18/01/2008

LA SOUFFRANCE: GRANDEUR ET SERVITUDE DE L'ETAT HUMAIN.

 

GRANDEUR ET SERVITUDE DE L’ETAT HUMAIN.

CE QUI DISTINGUE L’HOMME DE L’ANIMAL.

     Je reviens sur mon article intitulé «  LA VUE DU MAL. LA PARANOïA, ON EN EST RESPONSABLE », notamment sur le passage repris ci-après :

«  Nous nous comportons souvent tels des personnes complexées. Celles-ci passent leur temps à s’observer. Par projection, par égocentrisme aussi, elles pensent  que le monde entier passe également son temps à les observer, le moindre petit défaut devient alors monstrueux. Alors, on se met aussi à observer, à épier les autres. C’est ainsi que se met en action le mécanisme de la paranoïa. »

     « Paranoïa » apparaîtra peut-être un peu exagéré. Mais, pour prendre un exemple dans une tranche de vie vécue par chaque individu, la fin de l’adolescence est souvent la période des déboires. On n’ose pas affirmer sa personnalité, s’exprimer en public ni aborder franchement les adolescents du sexe opposé. On a conscience que le monde tend les bras mais il apparaît effrayant. De cette souffrance dépendront souvent des comportements qui auront une influence pernicieuse pendant toute l’existence.

      C’est pourtant bien cette souffrance qui fait toute la définition de la nature humaine : sa grandeur et sa servitude. Comme un philosophe l’explique dans l’extrait suivant, la souffrance est un des attributs qui fait la différence entre l’homme et l’animal :

« Dans la nature, la souffrance n’existe pas. Certes, les animaux peuvent ressentir la douleur mais il ne s’agit pas d’une souffrance vécue consciemment. L’homme , en revanche, est conscient de sa douleur. Il y réagit, s’y oppose et crée ainsi un vrai sentiment de souffrance. Outre la douleur physique, il connaît également la souffrance psychique comme le chagrin, le deuil, les peines existentielles : l’angoisse de la maladie, de la vieillesse et de la mort…

   Le stress survient quand on s’oppose de toutes ses forces à ce qui arrive. On n’accepte pas la douleur et les coups durs de la vie. On se laisse envahir par des pensées primaires, émotionnelles. L’angoisse du lendemain, l’insécurité face à l’avenir, tout cela engendre du stress. Alors qu’accepter les évènements tels que la mort, la séparation, rend la vie plus douce, plus sereine mais, pour y arriver, il faut faire preuve d’une grande capacité de réflexion et de sagesse. »

( Gerbert BACKX, psychothérapeute et philosophe )

     Si « paranoïa » peut paraître abusif ( encore qu’il y ait des degrés dans la paranoïa), au moins l’égocentrisme est un terme qui peut être accepté. Comme je l’explique, l’égocentrisme est la résultante de cette souffrance. Cette souffrance, mal acceptée, non comprise et donc insurmontée provoque un perturbation du référentiel.

 

      Je définirais l'égocentrisme comme étant une déformation de l'ego, qui se traduit par la projection, faite par l'égocentrique, de son référentiel sur les êtres et le monde qui l'entourent. Inconsciemment et selon le degré de déformation, l'égocentrique va avoir tendance à ériger son référentiel personnel, par nature subjectif, en référentiel absolu, et de ce fait ramener tout à lui. Dans sa quête de bonheur une personne égocentrique considère que son bonheur personnel prime sur le bonheur d'autrui, et voit dans le monde extérieur (incluant les êtres vivants) des objets mis à sa disposition pour atteindre cet objectif de bonheur – objectif somme toute illusoire, car basé dans la grande majorité des cas sur un bonheur exclusivement matériel.

    

     Dans le chapitre «  LE MYSTERE : AMOUR INTELLIGENCE ET CONSCIENCE », le Père ANTOINE revient justement sur cette question de souffrance et aborde le problème subi par ceux qui sont incapables de l’interpréter et de la surmonter. Il nous dit bien le danger qu’il y a alors à « ériger son référentiel personnel en référentiel absolu » :

« Puisque c’est à chacun selon ses œuvres, nous ne pouvons rendre personne responsable de nos souffrances, nous ne les endurons que pour avoir enfreint la loi dont nous savons la sanction inévitable ; le démon qui paraît si méchant n’est donc autre que notre doute. Si d’un autre côté, nous désirons aller vers DIEU, la loi est toujours la même, si nous faisons bien, nous trouvons bien, comme lorsque nous faisons mal, nous trouvons mal.

  C’est ainsi que nous devons comprendre que nous sommes notre DIEU, notre démon, le bourreau et le martyr, l’unique auteur de notre châtiment et de notre récompense. Puisque en vertu de notre libre arbitre, nous faisons le bien et le mal quand nous voulons, disons donc que nous sommes la loi, l’accusateur, le témoin et le juge de notre être. »

15/01/2008

LA VUE DU MAL. LA PARANOÎA. ON EN EST RESPONSABLE.

 

LA VUE DU MAL :

NOUS EN SOMMES RESPONSABLES !

     Je vous livre, ci-après, un extrait du chapitre « LA VUE DU MAL SENSIBILITE DE L’INTELLIGENCE ». et cet extrait sera suivi, comme d’habitude, d’une réflexion : 

« La souffrance nous arrive de mille manières ; un seul mot de l’un ou de l’autre de nos semblables la provoque : sommes-nous en présence d’une personne qui ne nous est pas sympathique, elle ne fait pas un mouvement que nous n’y voyions pas le mal et nous en souffrons. Si nous réfléchissons, nous admettrons que le mal n’existe pas, qu’il est la conséquence de la matière, de notre imperfection, l’erreur qui nous fait voir tout contrairement à la réalité. »

     Nous nous comportons souvent tels des personnes complexées. Celles-ci passent leur temps à s’observer. Par projection, par égocentrisme aussi, elles pensent  que le monde entier passe également son temps à les observer, le moindre petit défaut devient alors monstrueux. Alors, on se met aussi à observer, à épier les autres. C’est ainsi que se met en action le mécanisme de la paranoïa.

     De pensées  nous heurtent, des choses ou des actions que nous voyons  nous choquent, des attitudes ou des paroles qui se déroulent ou se disent autour de nous nous font du tort. Tous ces évènements sont en réalité la preuve que nous avons la vue du mal, la preuve qu’il subsiste dans notre atmosphère des traces négatives.

     En fait, cela doit nous aider à prendre conscience que nous sommes responsables de la vue du mal. Celle-ci n’existe pas, de façon abstraite, dans l’absolu, mais elle existe en chacun de nous. Nous la portons en nous et nous la porterons aussi longtemps que nous n’aurons pas acquis la foi.

     Nous la porterons aussi longtemps que nous n’aurons pas abandonné les vieilles croyances que l’humanité traîne depuis la nuit des temps. Aussi longtemps que nous n’aurons pas compris la vraie nature de DIEU et la vraie nature de l’HOMME.

     En fait, celles-ci sont identiques : DIEU est en nous et est dans chacun de nos semblables, même en celui qui se conduit comme notre pire ennemi.

     Et pour terminer, un extrait du chapitre « LA SOLIDARITE PEUT-ELLE ENTRAÎNER LA RESPONSABILITE ? » : 

«  La vue du mal qui est l’imperfection prend l’apparence pour la réalité, elle ne nous permet  pas de supporter celle-ci. Ah !  pauvres êtres que nous sommes ! nous prions et invoquons DIEU pour qu’Il nous délivre de nos souffrances alors que c’est Lui qui nous les occasionne en démolissant notre imperfection qui s’y refuse. Nous ne souffrons donc qu’au contact de la réalité, DIEU, que nous ne pouvons supporter. C’est la raison pour laquelle il a été révélé que l’amour de DIEU est incompatible avec celui du monde… »

 

 

12/01/2007

L'EGOCENTRISME ET LA "VUE DU MAL" (SUITE)

 

L’EGOCENTRISME

ET

LA « VUE DU MAL »

( SUITE )

     Qu’on y prenne bien garde et qu’on reste humble et modeste. Si nous regardons les autres et que nous y trouvons de l’égocentrisme, c’est que nous sommes nous-mêmes égocentriques.

     Si nous raisonnons sur le texte précédent et que nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, la seule difficulté que nous rencontrerons ce sera de savoir dans quelle catégorie d’égocentrisme nous devons nous situer.

     Comme il est dit dans ce texte, nos besoins élémentaires sont similaires. C’est leur mode d’expression qui diffère.

     Nos besoins relationnels les plus vitaux sont liés aux réactions de l’autre. Mais nous ne pouvons oublier que chacun est aussi, pour l’autre …un autre.

    Si les différences de l’autre nous sautent si facilement aux yeux, c’est aussi parce que, pour cet autre, nous représentons aussi tout ce qu’il y a de différent.

     Les troisième et cinquième principes nous conseillent comme comportement un total désintérêt pour parler sur les autres, pour les juger et les amoindrir à nos yeux et aux yeux du monde. Ce comportement implique aussi un absence totale de dévalorisation de nous-mêmes.

     Ce qui est difficile à comprendre, c’est la raison pour laquelle l’autre ne nous comprend pas. Nous ne nous comprenons pas parce que nous craignons de reconnaître chez l’autre ce qui est détestable en nous, ce qui nous fait honte.

      Mais, l’autre, nous en avons besoin ! Dans la « CHARITE MORALE », le Père ANTOINE dit, à juste titre, et nous le comprenons mieux après ce raisonnement :

     «  Attendez-vous à ce qu’un de vos semblables surgisse tout à coup sur votre chemin, mais ayez bien soin de ne pas y voir le mal, voyez y plutôt l’instrument de votre progrès ».

     Et, dans le chapitre « LA SOLIDARITE PEUT-ELLE ENTRAÎNER LA RESPONSABILITE ? » :

     « Cherchons ce que peuvent signifier les mots « la solidarité est le principe fondamental indispensable à la création ». Si elle n’existe qu’en apparence, pour quelle raison a-t-elle pour base la solidarité, pourquoi celle-ci est-elle indispensable à tous les êtres incarnés ? je répondrai : »afin qu’ils puissent arriver à se réformer les uns par les autres. » En effet, nous ne pouvons nous améliorer que par l’épreuve sans laquelle, nous le savons, il n’est point d’avancement et pour y  arriver le contact de notre semblable nous est indispensable. Voilà la solidarité ! »  

     Et, dans un autre passage :  « Le contact de notre semblable nous est indispensable  pour surmonter ( la vue du mal) … »

 

 

 

 

 

11/01/2007

L'EGOCENTRISME: UNE MANIFESTATION DE LA " VUE DU MAL "

 

L’EGOCENTRISME :

SES DIVERSES FORMES,

MANIFESTATIONS DE LA « VUE DU MAL ».

     Que quelqu’un défende, même avec ardeur, ses propres droits, son propre bien-être, sa propre situation n’est nullement anormal ni choquant ni immoral.

     Cela le devient lorsque cette personne dérape, lorsqu’elle pense d’abord, et exclusivement, à elle-même, qu’elle place sa personne au centre de tout.

     C’est encore plus grave lorsque, parfois, cela frise à la cruauté quotidienne, habituelle ( dans la vie de famille, de quartier, de travail…). On arrive là au harcèlement moral. C’est alors la « vue du mal » qui s’exprime. C’est toujours là que finit par aboutir l’égocentrisme !

     La tolérance et le refus de jugement sont indispensables pour accepter l’autre dans sa différence, pour arriver à bout de l’égocentrisme.

     L’égocentrisme se manifeste sous diverses formes, parfois contradictoires par rapport à d’autres formes. Mais c’est toujours le même fluide néfaste.

     Observons quelques unes de ces formes. Si nous y réfléchissons, nous découvrirons la « vue du mal ». Elles en sont indissociables, soit qu’elles l’amènent, soit qu’elles en sont le produit.

     1° Être exclusivement demandeur par rapport aux autres : leur asséner sans cesse des remarques, des conseils, des leçons et, en retour, exiger de l’attention, des remerciements, de la gratitude, de l’affection, du respect…

     2° Être atteint du « complexe de l’estrade » : les personnes qui monopolisent l’attention, qui ne parlent que d’elles, de leurs succès et qui ont, perpétuellement besoin d’un public approbateur et admiratif qu’ils monopolisent…

     Verser dans le perfectionnisme exigeant : ce sont les gens imbus d’eux-mêmes, impatients et exigeants dans leurs relations avec les autres. Ils croient détenir le monopole de la connaissance de la matière qu’ils travaillent. Ils manquent de compréhension en ce qui concerne la valeur réelle des autres et leur manière de fonctionner…

   4° S’autoproclamer « victime » : ce sont les êtres, malheureux, prisonniers des interdits, des préjugés, des dogmes reçus et qui sont trop marqués par les objectifs ou les obligations qu’on leur a inculqués ou qu’ils se sont fixés. A cette catégorie, on peut ajouter les hypocondriaques. Ils se sentent constamment responsables de ce qui se passe, voire même coupables.

     Avoir la mentalité de « dominant » : les êtres qui veulent que leur personnalité sorte toujours au-dessus du lot. L’esprit de dominance devient vite esprit tyrannique et d’intolérance.

     Se retrancher des autres : les individus distants, enfermés dans leur tour d’ivoire. Ils manifestent une attitude condescendante, orgueilleuse, méprisante. Ils prennent  toujours leurs distances par rapport à leur entourage et abandonnent tout intérêt vis-à-vis d’autrui. Ne pas confondre avec la timidité.

     Cultiver la haine : les personnes haineuses s’estiment victimes du destin et rendent les autres coupables de leurs difficultés ou de leurs échecs. Le soutien des autres leur paraît aller de soi. Ils n’en sont donc jamais reconnaissants. Ils prennent tout comme un dû, comme un dédommagement. Non seulement, ils sont incapables de s’intéresser au bonheur d’autrui, mais celui-ci leur fait envie et leur paraît immérité.

 

     Avant d’aller plus avant dans le raisonnement, rappelons-nous quelques passages de l’ENSEIGNEMENT :

 

 

Extraits de l’ENSEIGNEMENT.

     «  Efforcez-vous d’aimer celui que vous croyez être votre ennemi, ce n’est que pour vous apprendre à vous connaître que le place sur votre chemin. Mais voyez le mal en vous plutôt qu’en lui , il en sera le remède souverain » ( Cinquième Principe )

 

     «  L’Enseignement est basé sur la foi et pour être d’accord avec lui, il faut démolir la vue du mal. Plus voudrions-nous l’étudier en dehors de la loi, plus renforcerions-nous cette vue, car ce serait rentrer dans l’égoïsme. » ( Chapitre «  L’ETUDE DE L’ENSEIGNEMENT MORAL » )

 

     «  Pour la pénétrer, nous devons démolir la vue du mal, c’est-à-dire » reprendre le chemin entrepris dès le principe pour débarrasser l’Arbre de science du dernier atome de cette matière par laquelle il nous a engendrés.

        Dès ce jour, on ne dira plus l’arbre de la science, du bien et du mal mais de la vue du mal ; tel est son véritable sens. » (Chapitre « APPARENCE DE LA REALITE »

 

     Face aux problèmes d’égocentrisme, il faut essayer d’avoir une attitude d’écoute, s’efforcer d’entendre le message caché de l’autre. Cela exige de l’humilité.

     On doit faire preuve d’empathie : il faut pouvoir comprendre le monde affectif de l’autre, ressentir ce qu’il ressent, savoir ce qui l’émeut et à quel point cela l’émeut mais en gardant une juste distance. Il faut savoir percevoir la souffrance réelle qui est cachée par une des attitudes décrites plus haut.

     Il faut s’efforcer de ressentir les émotions de l’autre mais sans les prendre pour nôtres. Ce qu’il ressent, nous n’avons pas à le juger, nous devons seulement y être sensibles, l’entendre dans sa souffrance…

     Face à des comportements égocentriques, plutôt qu’adopter une attitude de rejet, ce qui convient c’est de prendre conscience de la similitude fondamentale des besoins humains. Ce que les égocentriques expriment, ce sont ces besoins, similaires aux nôtres, mais ils les expriment mal.

     La conscience de cette similitude des besoins rend dérisoire l’usage des reproches, des leçons de morale, des condamnations abruptes…

     Même si c’est difficile, on doit trouver en soi de la bienveillance, de la clémence pour les autres et, ainsi, du moins peut-on l’espérer, susciter ce même sentiment chez eux.