ceci doit faire comprendre qu'il faut avoir une tout autre conception de DIEU.

C'est ainsi qu'il faut interpréter la conclusion du chapitre " LA SANCTION MORALE ":

" Nous pouvons ainsi comprendre que ce n'est pas DIEU qui nous punit pas plus qu'il ne nous récompense. C'est nous qui nous punissons et qui nous récompensons par la conscience; elle nous donne toujours ce que nous avons mérité, elle est le témoin et le juge de nos actes et même de nos pensées."

 

01/12/2006

LA VUE DU MAL: UN SOUS-PRODUIT: LA COLERE.

 

LA COLERE :

UNE NOTION AMBIGUË

UN SOUS-PRODUIT DE LA VUE DU MAL.       La colère. Qu’est-ce que la colère ? Une épreuve ! Voici un texte tiré de l’ENSEIGNEMENTqui peut se rapporter à la colère.      «  Chaque fois que nous sommes à l’épreuve, nous ressentons par notre manque d’amour un fluide qui nous terrasse, devant ceux que nous disons nos ennemis. Nous nous révoltons et nous nous accablons davantage, nous récoltons de mauvais fluides et nous croyons agir encore avec raison. Ce venin que nous dégageons nous revient parce qu’au lieu d’envisager notre épreuve comme une récompense, nous la prenons comme un mal. Nous nous attardons parfois dans ces fluides et notre santé s’altère à tel point que nous parvenons bien difficilement à la recouvrer…. »        La colère est un état psychique dans lequel l’homme est littéralement hors de lui. Quand la colère s’empare d’une personne, elle supprime toute retenue, toute intelligence. Elle neutralise toute conscience, toute morale. Elle supplante la volonté et le libre arbitre, causant ainsi de graves dommages.      Cette passion, blâmable entre toutes, n’engendre rien d’autre que le regret. Car un accès de colère ne s’assagit qu’après avoir fait subir à sa victime les affres de la vue du mal.      Reprenant conscience, l’homme est pris d’un remords profond et d’un sentiment d’indignité au spectacle des séquelles de son emportement.       Dale CARNEGIE écrit à propos de la colère :      «  Quand nous sommes sûrs d’avoir raison, efforçons-nous avec tact et douceur de faire partager notre opinion. Mais quand nous sommes dans notre tort- ce qui se produit avec une fréquence étonnante si nous avons la franchise de l’admettre-, reconnaissons notre erreur promptement et de bon coeur. Non seulement nous constaterons des résultats surprenants, mais encore ce sera beaucoup plus amusant que d’essayer de nous défendre.»       Parmi les maux, causés par la colère, qui  sur les hommes et pèsent sur les hommes comme un fardeau, nos trouvons l’inimitié, la rancune, le ressentiment, la haine, la division…Tels sont les résultats de la colère.       En effet, l’inimitié ne disparaîtra pas pour autant; elle creusera la blessure et l’élargira. Celui contre qui on s’est mis en colère parce qu’on a cru voir en lui « un ennemi » est devenu, réellement, un ennemi !     Après son accès de colère l’homme s’assagit et croit avoir éteint le feu qui a causé son emportement. Mais souvent, c’est en vain : les mots prononcés, les gestes commis restent dans les mémoires. Le pardon devient difficile. Des failles irréparables se créent : il est trop facile de se laver les mains en disant :        « Moi, quand j’ai crié un bon coup, quand j’ai sorti  ce que j’avais sur le cœur, tout redevient comme avant »      En laissant éclater sa colère, l’homme trouve un exutoire à son bouillonnement intérieur. Pourtant, il n’a fait qu’exprimer sa vue du mal, ignorant que la nuisance, l’épreuve provoquée par autrui, par celui qu’il a cru « être son ennemi » est de loin inférieure en intensité à celle qu’il s’impose en répondant au mal par le mal. 

    En répondant au mal par le mal, on n’a rien corrigé, on n’a fait qu’ ajouter du mal au mal.

     " Les hommes sont nés pour une mutuelle assistance; la colère est née pour la destruction commune". C'est en ces termes que SENEQUE prononce la condamnation définitive de la colère !

 

      Dans les différentes traditions, la colère est le plus souvent considérée négativement. Dans la tradition catholique, la colère est un des sept péchés capitaux.            Mais, et c’est ici que la notion de « colère » est ambiguë : bien qu’ elle soit souvent considérée comme une passion mauvaise, elle semble être aussi ce qui réveille l'homme de sa torpeur et son acceptation résignée de l'injustice.      Elle apparaît comme le sursaut parfois nécessaire pour préserver ce qui nous tient à cœur : notre vie, celle de ceux que nous aimons, certaines valeurs jugées essentielles ; elle nous donne ainsi l'impulsion de surmonter nos propres résistances (peur d'être mal traité ou jugé en retour, poids des habitudes).                Un caractère vindicatif engendre toujours l’injustice, et sème la zizanie entre les gens. Si nous devions réparer par la vengeance toutes les atteintes grandes ou petites que nous subissons, nous devrions gaspiller notre temps en querelles interminables, et accepter d’avilir notre âme.       Mais si l'indignation contre ce qui est injuste pourrait être considérée comme une forme de colère acceptable voire utile à conserver la vie et la valeurs qui en découlent, il reste que la véritable colère est incontrôlable. Face à un mal subi, l'homme en colère ne se contente pas de répondre par un mal équivalent: l'homme en colère rend facilement au centuple le mal qu'il a subi.      En nous mettant en colère à cause de ceux envers qui ont avons la vue du mal qui font le mal, nous faisons le mal nous-mêmes.       Beaucoup de personnes semblent penser qu'elles agissent bien en s'irritant quand d'autres agissent mal.       Ce n’est pas correct. Ayons toujours bien en mémoire le troisième principe :       «  Vous ne pouvez faire la morale à personne, ce serait prouver que vous ne faites pas bien parce qu’elle ne s’enseigne pas par la parole mais par l’exemple et ne voir le mal en rien. »      Or, la colère, c’est encore bien plus grave que de simples paroles, voire des remontrances. Par la colère, on perd tout sens de la mesure dans ses paroles. Et les paroles peuvent être cruelles et, souvent, si l’on n’y prend garde, s’accompagner de gestes, d’actes…      Que peut pousser un être humain à martyriser moralement – et éventuellement- son semblable ? La réponse : la faiblesse du raisonnement, le manque de foi. Ne serait-ce pas al projection de l’image d’un être qui ne peut affirmer sa personnalité qu’au travers de la destruction morale de l’autre.