12/03/2010

LE PECHE D'ORGUEIL.

 

OU L'ORGUEIL PEUT SE CACHER ?

Personne ne peut se targuer d'être sincère dans l'exécution d'une action, où dans la pratique d'un culte s'il ne croit pas en sa motivation.

En revanche, les personnes qui, dans les faits, pratiquent effectivement la foi ou les prescriptions morales ( ce que nous appelons «  la loi d'amour et de charité » ) sans le savoir, ou même parfois en prétendant en être affranchis, mais en étant généreux, sincères et honnêtes, évolueront de façon plus favora ble sur l'échelle du progrès que ceux qui les ont reçues, qui les connaissent mais qui ne les pratiquent pas !

La connaissance de l'Enseignement, la connaissance du texte, de la parole révélée sans les actes est mort-née. Celui qui connaît par coeur le texte fondateur de sa religion mais qui ne profite pas des moindres occasions pour le mettre en pratique n'a qu'une connaissance stérile.

Nous arrivons à un point plus délicat: peut-on se targuer, peut-on tirer gloire d'être dans la bonne route ? Répondre « oui », c'est succomber au péché d'orgueil, c'est contraire au désintéressement. C'est contraire au principe de solidarité: il n'y a pas de solidarité possible quand on se place au-dessus des autres. L'orgueil, c'est aussi un manque d'amour. Le Père ANTOINE nous le rappelle à la fin du chapitre « LE DEVOIR IMPOSE LA PRATIQUE DES LOIS MORALES »:

« La solidarité ne consiste pas à approuver les actes de quelqu'un puis à lui en signaler d'autres, contraires à sa nature; autant vouloir se servir d'un outil en bois pour travailler le fer »

C'est ainsi que se comporterait un orgueilleux. Car, fatalement, un orgueilleux aura toujours tendance à la vue du mal, considérant qu'il personnifie le bien et que l'autre personnifie le mal!

Le Père ANTOINE continue et donne la bonne façon de se conduire: 

« La personne élevée éclaire son semblable en l'approchant avec amour, en assimilant insensiblement ses fluides aux siens; par le dévouement qu'elle témoigne à ses inférieurs, elle s'élève tout en les réconfortant d'autant plus qu'elle éprouve le plaisir de leur venir en aide. Telle est la solidarité. »

Et cela, un orgueilleux est incapable de le faire.

Quand on croise une personne qui est dans le besoin ( besoin d'aide matérielle, besoin de conseils moraux, besoin de compassion ou de reconnaissance...) et que nous répondons favorablement, pouvons-nous en tirer gloire ? Non. En fait, nous devons plutôt être reconnaissants vis-vis de cette personne. C'est elle qui nous a permis de faire une bonne action.

C'est ce qui figure dans le quatrième principe:

« … … Si vous agissez envers votre semblable comme un véritable frère, vous ne faites la charité qu'à vous-mêmes, vous devez le savoir, puisque rien n'est bien s'il n'est solidaire, vous ne faites envers lui que remplir votre devoir. »

Donc pas de gloriole qui serait non seulement inutile mais puisée dans un mauvais fluide, celui de l'orgueil.

A ce propos, je vous soumets également l'extrait suivant, tiré du chapitre « L'EFFICACITE DES LOIS MORALES »: 

«  Nous savons que ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer DIEU, qu'ils sont nos bienfaiteurs puisque leurs persécutions nous obligent à nous réformer. Grâce à leur vigilance, nous ne pouvons guère sortir des lois: ils nous rappellent tout de suite à la raison. Ce n'est pas tant l'enseignement qui nous fait progresser que l'opposition de ceux qui voudrait l'anéantir et qui ne parviennent qu'à lui donner plus de valeur. Ce qu'on appelle le mal constitue une solidarité indispensable pour tout ce que l'on peut proclamer. »

Voilà encore une définition de la solidarité et une de ses exigences. L'orgueilleux ne pourrait jamais se comporter comme le Père ANTOINE l'expose dans ce passage. Au mieux, l'orgueilleux se drapera dans sa froideur méprisante. Au pire, il sombrera dans le fanatisme, dans l'intolérance. Si cela reste purement mental, ce n'est encore qu'un demi mal... mais si, dans la société, il détient quelque pouvoir, il court le risque de commettre des actes de vengeance...

 

09/02/2010

LES ANTOINISTES ET L'ETHIQUE.

TEXTE AIMABLEMENT COMMUNIQUE PAR UN FRERE.

 

 L’ETHIQUE ANTOINISTE.

Du chapitre "LA NON EXISTENCE DU MAL" on pourrait déduire que la morale antoiniste est laxiste : quoi que nous fassions nous progressons en subissant des épreuves; vivons donc comme nous l'entendons, en ascète ou en cochon du jardin d'EPICURE, qu'importe!



L'exemple que nous a laissé le Père ANTOINE, et celui de ses adeptes aujourd'hui, démontrent le contraire. Une chose est sûre : on peut dire des antoinistes ce qui se dit des mormons, des quakers ou des unitariens aux Etats-Unis : que jamais on se sera victime de leur part d'un acte malhonnête.

Le plus souvent les desservants des temples vivent d'une manière quasi monacale, toujours présents de jour comme de nuit pour recevoir les personnes malades ou en difficulté. Ils ne quittent l'annexe du temple où ils demeurent que le samedi, sauf cas urgents bien entendu. Dans le chapitre « L'AMOUR ET LA SOLIDARITE », le Père ANTOINE nous enseigne:

« Je rappelle (…) combien l'œuvre que nous poursuivons est diversement jugée, digne d'éloge selon les uns, très répréhensible selon les autres, c'est ce qui démontre encore la non-existence du mal. »

« Tâchons de nous tenir à la hauteur de nos devoirs. »

« Quelque soit l'œuvre que nous ayons en vue, matérielle ou morale, chaque jour inconsciemment nous posons une pierre à l'édifice et selon notre dévouement, notre désintéressement, nous manions des fluides de plus en plus vivifiants pour la mener à bonne fin. (…).

Occupons-nous de quoi que se soit, l'épreuve doit nous assaillir, car toute pensée la provoque. Il importe – et pas n'est besoin pour la cause d'une si grande sensibilité – de discerner si elle est de bonne ou de mauvaise source, si elle vient de notre épreuve, imperfection ou de nos vertus. (…)

La tâche la plus excellente, c'est l'amélioration. En luttant contre une faiblesse, nous acquérons des forces et du courage pour surmonter les autres (…) »

Alors affirmer, comme Mgr LEROUX, dans la "Revue ecclésiastique de Liège" "qu'une des raisons du succès de l'Antoinisme est le laxisme moral" relève de l'intolérance aveugle. On peut comprendre qu'un ecclésiastique catholique attaque une doctrine autre que la sienne, ce qui fut fréquent tout au long de l'histoire, mais il faut d'abord se pencher sérieusement sur la dite doctrine avant d'affirmer quoi que se soit.

Les antoinistes, pour leur part, ne condamnent aucune autre religion, pas plus que l'absence de croyance. Ce prélat eut pu s'inspirer de leur tolérance ou, à tout le moins, tenter de savoir de quoi il parlait. Il affirma avec force que "les antoinistes doivent être traités canoniquement comme sont traités les membres de toute secte hérétique ou schismatique." On frémit en pensant à ce qu'aurait été le sort des disciples du révélateur de Jemeppe, lorsque l'Inquisition sévissait encore…

23/11/2009

DEVELOPPEMENT SUR LE CINQUIEME PRINCIPE.

DEVELOPPEMENT

SUR LE CINQUIEME PRINCIPE.

"  Efforcez-vous d'aimer celui que vous croyez être votre ennemi; ce n'est que pour vous apprendre à vous connaître que je le place sur votre chemin.

Mais voyez plutôt le mal en vous qu'en lui: il en sera le remède souverain"

Vous croyez peut-être que je vais vous faire une dissertation ou un réflexion de mon cru. Non, les réflexions ( ou les "développements" ) à ce propos, je les ai trouvées dans le chapitre " LA SOLIDARITE PEUT-ELLE ENTRAÎNER LA RESPONSABILITE ?":

" Celui que nous dison notre ennemi pourrait-il nous occasionner la moindre souffrance, si nous interprétions son acte réellement ? Ah ! si nous avions le courage de nous montrer autant satisfaits de lui que nous lui montrons le contraire. La reconnaissance dont nous lui sommes redevables ne nous obligerait-elle pas à lui témoigner de l'amour au lieu de haine et de vengeance , n'est-ce pas là que nous faisons erreur, n'est-ce pas par notre fausse vue que nous l'apprécions contrairement puisqu'il n'est que l'instrument de notre progrès ?

   Je l'ai révélé et je le répète, il n'y a prise sur nous que pour autant que nous avons la vue du mal, due à l'imagination qui nous montre dans les actes d'autrui le mal qui est en nous et qui nous tente à l'accomplir en proportion.

  La vue du mal qui est l'imperfection prend l'apparence pour la réalité, elle ne nous permet pas de supporter celle-ci. Ah ! pauvres êtres que nous sommes ! nous prions et invoquons DIEU pour qu'Il nous délivre de nos souffrances alors que c'est Lui qui est en nous qui nous les occasionne en démolissant notre imperfection qui s'y refuse. Nous ne souffrons donc qu'au contact de la réalité, DIEU, que nous ne pouvons supporter. C'est la raison pour laquelle il a été révélé que l'amour de DIEU est incompatible avec celui du monde, c'est-à-dire que nous aimons par notre amour tout opposé à la réalité"

24/08/2009

PRENDRE AUTRUI EN CONIDERATION ( Pensée de Joseph O'NEILL)

TOUJOURS PRENDRE AUTRUI EN CONSIDERATION.

Le hasard fait apparemment bien les choses. Alors que  je suis  occupé, depuis un certain temps à faire des recherches sur la "vue du mal", sur les relations avec autrui, je suis tombé sur une interview d'un romancier américain (Joseph O'NEILL).

Interrogé sur un sujet tout à fait étranger à la philosophie, celui-ci ne peut apparemment pas s'empêcher de philosopher. Voici, parmi deux pages , le texte que j'ai trouvé:

"C'est l'un des plus grands défis de la vie moderne: ce devoir que nous avons désormais de prendre l'autre en considération, de réfléchir au type de relations  que nous aurons avec  cet autre auquel nous sommes sans cesse confontés. On peut le faire dans la peur ou a colère, ou 'une façon plus raisonnable et positive."

C'est un véritable éblouissement: voici, synthétisé par un esprit brillant, bien loin de notre ENSEIGNEMENT ( dont il ignore d'ailleurs même l'existence )  la pensée profonde de la  révélation du Père ANTOINE.

Il serait fastidieux de  faire ici le répertoire de tous les passages de l'ENSEIGNEMENT antoiniste  où l'on retrouve cette pensée.

Je pense  quand même  aux  1°,3°,4°,5°,7°,et 10° principes et à quelques chapitres  "LA CHARITE BIEN COMPRISE", "LA SOLIDARITE", "LA FOI ET LA CHARITE", "LA CHARITE MORALE", "TOUT SAVOIR C'EST TOUT AIMER", "L'EFFICACITE DES LOIS MORALES", "LA LOI HUMAINE COMPAREE AVEC LA LOI DE LA CONSCIENCE", et bien d'autres encore...

Mais, au  moment de terminer cet article, je découvre  dans ma documentation, presque par hasard toujours, une pensée dont j'avais un  jour pris  note. Elle est de quelqu'un  qui est pour moi un inconnu ( Geert VERHELST) . Elle fait curieusement écho à tout ce qui précède:

"Le monde serait plus beau si chacun se consacrait de façon désintéressée à l'autre. Si chacun dispersait autour de lui chaleur, gentillesse et amour, sans rien attendre en retour".

Ce n'est rien d'autre, au fond, que notre quatrième principe. Qui doute encore de l'actualité  et de l'universalité de l'Antoinisme ?

 

 

11/05/2009

SUR LA NOTION DE " SOLIDARITE ".

SOLIDARITE, NOTION PARFOIS CONFUSE !

Un jour, un adepte simplement mentionné sous l'initiale "D", pose au Père ANTOINE une question, volontairement ou peut-être naïvement embarrassante. Nous la trouvons dans le chapitre " LA SOLIDARITE ":

" Je serais heureux d'avoir quelques explications sur la maxime '' A chacun selon ses oeuvres ''. Le fabricant qui met à profit une découverte du génie n'y est cependant pour rien. Père, vous révélez les lois morales, la méthode curative de la foi que plusieurs de vos adeptes pratiquent déjà. Ce que vous enseignez est votre oeuvre, mais pourriez-vous nous dire quelle sera la nôtre ? "

Le Père, sans se laisser démonter, selon son habitude, utilise cette question pour élever le débat; pour atteindre un niveau moral supérieur. Il remet les contradicteurs en place mais sans jamais invectiver ni sermonner, ni se moquer.

" Etant isolés, nous pouvons avoir la pensée du bien, mais comment la réaliser puisque tout est solidaire ? Nous ne pouvons aller à DIEU que par l'intermédiaire de notre semblable. En prenant la maxime à la lettre, je devrais dire à celui qui me consulte et qui souffre soi-disant par le contact de son semblable:'' Pourquoi n'agissez-vous pas seul ?'' il n'en est pas ainsi, nous le savons, la solidarité préside à la création toute entière. Notre foi en une personne nous inspire de lui demander son assistance et à son contact nous touchons à un fluide éthéré qui nous réconforte Ce bien est à partager non seulement entre nous, mais entre tous les frères moins avancés à qui nous donnons l'exemple de la patience, de la résignation et de l'amour. Ainsi nous monterons l'échelle du progrès."bonheur, famille

D poursuit en disant qu'il voit bien l'oeuvre du Père mais pas celle de ses adeptes. Le Père répond:

" N'est-ce pas en mettant les enseignements en pratique, par leur foi en moi, qu'ils pourront s'élever ? Une oeuvre n'est jamais personnelle; celle que vous m'attribuez est donc collective, d'autant plus qu'on ne peut faire son bonheur que du bonheur des autres. Tous indistinctement sont appelés à en jouir, en vertu de la solidarité, nous ne formons ensemble qu'une grande famille."


 


16/02/2009

L'ENVIE: UN CANCER MORAL !

L'ENVIE: UN CANCER MORAL !

( Développement de la démonstration )

 

Dans l'article précédent, j'exposais dans quels travers le sentiment d'envie pouvait entraîner l'être humain. Dans le numéro récent d'un journal , j'en ai trouvé une illustration bien malheureuse: le récit d'un procès d'assises où une infirmière est convaincue d'avoir voulu empoisonner un petit enfant dans son entourage familial.

Voici une de ses déclarations faites au Juge: 

« Oui. J'étais jalouse de l'attention que ma belle-soeur portait à sa fille. Mon idée, c'était de détruire un peu son bonheur. J'avais l'impression que notre famille faisait moins attention à mes enfants depuis la naissance de la petite. »

Nous nous trouvons, ici, devant un cas de dévoiement extrême du sentiment d'envie.

Bien sûr, il faut « juger ». Mais le mot « Juger », en Justice, n'a pas le sens que l'ENSEIGNEMENT lui donne dans la vie courante, dans la morale.

Dans le monde de la Justice, cela signifie, qu'il faut enquêter objectivement, déterminer la faute, peser sa gravité, voir à quelles lois elle contrevient, évaluer la plus justement possible le préjudice commis et, logiquement, imposer une sanction. Sans sanction des fautes la vie sociale n'est plus possible.

Mais, dans le domaine de la morale, la gravité de la faute ne doit pas empêcher d'essayer de comprendre la personne. La gravité de la faute et le fait qu'elle mérite une sanction ne doit pas nous interdire la compréhension, ni empêcher la compassion.

On peut établir la faute de quelqu'un, son degré de gravité, la sanctionner et en même temps éprouver de la compassion. Pour cela, il faut bien relire l'article précédent et bien se pénétrer de la signification du sentiment « d'envie ». Ce sentiment est avant tout une grande souffrance car il se nourrit de lui-même. Son objet ne peut jamais être assouvi. Et, pire, souvent il puise sa source dans une cause illusoire, inexacte, une interprétation faussée de la situation. C'est pourquoi, ce sentiment ne peut jamais être assouvi puisqu'il représente la chasse vers une chose illusoire.

L'envie, c'est en fin de compte, sans doute, une des formes les plus exacerbées de la « vue du mal ».

L'envieux n'éprouve aucun plaisir dans son défaut ! Quand il est en pleine crise d'envie, il ne se fait absolument aucun bien, il rumine, se ronge les sangs, boude, s'autodéprécie, jalouse,est furieux et finalement, se fait du mal à lui-même sans se faire aucun bien en compensation!
C'est pourquoi, l'envie est un défaut très négatif, l'antithèse même du plaisir.

On peut dire que l'envie est un cancer moral ! Quand quelqu'un souffre d'un cancer physique, tout le monde trouve normal d'éprouver de la compassion ! On devrait donc avoir la même compassion pour celui qui est rongé par le cancer moral qu'est l'envie !

Je vous livre, à méditer, un passage du chapitre « LA SOLIDARITE PEUT-ELLE ENTRAINER LA RESPONSABILITE »: 

« Si nous nous maintenions dans le naturel, sans voir le mal pas plus dans les autres qu'en nous-mêmes puisqu'ils agiraient naturellement comme nous, aurions-nous encore la moindre souffrance d'une épreuve ? Impossible puisque ce n'est qu'en la prenant pour un châtiment que nous en souffrons. Je le répète, la vue du mal, seule, est notre imperfection parce qu'elle nous fait apprécier l'épreuve matériellement tandis qu'elle repose sur une base purement morale.

Celui que nous disons notre ennemi pourrait-il nous occasionner la moindre souffrance, si nous interprétions son acte réellement ? Ah! Si nous avions le courage de nous montrer autant satisfaits de lui que nous lui montrons le contraire. La reconnaissance dont nous lui sommes redevables ne nous obligerait-elle pas à lui témoigner de l'amour au lieu de haine et de vengeance ? N'est-ce pas là que nous faisons erreur, n'est-ce pas par notre fausse vue que nous l'apprécions contrairement puisqu'il n'est que l'instrument de notre progrès ?

Je l'ai révélé et je le répète, il n'y a prise sur nous que pour autant que nous avons la vue du mal, due à l'imagination qui nous montre dans les actes d'autrui le mal qui est en nous et qui nous tente à l'accomplir en proportion.

La vue du mal prend l'apparence pour la réalité, elle ne nous permet pas de supporter celle-ci. »

 

20/11/2008

LA SOLIDARITE.

 

« RIEN N'EST BIEN S'IL N'EST SOLIDAIRE. »

 

Le fondement de notre manière de vivre, c'est le libre-arbitre qui nous a été donné. Celui-ci oriente en permanence nos choix et nos décisions ainsi que le fait et la façon de travailler sur nous-mêmes.

C'est ce travail sur nous-mêmes qui nous permettra, s'il est bien mené, de surmonter les épreuves qui sont mises sur notre chemin, par l'intermédiaire d'autres êtres humains. Nous sommes tous des instruments de progrès les uns pour les autres. Par l'exemple, nous pouvons nous améliorer grâce aux autres. De même, notre exemple doit permettre aux autres de se réformer. C'est ce qui est enseigné dans le Troisième Principe.

Ce qui nous contrarie chez les autres n'existe que pour nous révéler, comme dans un miroir, ce qui ne va pas chez nous-mêmes. C'est l'enseignement contenu dans le Cinquième Principe.

Cela c'est le « Connais-Toi », comme rappelé dans le Neuvième Principe. Dans celui-ci, il est dit « Frappez, Je vous ouvrirai ». Oui, certes, mais ce n'est malheureusement aps aussi simple que cela. Cela exige beaucoup de courage, de volonté, de persévérance, beaucoup d'humilité aussi!

Nous recevons selon notre mérite. Sans épreuve, point d'avancement. Les épreuves nous sont envoyées par le divin pour nous faire progresser, là est la part de destinée, mais libre à chacun de nous de réagir de telle manière, de ne pas évoluer ou tout au contraire de se modifier intérieurement en étant guidé uniquement par la conscience, sans laisser supplanter celle-ci par l'intelligence. C'est ce qui nous est révélé dans les Septième et Huitième Principes.

Et aussi par l'amour, mais l'amour vrai, désintéressé l'amour « pur et de vérité » comme nous l'enseigne l'Auréole de la Conscience. Ainsi la destinée peut s'exprimer par ce qui est mis sur notre chemin pour nous permettre de progresser sur nous-même, mais c'est notre libre-arbitre qui permet de faire face à l'épreuve. Sans elle, point d'avancement, car «  rien n'est bien s'il n'est solidaire ».

Nous avons déjà démontré dans un article de ce site, que tout n'est pas déterminé à l'avance, qu'il ne faut pas confondre « destinée » et « prédestination ». Rien n'est écrit à l'avance.

C'est dans la solidarité qu'on trouve le vrai fondement de la morale.

 

 

15/03/2008

" ALTERITE", " VUE DU MAL" ET " CHARITE MORALE "

 

ALTERITE :

MOT AUX MULTIPLES SIGNIFICATIONS !

 

     Il y a ainsi, dans les articles sur la philosophie, la psychologie, la spiritualité, la religion des mots, des concepts « à la mode ». Il en est ainsi du terme « altérité ». Il devient difficile de lire un article où ce mot n’est pas, au minimum, cité.

     J’ai essayé d’en savoir plus à ce propos et de découvrir le concept qui, sous ce mot à la mode, se trouvait.

     Je dois bien avouer que je reste sur ma faim. J’ai trouvé tout et son contraire.

     Par exemple, je lis dans un article :

« …s’intéresser aux autres non pas comme une proie possible mais comme une altérité ».

     Ici, sans conteste, le mot « altérité » a une signification nettement positive mais dépend de la subjectivité de chacun : ou bien on considère autrui comme quelqu’un que l’on peut subordonner ou quelqu’un que l’on peut juger et condamner ( une « proie ») ou bien on considère autrui comme quelqu’un qui mérite reconnaissance, que l’on refuse de soumettre soit économiquement, soit physiquement soit moralement, en fait comme un égal ( une « altérité » ). L’altérité serait donc la caractéristique accordée à autrui mis sur le même pied que soi-même.

     Ailleurs, je trouve ceci :

« … l'allocentrisme ne saurait être associé à l'attitude d'altérité, en ce qu'il consiste plus à un entêtement plutôt que d'une démarche respectueuse d'autrui. »

     Donc, ici, comme c’est très bien souligné, l’altérité n’est pas une caractéristique accordée à autrui mais un comportement vis-à-vis d’autrui. L’altérité serait une démarche respectueuse. Nous restons quand même toujours dans le même ordre d’idée.

     Chez WIKIPEDIA, je découvre un texte qui donne au mot « altérité » encore un autre sens :

« La question de l'altérité, au coeur de toute vie sociale, pose les problèmes fondamentaux, certes de rapport à l'autre, qu'il soit étranger au sens strict (comme chez Montaigne, Diderot, Maupassant ou Césaire) ou plus généralement différent (c'est le problème également posé par Montaigne, puis par Molière), mais aussi de rapport à soi-même. La relation à l'autre, en effet, posant les problèmes fondamentaux de la différence et donc de la tolérance, effraie d'emblée ou dérange : dans la Grèce antique, l'étranger est qualifié de "barbare", associé d'emblée aux notions de sauvagerie, d'état primitif... A l'inverse, la différence peut également être conçue comme source d'enrichissement mutuel. »

     Ici, le mot « altérité » a un tout autre sens, tout à fait neutre : l’altérité, c’est la différence, l’espace, l’étrangeté qui existe par rapport à autrui. Cette altérité entraîne automatiquement un comportement soit négatif ( la peur, le dérangement, le rejet…) soit positif ( l’acceptation source d’enrichissement mutuel…).

     Ailleurs, dans une autre revue, je vois aussi que l’on parle d’altérité radicale ( l’animal étant l’altérité radicale pour l’homme ) ou d’altérité absolue ( le DIEU transcendant ).

     Dans un texte relatif à un colloque, je trouve ce commentaire:

« On le sait, la question de l'altérité est au coeur de la réflexion citoyenne. Dans ce cadre, l'enseignement de l'esprit de défense doit amener les élèves à s'interroger sur son objet : se défendre certes, mais se défendre contre quoi, et surtout, contre
qui ?
La tentation à laquelle il convient de ne pas céder, pourrait être, dans une logique du proche au lointain, d'assimiler différence et danger, méconnaissance et suspicion, altérité et inimitié, voire hostilité. Ce colloque devrait permettre d'actualiser ce qui fonde la nécessité d'une défense aujourd'hui ainsi que l'esprit qui doit l'accompagner. »

     On oppose donc ici « altérité » avec « inimitié » et avec « hostilité ». « Altérité » serait donc bien une attitude à avoir dans les relations avec autrui, mais un autrui différent. Ici, nous avons également un exemple de dérapage : la relation avec autrui différent est d’abord considérée sous l’angle de la défense ( c’est-à-dire du repli, de la méfiance )en prenant toutefois bien soin, est-il précisé, que cette « défense » ne se transforme pas en « inimitié » ou en « hostilité ». Cela risque de rester vœu pieux !

     Pourtant, je suis heureux de trouver cette remarque. Cela me rappelle le 5° principe :

 « Efforcez-vous d’aimer celui que vous croyez être votre ennemi, ce n’est que pour apprendre à vous connaître que je le place sur votre chemin. Mais voyez le mal plutôt en vous qu’en lui, il en sera le remède souverain. »

     Finalement, toute cette question d’ « altérité » est intimement liée à la notion antoiniste de « vue du mal ». Quiconque n’a pas compris cette notion de « vue du mal » est incapable de donner au concept d’ « altérité » son véritable sens.

     L'actualité a conféré au thème de l'altérité une importance souvent faite de sang et de haine, mais aussi de solidarité et d'affection. Promue par la mondialisation et aiguisée par le « réveil identitaire », les drames du développement ou de la pauvreté, l'idée d'altérité est fédératrice des passions de notre monde contemporain.

     Se reconnaître entre humains, sujets singuliers donc différents, permet de se parler.  Il semble néanmoins que la différence et la reconnaissance de l'altérité n'aille pas de soi.  Comment contribuer à cet apprentissage fondamental de l'altérité ?

     La différence et l'altérité sont inscrites dans le corps : l'étrangeté d'un sexe pour l'autre sexe signifie déjà que l'être humain n'est " pour lui-même " qu'en étant aussi " pour autrui ", dans une différence reconnue et jamais réduite.

     Les différences qui nous font réagir ( et, éventuellement adopter une attitude de méfiance, devenant rapidement défense puis hostilité ) sont, par exemple, la différence par le handicap, par la laideur, par la couleur de la peau, par l’origine ethnique, par la religion pratiquée ou par la façon de la pratiquer ou le refus d’en pratiquer une, par le comportement ou l’origine sociale ou l’appartenance politique, par l’éducation ou le niveau culturel…

     Mais nous trouvons-là, on le répète encore, toutes les conditions entraînant le « vue du mal ». rappelons-nous un passage du chapitre « LA CHARITE MORALE » : 

« Attendez-vous à ce qu’un de vos semblables surgisse tout-à-coup sur votre chemin , mais ayez bien soin de ne pas y voir le mal, voyez-y plutôt l’instrument de votre progrès. »

     La question de l’ « altérité » est indissociable de la notion de « vue du mal » et de « charité morale ». Malgré la dureté d'une situation, rien n'est jamais fermé ni éteint, c'est simplement une des facettes de la vie. Il faut, avec courage, avoir la capacité d'accepter une rencontre, une situation, inattendue.

01/02/2008

" JE SUIS DANS LE CONNAIS-TOI ". REFLEXIONS.

« JE SUIS DANS LE CONNAIS-TOI »

     Voilà le précepte que nous trouvons dans le huitième principe. Cela nous rappelle évidemment le précepte habituellement attribué à SOCRATE.

     Une des lacunes essentielles de nos sociétés modernes, c’est l’incapacité à penser par soi-même. Il faut préférer la recherche à la certitude aveugle, l’humanisme à l’intégrisme. Et quand on parle de recherche, il faut d’abord voir la recherche de soi-même, la recherche sur soi-même.

     SOCRATE aurait dit : « Connais-toi toi même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux ».

     Nous, nous pourrions ajouter : « Et tu connaîtras le Dieu qui est en toi »N’oublions pas, en effet, les paroles qui figurent en sous-titre des « Dix Principes » : « DIEU parle »

     Encore faut-il savoir ce que veut dire « Se connaître soi-même ».

     Ce qui est signifié dans le huitième principe n'est pas qu’il faille se borner à connaître son caractère. Ce qui n’est pas inutile, ce serait certes un premier pas. Mais qu’il faut connaître ce que l'on est, l'essence de l'homme, comme c’est le cas pour des notions de justice par exemple. Il ne faut pas citer des actions justes ou injustes mais trouver ce qui rend une action est juste.

      Et cela veut aussi dire qu’il faut comprends par soi-même. Au risque de lasser je vous renvoie à la deuxième partie du dixième principe « Ne vous appuyez jamais sur la croyance qui pourrait vous égarer. Rapportez-vous seulement à votre conscience qui doit vous diriger… »

     Se connaître soi-même est difficile; c'est un effort permanent de lucidité, d'approfondissement intérieur, d'apprentissage de la liberté.

     Se connaître soi-même sans s’accepter serait une démarche vaine :s'accepter soi même  est inséparable de cette démarche. Si on refuse de s’accepter tel que l’on est, on ne fera aucun progrès dans la recherche du bonheur, le bonheur n’étant surtout pas compris comme étant la somme des plaisirs.

     Chercher à se connaître soi-même, c’est aussi, dans un contexte fortement marqué par les doutes, les incertitudes, chercher à répondre à la question du sens de la vie , du sens de « sa » vie.

     C’est la vie, la relation de solidarité , qui donne un sens. DIEU apparaît comme une immanence : Il est ce qu’il y a de bon, d’honnête, de profond, de sincère, de pacifique  en soi. Il est ce qu’il y a de bon, d’honnête, de sincère, de pacifique dans les autres, dans les relations avec les autres.

 

 

31/12/2007

TOUJOURS SUR " DE L'AUTRE CÔTE DU CHEMIN". RFELEXIONS ET VERITABLE TESTAMENT DU PERE ANTOINE.

 

TOUJOURS DES REFLEXIONS SUR LE TEXTE « DE L’AUTRE CÔTE DU CHEMIN »

REMARQUES IMPORTANTES FAITES PAR LE PERE ANTOINE.

     Souvent, on considère que le testament moral et spirituel du Père ANTOINE se trouve dans le texte « LES DERNIERES PAROLES DU PERES A SES ADEPTES ». Certes, ce texte est important. Mais, à part les prescriptions sur la gestion future du Culte Antoiniste, il ne contient rien de fondamentalement important.

     Si on veut parler d’un « testament moral » du Père ANTOINE, on devrait plutôt prendre un extrait du chapitre « LE DEVOIR IMPOSE LA PRATIQUE DES LOIS MORALES. » que voici : 

« Nous avons déjà dit que parmi ceux qui assistent aux réunions, il y a des forts et des faibles, que chacun comprend selon son avancement intellectuel et moral et que nous devons former la chaîne pour nous aider les uns et les autres. Nous acquérons d’autant plus de foi que nous pratiquons la morale avec plus de sincérité. »

     Dans ce passage, le Père nous rappelle le principe de solidarité. Personne n’est responsable de l’avancement ni de la compréhension d’autrui. Mais chacun est responsable de son action dans la chaîne qui doit aider les autres à progresser.

     Plus loin, le Père ANTOINE revient à nouveau sur la théorie de la réincarnation. Nous avons déjà dit combien cette théorie était importante chez les Antoinistes. Elle constitue en fait le seul dogme, indiscutable, du Culte Antoiniste : 

« La mort n’est qu’une fausse vue. Quand nous serons plus dématérialisés, nous le comprendrons mieux ; nous verrons que ceux que nous croyons morts vivent au milieu des personnes qu’ils aiment et dont ils sont aimés ; ce serait nier le libre arbitre que de les faire exister ailleurs que là où leur amour les attire. »

     Puisqu’il est question de la mort, le Père ANTOINE envisage la sienne propre et tient à rassurer ses adeptes : 

« Il viendra cependant un jour où je ne pourrai plus continuer la tâche ici-bas ; Qu’y aurait-il de changé ? Je pourrai réconforter de l’au-delà tous ceux qui ont foi en moi, comme je le fais maintenant. Nous savons que la mort, c’est la vie, elle ne peut m’éloigner de vous, elle ne m’empêchera pas d’approcher tous ceux qui ont confiance en moi, au contraire; je pourrai encore mieux les aider, à moins qu’une épreuve ne leur voile l’avenir et n’interrompe momentanément le fluide qui nous relie. »

     Il est donc bien clair, ici, que la mort ( la désincarnation, selon le langage Antoiniste ) ne signifie pas la fin de l’individualité spirituelle. Même la désincarnation finale ( à la fin des cycles de réincarnations ) ne signifie pas cela non plus : les individualités spirituelles qui sont arrivées à ce degré d’épuration morale sont certes fondues dans la Divinité mais elles subsistent et peuvent continuer à agir avec dans la solidarité.

      Lors de ce retour à la Divinité, la fusion des âmes dans la Divinité ne signifie pas que celles-ci sont « dissoutes ». Elles constituent ce que l’ENSEIGNEMENT Antoiniste appelle « l’Unité de l’Ensemble ». Nous aurons ainsi mieux compris ce que cette expression signifie.

     C’est ce que le Père ANTOINE résume, toujours en envisageant son propre cas, par ces mots : 

« Ne vous préoccupez donc pas de ma mort, celui en qui vous avez foi existera toujours. »

     Pour paraphraser Walter SCOTT et Charles PEGUY, après la mort, on se trouve simplement « de l’autre côté du chemin ».

  

 

 

31/08/2007

INTELLIGENCE ET CONSCIENCE: LES DEUX PILIERS DU LIBRE ARBITRE.

 

INTELLIGENCE ET CONSCIENCE:

LES DEUX PILIERS DU LIBRE-ARBITRE.

     Voici encore, une fois n'est pas coutume, un court extrait du livre de Robert VIVIER " DELIVREZ-NOUS DU MAL" dans lequel l'auteur, par un travail mental profond, s'imagine comment le Père ANTOINE a mis au point cette théorie:

" Supposons, se disait ANTOINE,que deux amis se mettent en chemin pour aller quelque part. D'abord, il n'y a qu'un seul chemin. ils arrivent à un embranchement, et se mettent à discuter. l'un veut prendre à gauche, l'autre à droite. Ainsi de la conscience et de l'intelligence, ces deux amis dont la paire fait l'homme. Sans cette discussion, sans cette nécessité d'un choix, il n'y aurait pas de libre-arbitre, et par conséquent pas de mérite à suivre à la fin la vraie route, celle de l'esprit, - laquelle d'ailleurs est la seule route, l'autre n'étant qu'une pure illusion ( mais nous ne le savons pas). Sur cette route de pure vision, l'intelligence tout d'abord nous engage, et cette erreur est nécessaire pour que nous trébuchions dans les épreuves, et pour que, ramenés par la conscience, que l'intelligence harassée ne contredit plus, nous ressentions le bonheur de nous retrouver sur la vraie route, rejointe à travers d'épuisantes fondrières ( ce qui peut exiger toute une série d'existences). Travail moral, destruction en nous de la vue du mal, amour d'autrui, voilà ce qui nous fait avancer dans cette brousse obscure. car nous ne pouvons aller à DIEU que par l'intermédiaire de notre semblable, - et c'est là la soildarité humaine. A force d'aimer autrui, nous sommes ramenés par la conscience sur le chemin de l'esprit, le vrai chemin.

   Telle est l'histoire qui se passe pour toute l'humanité et qui se passe pour chacun de nous."

12/01/2007

L'EGOCENTRISME ET LA "VUE DU MAL" (SUITE)

 

L’EGOCENTRISME

ET

LA « VUE DU MAL »

( SUITE )

     Qu’on y prenne bien garde et qu’on reste humble et modeste. Si nous regardons les autres et que nous y trouvons de l’égocentrisme, c’est que nous sommes nous-mêmes égocentriques.

     Si nous raisonnons sur le texte précédent et que nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, la seule difficulté que nous rencontrerons ce sera de savoir dans quelle catégorie d’égocentrisme nous devons nous situer.

     Comme il est dit dans ce texte, nos besoins élémentaires sont similaires. C’est leur mode d’expression qui diffère.

     Nos besoins relationnels les plus vitaux sont liés aux réactions de l’autre. Mais nous ne pouvons oublier que chacun est aussi, pour l’autre …un autre.

    Si les différences de l’autre nous sautent si facilement aux yeux, c’est aussi parce que, pour cet autre, nous représentons aussi tout ce qu’il y a de différent.

     Les troisième et cinquième principes nous conseillent comme comportement un total désintérêt pour parler sur les autres, pour les juger et les amoindrir à nos yeux et aux yeux du monde. Ce comportement implique aussi un absence totale de dévalorisation de nous-mêmes.

     Ce qui est difficile à comprendre, c’est la raison pour laquelle l’autre ne nous comprend pas. Nous ne nous comprenons pas parce que nous craignons de reconnaître chez l’autre ce qui est détestable en nous, ce qui nous fait honte.

      Mais, l’autre, nous en avons besoin ! Dans la « CHARITE MORALE », le Père ANTOINE dit, à juste titre, et nous le comprenons mieux après ce raisonnement :

     «  Attendez-vous à ce qu’un de vos semblables surgisse tout à coup sur votre chemin, mais ayez bien soin de ne pas y voir le mal, voyez y plutôt l’instrument de votre progrès ».

     Et, dans le chapitre « LA SOLIDARITE PEUT-ELLE ENTRAÎNER LA RESPONSABILITE ? » :

     « Cherchons ce que peuvent signifier les mots « la solidarité est le principe fondamental indispensable à la création ». Si elle n’existe qu’en apparence, pour quelle raison a-t-elle pour base la solidarité, pourquoi celle-ci est-elle indispensable à tous les êtres incarnés ? je répondrai : »afin qu’ils puissent arriver à se réformer les uns par les autres. » En effet, nous ne pouvons nous améliorer que par l’épreuve sans laquelle, nous le savons, il n’est point d’avancement et pour y  arriver le contact de notre semblable nous est indispensable. Voilà la solidarité ! »  

     Et, dans un autre passage :  « Le contact de notre semblable nous est indispensable  pour surmonter ( la vue du mal) … »

 

 

 

 

 

06/01/2007

LA DEMARCHE VERS AUTRUI.

 

DEMARCHE VERS AUTRUI :

DEMARCHE INTERPERSONNELLE

DEMARCHE « TRANCULTURELLE ».

 

     On peut, une fois encore, se pencher sur le cinquième principe et le raisonner :

 

     «  Efforcez-vous d’aimer celui que vous croyez être votre ennemi. Ce n’est que pour vous apprendre à vous connaître que je le place sur votre chemin , mais voyez le mal plutôt en vous qu’en lui, il en sera le remède souverain. »

 

    Ce principe ( attention, l’ENSEIGNEMENT antoiniste ne parle jamais de commandements ), débute par la locution « efforcez-vous  ». Cela veut dire qu’il s’agit là d’une démarche active.

 

    Nous avons, ensuite, l’expression « celui que vous croyez être votre ennemi ». Nous entendons par là  la volonté active de dépasser les différences, les obstacles, de surpasser les préjugés. Bref : ne pas juger a priori mais toutefois cela implique de bien saisir les différences. Ne pas juger les différences ne peut pas signifier de les ignorer.

 

     Le mot « ennemi » est cité. Cela signifie qu’il existe, fatalement, quasiment entre chaque individu un obstacle culturel à dépasser. C’est vrai dans la vie quotidienne : nous fréquentons des gens de religion, d’ éducation, de niveau intellectuel, de niveau de compréhension morale, de niveau scolaire différents. Il faut aussi ajouter les histoires familiales ou de clan…Certains aiment le sport, d’autres le cinéma, d’autres la lecture…

 

    Bref, la démarche vers autrui est manifestement un besoin et une nécessité : c’est en partie par ses relations avec autrui que l’homme se construit. Mais, on se heurte toujours à obstacle culturel. Chaque dialogue entrepris nécessite le dépassement d’un choc culturel.

 

    Se rencontrer, c’est exister et faire exister l’autre. Mais au quotidien, nous sommes souvent parasités par des jeux de domination et des comportements d’évitement ou d’opposition. C’est ce que le Père ANTOINE veut dire lorsqu’il dit : « Rien n’est bien s’il n’est solidaire. »

 

    C’est encore plus compliqué lorsque « autrui » est quelqu’un d’une autre culture. On parlera alors d’une démarche « transculturelle ». Mais au fond, les ressources morales nécessaires pour entamer cette démarche sont les mêmes que celles qui sont utilisées au quotidien.

 

    Il s’agit là de ressources essentielles et bien ancrées dans l’histoire des relations humaines.

 

   Celles-ci nous poussent à nous intéresser à l’AUTRE, mais d’un intérêt purement moral, charitable, sans but matériel, sans intention de catégoriser et de juger, sans « vue du mal ». C’est la vraie solidarité.

 

    C’est grâce à cette solidarité, à cette intérêt dématérialisé que l’on perçoit avec le plus d’acuité sa propre identité, sa différence, sa propre étrangeté, ses propres imperfections.

 

    C’est comme cela qu’il faut, à mon sens , comprendre la dernière partie du cinquième principe : « Mais voyez le mal en vous plutôt qu’en lui, il en sera le remède souverain. »

 

    On pourrait aussi citer un auteur moderne qui est loin de partager nos opinions et méditer sur sa pensée, Régis DEBRAY :

 

    « A force de considérer que nous sommes la lumière et que tout ce qui n’éprouve pas nos a priori culturels relève de la barbarie, nous nourrissons un obscurantisme, un refus de reconnaître l’autre, une arrogance navrante, voire un racisme. »

 

    Il faut, en tout cas , proscrire toute pensée binaire, tout manichéisme : il n’y a pas un « bien absolu », dont nous serions les uniques représentants, campant en face d’un « mal absolu » dont l’autre serait le tenant.

 

     Il ne faut pas, non plus, « déposer son problème »chez les  autres. Si on a une difficulté de relation avec quelqu’un, si on se heurte à un obstacle entre soi et quelqu’un, c’est qu’il y a un problème. Il faut d’abord s’examiner et le résoudre chez soi avant de le situer a priori chez l’autre.

 

    C’est ce que nous trouvons dans le chapitre « LA CHARITE MORALE » : « Attendez-vous à ce qu’un de vous semblables surgisse tout-à-coup sur votre chemin, mais ayez bien soin de ne pas y voir le mal, voyez y plutôt l’instrument de votre progrès. »

 

    Lorsque nous sommes en face de quelqu’un d’une culture fondamentalement différente, nous devons nous rapporter aux paroles du Père ANTOINE dans le chapitre « LE MATERIALISTE, LE FANATIQUE & LE VRAI CROYANT » à propos de l’attitude à avoir vis-à-vis des athées :

 

    «  Cependant nul n’a le droit de critiquer les adeptes d’une telle doctrine. Ils agissent bien naturellement, ils possèdent la faculté commune à tous les hommes, appelée la conscience, faculté naturelle d’essence divine qui, en se développant rend l’esprit plus sensible au bien et au mal. C’est celle-ci qui les empêche d’abdiquer la morale pour revendiquer les idées purement matérielles… »