22/06/2007

LE DEMON, LE DIABLE. QUE FAUT-IL EN PENSER ?

 

LE DEMON

( EXISTE-T-IL ? )

     Dans ce site, il est, à de nombreuses reprises fait référence à DIEU. DIEU existe-t-il ? Comment faut-il concevoir DIEU ? Quel est le rôle de DIEU ? Comment DIEU se manifeste-t-il ?…Mais plus rarement, sinon jamais, de ce qui, dans le langage populaire, est l’opposé de DIEU : le démon !

     Dans la conception traditionnelle, fortement teintée de manichéisme, il existe deux principes primordiaux, celui du Bien ( DIEU ) et celui du mal ( le Diable ).

     Dans l’imaginaire chrétien, le  démon, le diable ( SATAN ) occupe une position équivoque. C’est presque comme s’il était, à la fois, un tentateur luxurieux et attirant chargé de mettre à l’épreuve les âmes terrestres et un père Fouettard chargé de punir les âmes qui n’auraaient pu résister à ses charmes.

     Pourtant, dans les religions « de salut », très curieusement le Diable a une fonction salutaire : c’est lui qui est chargé d’exécuter la punition suprême : l’enferment éternel dans les flammes de l’enfer ! L’ennemi éternel de DIEU serait donc aussi, en quelque sorte, son comparse éternel !

 

     C’est, en somme, ce que le Père ANTOINE exprime dans le chapitre « CAUSE, DEVELOPPEMENT ET PERFECTIONNEMENT DE L’ÊTRE » quand il s’exprime en ces termes : 

« DIEU laisse faire de LUI tout ce que nous voulons ; lorsque nous doutons, nous en faisons un démon, nous baignons alors dans le démon, le doute, comme le poisson dans l’eaufluides,Adam. Sachons que nous ne pourrions voir ni nous mouvoir que par DIEU de même que le poisson ne peut voir ni se mouvoir que dans l’eau et par l’eau. Hors de son élément, il serait absent de lui-même et cesserait d’exister. »

     Comment expliquer et résoudre cette terrible contradiction ? Pour nous, c’est très facile : parce que cette contradiction n’existe pas. Tout simplement parce que nous savons que l’homme a une vision incorrecte aussi bien de DIEU que du Diable. Pas plus que DIEU, le Diable n’est pas une entité extérieure à l’homme.

     Il faut réexaminer la notion du démon de la même façon que nous avons réexaminé la notion de DIEU. Le Démon, c’est celui ( ou, plutôt, la force ) qui contrarie, qui s’oppose mais qui, en s’opposant, permet l’évolution : l’origine de la vie est dans la rencontre de molécules qui se reconnaissent, se recherchent tout en s’affrontant. C’est ce que le Père ANTOINE explique dans le chapitre « L’ORIGINE DE LA VIE. » : 

« Nous baignons dans la vie et dans les fluides comme le poisson dans l’eau.

   Les fluides s’enchaînent et sont de plus en plus éthérés ; ils se distinguent par l’amour ; partout où celui-ci existe, il y a de la vie, car sans la vie, l’amour n’a plus de raison d’être. Il suffit que deux fluides soient en contact par un certain degré de chaleur solaire pour que les deux germes de vie se disposent à entrer en rapport. »

     Et aussi dans le chapitre « CAUSE, DEVELOPPEMENT & PERFECTIONNEMENT DE L’ÊTRE» :

« Les deux fluides par lesquels la vie se spiritualise lui permettent de s’assimiler tous les autres qui correspondent à tout l’univers. Tout ce que nous voyons autour de nous n’est que la conséquence de notre individualité ;  la vie peut, par l’intermédiaire de es deux fluides, se procurer tout ce qu’elle s’imagine ; elle peut se développer, à leur contact, aussi bien l’imperfection que se perfectionner. C’est de cette façon que ADAM entreprend la matière et arrive à faillir. … »

      Donc, la vie est issue de ce jeu, de cette opposition qui est en même temps recherche. Il n’y a pas non plus de vie sans destruction. Une destruction figurée par la mort matérielle compensée en permanence par une création nouvelle pour laquelle est, nécessairement, partie intervenante. C’est ainsi qu’un philosophe (Jean-Didier VINCENT) dans « LA CHAIR ET LE DIABLE » dit que le démon s’active en permanence au sein même de l’être, au cœur de la vie. Comme il dit : « La triade diabolique – la vie, le sexe et la mort – a permis l’épanouissement des formes animales à la surface de la Terre et leur évolution par l’entremise de la sélection naturelle » Donc, pour lui, le démon c’est la vie et la vie est complice de la mort. Il n’y a pas de vie sans mort matérielle. La mort n’est pas la fin de quelque chose mais une partie constituante de la vie …et, pour les Antoinistes, le début d’un renouveau.

06/01/2007

LA DEMARCHE VERS AUTRUI.

 

DEMARCHE VERS AUTRUI :

DEMARCHE INTERPERSONNELLE

DEMARCHE « TRANCULTURELLE ».

 

     On peut, une fois encore, se pencher sur le cinquième principe et le raisonner :

 

     «  Efforcez-vous d’aimer celui que vous croyez être votre ennemi. Ce n’est que pour vous apprendre à vous connaître que je le place sur votre chemin , mais voyez le mal plutôt en vous qu’en lui, il en sera le remède souverain. »

 

    Ce principe ( attention, l’ENSEIGNEMENT antoiniste ne parle jamais de commandements ), débute par la locution « efforcez-vous  ». Cela veut dire qu’il s’agit là d’une démarche active.

 

    Nous avons, ensuite, l’expression « celui que vous croyez être votre ennemi ». Nous entendons par là  la volonté active de dépasser les différences, les obstacles, de surpasser les préjugés. Bref : ne pas juger a priori mais toutefois cela implique de bien saisir les différences. Ne pas juger les différences ne peut pas signifier de les ignorer.

 

     Le mot « ennemi » est cité. Cela signifie qu’il existe, fatalement, quasiment entre chaque individu un obstacle culturel à dépasser. C’est vrai dans la vie quotidienne : nous fréquentons des gens de religion, d’ éducation, de niveau intellectuel, de niveau de compréhension morale, de niveau scolaire différents. Il faut aussi ajouter les histoires familiales ou de clan…Certains aiment le sport, d’autres le cinéma, d’autres la lecture…

 

    Bref, la démarche vers autrui est manifestement un besoin et une nécessité : c’est en partie par ses relations avec autrui que l’homme se construit. Mais, on se heurte toujours à obstacle culturel. Chaque dialogue entrepris nécessite le dépassement d’un choc culturel.

 

    Se rencontrer, c’est exister et faire exister l’autre. Mais au quotidien, nous sommes souvent parasités par des jeux de domination et des comportements d’évitement ou d’opposition. C’est ce que le Père ANTOINE veut dire lorsqu’il dit : « Rien n’est bien s’il n’est solidaire. »

 

    C’est encore plus compliqué lorsque « autrui » est quelqu’un d’une autre culture. On parlera alors d’une démarche « transculturelle ». Mais au fond, les ressources morales nécessaires pour entamer cette démarche sont les mêmes que celles qui sont utilisées au quotidien.

 

    Il s’agit là de ressources essentielles et bien ancrées dans l’histoire des relations humaines.

 

   Celles-ci nous poussent à nous intéresser à l’AUTRE, mais d’un intérêt purement moral, charitable, sans but matériel, sans intention de catégoriser et de juger, sans « vue du mal ». C’est la vraie solidarité.

 

    C’est grâce à cette solidarité, à cette intérêt dématérialisé que l’on perçoit avec le plus d’acuité sa propre identité, sa différence, sa propre étrangeté, ses propres imperfections.

 

    C’est comme cela qu’il faut, à mon sens , comprendre la dernière partie du cinquième principe : « Mais voyez le mal en vous plutôt qu’en lui, il en sera le remède souverain. »

 

    On pourrait aussi citer un auteur moderne qui est loin de partager nos opinions et méditer sur sa pensée, Régis DEBRAY :

 

    « A force de considérer que nous sommes la lumière et que tout ce qui n’éprouve pas nos a priori culturels relève de la barbarie, nous nourrissons un obscurantisme, un refus de reconnaître l’autre, une arrogance navrante, voire un racisme. »

 

    Il faut, en tout cas , proscrire toute pensée binaire, tout manichéisme : il n’y a pas un « bien absolu », dont nous serions les uniques représentants, campant en face d’un « mal absolu » dont l’autre serait le tenant.

 

     Il ne faut pas, non plus, « déposer son problème »chez les  autres. Si on a une difficulté de relation avec quelqu’un, si on se heurte à un obstacle entre soi et quelqu’un, c’est qu’il y a un problème. Il faut d’abord s’examiner et le résoudre chez soi avant de le situer a priori chez l’autre.

 

    C’est ce que nous trouvons dans le chapitre « LA CHARITE MORALE » : « Attendez-vous à ce qu’un de vous semblables surgisse tout-à-coup sur votre chemin, mais ayez bien soin de ne pas y voir le mal, voyez y plutôt l’instrument de votre progrès. »

 

    Lorsque nous sommes en face de quelqu’un d’une culture fondamentalement différente, nous devons nous rapporter aux paroles du Père ANTOINE dans le chapitre « LE MATERIALISTE, LE FANATIQUE & LE VRAI CROYANT » à propos de l’attitude à avoir vis-à-vis des athées :

 

    «  Cependant nul n’a le droit de critiquer les adeptes d’une telle doctrine. Ils agissent bien naturellement, ils possèdent la faculté commune à tous les hommes, appelée la conscience, faculté naturelle d’essence divine qui, en se développant rend l’esprit plus sensible au bien et au mal. C’est celle-ci qui les empêche d’abdiquer la morale pour revendiquer les idées purement matérielles… »