26/03/2009

LE BLASPHEME: CONSIDERATIONS ANTOINISTES.

SUR LA QUESTION DU « BLASPHEME »

D'après le dictionnaire HACHETTE, le blasphème est « une parole qui insulte la divinité ».

Cette notion est définie au 15° par Francisco SUAREZ,l théologien espagnol, comme « toute parole de malédiction, reproche ou irrespect prononcé contre Dieu ».

L'Encyclopédie catholique dit que le blasphème ne concerne que le domaine de la religion : « tandis que le blasphème, étymologiquement, peut dénoter un manque de respect dû à une créature aussi bien qu'à Dieu, dans sa stricte acception il n'est utilisé que dans le dernier sens. »

 

Voilà pour les définitions.

 

Ce qui est clair, dans l'histoire et dans l'acception du terme par les grandes religions établies, religions d'autorité, c'est que toute parole prononcée contre DIEU ou contre la religion ou tout acte de même nature est un blasphème. C'est-à-dire un péché d'une exceptionnelle gravité.

 

Soit, on pourrait encore l'admettre quand cela s'adresse aux adeptes. Mais par dévoiement, elles en arrive à considérer de la même manière tout comportement semblable venant d'un étranger à la religion en question.

 

Dans certains pays, le blasphème figure même dans le code pénal!

 

Si l'on se réfère au Culte Antoiniste, on trouvera même dans l'ENSEIGNEMENT des passages célèbres, communs pour nous, mais qui constituent des blasphèmes au sens où cela vient d'être expliqué.

 

Je prends en exemple le passage suivant tiré du chapitre «  QUELLE EST LA CONCEPTION QU'ON PEUT SE FAIRE DE DIEU »: 

 

« Ne croyons pas en DIEU, croyons plutôt en nous et agissons naturellement, nous pourrons ainsi nous acquérir la foi. Avec cette vertu, nous possédons l'amour réel, DIEU, si nous pouvons tout N'est-ce pas par Lui qui est en nous ? Disons alors que nous sommes DIEU, puisque ce n'est que par Lui que nous aimons et que nous agissons. Pourquoi l'imaginer en dehors de nous où Il n'est pas ? Là c'est le néant, ... »

 

«  Ne croyons pas en DIEU, croyons plutôt en nous... »: voilà certes, aux yeux des tenants des religions d'autorité, une parole blasphématoire !

 

Le Culte Antoiniste ne parle jamais de blasphème, il parle, dans la fameuse « histoire d'ADAM » de défaillance. On parle de vue du mal, de fausse vue..., mais jamais d'un crime inexpiable.

 

Voilà,dans le chapitre « L'ARBRE DE LA SCIENCE DE LA VUE DU MAL », quelques mots au sujet de la « défaillance » d'ADAM: 

 

« Toutefois DIEU ne l'abandonna pas. Mais l'inspiration ne produisait plus sur lui la même impression qu'auparavant parce qu'il la confondait avec ses pensées. Voilà où le doute fait son apparition, où commencent les tribulations, les vicissitudes. Car ADAM n'avait plus la foi au vrai DIEU; au contraire, depuis qu'il s'en était écarté, il L'accusait d'être la cause de toutes les difficultés qu'il avait éprouvées, interrompant ainsi l'inspiration. ADAM avait perdu tout bon sens; il se maintenait du côté de son épouse, disait que le DIEU qu'il avait abandonné n'était qu'un démon; ne voyant plus en Lui que le mal, il était heureux d'en être délivré parce que la jouissance de l'amour bestial lui procurait un bonheur apparent. Il ne se montrait plus indifférent pour son épouse, voulant autant la satisfaire qu'il avait pu lui déplaire antérieurement ».

 

Le Culte Antoiniste parle aussi plus volontiers d'épreuve. Celui qui est amené à avoir des paroles, une conduite, un comportement que dans certaines religions on qualifie de « blasphème », c'est parce qu'il est en train de traverser une terrible épreuve et qu'il se sen t écrasé par ce fardeau, fardeau estimé injuste.

 

Le Père ANTOINE parle fréquemment de cette notion d'épreuve. En voici encore quelques phrases tirées du chapitre « L'IMPORTANCE DE LA PENSEE »: 

 

« Mais la prudence n'est pas la foi, elle ne garantit pas toujours; en contact avec nos semblables, nous sommes parfois pris à l'improviste et nous voyons surgir les épreuves de partout. En supposant même que nous ayons la foi, sommes-nous bien préparés pour savoir à quel moment l'épreuve va éclater ? Il faut avoir une grande élévation, posséder déjà une partie de l'instinct du bien pour avoir toujours la bonne pensée, à même d'anéantir le fluide de la mauvaise. Pris au dépourvu, nous voulons quelquefois protester et nous aggravons tout, en voulant nous défendre. Qui se justifie, prétend avoir raison et sort de l'humilité. »

 

La notion de « blasphème » est aussi indissociable de la notion que l'on a de DIEU.

Elle découle normalement, nécessairement, inéluctablement du fait que l'on considère DIEU comme une entité extérieure à l'homme, à la création, entité omnisciente et omnipotente, dispensatrice de récompenses et de punition y compris la punition suprême, la souffrance perpétuelle en enfer.

 

Ce n'est pas la pensée de l'ANTOINISME ainsi que nous pouvons encore lire dans le chapitre « LA LOI HUMAINE COMPAREE A LA LOI DE LA CONSCIENCE »: 

 

« Nous avons raisonné la vertu et dit qu'il faut posséder la foi pour la comprendre, que celui qui la possède l'ignore, parce qu'elle est un instinct. Revenons à l'homme qui le premier a douté de lui-même en doutant de sa nature. S'il avait su qu'il était une parcelle de DIEU, il n 'aurait pas douté. Progresser c'est surmonter cette matière, en effacer la vue, acquérir les vertus; quand nous les posséderons, nous les ignorerons, nous serons réellement tout amour, face à face avec DIEU, DIEU Lui-même. Cet amour est tout différent de celui que nous nous imaginons; il nous réunit tandis que l'autre nous fait marcher dos à dos, haine contre haine. Rentrer dans cette réalité, c'est rentrer dans l'amour et ne faire tous ensemble qu'un seul; là est le bonheur. »

 

Nous avons vu, au début de ce texte, qu'était facilement considéré comme blasphème toute position ou toute attitude opposée ou en contradiction avec les rites ou es textes d'une religion.

 

Encore une fois, le Père ANTOINE est beaucoup plus compréhensif et humain. En témoignent les paroles suivantes extraites du chapitre « REINCARNATION »: 

 

«  Il est parfois bien pénible d'entendre avancer des opinions contraires aux siennes. C'est bien là, cependant, que l'on nous rend les plus grands services en nous corrigeant du parti pris. Nous ne pouvons souffrir que de l'erreur. Plus l'homme est méchant, plus il voit le droit de son côté et la méchanceté chez les autres. Si nous sommes donc contrariés, affligés de l'opinion d'autrui, c'est que nous nous basons sur l'erreur. La vérité réconforte toujours celui qui la possède; étant le fruit de son expérience, elle ne saurait l'enorgueillir parce qu'elle est due à son mérité. Quoiqu'on lui dise, il se sent à l'abri et plaint celui qui le combat, il sait qu'il est malheureux, que l'opinion l'empêche d'aimer parce qu'elle l'entoure d'un fluide qui le contrarie. »

 

30/07/2008

L'ANTOINISME EST UN OPTIMISME.

L’ANTOINISME EST UN OPTIMISME.

  Notre monde connaît une accélération du  mouvement. Cela est naturellement perturbant. On pourrait dès lors éprouver le besoin de se replier sur soi, de cultiver ses particularismes. Là se trouve l’origine des phobies ( xénophobie et, terme peu utilisé, hétérophobie ‘’peur panique de tout qui est différent’’). Il est bon de ne pas avoir d'œillères, de respecter, d'écouter les autres  pour mieux les comprendre.

     Etre ouvert à l'autre, c'est ne pas le rejeter. Voir le chapitre « LA CHARITE MORALE » :

 « Attendons-nous à ce qu’un de nos semblables surgisse tout à coup sur notre chemin ; mais ayons bien soin de ne pas y voir le mal, d’y voir plutôt l’instrument de notre progrès ;… »

     Mais cela suffit-il de ne pas sursauter, de ne pas rejeter ? Il ne faut pas non plus craindre d’aller à sa rencontre:qu’il soit croyant en un Dieu ou non ; fidèle d’une foi nourrie du christianisme ou d’une autre conception; adepte du judaïsme, de l’islam, du bouddhisme, d’hindouisme, de bahaïsme ou non ;ou encore animiste, fétichiste ou polythéiste…

    Malgré toutes ces différences, nous devons avoir en commun l’essentiel, le respect de l’autre, le souci de l’Homme, l’amour de l’Homme. C’est ce qui nous rassemble spirituellement.

     Voici, pour nous édifier sur la pensée profonde de l’Antoinisme à ce propos, un extrait du chapitre « TOUT SAVOIR C’EST TOUT AIMER. » :

« Si nous voulons nous pénétrer de l’enseignement, nous saurons que le bonheur auquel l’homme aspire découle de celui qu’il procure à ses frères, que son progrès a une cause solidaire. En travaillant isolément nous ne pouvons nous améliorer parce que nous sommes basés sur l’égoïsme. Ce n’est qu’en s’oubliant pour les autres, même en se privant parfois du nécessaire en faveur de plus malheureux qu’on peut se dire adeptes d’une doctrine qui doit être universelle, sans limites ni remparts. Plus d’adversaires dans ce cas si ce n’est momentanément et faute de se connaître. Pourrait-on renverser celui qui ouvre son cœur au prochain en le traitant en frère ? Non, l’arme levée tombe d’elle-même. Voilà le vrai moyen d’étendre notre enseignement et de jouir du grand bonheur d’aimer réellement. Avoir cette force, ce courage de tendre la main à celui qui se dresse contre nous et pour ainsi dire contre tout le monde, c’est lui offrir le salut, c’est dire : ‘’ Frère, tu vas être plus heureux, tu ne penseras plus comme tu l’as fait jusqu’à présent, tu viendras savourer avec nous le doux fruit de l’amour fraternel.’’ »

     Les Antoinistes ont donc toujours une vision optimiste de l’homme.

 

     Pour eux, l’homme n’est nullement frappé par la malédiction du ‘’ péché originel’’. Une religion de ‘’ Rédemption ‘’ n’est donc pas nécessaire. Le ‘’ péché ‘’ est un comportement moral fautif envers autrui dont il convient de comprendre les motivations, auquel il convient de mettre fin, d’apporter une réparation et de ne pas renouveler. Mais cela ne sépare pas de Dieu puisque, malgré tout Dieu reste en chaque homme. Cela fait partie des ‘’épreuves ‘’à dépasser. C’est simplement le témoignage d’une faiblesse. Les prophètes ( dont JESUS ) sont, chacun,  l’un d’entre nous. Ils témoignent de l’accomplissement humain dans la foi lorsque celle-ci est vécue avec cœur et compréhension. Dieu n’est  pas le gendarme de ce monde : il est Amour (personne ou énergie), il ne condamne personne à la damnation éternelle puisque chaque âme sera , en fait délivrée après un long parcours comprenant d’innombrables réincarnations.

     Voici aussi ce que dit le Père ANTOINE dans le chapitre « LA SOLIDARITE » :

« Quant à croire qu ‘un autre est responsable de notre défaillance, c’est une erreur. Elles sont un témoignage de notre faiblesse et ceux qui nous tentent, plus ou moins inconsciemment, nous rendent le service de nous la révéler. Lorsque nous l’aurons comprise et que nous aurons travaillé à la surmonter, nous cesserons d’incriminer notre semblable et nous verrons en lui plutôt notre bienfaiteur, parce que nous aurons appris par son contact à nous connaître et à nous améliorer. Nous sommes toujours solidaires, à moins de vouloir nous nuire personnellement. Certaines choses nous paraissent parfois un grand mal et sont peut-être  le contraire, un grand  bien. »
 

 

 

04/05/2007

LES BAVARDAGES. MEDITATIONS SUR LES 3° ET 10° PRINCIPES.

 

LES BAVARDAGES.

 

     Que de mal n’est pas commis journellement, inconsciemment par les bavardages faits les uns sur les autres !

     Que de mauvais fluides sont cultivés, ravivés, répandus et communiqués ainsi !

     Comme la vue du mal peut alors s’exprimer d’abord par des sous-entendus ; mais des sous-entendus qui deviennent des petits mots ; des petits mots qui se transforment en grandes conversations ; des conversations qui se terminent par des suppositions ; suppositions qui deviennent rapidement des affirmations clôturées par des jugements !

     Peut-être qualifierez-vous aussi cet article de « vain bavardage » ? Il n’en est rien : si on raisonne bien, si on accepte de faire un travail d’introspection, on se rendra bien compte qu’on retrouve en fait ici l’ensemble de la problématique de la rencontre de soi, des autres et de DIEU.

     Si seulement nous avions le courage de dire en face ce que nous disons derrière le dos ou ce que nous pensons intérieurement, notre progrès irait beaucoup plus vite avec l’épreuve qui en résulterait. Mais nous sommes faibles et nous préférons cacher notre vrai visage, dissimuler nos pensées.

     C’est pourquoi, lorsque nous sommes coupable d’une chose, nous préférons berner notre conscience. Nous ne manquons pas de nous trouver des excuses, des motivations, des circonstances atténuantes. Ou, même, nous franchissons le pas de trouver chez autrui la cause de notre défaillance ! Nous cherchons toujours, à tout prix, devant nous-mêmes et devant nos semblables à voiler la vérité, à fermer les yeux. Le jour où nous aurons l’épreuve pour nous rectifier, nous serons plus sincères pour nous-mêmes et devant les autres.

     C’est en fait une des interprétations du troisième et du dixième principes.

     Il convient aussi de méditer un extrait du chapitre « ÊTRE ET PARAÎTRE » :

     « Il arrive que des personnes nous sont sympathiques ou antipathiques sans raison déterminée. Avoir trop d’amour pour les uns et en manquer pour d’autres, ce n’est pas aimer en réalité, car celui qui possède l’amour vrai ne cesse jamais d’aimer ; il affectionne indistinctement les uns et les autres ; s’il ne peut dire du bien de ses semblables, il y a une raison, mais du moins il n’en dira pas du mal.

          Nous avons montré combien le travail moral est nécessaire à quiconque veut abréger sa route et s’épargner des tribulations de tous genres ; je n’en connais guère de plus utile que d’analyser ses pensées, d’en rechercher la source bonne ou mauvaise ; si elles sont dues à une imperfection et qu’elles séjournent en nous quelque temps, nous l’avons déjà dit, elles seront bientôt suivies d’autres qui pénétreront plus profondément dans les ténèbres et nous ne tarderons pas à en être tourmentés ; elles nous causeront autant de désagréments que nous avons eu de plaisir à les manier. C’est payer cher la satisfaction d’un moment et nous devons éviter ces sortes de repos entre deux épreuves ; dans ces intervalles, tâchons au contraire de nous défaire de nos faiblesses, de repousser les tentations ; n’oublions pas que l’esprit n’est jamais inactif, que les bonnes pensées dispersent les mauvaises qui ne pourraient que nous accabler davantage. »